l’action de l’École sur les destins individuels et sur l’évolution de la société

SES : Quelle est l’action de l’École sur les destins individuels et sur l’évolution de la société ?

L’école occupe une place importante dans la société, notamment la société démocratique et sociale qui a pour idéal d’offrir une scolarité gratuite pour tout individu. Par son action d’instruction et de socialisation, l’école doit permettre l’intégration sociale grâce à la transmission d’une culture commune républicaine.

 

Les indicateurs à connaître pour traiter un sujet sur le rôle de l’École dans la société 

Le taux de scolarisation : c’est le rapport entre le nombre d’élèves, d’étudiants et d’apprentis en formation initiale d’un âge déterminé, inscrits dans un établissement d’enseignement, et le nombre de jeunes de cet âge. Aujourd’hui, le taux de scolarisation des jeunes de 3 à 15 ans est proche de 100 %.

Le taux d’accès à un diplôme ou à un type de formation : en 1851, seulement 0,6 % des jeunes d’une génération obtenaient un baccalauréat. Aujourd’hui, elle s’élève à près de 80 %.

IDH : indice de développement humain. Il prend en compte le Produit National Brut (PNB) par habitant, l’espérance de vie et le niveau d’éducation d’un pays, d’une région ou du monde.

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Les chiffres à avoir en tête 

Les études ont relevé une hausse des inscriptions en école primaire de 108%, ainsi que de 75% en école secondaire (2010).

D’après l’INSEE, dès l’école primaire, les inégalités de performances scolaires selon la catégorie socioprofessionnelle des parents sont fortes. À l’occasion d’une dictée proposée à des élèves de CM2 en 2015, les enfants de parents ouvriers ont fait en moyenne 19 erreurs et ceux de parents sans emploi 21, soit moitié plus que les enfants de parents cadres. De plus, une surreprésentation des enfants cadres en grandes écoles est observée.

Le budget du Pakistan pour l’éducation en pourcentage du PIB est de 2,4% en 2010. La même année, la France y a consacré 7,1% de son PIB.

 

 Les définitions à maîtriser  

La question de la mobilité sociale concerne les modalités de répartition des individus dans les diverses classes ou strates sociales, soit l’ouverture et la fermeture relative de la structure sociale dans une optique dynamique. Dans les sociétés d’ordre, comme la France de l’ancien régime, ou dans les sociétés de castes, le statut social est héréditaire ou assigné. La position sociale y est avant tout affaire de lignage. Les révolutions démocratiques de la fin du XVIIIe siècle se firent au nom de l’abolition des privilèges héréditaires et de l’égalité de droits des hommes entre eux, dans les domaines politique, juridique et économique. Les sociétés démocratiques se caractérisent donc, non par l’assignation, mais par l’acquisition du statut social.

La mobilité structurelle correspond à la déformation de la structure en emplois au cours du temps.

La mobilité nette renvoie, quant à elle, à la part de la mobilité observée non expliquée par la mobilité structurelle. Ce résidu est généralement perçu comme l’indice de la démocratisation de l’accès aux positions sociales.

 

Les inégalités face auxquelles l’École devrait lutter 

Bourdieu distingue ainsi trois types de capitaux qui, selon leur volume différent en fonction des personnes, créent des inégalités de réussite scolaire et sont donc à l’origine d’une certaine panne de l’ascenseur social :

  • Le capital économique : il réunit l’ensemble des revenus et du patrimoine, mais se différencie selon sa forme (liquide comme un compte en banque ou plus difficilement négociable comme une exploitation agricole).
  • Le capital culturel : il existe sous trois formes : institutionnalisé (un diplôme universitaire dont la valeur est garantie par l’État peut être placé sur différents lieux comme le marché du travail, le marché matrimonial) ; objectivé (une collection de peinture, des meubles de style, une bibliothèque) ; intériorisé (l’intérêt que l’on manifeste pour l’art ou la culture est étroitement lié à la possession d’un code culturel transmis le plus souvent par la famille d’origine et/ou par l’école).
  • Le capital social : comprend l’étendue de la surface sociale (réseaux, relations…) mobilisable par un agent. Il constitue une sorte de «valeur ajoutée» aux deux premiers capitaux, dans le sens où il accroît leur rendement. Deux diplômés d’une même grande école peuvent avoir des carrières dissemblables, si l’un possède plus d’informations sur les choix professionnels à opérer et fait preuve d’un « sens du placement » qui joue comme un accélérateur de carrière.

