Les États-Unis et la question environnementale

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Voici une fiche qui récapitule tout ce qu’il faut savoir sur les États-Unis et la question environnementale : tensions et contrastes au programme cette année de la spécialité HGGSP dans la séquence L’environnement, entre exploitation et protection : un enjeu planétaire.

Les Etats-Unis, en tant que première puissance mondiale et parmi ses plus grands pollueurs, ont un rôle clé sur la scène internationale en ce qui concerne les questions environnementales. Le pays possède en principe les moyens financiers et l’influence pour organiser la transition climatique. Malheureusement l’environnement est un sujet de débat conflictuel dans la politique américaine et selon la présidence, les politiques environnementales changent du tout au tout. Joe Biden a ainsi réengagé son pays dans les accords de Paris, quelques années après que Donald Trump, climatosceptique, les avait quittés. 

L’environnement aux États-Unis : retour historique

La Révolution Industrielle, une avancée majeur au détriment de l’environnement

La première étape de l’industrialisation des Etats-Unis commence en 1783, peu après l’indépendance américaine, avec l’ouverture d’une usine de textile à Pawtucket à Rhode Island. De nombreuses usines textiles seront ensuite construites dans le pays, notamment grâce à Samuel Slater, connu comme “le père de la révolution industrielle américaine”. Cet industriel britannique a eu un rôle majeur dans l’indépendance économique du pays. D’origine anglaise, il a transféré les connaissances acquises dans son pays en matière de textile aux Etats-Unis, leur permettant de s’imposer comme puissance économique. A partir des années 1820, il construit de nombreux Moulins à eau avec des logements attenants pour que les ouvriers et leurs familles puissent vivre sur place.

La révolution industrielle s’accélère avec le développement des chemins de fer, qui permettent le transport rapide et moins coûteux de marchandises à travers le pays. Le pays se développe alors à une vitesse fulgurante, d’abord grâce à l’agrandissement de son territoire (vente de la Louisiane par Napoléon, guerre contre le Mexique…), par une migration qui alimente fortement sa croissance démographique et par un état d’esprit général tourné vers la conquête des territoires qui définit l’esprit pionnier. A cette époque, les américains se sentent investis d’une destinée manifeste : sous couvert de la propagation de la démocratie, les américains s’accaparent les terres des autochtones et s’industrialisent au rythme du tempo des machines.

Malgré la guerre de Sécession, les Etats-Unis continuent à développer leur industrie. A cet époque, la lutte contre le réchauffement climatique n’était pas vraiment d’actualité. Après près de deux siècles d’utilisation intense d’industries polluantes, les dégâts sur l’environnement sont immenses. Mais la prise de conscience de la nécessité de protéger l’environnement n’est que très moderne à l’échelle des années de pollution qu’a vécu le pays.

Le CFC et le trou de la couche d’ozone

Il est impossible de parler du réchauffement climatique sans aborder le sujet du trou dans la couche d’ozone et du CFC. Avant tout, quelques définitions.

La couche d’ozone se trouve dans la partie haute de notre stratosphère (entre 20 et 50 km de hauteur). Elle se caractérise par une forte concentration en Ozone, et son plus grand intérêt et de protéger notre terre des rayonnements ultraviolets en provenance du soleil.

Le CFC (ou Chlorofluorocarbone) est un liquide réfrigérant qui a été longtemps utilisé dans nos climatiseurs et réfrigérateurs. Le problème étant que le CFC participe à la disparition de la couche d’Ozone. La disparition de la couche d’Ozone entraîne l’augmentation des rayonnements ultraviolets et donc participe au réchauffement global de la planète.

Jusqu’à la fin du XIXe siècle, la réfrigération était une technologie limitée, basée presque entièrement sur des sources d’approvisionnement naturelles notamment la glace naturelle des étangs locaux. Mais elle n’était pas fiable : il suffisait d’avoir un été très chaud pour mettre en péril les réserves constituées pour l’hiver. C’est pourquoi on inventa la réfrigération mécanique qui fonctionnait d’abord avec du gaz ammoniac. Le problème est que ce gaz était particulièrement dangereux pour la santé, et de nombreuses personnes sont décédées d’intoxication.

L’invention du fréon 12 par l’américain Thomas Midgely Jr. en 1931 a représenté une révolution pour l’industrie de la réfrigération. Bien moins dangereux que le gaz ammoniac, le Chlorofluorocarbone (CFC), dérivé du fréon 12, fut présenté comme une alternative parfaite à tous les autres gaz réfrigérants. Malheureusement, ce n’est que bien des années plus tard qu’on se rendit compte qu’il était extrêmement mauvais pour l’environnement. 

