Oral du bac d’espagnol : Fictions et réalité

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Les notions de fictions et réalité s’entremêlent régulièrement dans les mentalités de toutes les sociétés. Les mythes, légendes et préjugés sont nombreux. Ce sont donc des notions très intéressantes pour une analyse comparative.

Définitions des notions fictions et réalité

Les fictions

Les fictions sont des faits imaginés, des constructions imaginaires ou des créations de l’imagination. Elles peuvent être individuelles (dans le cas des histoires que l’on se raconte à nous-mêmes), individuelles et partagées (dans le cas de la littérature) ou encore collectives (les légendes, mythes ou l’imaginaire collectif présent en société).

La réalité

Au contraire, la réalité désigne le caractère de ce qui est réel, ce qui existe effectivement et a une existence concrète. Il ne s’agit pas d’histoires fictives inventées, ce sont des faits de la vie réelle.

Mise en relation des notions fictions et réalités

Les fictions et la réalité, bien qu’en apparence opposées, s’entremêlent étroitement dans toutes les sociétés du monde. Tous les groupes d’individus se sont un jour ou l’autre racontés des histoires sur leur passé, leur identité, leur culture… Et les fictions font partie intégrante de la réalité sociale. Nous vivons en nous racontant des histoires, toujours en mêlant les faits et les légendes ou mythes.

Ainsi, les fictions et les réalités sont souvent étroitement liées et donner lieu à un imaginaire collectif parfois très différent de la réalité.

Ce qui vient d’être énoncé n’est pas uniquement présent en Espagne ou en Amérique latine. C’est un phénomène mondial.

Les exemples possibles sur les fictions et la réalité

En ce qui concerne le monde hispanique, les notions de fictions et de réalité sont très liées, et notamment en Amérique latine. Nous approfondirons un exemple particulièrement parlant : la place de l’indien en Amérique latine.

La figure de l’Indien (ou indio) est très intéressante parce qu’elle n’a cessé d’être construite de manière fictive et par l’extérieur.

Etudions tout d’abord le terme “indien”: on les appelle ainsi car, lorsqu’il débarqua en Amérique en 1492, Christophe Colomb pensait arriver aux Indes. Or les Indes faisaient partie de l’imaginaire collectif de l’époque. L’exotisme, les soieries et autres produits locaux importés en Europe par les nouvelles routes commerciales faisaient rêver. Ainsi donc, lorsque les portugais et les espagnols découvrirent les populations locales, ils crurent qu’il s’agissait des habitants des Indes -les indiens.

Ensuite, la figure de l’indien est une construction sociale et imaginaire historiquement datée. Les anthropologues européens, depuis le XVIe jusqu’au XXe, ont théorisé l’indien de deux manières. On lui attribuait un caractère sauvage, un retard de civilisation, un état statique et une absence de travail. Certains auteurs, comme Buffon, les comparaient même aux animaux. D’autres au contraire, comme Rousseau, valorisaient la générosité et la figure du “bon sauvage”, plus civilisée que celle des européens. De plus, les dessins et représentations des indiens faites à l’époque ont permis de construire l’apparence de l’indien. L’image la plus populaire de l’indien d’Amérique latine est celle de l’homme quasiment nu, simplement vêtu d’un pagne, qui vit dans la forêt, réalise des rituels locaux et se tient éloigné des espaces très peuplés comme les villes.

Aujourd’hui, ces légendes au sujet de la figure de l’indien, popularisées et exportées au fil des siècles, ont toujours beaucoup de force dans les mentalités. La réalité de l’indien est bien différente de la manière dont les fictions présentes dans l’imaginaire collectif les désignent. Par exemple, 40% des indiens du Brésil vivent en ville. De même, les sociétés indigènes qui refusent le contact avec les personnes venant de l’extérieur sont très peu nombreuses. En réalité, les populations indigènes ont acquis une plus grande visibilité, sont acteurs en politique et leurs contacts avec l’extérieur sont extrêmement importants.

Les fictions sont ainsi très prégnantes dans notre appréciation de la réalité.

Point vocabulaire spécifique aux notions

Fictions : Ficciones

Histoires : Historias

Récits : Relatos, cuentos

Légendes : Leyendas

Légendaire : Legendario

Mythes : Mitos

Préjugés : Prejuicios

Raconter : Contar

Imagination : Imaginación

Imaginaire collectif : Imaginario colectivo

Réalité : Realidad

Réel : Real

Fait : Hecho

Concret : Concreto

Avéré : Acertado

Passé : Pasado

Mentalité : Mentalidad

Conclusion

Pour conclure, les fictions et la réalité sont des notions tant opposées que proches. En définition, elles s’opposent. Toutefois, dans les faits, elles s’entremêlent. Depuis toujours, les sociétés se racontent des histoires où se mêlent réalité et fiction. Ainsi, l’imaginaire collectif modèle nos manières d’apprécier la réalité.

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