Justice espagnole

L’Espagne face au devoir de mémoire

¡Buenos días amigo! Dans ce nouvel article, nous abordons un sujet de société qui marque les Espagnols : le devoir de mémoire. C’est une question directement reliée à plusieurs problématiques: “mitos y héroes“, ou encore “lugares y formas de poder“.

 

Introduction

Le gouvernement de Pedro Sánchez en a fait une de ses promesses : rétablir le déficit de mémoire dont souffrent les victimes de la guerre civile et du franquisme. C’est un sujet riche en histoire, aux implications actuelles importantes pour deux raisons. La première : une partie des Espagnols réclament encore justice pour des crimes commis durant la guerre civile et sous le franquisme. La seconde : la réalisation d’un tel objectif permettrait à Sánchez de redresser sa barre de popularité pour les prochaines élections présidentielles.

Par conséquent, si tu décides d’en parler, cela ne fait aucun doute que tu te distingueras des autres candidats. Quoi de mieux que de bluffer ton jury en proposant une réflexion soyeuse et construite ?

 

Un passé trop douloureux pour être accepté.

En 1975 Franco décède, l’Espagne s’appuie alors sur son héritier tout désigné : Juan Carlos. En 1977, celui-ci réussit à faire passer la Ley de Amnistía, communément appelée los Pactos de la Moncloa. Dans le but d’enfouir un passé trop douloureux, ces derniers garantissent l’immunité constitutionnelle à tous les franquistes et criminels de guerre coupables de crime. Si cette loi est critiquée, et même surnommée el Pacto del Olvido, elle a le mérite de donner un nouveau souffle à l’Espagne.

Au passage, il est intéressant d’utiliser cet élément pour parler de l’évolution même de Juan Carlos : de héros de la Transición, il n’est rien d’autre qu’un délinquant fiscal dorénavant. Ta profondeur historique ne pourra que plaire à ton examinateur !

Note aussi que la Moncloa est l’Elysée espagnol et la loi d’amnistie y a été signée, d’où le nom de Pactos de la Moncloa.

 

L’Espagne a-t-elle véritablement tourné la page ?

Clairement non ! Si la loi d’amnistie universelle permet à l’Espagne de repenser son futur, son passé finit par la rattraper sous la présidence de José Luis Rodríguez Zapatero, qui en 2007 réforme le devoir de mémoire en faisant voter la Ley de Memoria Histórica. Celle-ci entraîne la suppression de la majorité des symboles franquistes de la voie publique : nom de rues, statues à l’effigie de Franco ou d’autres dignitaires franquistes coupables de barbarie. Toutefois, elle ne permet pas d’en poursuivre en justice. Au total, les mesures de Zapatero marquent un tournant, un point d’inflexion vis-à-vis du devoir de mémoire, même si elles connaissent des limites.

Par ailleurs, il est intéressant de noter que le PP (parti traditionnel de droite) s’est opposé à l’application de cette loi, car elle rouvrait des cicatrices qui risquaient de nuire au régime espagnol.

S’il faut bien connaître une des lois de Zapatero, c’est celle-ci !

 

Sánchez apporte-t-il une solution juste de long terme ?

Aujourd’hui, il reste encore des mères et des grands-mères cherchant leurs enfants disparus suite aux vols de bébés. Ces tristement célèbres vols servaient à combattre les opposants au parti franquiste, los rojos, en les privant de descendance en les privant de leurs nouveaux-nés, qui étaient placés dans des familles favorables au franquisme. De même, beaucoup d’Espagnols cherchent encore les restes de leurs ancêtres afin d’en faire le deuil (el luto). Il leur est très difficile d’en retrouver la trace, car de nombreux combattants étaient enterrés dans des fosses communes.

Dans cette perspective, la Ley de Reforma Democrática de Pedro Sánchez vise à combler ce déficit de mémoire. Tout d’abord, cela passe par le transfert des restes de Franco du Mausolée del Valle de los Caídos à un cimetière privé. En effet, Franco était enterré aux côtés de milliers de victimes de la guerre civile, ce qui faisait du lieu un affront pour le repos de ces dernières. Il faut donc aujourd’hui repenser le lieu comme un cimetière public dédié aux victimes de la guerre et du franquisme.

De plus, la loi crée une banque d’ADN où il est possible de déposer un échantillon de son propre ADN afin de retrouver plus facilement un membre de sa famille qui serait enterré dans une fosse commune. Enfin, la loi punit les propos pro-franquistes par l’arrêt de subvention voire des amendes couplées à des peines de prison.

 

Conclusion

Devant l’horreur de leur passé, il y eut consensus sur le fait de faire table rase sous l’action de Juan Carlos. Toutefois, la loi de Zapatero permit d’apporter plus de justice, même si elle ne permettait pas encore de juger des dignitaires franquistes coupables de torture. Il faut attendre que la presse s’en mêle à partir des années 2010.

Finalement, la loi de Sánchez est un nouveau point d’inflexion par rapport à celle de Zapatero, car elle vise à rétablir les Espagnols souffrant d’un déficit de mémoire dans leurs pleins droits.

Une ouverture très appréciée consisterait à évoquer le cas de l’Argentine qui partage une chronologie assez semblable à celle de l’Espagne en ce qui concerne le devoir de mémoire. En effet, le pays a aussi souffert de vols de bébés par exemple.

 

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