structure de la société française

SES : comment est structurée la société française actuelle ?

La structure de la société française a pu subir certaines transformations ces dernières années. La part des différentes catégories au sein de la société ainsi que l’évolution de celles-ci sont un enjeux majeur dans les études sociologiques. Dans ce nouvel article, nous te proposons donc une analyse de la structure de la société française. 

 

La stratification sociale 

Afin d’analyser la structure de la société française il faut avoir en tête la définition de « stratification sociale ». Le terme de « stratification sociale » a deux sens assez différents en sociologie. Au sens large, il s’agit de toute analyse de la différenciation sociale en groupes variés, quels qu’en soient les principes. Il existe alors d’autres formes de stratification sociale que les classes dans des sociétés anciennes : castes, ordres, etc. Au sens restreint maintenant, le terme est parfois utilisé par opposition aux théories des classes sociales, pour signifier que la société est en fait constituée d’une multitude de « couches » qui ne sont pas nécessairement en conflits, ni clairement séparées.

 

Les différentes représentations de la structure de la société française

D’une part, la nomenclature des PCS (professions et catégories socioprofessionnelles) de l’INSEE classe les catégories sociales en fonction de leur statut (salarié/indépendant), de leur secteur d’activité, de leur niveau de qualification et de la nature de la tâche effectuée. Il s’agit alors de la première représentation de la structure de la société française. Cependant, la hiérarchie des PCS n’est pas totale : certaines catégories apparaissent plus hautes dans la hiérarchie sociale (employés/ouvriers, professions intermédiaires, cadres), et certaines présentent une forte hétérogénéité, ce qui les rend difficilement classables (artisans, commerçants ou bien chefs d’entreprise par exemple).

PCS structure de la société française
PCS structure de la société française

Si l’on classe les PCS en fonction de leur situation économique : les PCS les plus favorisées sont les cadres (du point de vue du revenu), les agriculteurs, artisans, commerçants et chefs d’entreprise (du point de vue du patrimoine), tandis que les PCS les moins favorisées sont les professions intermédiaires, les employés et les ouvriers.

Si l’on les classe du point du vue de leur mode de vie, les plus favorisées sont les cadres, puis les professions intermédiaires, les employés, les agriculteurs, artisans, commerçants, chefs d’entreprises, et enfin les ouvriers.

Transformation de la société depuis les années 2000 : 

  • Baisse des agriculteurs et ouvriers du fait d’une tertiarisation de l’économie ;
  • Hausse des employés du fait d’une tertiarisation et une féminisation du travail ;
  • Hausse des cadres du fait d’une tertiarisation et une élévation du niveau de qualification ;
  • Hausse de l’emploi qualifié dans les pays développés, en parallèle d’une hausse du travail peu qualifié voire pas qualifié dans les PED ;
  • Hausse de la salarisation, c’est-à-dire : l’augmentation de la part des emplois salariés par rapport aux emplois non-salariés (travailleurs indépendants) ;
  • L’écart est de 14 % dans la fonction publique (Insee). Chez les cadres, les femmes gagnent 23 % de moins que les hommes, chez les ouvriers 17 % et chez les employés 7 % (Insee). À poste et expérience équivalents elles perdent 10 % du salaire masculin (Observatoire des inégalités).

D’autre part, Henri Mendra représente graphiquement la société. En effet, il constate une forte moyennisation de la société durant les Trente Glorieuses, de ce fait la société est représenté par une toupie. Cependant, cette modernisation a tendance à s’estomper ces dernières années, d’où la représentation graphique de la structure de la société par un sablier. 

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Les raisons des transformations de la structure de la société française 

La hausse des inégalités est l’une des premières explication au changement de la structure de la société. Il existe plusieurs indicateurs de mesure des inégalités économiques, que ce soit de revenu ou de patrimoine : 

  • Le rapport interdécile ou la comparaison entre le 1% (centile), voire 0,1%, ou 0 ,01% ou encore 0,001% de la population la plus riche par rapport au reste de la population. Un décile est donc une valeur qui délimite une tranche de 10% de la population considérée. Si l’on détermine des tranches de 20%, on utilise les quintiles. Si on détermine des tranches de 25%, on utilise des quartiles. Si l’on détermine des tranches de 1%, on utilise des centiles. Dans deux notes parues le 3 novembre, l’INSEE estime que les inégalités de niveau de vie seraient stables en 2020 malgré la crise due au Covid-19 : l’indice de Gini (à 0,289), le ratio entre la masse des niveaux de vie détenue par les 20% des personnes  les plus aisées et celle détenue par les 20% les plus modestes (à 4,4) ainsi que le rapport interdécile entre les seuils délimitant les 10% des personnes les plus aisées et les 10% les plus modestes (à 3,4) resteraient inchangés par rapport à 2019.
  • Le coefficient de Gini calculé à partir de la courbe de Lorenz (dont la valeur s’échelonne de 0, si l’égalité de revenu est parfaite, à 1, si tout le revenu va à un seul individu). Le coefficient de Gini de la France ne vaut que 0,32, mais a augmenté de 0,01 points en 2021. 

Un autre facteur de la transformation de la structure de la société française est le développement de la pauvreté. Actuellement, la France fait face à un phénomène nouveau : la « nouvelle pauvreté » de Serge Paugam. La pauvreté change de composition et concerne dorénavant les enfants et jeunes adultes, familles monoparentales, milieu urbain, travailleurs pauvres.

Un facteur plus optimiste de la transformation de la structure de la société française est la mobilité sociale. La question de la mobilité sociale concerne les modalités de répartition des individus dans les diverses classes ou strates sociales, soit l’ouverture et la fermeture relative de la structure sociale dans une optique dynamique. Dans les sociétés d’ordre, comme la France de l’ancien régime, ou dans les sociétés de castes, le statut social est héréditaire ou assigné. La position sociale y est avant tout affaire de lignage. Les révolutions démocratiques de la fin du XVIIIe siècle se firent au nom de l’abolition des privilèges héréditaires et de l’égalité de droits des hommes entre eux, dans les domaines politique, juridique et économique. Les sociétés démocratiques se caractérisent donc, non par l’assignation, mais par l’acquisition du statut social. Ainsi, la mobilité sociale permet d’accroître certaines catégories PCS ce qui change la structure de la société. 

Pour finir, il serait pertinent d’analyser l’évolution des rapports sociaux chez Karl Marx, qui influencent la structure de la société actuelle. En partant du principe que le conflit entre prolétaires et capitalistes est central dans le mode de production capitaliste. Marx affirme ainsi que « l’histoire de toute société jusqu’à nos jours est l’histoire de la lutte des classes. ». Marx parle de la loi de polarisation des classes sociales : la petite bourgeoisie est appelée à disparaître, absorbée par le prolétariat, tandis que celui-ci ne cesse de s’appauvrir. L’histoire de la France explique en partie la structure de la société actuelle. 

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