En 1985, le chef du “British Antarctic Survey”, Joseph Farman, a rapporté que son équipe avait découvert un phénomène atmosphérique jusqu’alors non observé : un éclaircissement soudain de la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique, permettant aux rayons ultraviolets d’atteindre le sol beaucoup plus intensément que d’habitude. Cette augmentation des rayonnements provoque, en autre, un réchauffement précipité de notre planète. Des recherches scientifiques ultérieures ont rapidement conclut que le CFC, entre autres, a commis une destruction massive de la couche d’Ozone, aggravant le réchauffement climatique. 

Lien entre développement américain et réchauffement climatique.

A ce stade, tu dois peut-être te demander pourquoi on s’attarde autant sur le développement économique des Etats-Unis et non pas sur le réchauffement climatique, qui est pourtant le sujet de cet article. Il faut en fait bien retenir qu’ils sont intrinsèquement liés, et ce pour deux raisons. 

  1. Les Etats-Unis, première puissance mondiale depuis des décennies, fut l’égérie de la diffusion du capitalisme à l’échelle mondiale et de la mondialisation qui ont fortement contribué au réchauffement climatique. En d’autres termes, ce sont les Etats-Unis qui ont porté un modèle économique axé sur l’exploitation des ressources au détriment de notre planète.
  1. Les Etats-Unis sont aussi à la base de la société de consommation dans laquelle nous vivons et qui est responsable de la plupart des émissions dans le monde.

Les Roosevelts reprennent conscience écologique

La plupart des américains se souviennent de Franklin Roosevelt (président de 1933 à 1945, date de sa mort) pour sa bonne gestion de la crise économique et de la guerre, mais peu savent aussi qu’il a été à l’origine de beaucoup d’avancées en matière d’environnement. Voici ses paroles répétées jusqu’aujourd’hui: “Une nation qui détruit ses sols se détruit elle-même. Les forêts sont les poumons de notre terre, purifiant l’air et redonnant de la force à notre peuple”. 

Il faut dire que les préoccupations écologiques étaient de famille. Théodore Roosevelt, membre de sa famille et président des Etats-Unis avant lui (1901 – 1909) était déjà un défenseur de l’environnement. Alors que la préoccupation écologique n’existait absolument pas, le président américain fut un des premiers à reconnaître l’importance de la protection de l’environnement. Il a notamment beaucoup travaillé pour la protection des espaces naturels aux Etats-Unis.

Le grand écologiste John Muir, a invité le président Théodore Roosevelt à camper dans le parc national de Yosemite. Après son voyage, Roosevelt a remarqué: “C’était comme couché dans une grande cathédrale solennelle, bien plus vaste et plus belle que toute autre construite par la main de l’homme.”  Lorsque le Congrès a combattu ses efforts pour créer un parc national au Grand Canyon, Roosevelt a utilisé son pouvoir exécutif pour le protéger en tant que monument national.

En 1903 un an avant son réélection, il fit un tour à Yellowstone, où il déclara ” Leave it as it is” ou bien “Laissez-le comme il est”. Roosevelt a formulé avec éloquence ce qui allait devenir la mission déterminante du mouvement de conservation des territoires américains tout au long du XXème siècle.

Protocole de Montréal

En 1987 la communauté scientifique a convenu que les CFC étaient les coupables les plus probables du trou de la couche d’Ozone. Un protocole international a donc été signé à Montréal, dans lequel les pays signataires ont déclaré leur intention de réduire de moitié la production et la consommation de CFC. En 1988 les États-Unis ont ratifié le Protocole de Montréal au sein duquel ils ont été un chef de file et ont pris des mesures nationales énergiques pour éliminer la production et la consommation des chlorofluorocarbures (CFC) et les halons.

ONG: leur efficacité face aux lois

D’abord, il faut savoir définir ce qu’est une ONG. Une ONG, ou organisation non gouvernementale, est comme son nom l’indique une association de diverses personnes provenant de la société civile travaillant pour une ou plusieurs causes indépendamment de toute affiliation étatique.

Des initiatives de la société civile au niveaux fédéral et local aux États-Unis ont été formées pour aider à protéger l’environnement, les habitats, la flore et la faune sur les terres appartenant au gouvernement fédéral. Ces initiatives concernaient autant les terres privées, les places côtières, les réserves naturelles, les parcs et les municipalités. En outre, certaines organisations utilisent le système judiciaire des États et au niveau fédéral pour appliquer les réglementations et les lois en matière d’environnement. La plupart des organisations fonctionnent comme des organismes sans but lucratif. Leurs revenus sont utilisés pour atteindre leurs objectifs plutôt que de les distribuer sous forme de profit.

