Les Caractères La Bruyère analyse résumé

Les Caractères, La Bruyère, livres V à X : résumé et analyse

Tu prépares actuellement le baccalauréat de français ? L’œuvre de La Bruyère, Les Caractères, est de celles qui sont reconduites pour l’année 2022-2023. Présentée à travers le parcours thématique « la comédie sociale », cet article te permettra de saisir les attendus et grandes idées de cet ouvrage !

Qui était La Bruyère ?

Jean de La Bruyère était un moraliste (auteur de réflexions sur les mœurs, la nature et la condition humaines) né en 1645 et mort en 1696. Il fut l’instructeur du duc de Bourbon, le petit-fils du prince. 

Issu d’une famille bourgeoise, il fait ses humanités (faire des études de lettres, de grec et de latin) et obtient une licence de droit. 

En 1684, grâce à Bossuet, un célèbre évêque, il est chargé d’instruire le duc de Bourbon en devenant son précepteur (personne chargée de l’éducation, de l’instruction d’un enfant de famille noble et/ou riche à domicile). Il s’agit d’un poste prestigieux qui lui permettra de recueillir des informations précieuses sur ce milieu. La Bruyère connaît alors une remarquable ascension sociale qui lui permet d’accéder aux hautes sphères de la société aristocratique française, et d’y obtenir une avantageuse protection. Après trois ans, il devient le bibliothécaire des Condé après que son activité de précepteur s’est achevée. Il est élu en 1693 à l’Académie française (grâce notamment au soutien des Condé et à celui des Anciens -voir contexte plus bas-), consécration de son œuvre. 

Il commence à écrire cet ouvrage en 1670, ouvrage qui sera publié pour la première fois en 1688. Ce dernier a fait l’objet de nombreuses corrections au fil de l’eau. Son contenu a été remanié, réorganisé, voire augmenté à plusieurs reprises également. Il s’agit en quelque sorte d’une réécriture, ou plutôt d’une poursuite des Caractères de Théophraste (auteur grec du IVème siècle avant J.-C.) qui appartient au genre de l’éthopée qui consiste à peindre des personnages ou des assemblées de personnages en peignant aussi leurs mœurs et leurs passions.

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Contexte d’écriture des Caractères

La période pendant laquelle La Bruyère débute l’écriture des Caractères est marquée par l’affrontement entre les « Anciens » et les « Modernes ». Il s’agit d’une querelle dans laquelle s’oppose les défenseurs des codes artistiques et littéraires hérités de l’Antiquité, tandis que le second groupe met en avant la nécessité de s’affranchir de ce qui est considéré comme des contraintes. 

Ainsi, on peut dire sans mauvais jeu de mot que la littérature change de caractère. De nouveaux sujets et enjeux émergent. Parmi eux, la religion, qui se voit de plus en plus attaquée. Les institutions politiques sont également vivement critiquées. Tout cela est permis l’affaiblissement du pouvoir royal. La Bruyère apparaît en ce sens comme un précurseur des « philosophes » du XVIIIème siècle, même s’il prend parti pour les « Anciens ». En effet, il se réclame de l’héritage antique qu’il admire et dont il encourage l’imitation.

L’œuvre de La Bruyère reste un des témoignages les plus complets sur la société française et le déclin de Louis XIV. Le succès de cette œuvre est du en particulier à la pensée libérale (courant de pensée qui prône la défense des droits individuels, au nom d’une vision fondée sur l’individu et la coopération volontaire entre les humains ; le système libéral repose donc sur la responsabilité individuelle) qui s’immisce progressivement.

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Résumé des Caractères

Cette œuvre appartient au classicisme. Ce mouvement esthétique et artistique se développe en France, et plus largement en Europe, de 1660 à 1725. Il se définit par un ensemble de valeurs et de critères qui dessinent un idéal s’incarnant dans l’ « honnête homme » et qui développent une esthétique fondée sur une recherche de la perfection, son maître mot est la raison. 420 remarques sont faites sous forme de maximes, que l’on peut définir comme une formule exprimant une idée générale, une règle de conduite ou une règle morale.

Le livre V, De la société et de la conversation, fait état des qualités requises dans le monde social. Les codes de bienséances, comme la manière de se tenir et parler, la politesse et la civilité ne sont pour La Bruyère pas assez respectés. 

Ensuite, le livre VI, intitulé « Des biens de fortune », montre au lecteur que la véritable richesse n’est pas liée à la fortune que l’on possède, mais relève des connaissances, de la sagesse que chaque individu doit avoir en soi. L’argent menace l’ordre social et biaise toute idée de mérite. On retrouve cette idée chez Marivaux également. 

Le livre VII quant à lui, dont le titre est « De la ville », met en avant l’importance que les hommes et femmes accordent au regard de l’autre. Celui-ci influence les actions et comportements des individus. Chacun se compare, se moque avec des intentions malveillantes de l’autre, dans cet immense théâtre qu’est le monde. Tout le monde est dissimulé derrière un masque. La première remarque énonce alors que « L’on se donne à Paris […] pour se regarder au visage et se désapprouver les uns les autres ». Cet art de la dissimulation détruit le naturel, l’authenticité.

