Victor Hugo Les Contemplations

Victor Hugo, Les Contemplations, livres I à IV : résumé et analyse

Les Contemplations est un grand classique de la poésie romantique du XIXème siècle. Ce recueil de Victor Hugo est pour une nouvelle année au programme du baccalauréat de français en classe de première. Le parcours par lequel il est proposé d’étudier cet ensemble de poème est « les mémoires d’une âme ». Pour t’aider à cerner les enjeux de ce sujet et en comprendre les principaux éléments, lis notre article jusqu’au bout !

Victor Hugo : le chantre du romantisme

L’auteur des Contemplations est la figure de proue du romantisme, tant dans le genre de la poésie, du roman que du théâtre. Victor Hugo est en effet un écrivain très prolifique (il a beaucoup écrit). Né en 1802, c’est un écrivain engagé qui n’hésite pas à mettre ses talents littéraires au service de causes politiques, en dénonçant notamment le travail des enfants (dans son roman Les Misérables publié en 1862 ou dans son poème « Melancholia » tiré des Contemplations).

On lui doit des monuments de la littérature française tels que l’œuvre mondialement connue Les Misérables, le roman Quatrevingt-treize (1874), Notre-Dame de Paris (1831). Du côté du théâtre, il a écrit Cromwell (1827) et Ruy Blas (1838) notamment. En raison de ses divergences politiques à propos du Second Empire, il s’exile à Jersey et Guernesey pendant près de vingt ans. Très populaire de son vivant, il est honoré par des funérailles nationales à sa mort en 1885.

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Présentation des Contemplations

Les Contemplations est publié en 1856, mais il contient des poèmes dont l’écriture s’étale sur vingt ans. Le poète l’annonçait alors comme son « œuvre de poésie la plus complète ». Complète, en ce qu’elle évoque une pluralité de thèmes, auquel chacun a été confronté dans sa vie. Ce recueil lyrique (un registre artistique qui privilégie l’expression poétique et l’exaltation des sentiments personnels, des passions) recueille littéralement ses mémoires, ses souvenirs, ses sensations, aussi divers soient-ils.

Celui-ci est divisé en deux grandes parties d’égale étendue (trois livres) ; 1843 marque une coupure entre ces deux périodes. Il s’agit de l’année de la mort de sa fille Léopoldine à l’âge de 19 ans, qui se noie. Les poèmes de cette première section baptisée « Autrefois » sont antérieurs à son décès, c’est ceux que nous étudierons. Ceux de la seconde, « Aujourd’hui » sont empreints de tristesse, conçus pendant les années de deuil et d’exil.

Chaque livre constitue une étape dans son existence et son déroulement. Nous nous attacherons dans cet article à étudier les quatre premiers livres, conformément au programme de l’EAF.

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Structure du recueil

Livres I et II

Le premier livre, « Aurore » est le livre de la jeunesse. Le poète se remémore ses souvenirs du collège (« À propos d’Horace », I, XIII). Il expose ses premiers émois amoureux (trouble qui naît de l’appréhension, d’une émotion sensuelle), notamment dans le poème « Lise ». Il introduit également des éléments tirés de ses premières luttes littéraires dans « Réponse à un acte d’accusation » et chante en parallèle la beauté du printemps comme dans « Vere novo », ainsi que la joie suscitée devant la vue d’un beau paysage (« Le poète s’en va dans les champs »). Y est célébrée la grâce enfantine par la remémoration de ses jeunes années en y incluant une certaine forme de nostalgie.

Le deuxième livre, « L’âme en fleur », est le livre des amours. Celui-ci présente des poèmes inspirés majoritairement de sa relation avec Juliette Drouet, son amante. Victor Hugo y raconte les premiers temps de leur relation, ses promenades en sa compagnie dans la forêt de Fontainebleau. Il chante les plaisirs, la légèreté et les extases liées à ce sentiment. Pour lui, « Tout conjugue le verbe aimer » (premier vers de « Premier mai »). Il évoque des joies, les moments d’extase, mais aussi les disputes, les malentendus et les réconciliations. Il parle même de ses rêves dans lesquels son amante est présente, notamment dans « Billet du matin ».

