La poésie aux XVII ème et XVIII ème siècles

La poésie aux XVIIe et XVIIIe siècles

Après avoir vu la poésie au Moyen-Age et l’impact de la Pléiade sur l’histoire de poésie, nous allons voir comment les événements des XVIIe et XVIIIe siècle ont influencé l’évolution de ce genre littéraire.

Le XVIIe siècle – Vers un nouvel âge d’or de la poésie ?

Généralités

Les troubles politiques et les guerres de religion ont conduit à un déclin de la poésie au XVIème siècle.

Il faut attendre les premières décennies du XVIIe siècle pour une secondeRenaissance ” du genre littéraire. Qu’ils soient nobles de naissance, comme Honoré d’Urfé, ou de plus modestes comme Malherbe, les jeunes poètes considèrent l’exercice de la poésie comme une activité de l’esprit et y voient un moyen d’obtenir les faveurs à la cour.

Tous mettent leur plume au service du Dieu, du roi, des princes et de l’amour.

Thématiques centrales

La poésie amoureuse est alors un genre à part entière aux modes d’expression variés : sonnets, stances, élégies, chansons. (Abraham de Vermeil, Jean-François Sarasin, François Maynard)

Nombreux sont les poètes de ce siècle qui méditent sur la mort et présentent toutes sortes de visions macabres très baroques et très imagées. (Pierre Mathieu, Pierre Motin)

Le lyrisme chrétien a également une place de choix : les poètes imitent et paraphrasent, entre autres textes sacrés, les Psaumes.

La Nature a toujours une place très importante dans la poésie, notamment dans la poésie pastorale. (Théophile de Viau, Tristan l’Hermite, Saint-Amant).

Le XVIIIe siècle – les prémices du romantisme

Le XVIIIe siècle est le siècle des Lumières. La littérature connaît alors une dualité nouvelle :

  • la raison d’une part, défendue dans les textes rhétoriques et argumentatifs
  • et la sensibilité très subjective d’autre part.

La poésie devient ainsi de plus en plus subjective et se tourne vers deux thématiques majeures : l’Amour et la Nature. Par ailleurs, la poésie affranchie du joug des bonnes mœurs et de la religion, plus personnelle annonce déjà l’émergence de la poésie romantique du XIXème siècle.

Diderot, Discours sur la poésie dramatique, 1758

Même si ce discours concerne essentiellement le renouvellement du théâtre, Diderot en profite également pour préciser ses conceptions sur l’inspiration poétique.

Qu’est-ce qu’il faut au poète ? Est-ce une nature brute ou cultivée, paisible ou troublée ? Préférera-t-il la beauté d’un jour pur et serein à l’honneur d’une nuit obscure, où le sifflement interrompu des vents se mêle par intervalles au murmure sourd et continu d’un tonnerre éloigné, et où il voit l’éclair allumer le ciel sur sa tête ? Préférera-t-il le spectacle d’une mer tranquille à celui des flots agités ? Le muet et froid aspect d’un palais, à la promenade parmi des ruines ? Un édifice construit, un espace planté de la main des hommes, au touffu d’une antique forêt, au creux ignoré d’une roche déserte ? Des nappes d’eau, des bassins, des cascades, à la vue d’une cataracte qui se brise en tombant à travers des rochers, et dont le bruit se fait entendre au loin du berger qui a conduit son troupeau dans la montagne, et qui l’écoute avec effroi ? La poésie veut quelque chose d’énorme, de barbare et de sauvage.

Parmi les grands poètes du XVIII ème siècle, on notera Parny (Poésies érotiques, 1778), Léonard (Les Regrets, 1782), Chenier (Elegies) …

 

S’ensuivra une période bien plus palpitante – le romantisme. Suivez ce lien pour découvrir la suite de l’histoire de la poésie.