URSS guerre froide

Histoire : L’effondrement du bloc de l’Est et de l’URSS

La Guerre Froide est une période clé de l’histoire contemporaine et il est très important que tu maîtrises ce sujet si tu souhaites obtenir la meilleure note possible au baccalauréat d’histoire-géo. La team Up2School Bac t’a concocté une fiche de révision très complète pour que l’effondrement du bloc de l’Est et de l’URSS n’ait plus aucun secret pour toi. À tes notes ! 

 

Introduction

Après près de quarante ans d’oppositions multiples, les deux superpuissances qui se sont fait face pendant toute la Guerre Froide ne peuvent empêcher l’émergence d’un monde multipolaire. Ils perdent peu à peu le crédit que la victoire de 1945 leur avait accordé, mais restent, notamment avec l’arrivée de Reagan au pouvoir, deux ennemis. Pourtant, l’URSS ne parvient plus à suivre la cadence de développement capitaliste que les USA et leurs alliés suivent. L’URSS, sur certains points, ressemble plus à un pays du tiers-monde qu’à une super-puissance. L’arrivée au pouvoir de Gorbatchev, qui constate ce retard massif, entraîne une volonté de réforme au sein de l’URSS. Mais ces réformes ne parviennent pas à sauver le régime et même, dans une grande partie, participent à sa mise à mort.

On cherchera à comprendre comment disparaît le système soviétique, en nous interrogeant sur son caractère irréformable.

Dans une première partie, nous étudierons la perte de statut diplomatique de l’URSS. Nous nous pencherons ensuite sur les problèmes internes du système soviétique, qui permettent de parler « d’implosion ». Finalement, un point sur la disparition progressive des états communistes d’Europe permettra d’étudier plus profondément la réaction en domino qui précipite la chute du bloc de l’Est.

 

 

I. Le chant du Cygne de la puissance soviétique

A. La politique incisive de Reagan vis-à-vis du bloc de l’Est

Après une présidence Carter souvent considérée comme « molle » sur le plan de la diplomatie, Reagan veut pousser le bloc de l’Est à l’implosion en lui imposant un rythme de développement acharné. Lors d’un discours à Orlando en 1983, il dénonce l’Union soviétique comme un « Empire du mal » et abandonne la politique de détente. En effet, il augmente massivement les dépenses militaires au point de relancer une course aux armements qu’il sait difficile à tenir pour les Soviétiques.

 

B. La guerre des étoiles

Reagan entend mettre en place une sorte de bouclier spatial pouvant identifier et anéantir en vol tout missile qui pourrait mettre en danger les USA, quitte à aller à l’encontre des traités de démilitarisation de l’espace (1967) et l’interdiction des essais nucléaires dans l’espace (1963). Il appelle cette méthode de défense l’IDS, Initiative de défense stratégique, mais les médias préfèrent parler de « Guerre des Étoiles ». Reagan espère réveiller l’orgueil soviétique, pour entretenir cette logique bipolaire.

Du côté soviétique, on ne peut pas se permettre de telles dépenses de défense, le budget du complexe militaro-industriel étant déjà énorme. Pour eux, l’enjeu est de taille : si Moscou dit qu’elle ne peut pas suivre la course, ça serait un aveu d’échec terrible et même une preuve qu’elle perd la Guerre Froide, au risque de sacrifier la satisfaction de la population, l’accès aux biens de consommation, etc.

 

C. L’ambivalente position de l’URSS dans sa politique extérieure.

Gorbatchev est le premier dirigeant dans lequel le bloc de l’Ouest a confiance. Il retire en mai 1988 les troupes d’Afghanistan. Il ne considère cependant pas ce retrait comme l’aveu d’un échec, mais comme la possibilité d’une relance et d’une refonte de la diplomatie soviétique. On observe notamment cela à travers sa vision de l’Europe, développée en 1987 lors d’un discours en Tchécoslovaquie, dans lequel il parle de l’Europe comme d’une « maison commune ». Il conçoit en effet l’URSS comme une puissance européenne. Par conséquent, il considère les relations avec les pays occidentaux, non plus dans un cadre bipolaire, mais dans un cadre européen, allant à l’encontre de la géopolitique des décennies précédentes.

