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SES : Faut-il favoriser l’internationalisation des échanges ?

L’internationalisation des échanges est un point très important de ton programme de SES en classe de terminale. Dans cet article, nous te proposons le corrigé du sujet suivant : faut-il favoriser l’internationalisation des échanges ?

Internationalisation des échanges : définitions

Le commerce international représente l’ensemble des échanges internationaux de biens et / ou de services.

La mondialisation est un processus continu d’intensification et de fluidification des échanges, porté par l’essor des transports et des mobilités (populations, entreprises, etc.) et accéléré depuis les années 1970 par les systèmes contemporains de communication et de circulation de l’information.

Faut-il favoriser l’internationalisation des échanges ?

Proposition de plan

I. Une plus forte internationalisation des échanges peut être bénéfique pour les pays

Accentuer l’internationalisation des échanges, par conséquent : augmenter son ouverture commerciale, permet aux pays de bénéficier des gains à l’échange. Ces gains ont été démontrés par les théories des avantages absolus et comparatifs des classiques Smith et Ricardo.

Adam Smith dans la Richesse des nations, en 1776, analyse le commerce international comme le prolongement de sa théorie de la division du travail, il indique que si un pays B peut fournir une marchandise à meilleur prix parce que son coût de production est plus faible que le pays A, alors il vaut mieux que le pays A lui achète cette marchandise et lui vende une autre marchandise où il a des coûts de production faibles, là où le pays A possède alors un avantage absolu. La spécialisation qui en résulte entraîne une DIT (division internationale du travail), cela permet à chaque pays d’allouer ses ressources là où elles sont les plus efficaces.

Smith n’avait pas vu un problème posé par sa théorie : un pays dont les coûts de production sont inférieurs ou supérieurs dans toutes les productions n’aurait alors aucun avantage et n’aurait donc pas un gain à l’échange international. C’est précisément pour lever cette limite que Ricardo développe une approche en terme d’avantage comparatif.

L’avantage comparatif est fondé sur l’idée qu’il est plus efficace de se spécialiser dans les produits dans lesquels le pays est relativement le plus productif en laissant aux autres pays les autres activités, même si le pays est capable d’être plus productif que les autres pays dans toutes les autres activités. En effet, toute économie dispose de ressources limitées, ce qu’elle peut donc produire est en quantité limitée. Si le pays veut produire plus d’un bien alors il faut réduire la production d’un autre bien. La spécialisation internationale selon l’avantage comparatif va permettre de repousser le « mur de la rareté ». La spécialisation des pays repose sur des différences relatives de productivité, donc sur des différences de coûts relatifs.

Dans l’exemple proposé par Ricardo : le Portugal est capable de fabriquer du vin et des draps pour un coût inférieur à l’Angleterre. Mais, il est plus efficace pour les deux pays de se spécialiser et d’échanger. En renonçant à la production du drap, le Portugal peut affecter ses ressources du vin dans lesquels il est relativement plus efficace par rapport à celles du drap. Réciproquement pour l’Angleterre qui produit des draps. L’ouverture permet, donc, au Portugal d’acquérir plus de draps que ce qu’il aurait produit en économie fermée, inversement le vin pour l’Angleterre.

II. Mais une plus grande ouverture aux échanges internationaux ne peut être positive qu’à certaines conditions

L’ouverture internationale pourrait être un catalyseur de la croissance plus qu’une cause directe. Elle doit s’accompagner de réformes internes sur le plan économique et institutionnel pour avoir un effet sur la croissance et le développement. L’OCDE reconnaît que la mondialisation a d’abord favorisé le développement des pays industrialisés, puis celui des pays émergents depuis une trentaine d’années. Si certains PED (pays en développement) se positionnent dans le sillage des émergents, d’autres pays restent en marge, voire sont fragilisés par leur ouverture aux marchés internationaux. La grande pauvreté mondiale a reculé, mais elle reste très profonde dans certaines régions. Dans de nombreux pays, les inégalités se sont creusées. La mondialisation ne peut être favorable au développement que si certaines conditions sont réunies.

Le nombre de pays ayant connu une croissance du PIB par habitant plus importante que les pays de l’OCDE, donc un processus amorcé de rattrapage a fortement augmenté. Il s’agit notamment du Bangladesh, de l’Indonésie, du Nigeria, du Viêtnam, du Pakistan ou encore des Philippines, pays qui connaissent des taux de croissance annuels moyens de l’ordre de 6%. Ces pays ont en commun une démographie dynamique et des niveaux de salaires faibles. Ils connaissent une forte croissance ces dernières années, en partie du fait de leur récent pouvoir d’attraction sur les entreprises des pays du Nord. En effet, le développement de certains pays émergents, comme la Chine, l’Inde ou les pays d’Europe de l’Est, s’est accompagné d’une certaine hausse des coûts de la main-d’œuvre. D’autres territoires sont devenus ainsi plus attractifs au niveau des coûts salariaux unitaires.

Depuis quelques années, les multinationales des pays émergents investissent beaucoup dans les PED. La Chine s’illustre, ici encore. De plus en plus, elle se positionne comme constructeur d’infrastructures et de bâtiments en Afrique. Elle s’implante également de plus en plus dans le secteur minier et l’achat de terres agricoles. Les FMN (firmes multinationales) des pays émergents s’implantent aussi dans les pays développés, cherchant en particulier à accroître leurs compétences technologiques.

De plus, pour sortir de la dépendance à l’égard des matières premières, il est important que les PED diversifient leurs économies. Outre la volatilité des cours des matières premières, on constate que ce secteur ne profite en général pas tellement aux autres secteurs économiques. Les États doivent donc profiter des périodes où les cours des matières premières sont élevés pour lutter contre la pauvreté et les inégalités, mais aussi pour se diversifier, en développant l’industrie et les services.

Enfin, un certain protectionnisme peut être vu comme nécessaire, ou, en tout cas il n’est forcément pertinent d’adopter une libéralisation rapide et brutale. On rejoint ici la thèse de Friedrich List sur le protectionnisme éducateur.

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