Les phénomènes collectifs résultent aussi de l’agrégation de décisions individuelles. R. Boudon explique ainsi que les inégalités d’accès à chacun des niveaux scolaires en fonction de l’origine sociale proviennent du fait que les familles apprécient différemment les risques, les coûts et les avantages de l’investissement scolaire. Le rôle de l’héritage culturel est moins important que celui des choix et des calculs stratégiques des familles dans cette approche. Selon lui, plus les paliers d’orientation sont nombreux, plus les écarts se creusent entre milieux sociaux mais ce n’est pas le résultat d’un « handicap culturel ».

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Une socialisation genrée renforce aussi les inégalités à l’école. Cependant, malgré une scolarisation historiquement plus tardive, il est désormais attesté que les filles ont un meilleur niveau scolaire moyen que les garçons. En témoigne en particulier, la proportion d’une génération bachelière, nettement plus élevée chez les filles. Elles restent toutefois en retrait dans certaines filières d’excellence comme les CPGE scientifiques et valorisent moins bien leur diplôme sur le marché du travail. Les travaux sociologiques axés sur la socialisation primaire sexuée peuvent être ici convoqués : les parents ont des attitudes différentes envers les filles et les garçons. Celles-ci sont davantage stimulées en matière verbale, ceux-là sur le plan moteur ; elles subissent un contrôle plus strict ; elles sont encouragées à la sociabilité harmonieuse envers les camarades ou les adultes. Ainsi, de manière inconsciente, les familles anticipent le futur rôle des femmes – et des hommes – dans la société et concourent à le renforcer. Bien qu’alertés, les professeurs ont également inconsciemment des attitudes différentes envers les deux sexes.

Le professeur et l’établissement scolaire participent aussi à l’instauration des inégalités scolaires. L’effet-maître l’emporte sur l’influence de l’origine sociale. Cet effet ne dépend pas des caractéristiques personnelles de l’enseignant : âge, sexe, niveau de formation, etc. Il résulte davantage de la bonne gestion des interactions en classe. L’enseignant efficace est celui qui arrive à mobiliser tous les élèves le plus longtemps possible. Il doit pour cela chercher à intéresser les élèves, les stimuler sur le plan intellectuel, réussir à les maintenir concentrés tout en tenant compte du niveau de chacun (différenciation pédagogique), etc.

L’effet-établissement et l’effet-classe sont analysés par des études. En France, des études comparatives des collèges puis des lycées soulignent la forte hétérogénéité dans le recrutement social des établissements : le public scolaire d’un lycée parisien est majoritairement composé d’héritiers alors que les parents des lycéens de Seine-Saint-Denis n’ont, pour certains d’entre eux, jamais fréquenté le lycée.

La dernière grande vague de réformes structurelles concerne le lycée et date des années 1980. En 1985, Jean-Pierre Chevènement lance le mot d’ordre : « 80% d’une classe d’âge au baccalauréat » qui sera repris par la loi d’orientation scolaire de 1989 de Lionel Jospin. Pour atteindre cet objectif, est créé le baccalauréat professionnel en 1985 qui permet aux titulaires d’un BEP ou d’un CAP de poursuivre leurs études secondaires. Cependant, Stéphane Beaud dans sont livre 80% au bac … et après ? montre les limites de cette politique qui semble prometteuse à l’origine. Dans ce livre il se base sur une enquête sur dix ans menée auprès de jeunes d’un quartier HLM à forte composante immigrée. Grâce à cela il résume les illusions et les désillusions de ces « enfants de la démocratisation scolaire », engagés dans la voie incertaine des études longue. 

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