En 1988, lors d’un discours à l’ONU, Gorbatchev déclare que la liberté de choix doit être universellement reconnue aux peuples. Cette déclaration apparait comme un appel explicite à l’Europe de l’Est. Dans certains pays du bloc grandit l’idée qu’il faut se saisir de cette chance pour s’émanciper de Moscou.

Cette géopolitique soviétique nouvelle connaît son paroxysme en juin 1989 lorsqu’il annonce au parlement européen la bascule de l’URSS vers une politique de non-intervention.

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II. L’implosion soviétique sous Gorbatchev

Quand Gorbatchev arrive au pouvoir en URSS, il jouit d’une réputation d’homme moderne, jeune (54 ans), fin connaisseur de l’Occident. Il apparaît comme capable à la fois devant son peuple et sur la scène internationale. Il a aussi, au départ, une certaine popularité au sein du Parti, car c’est un pur produit de l’appareil soviétique, qui sait s’entourer de conseillers capables. Pourtant, sa politique de réforme massive le marginalise progressivement au sein de son parti.

 

A. Sous Gorbatchev, une libéralisation ambivalente

La fin des années 1980 présente en URSS un dilemme terrible pour Gorbatchev, dont la politique de libéralisation le contraint à ne satisfaire personne. Certains trouvent d’un côté que ses ouvertures sont trop timides, d’autres défendent au contraire qu’il contribue à dénaturer un régime qui doit rester fidèles aux visées de Lénine.

Surtout, en réformant certains aspects du régime parmi les plus profondément ancrés, Gorbatchev introduit des maux dont le système était naguère préservé, comme le chômage. Le dirigeant n’est pas en mesure de justifier clairement les bienfaits de la libéralisation entreprise à une population qui s’oppose de plus en plus violemment à lui. Cette vision négative du personnage dans le bloc de l’Est contraste fortement avec la « Gorbimania » à l’Ouest. Il y est perçu comme un réformateur habile, qui peut sauver le système, et rendrait même l’URSS fréquentable.

 

B. Perestroïka et Glasnost

En 1985, Gorbatchev lance une série de grandes réformes qui font date et chamboulent les équilibres soviétiques. Cette politique nouvelle se fonde sur deux piliers majeurs : d’un côté, une volonté affichée de plus de transparence (glasnost), de l’autre, une mise en place rapide de nécessaires restructurations et réformes (perestroïka). Pourtant, l’objectif n’est pas le torpillage des idées communistes, seulement une plus grande liberté de critique : il faut réformer le système tout en s’efforçant de le préserver.

Gorbatchev considère que l’URSS, comme le parti, doivent cesser de faire peur. L’exemple de la catastrophe de Tchernobyl, en avril 1986, est en cela très parlant : pour la première fois, le gouvernement ne cherche pas à cacher la catastrophe. Mais cette volonté de plus de clarté participe aussi à l’exhibition de toutes les failles du système.

 

C. Les problèmes économiques et sociaux

En 1986, lors du 27ème Congrès du Parti Communiste, Gorbatchev livre un bilan objectif sur les difficultés économiques de l’URSS. Cette première dans l’Histoire du parti apparaît comme un terrible aveu d’échec prononcé par le secrétaire général. Gorbatchev constate une trop grande concentration sur la production, au mépris de la demande, des prix. La solution envisagée est la suppression de l’économie planifiée. En effet, il juge que la planification est à l’origine de certains retards de développement que connaît l’URSS à l’époque. Par exemple, elle est à la 103ème place mondiale pour le taux d’équipement en voiture, et la 88ème place pour les téléphones, derrière beaucoup de pays du Tiers-monde.

Il fait aussi le constat, plus anecdotique, mais qui en dit beaucoup sur l’état du pays, des problèmes d’alcoolisme dont souffre de nombreux soviétiques. Alors qu’en 1952 la consommation annuelle de vodka était à cinq litres, elle est passée à 30 litres en 1985. De même, l’espérance de vie a baissé de 5 ans : de 67 à 62 ans, au point que l’URSS se retrouve quasiment dans une situation de pays du Tiers-monde.

Le pays commence à se réformer, mais avec des paradoxes évidents. Par exemple, le soviet suprême devient un parlement élu au suffrage universel direct, tout comme le président. Mais cela revient à dire que Gorbatchev n’est pas un élu et qu’il n’est donc plus légitime. Croît alors l’impression que l’URSS ne parvient pas à se réformer.

