La crise de 1929.

SES : La crise financière de 1930

La crise financière de 1930 est un élément important du programme de terminale des sciences économiques et sociales. Dans cet article, nous faisons le point avec toi sur cette période, également connue sous le nom de « Grande Dépression ».

Pourquoi la crise financière de 1930 n’est-elle pas une récession ?

Une dépression est utilisée pour qualifier une grave et longue crise économique, alors qu’une récession est plus passagère. La crise de 1929 étant une crise, qui touche les pays à grande échelle et pour une longue période, celle-ci est définie comme une « dépression » économique.

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Le contexte d’apparition de la crise de 1929

L’euphorie des années 1920 (parfois surnommées les « Années folles ») a provoqué une hausse du prix des actions en bourse. Or l’évolution à la hausse des titres boursiers attire de nombreux spéculateurs qui espèrent des gains faciles. Ce sont des sociétés financières ou de simples citoyens qui se sont endettés pour investir en bourse.

Dès le printemps 1929, des nuages s’amoncellent sur l’économie américaine après plusieurs années de croissance vigoureuse. Les résultats des entreprises se dégradent, la production automobile baisse ainsi que les revenus agricoles et la construction de logement fléchit. À Wall Street, la spéculation continue pourtant de plus belle. On emprunte pour acheter des actions. La frénésie est générale et les banques prêtent à tout-va. Entre le début de 1928 et octobre 1929, le montant total des prêts double. Les cours des principales valeurs flambent. Le jeudi 24 octobre (jeudi noir), c’est le krach. Tout le monde veut vendre ses titres, personne n’achète. À midi, l’indice dow jones a perdu 22,6 %. La baisse se poursuit pendant trois ans : les cours boursiers ont chuté de 87%, les banques font faillite. Cette déroute financière met rapidement à genoux l’économie réelle.

La crise économique préexiste à la crise boursière, mais elle est aggravée par celle-ci : les spéculateurs ruinés vident leurs comptes bancaires, les banques ne peuvent faire face, d’autant que les autres déposants, inquiets, demandent à être remboursés. 600 établissements environ font faillite en 1929, 1 300 en 1930, 2 300 en 1931. Ceux qui survivent restreignent les crédits. Comme les spéculateurs ruinés ne sont plus des clients possibles, production et consommation souffrent.

Dans l’année 1930, tout le Nouveau Monde, l’Australie et la Nouvelle-Zélande sont atteints. Les États cessent leurs paiements en or, déprécient leur monnaie. Les pays « neufs », ceux qu’on appellerait « en voie de développement », sont les plus pénalisés : ils tirent leurs revenus d’une monoculture, qui ne trouve plus à s’exporter. L’Europe, et surtout la France, résiste plus longtemps. Cependant, en mai 1931, la fermeture de la Kreditanstalt, l’établissement bancaire viennois le plus important, marque la fin de la rémission.

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Quelles sont les conséquences de la crise de 1930 ?

Le chômage

Du début du XXè siècle aux années 1930, le chômage est faible au cours des vingt premières années du XXe siècle, période caractérisée par une croissance économique relativement soutenue, hormis au Royaume-Uni qui connaît un chômage bien plus élevé que les autres pays lors des années 1920. Ce chômage est la conséquence de la croissance négative de la politique de désinflation des années 1920 en Grande-Bretagne.  Lors des années 1930, suite à la crise de 1929, le taux de chômage augmente de manière significative. Les comparaisons avec les données actuelles sont difficiles car la comptabilisation du chômage était différente. Aux États-Unis, on comptabilise 12 millions de chômeurs en 1932 (environ un quart de la population active) contre 1,5 million avant la crise.

À la fin de 1932, 40 millions de chômeurs complets sont recensés dans le monde industrialisé ; cela rend dérisoires les statistiques sur la baisse du coût de la vie, les prix s’étant effondrés. En 1935, le commerce mondial est à moins de 40 % de ce qu’il était en 1928.

La déflation

La crise des années 1930 a provoqué une baisse des prix d’environ 20% par an, les salaires ont fortement diminué, la demande s’est effondrée. Le désendettement brutal qui a été recherché a conduit à une aggravation de la déflation, ce que met en évidence Fisher dans son article de 1933 sur le mécanisme de la déflation par la dette. De plus la FED a réagi tout de suite par une contraction de la masse monétaire, elle a mené une politique monétaire restrictive, qui a accentué la déflation, ce qui s’explique par le fait que la déflation va permettre un retour à un nouvel essor et la monnaie est vue comme neutre, donc le rôle contra-cyclique de la politique monétaire n’est pas envisagée. Il est normal d’aller dans le sens du marché parce que les mécanismes de marché sont vus comme forcément efficaces, or les mécanismes de marché entraîne une baisse des prix.

Les changements de politiques

L’impact négatif des politiques de déflation des années 1930 a été prouvé. Dans les années 1930 un chômage massif est observé. La pensée néoclassique domine, la baisse des salaires est vue comme la solution. La déflation s’installe. Keynes affirme que la baisse des salaires n’est pas une bonne solution car elle conduit à une baisse de la demande qui renforce la chute de la production, enclenchant un cercle vicieux de baisse du revenu et de la production

Le rôle macroéconomique de la politique monétaire fut progressivement reconnu. Jusqu’aux années 1930, courant néoclassique domine et la monnaie et donc vue comme neutre ce qui fait que peu d’intervention. La théorie de l’époque est celle de la théorie quantitative de la monnaie de Fisher. La conduite de la politique monétaire a pu être négative dans les années 1920 / 1930, pour plusieurs raisons :

  • Un excès de création monétaire en Allemagne pour rembourser la dette qui a créé de l’inflation dans les années 1920.
  • La grosse contraction monétaire en Grande-Bretagne, qui cherchait à maintenir la parité or de sa monnaie, entrainant de la déflation.

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Mais pourquoi la déflation a été vue comme une solution à la crise ?

pendant les années 1930, des économistes néoclassiques  comme Juglar, Pigou, etc. voient la déflation comme une phase du cycle économique permettant le rétablissement des conditions de la reprise pour plusieurs raisons :

  • Quand il y a de la déflation, des entreprises vont faire faillite mais vont rester les entreprises les plus efficaces, cela assaini le tissu productif.
  • Cela stimule la consommation réellement. En effet, la déflation augmente les avoirs monétaires détenus par les agents, qui ont une valeur réelle qui augmente, ce qui provoque la hausse de la consommation, c’est l’effet d’encaisses réelles.
  • Cela permet de gagner en compétitivité-prix pour les entreprises exportatrices. Cela permet une baisse du taux de change réel et donc cela permet de gagner des parts de marché. C’est la position néoclassique dominante lors de la crise de 1929, ce qui explique la politique monétaire menée par la FED à l’issue du krach boursier. Il y a une contraction de la masse monétaire ce qui accentue la baisse des prix qui était vue comme la solution puisque cela correspondait aux mécanismes de marché, la conséquence était une baisse du taux d’intérêts.

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