Schumpeter

SES : Les innovations de Schumpeter

Dans cet article, nous revenons avec toi sur les théories de Schumpeter, économiste clé de ton programme. Son thème favori ? L’innovation ! Zoom sur les points marquants qu’il faut que tu aies en tête pour l’épreuve de spécialité SES.

La définition de l’innovation de Shumpeter

Schumpeter définit l’innovation comme « les nouveaux objets de consommation, les nouvelles méthodes de production et de transports, les nouveaux marchés, les nouveaux types d’organisation industrielle ».

Schumpeter distingue l’invention de l’innovation. L’invention représente la découverte de nouvelles connaissances scientifiques et techniques, tandis que l’innovation (qui n’est pas qu’une simple modification de la fonction de production) est l’introduction de nouveaux procédés techniques, de nouveaux produits, de nouvelles sources de matières premières et de nouvelles formes d’organisation industrielle. L’innovation est précisément à la source de la dynamique du changement dans l’économie capitaliste. Le porteur de l’innovation est l’entrepreneur qui introduit dans le processus économique les inventions fournies par le progrès technique ou exploite les potentialités offertes par de nouveaux marchés ou de nouvelles sources de matières premières.

Selon Schumpeter, le caractère cyclique de l’économie ne provient ni des transformations sociales, ni des évolutions démographiques, ni des variations de la monnaie. Il trouve son origine dans l’innovation.

Toutes les innovations n’ont pas le même impact sur la croissance. Seules les innovations radicales ou majeures peuvent profondément bouleverser l’équilibre économique. Elles déclenchent une série d’autres innovations de second ordre qui formeront une « grappe d’innovations » et initieront un processus de destruction créatrice.

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Les 5 types d’innovations de Schumpeter

  1. L’innovation de produit

Le type d’innovation qui vient le plus facilement à l’esprit. C’est l’invention d’une nouvelle classe de produits, par exemple l’automobile, l’ordinateur, etc.

  1. L’innovation de procédés

Inventer une nouvelle manière de produire peut être une innovation majeure. Par exemple lorsque Henri Ford introduit le système de la chaîne de montage il peut proposer un produit auparavant inaccessible à un prix abordable pour la classe moyenne. Autre exemple, de nos jour on peut imprimer des pièces grâce à des imprimantes 3D et prototyper en un temps ridicule par rapport aux méthodes classiques. L’impression 3D permet également d’inventer des pièces ayant des formes autrefois impossibles à fabriquer.

  1. La découverte d’une nouvelle source de matière première ou d’énergie

Les nouvelles sources d’énergie ont été à la base de progrès considérables. Le déploiement de l’électricité, la machine à vapeur, le moteur thermique ont entraînés des développements industriels et des bouleversements majeurs des modes de vie.

  1. Les innovations commerciales

L’innovation se retrouve également dans l’invention de nouvelles manières de vendre ou de promouvoir un produit. Les grand magasins sont un exemple d’innovation dans la manière de vendre par exemple (le bon marché est créé juste après la naissance de Schumpeter). On peut penser aussi au porte à porte, à la vente par correspondance ou au e-commerce.

  1. Les nouveaux types d’organisation

Ce type d’innovation peut avoir pour origine une modification réglementaire. Par exemple la possibilité de créer des sociétés anonymes ou l’ouverture d’un marché. Mais aussi des mode d’organisation originaux de sociétés. Par exemple une société comme AirBnB est valorisé quasiment au même prix que son concurrent Hilton sans posséder un seul bien immobilier.

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L’entrepreneur-innovateur

L’entrepreneur est vu par Joseph Aloïs Schumpeter, dans la Théorie de l’évolution économique (1911), comme le personnage central du capitalisme : un héros qui innove, qui brise les routines

L’entrepreneur est chez Schumpeter un « idéal type » : l’entrepreneur est celui dont l’existence fait que le changement vient de l’intérieur du processus économique. Il ne s’adapte pas à un environnement (qui lui donne ses facteurs et qui absorbe ses produits) mais c’est lui qui, par son intervention, façonne cet environnement (techniques de production, préférences des consommateurs).

L’entrepreneur de Schumpeter ne se définit pas par sa place dans les rapports de production mais par sa fonction : innover ; définition de ce fait à la fois plus vaste et plus étroite. Plus vaste car un salarié peut être entrepreneur, mais plus étroite car tout travailleur indépendant, tout chef d’entreprise n’est pas entrepreneur. De fait, « être entrepreneur n’est pas une profession ni surtout, en règle générale, un état durable ». François Perroux, lorsqu’il commente Schumpeter, souligne qu’Henry Ford ne devient pas entrepreneur quand il est chef d’entreprise indépendant, mais quand en 1909, il commence à fabriquer son fameux modèle T avec de nouvelles méthodes de production.

L’entrepreneur est décrit comme un chef animé par la volonté de puissance ou le goût de la compétition économique. La lutte pour la réussite économique est sa motivation, le profit n’est que le résultat de l’innovation qui réussit. Il y a en effet un gain monétaire à l’innovation. Cela pousse donc l’entrepreneur à innover. En effet, le premier à mettre en place une innovation dispose, pendant un certain temps, d’un monopole et jouit donc d’une rente liée à cette situation, une rente de monopole.

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Schumpeter et son concept de destruction créatrice

L’innovation porte la croissance par le processus de destruction créatrice. L’entrepreneur a donc un rôle essentiel. L’innovation détruit les structures anciennes en créant des activités nouvelles. Tant que les activités nouvelles font plus que compenser les activités détruites, l’innovation est à l’origine de la croissance.

Schumpeter réserve aux banques une place importante dans la réalisation des innovations. En effet, il est impossible pour les entreprises de financer les investissements nécessaires aux innovations par leurs seules ressources propres. Ce sont donc les banques qui financent par le crédit.

Pour Schumpeter, l’entrepreneur est pourtant destiné à disparaître et le capitalisme entrepreneurial avec lui. C’est la thèse qu’il développera, dans Capitalisme, Socialisme et démocratie (1942). La routinisation et la bureaucratisation de l’activité d’innovation, dans la grande entreprise fait que le « progrès technique tend à se dépersonnaliser et à s’automatiser », c’est alors le «crépuscule de la fonction d’entrepreneur».

Cette dernière thèse de Schumpeter ne semble pas corroborée par les faits. Malgré la montée en puissance de la bureaucratisation dans les entreprises, le capitalisme conduit à l’émergence de nouvelles élites entrepreneuriales au sens de Schumpeter (Bill Gates, Steve Jobs, Mark Zuckerberg ou Elon Musk en sont des emblèmes médiatiques).

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