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III. L’année 1989 et la fin de la guerre froide

A. La chute du mur de Berlin

En Pologne et en Hongrie, les discours de Gorbatchev ont entrainé des politiques de libéralisation, qui inquiètent les autres pays de l’Est, notamment la RDA. L’année 1989, qui fête les 40 ans de la RDA, est hautement symbolique pour le gouvernement est-allemand. Mais cette année tourne au fiasco : beaucoup d’Est-Allemands passent par la Hongrie pour aller à l’Ouest. Gorbatchev met en garde le gouvernement est-allemand, qui veut s’opposer aux manifestations de libéralisation et aux fuites vers l’Ouest : Moscou ne soutiendra aucune manifestation de répression de la part de la RDA. Gorbatchev invite même Honecker, secrétaire général du parti à Berlin, à lancer une perestroïka allemande.

Si l’URSS a demandé à l’Allemagne de l’Est d’engager la perestroïka, elle reste floue sur le mur. En octobre 89, la rumeur circule que le mur va être ouvert, après un discours de Reagan devant le mur, durant lequel il demande à Gorbatchev de l’ouvrir. Le 9 novembre, une foule de manifestants se retrouve au pied du mur, alors que les autorités est-allemandes ne livrent aucune instruction. Dans ce flou, Egon Krenz, qui a remplacé Honecker, choisit d’ouvrir le mur. Cette ouverture symbolique apparaît comme une première brèche massive dans le bloc de l’Est, et donc l’URSS. Dans la nuit du 9 au 10 novembre, 130 000 personnes passent le mur, de peur que ça soit provisoire. La réunification allemande est en marche.

 

B. L’Europe de l’Est s’émancipe

Staline avait installé à l’Ouest de la Russie « un glacis protecteur » pour éviter le contact direct avec les pays du bloc de l’Ouest. Ce glacis est formé de ceux qu’on a appelé les États satellites de l’URSS, pays qui reprennent, dans les grands traits, le modèle politique et économique soviétique.

À la suite de la Perestroïka, et surtout de la chute du mur, ces républiques s’émancipent de la domination de Moscou et renoncent même au communisme. En Pologne, le parti de protestation Solidarnosc, derrière Lech Walesa, remporte triomphalement les premières élections libres en juin 1989. En Tchécoslovaquie, la Révolution de Velours porte au pouvoir le philosophe et dramaturge anticommuniste Vaclav Havel, à l’issue de manifestations de masse relativement pacifiques. La Hongrie ouvre progressivement ses frontières et réhabilite le héros national anticommuniste Imre Nagy.

Surtout, ces révolutions se passent toutes, à l’exception de la Roumanie, sans grande violence. Le dictateur roumain communiste, Nicolae Ceausescu, est en effet le seul dirigeant à réprimer les révoltes dans le sang. Mais, renversé le 22 décembre 1989, il est exécuté par ses propres soldats le jour de Noël.

À la fin de l’année 1989, la rapidité de l’enchaînement des événements et de la libération des républiques satellites impressionne. L’image des dominos semble plus que jamais d’actualité et, la chute du mur et des républiques communistes menacent fortement l’URSS.

 

C. La fin de l’ère soviétique et le démantèlement de l’URSS

En effet, la disparition si rapide des pays satellites semble prouver l’impossibilité de la réforme. Les efforts auxquels appelle Gorbatchev sont accueillis avec un certain relâchement, le secrétaire est décrié par son propre parti. Alors que le rationnement se généralise, la Une du Times titre « L’URSS, une superpuissance réduite à la mendicité ».

Boris Eltsine, grand rival de Gorbatchev, est élu président du Soviet Suprême de la République socialiste fédérative soviétique de Russie en juin 1990, ce qui participe à affaiblir le pouvoir du secrétaire général. Eltsine apparaît comme le nouvel homme fort de la situation, notamment depuis une tentative de coup d’État auquel il s’est opposé en haranguant la foule, juché sur un char en pleine rue. Gorbatchev, marginalisé, quitte le secrétariat général du parti et, moins d’un an plus tard, le Parti Communiste est dissout. Eltsine ne parle plus d’URSS mais de République de Russie. La démission de Gorbatchev, le 25 décembre 1991, marque la fin de l’URSS : la République socialiste fédérative soviétique de Russie disparait alors, au profit de la Fédération de Russie.

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