Livres II et III

« Les luttes et les rêves » est le troisième livre des Contemplations, dans lequel se manifeste un sentiment de pitié. Dans « Mélancholia » en particulier, il soulève les conditions misérables des hommes et surtout des enfants et travailleurs dans la société contemporaine. Par ailleurs, il dénonce la tyrannie, la guerre en tant que fléaux (dans « La Source » ou dans « La Statue »). La peine de mort, sujet abordé dans la nouvelle Le dernier jour d’un condamné publié en 1829, est thème qui est repris à nouveau dans « La Nature ».

Enfin, le dernier livre est « Pauca maea », qui signifie en latin « quelques vers pour ma fille ». Ce livre est celui du deuil : le poète médite l’événement qui a marqué sa vie, celui de la mort de sa fille évoquée précédemment. Bouleversé, il tente par l’écriture de soulager sa douleur. Il oscille tour à tour entre une rage dirigé contre le destin qui s’est emparé de sa fille (dans « Trois ans après ») et un attendrissement lorsqu’il se remémore certains souvenirs, comme dans « Elle avait pris ce pli ». Une troisième posture est adoptée par Hugo, dans laquelle il semble se soumettre à la volonté divine, comme résigné (« A Villequier »). Pourtant, dans un dernier moment, la pensée de la mort est associée à une lueur d’espoir pour l’au-delà.

Que signifie les « mémoires d’une âme » ?

Il est indiqué dans la préface de l’ouvrage que celui-ci constitue les « mémoires d’une âme », c’est-à-dire la présentation poétique des sentiments éprouvés par le poète. Les mémoires sont un genre littéraire dans lequel un écrivain expose de manière introspective (qui observe, qui examine, qui applique son attention à analyser ses pensées, ses sentiments) ses états d’âme. Victor Hugo présente son livre comme le journal d’une destinée. Il l’introduit comme tel : « Vingt-cinq années sont dans ces deux volumes… L’auteur a laissé, pour ainsi dire, ce livre se faire en lui. La vie, en filtrant goutte à goutte à travers les événements et les souffrances, l’a déposé dans son cœur ». La dimension autobiographique est donc incontournable, centrale dans cette œuvre.

De plus, les mémoires ont un lien étroit avec la dimension historique. Les événements historiques, qu’ils relèvent de l’histoire personnelle ou collective (les grands événements historiques vécus de manière large), sont au cœur des Contemplations. Ainsi, Hugo évoque à de nombreuses reprises les conditions dans lesquelles ses contemporains travaillent. Il ne faut pas oublier qu’Hugo s’est même engagé politiquement en devenant parlementaire, ce qui renforce la portée de son message contre la misère.

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Les thèmes principaux à retenir

Le lyrisme au cœur de l’écriture poétique d’Hugo

Les oxymores et antithèses sont au service de la poésie d’Hugo. Tout au long du recueil, le poète joue avec les oppositions entre clarté/obscurité, la vie et la mort, dans lesquels les contraires sont complémentaires. Cette dimension tend à une conception du monde qui se veut universelle « quand je vous parle de moi, je parle de vous », comme il l’indique dans sa préface. Il présente ainsi un miroir à ses lecteurs, instaurant un véritable dialogue.

Une diversité d’émotions

La mélancolie, les amours déceptifs, la misère et la pauvreté se bousculent, s’entremêlent dans le recueil. Dans cette perspective, la frontière entre nature et mysticisme est souvent brouillée. La religion rejoint par certains aspects l’évocation de cet environnement, glorifié. La question du deuil est également centrale. Le décès de Léopoldine entraîne le poète à se murer dans sa douleur, se renfermant sur sa souffrance et écrivant avec une douleur teintée d’une distance meurtrie.

En outre, l’aspect religieux tient une place prépondérante. Dans son deuil, il tire dans la religion apaisement et confiance. Cette consolation est consolidée par la foi en la vie, qui se manifeste par la beauté de la nature. Il s’agit d’une des caractéristiques du lyrisme, qui se conjugue à l’écriture du « moi », l’exaltation des sentiments.

Pour conclure, ce recueil est un incontournable du genre poétique. Les poèmes sont écrits de manière fluide, ce qui rend la lecture agréable. Il s’agit du parfait exemple de la poésie lyrique, dont les thèmes principaux ont été décrits plus haut. À toi désormais de te les approprier !

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