Par ailleurs, le livre VIII, « De la cour » expose l’idée selon laquelle sous des dehors brillants se cachent l’intérêt et l’égoïsme de ses membres. Y est dénoncée l’hypocrisie des courtisans, leur superficialité, ainsi que le caractère aléatoire, soumis au hasard, de la trajectoire de ces derniers. Ils sont soumis au moindre événement, événement qui peut détruire du jour au lendemain une vie, une carrière. 

« Des Grands » est le livre IX, qui aborde plus particulièrement les mœurs des princes de sang et des nobles, en clair, les « Grands » de ce monde. Il souligne leur vanité, c’est-à-dire leur caractère futile et frivole. Ils ne sont grands que par leur naissance mais pas par leurs actions. Les « Grands » méprisent le peuple, les travailleurs ; les premiers sont orgueilleux et se reposent sur leur situation confortable. 

Enfin, le livre X, « Du souverain ou de la république », dresse une critique acerbe de la guerre qui fait souffrir les peuples. L’art de gouverner est particulièrement délicat sous le régime monarchique. Le bon prince, secondé par ses ministres, doit veiller au maintien de la paix, ne pas se considérer comme le maître absolu de ses sujets. Il doit éviter le faste, le luxe, et faire preuve de modestie.

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Que signifie le parcours « la comédie sociale » ?

Comme le suggère d’emblée le sous-titre des Caractères, « les mœurs de ce siècle », La Bruyère entreprend de dépeindre les comportements de ses contemporains. Ce qu’il y a d’intéressant dans cette présentation est qu’elle conduit à une certaine forme de typologie des êtres humains. Cela consiste en système de classification des individus en types physiques et/ou psychologiques où, le plus souvent, des correspondances sont établies entre des types physiques et des types psychologiques, les premiers étant supposés prédéterminer les seconds.

Ses portraits, moraux avant tout (La Bruyère ne cherchant derrière le portrait physique que la peinture et la stigmatisation des vices) forment des tableaux animés et vivants de personnages emblématiques de son époque et des passions de quelques types universels. Il utilise la satire pour mettre en lumière les défauts des hommes de son siècle. Le portrait de Gnathon dans le chapitre De L’Homme est un exemple parfait d’éthopée.

Il dénonce l’attitude des hommes qui se produiraient dans le monde comme dans un théâtre, et seraient dès lors les personnages d’une immense pièce. Tout n’est que posture, jeu de dupes et superficialité. Les hommes joueraient un rôle dans ce grand théâtre qu’est le monde. Cette idée rejoint celle qu’a énoncée Shakespeare dans Comme il vous plaira (à la scène 7 de l’acte II de la pièce de théâtre publiée en 1623) : 

« Le monde entier est un théâtre,

Et tous, hommes et femmes, n’en sont que les acteurs.

Chacun y joue successivement les différents rôles

D’un drame en sept âges »

Les thèmes abordés dans Les Caractères

La figure de l’homme honnête est au cœur de l’œuvre de La Bruyère. Ce dernier entreprend de présenter un tableau d’un homme idéal, vertueux (qui a des qualités morales), qui fait preuve de mesure (n’est pas excessif dans ses actes et ses propos), de droiture, qui est cultivé et modeste.

Les Caractères dessine un décor souvent citadin, en opposition aux campagnes, à la ruralité. Ce premier lieu, la ville, est décrite comme un endroit en proie à des mouvements de toutes natures. Cela conduit à ce que la situation de ses habitants soit perpétuellement instable, soumise aux variations, au hasard. Les hommes y sont esclaves, prisonniers de la fortune (du destin).

L’argent y est également incriminé dans la mesure où prend le pas sur la vertu. C’est un élément qui pousse à la décadence des puissants, qui corrompt les mœurs et dévalorise la notion de mérite.

Cette satire sociale est menée par divers procédés tels qu’une écriture particulièrement théâtrale. Celle-ci est en effet agrémentée de nombreux dialogues qui rendent le discours vivant. Cela permet de transmettre plus facilement les idées de La Bruyère. Ce dernier met en œuvre le principe de placere et docere, qui signifie « plaire pour instruire ». 

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D’autres œuvres en lien à explorer

On l’a dit, le siècle dans lequel a vécu La Bruyère est marqué par une effervescence littéraire tournée vers une critique de plus en plus débridée (plus libre) du pouvoir et de la société. De nombreux auteurs contribuent à cette dynamique. Fénelon, les célèbres Fables de La Fontaine (dont les trois tomes ont été publiés respectivement en 1688, 1678 et 1694), les Maximes de La Rochefoucauld ou encore les Lettres de Madame de Sévigné en sont les exemples les plus marquants. 

Toutes ces œuvres ont pour caractéristique de moquer par le biais de la satire (texte qui passe par la moquerie, voire la caricature, pour critiquer un sujet) les comportements humains. Il s’agit de dénoncer le manque d’honnêteté de certains individus, des attitudes basses. 

Pour conclure, les maximes satiriques de La Bruyère donnent à voir au lecteur la société de son époque. Il catégorise des « caractères » en s’adressant à eux, en leur émettant des remarques sur leurs comportements. Tout dénonce les attitudes qui ne respecteraient pas la morale, la vertu.

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