De grandes ONG sont nées aux Etats-Unis et travaillent dans le monde entier à la défense de l’environnement. A noter aussi que ces associations sont aussi financées par de grands bienfaiteurs américains, comme avec la fondation Bill&Melinda Gates, du nom du directeur de Microsoft.

Les États-Unis et l’environnement à l’échelle internationale

Au niveau international les États-Unis ont créé quelques organisations internationales, dont le but premier est la protection de l’environnement. Néanmoins, les résultats restent décevants en matière de défense d’environnement. 

Les moyens financiers et juridiques affectés à la protection de l’environnement restent, au niveau international, modestes et sous-dimensionnés par rapport aux enjeux à traiter. Un effort doit donc être mené pour renforcer le pilier environnemental des structures de la gouvernance mondiale. Alors qu’il existe des organisations internationales puissantes qui gèrent les dossiers économiques (OMC, FMI), et que les préoccupations sociales sont portées par l’OMS et l’OIT, l’environnement semble être un secteur négligé, puisque qu’aucune organisation internationale spécialisée n’en a la charge. 

Le Fédéral et l’EPA : Défi de battre l’inévitable.

En 1970, le président Richard Nixon a proposé la création de l’EPA (Environmental Protection Agency) qui est créée le 2 décembre 1970. Elle est alors chargée des questions de protection de l’environnement. Elle compte près de 14000 employés et travaille avec un budget annuel de près de 9 milliards de dollars. L’EPA est une agence exécutive en principe indépendante du gouvernement fédéral bien qu’en réalité, c’est le président américain qui choisit son représentant. 

En examinant les progrès des États à travers le pays, on constate qu’aucun État ou ville, pas même la plus verte, ne fait encore tout ce qui est nécessaire pour lutter contre le changement climatique. En revanche, on voit que 15 États et territoires ont pris des mesures législatives ou exécutives pour se diriger vers un avenir à 100% d’énergie propre. Cela comprend 10 États, ainsi que Washington, DC et Porto Rico, qui ont adopté une législation pour mettre en œuvre des politiques d’électricité propre à 100% et des programmes de réduction de la pollution par les gaz à effet de serre à l’échelle de l’économie.

Néanmoins, les gouverneurs des États sont limités dans leurs pouvoirs d’investissement : leurs moyens restent restreints par rapport au gouvernement central qui peut allouer des fonds bien plus importants. Alors, si le progrès effectué localement est important pour prévenir le pire des effets du changement climatique, le leadership fédéral est également essentiel. Par exemple, dans le cas du gaz à effet de serre, la Communauté Scientifique Mondiale a clairement indiqué qu’une catastrophe serait inévitable si aucune action n’est pas prise au cours de la prochaine décennie. 

Plan Trump vs. Obama

Que pouvons-nous dire du bilan d’Obama en terme de politiques environnementales ? ” il y a de fortes chances que l’héritage environnemental du président soit positif”. C’est l’opinion de son administratrice de l’EPA, Gina McCarthy, qui, retrace certaines de ses plus grandes réalisations au sein de l’administration Obama : réduire les émissions de carbone, promouvoir avec succès des véhicules plus efficaces et défendre les énergies renouvelables.

Au temps présent de l’administration de Trump, le plan d’Obama semble affaibli par les coupes claires dans les budgets des institutions de recherche publiques. Le président américain n’avait pas fait mystère de son intention de revenir sur les mesures prises par Barack Obama pour lutter contre le changement climatique. Il a tenu parole. Certes, la majorité de ses édits n’ont pas d’effet concret immédiat, mais ils sont lourds de conséquences par le signal donné aux partisans des énergies fossiles : La ” nouvelle révolution énergétique” est lancée et les agences fédérales seront moins regardantes sur le respect des réglementations. 

Conclusion

Pour conclure, les États-Unis comme les autres pays industriels sont d’une part conscients des impacts négatifs du changement climatique, et d’autre part sous de grandes pressions exercées de la part des lobbies économiques puissants. Le débat politique pose la problématique du coût le plus pesant: celui d’agir ou de ne pas agir. Ceci ne va pas dire qu’un effort ne doit pas être mené pour renforcer le pilier environnemental des structures de la gouvernance mondiale.

Lire aussi: Les États-Unis et le monde depuis 1945

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