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SES : Doit-on tolérer les inégalités économiques ?

Dans cet article, nous revenons avec toi sur un élément majeur de ton programme de SES, les inégalités économiques. Pour ce faire, nous te proposons un plan répondant au sujet suivant : doit-on tolérer les inégalités économiques ?

Plus de 70% de la population de la Terre est confrontée à une augmentation des inégalités, ce qui exacerbe les risques de divisions et entrave le développement économique et social, prévient un nouveau rapport des Nations Unies en Janvier 2021. La justice sociale pose la question de ce qu’est une société juste et du degré auquel nous devons tolérer les inégalités économiques.

Les inégalités économiques, qu’est-ce que c’est ?

Une inégalité est une différence qui implique une hiérarchisation sociale, c’est-à-dire qui donne un avantage ou un désavantage social aux individus ayant certaines caractéristiques. Les inégalités économiques sont de deux types : les inégalités de revenus et les inégalités de patrimoine.

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Doit-on tolérer les inégalités économiques ?

Proposition de plan

I. Les inégalités économiques devraient être tolérées car la recherche de l’efficacité économique induit des inégalités économiques

Les inégalités de marché (inégalités marchandes ou encore appelées inégalités brutes) peuvent se répercuter positivement sur la croissance, dans la mesure où elles sont une incitation à l’innovation et au désir d’entreprendre, mais aussi parce qu’elles augmentent le niveau de l’épargne et de l’investissement. Enfin dans les pays pauvres, elles permettent à quelques individus d’accumuler le minimum nécessaire au démarrage d’une activité et à l’obtention d’une éducation convenable. Cet impact positif des inégalités est mis en évidence par Hayek, pour lequel les inégalités sont naturelles, justes et nécessaires.

La thèse du ruissellement (trickle-down economics) prend de l’importance à partir des années 1980. Les inégalités sont à l’origine d’une stimulation de la croissance profitable à l’ensemble de la société : alléger la pression fiscale sur les plus aisés dope la croissance et par conséquent profite aux plus pauvres. L’image utilisée est celle des cours d’eau qui ne s’accumulent pas au sommet d’une montagne mais ruissellent vers la base. Les revenus des individus les plus riches sont réinjectés dans l’économie, soit par le biais de leur consommation, soit par celui de l’investissement (notamment via l’épargne), contribuant ainsi, directement ou indirectement, à l’activité économique générale et à l’emploi. L’épargne est d’autant plus élevée que la répartition est inégalitaire, ce qui permet de développer l’investissement productif.  De plus, de nouveaux biens voient le jour parce qu’ils sont demandés par les plus riches, lesquels sont disposés à payer des prix très élevés autorisant les entreprises à avoir des taux de marge élevés leur permettant de financer des dépenses de recherche et développement (R&D) très coûteuses. Ces mêmes biens se diffusent pour devenir des biens accessibles au plus grand nombre à mesure que les prix proposés diminuent une fois absorbés les coûts de R&D.

Enfin, cette tolérance des inégalités peut également être retrouvée dans le courant utilitariste. Ce courant philosophique provient des travaux de Jeremy Bentham au tout début du XIXè siècle. L’utilitarisme cherche ce qui peut produire le plus grand bonheur des membres de la société. L’utilité de chaque individu est jugée de la même importance. L’utilité collective est maximale quand la somme des utilités personnelles est maximale. La  meilleure  option,  lorsqu’un  choix  se  présente,  c’est  l’option  qui  produit  la plus  forte  somme  d’utilités  individuelles. Si pour plus d’égalité, on modifie la répartition des revenus, l’utilité totale peut être inférieure. La redistribution n’est alors pas la meilleure option. L’utilitarisme suppose que l’on peut mesurer le bien-être des individus par leurs utilités, c’est-à-dire :  on suppose qu’une utilité mesurable, on parle d’utilité cardinale. La deuxième hypothèse : possible de comparer les niveau d’utilité, c’est-à-dire : de bien-être atteint par les individus. L’utilitarisme connaît des limites d’ordre technique et d’ordre éthique. D’abord au plan technique, l’utilitarisme suppose que l’on peut mesurer le bien-être des différents individus par leurs utilités, c’est-à-dire par la satisfaction que leurs biens leur procurent. L’utilité est mesurable, on parle d’utilité cardinale : il est donc possible de résumer le plaisir et la satisfaction accordé par la consommation à partir d’un nombre cardinal. Ce qui peut paraître réducteur.  En outre il suppose également que l’on peut comparer les niveaux de bien-être atteints par les différents individus (comparaisons interpersonnelles d’utilités). Enfin l’utilitarisme pose des difficultés d’ordre éthique. Dès lors que la politique mise en place réalise la maximisation de l’utilité totale, elle est considérée comme juste. Or certaines préférences peuvent violer directement les droits individuels, comme par exemple les préférences racistes.

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II. Cependant, ces dernières années prouvent que les inégalités économiques sont plus nuisibles à la croissance et au bien-être de la population que bénéfiques, des inégalités excessives ne doivent pas être tolérées

Des inégalités excessives risquent de peser sur la croissance, par exemple en réduisant l’accès à la santé et à l’éducation, en provoquant de l’instabilité politique et économique qui réduit l’investissement et en mettant à mal le consensus social requis pour faire face à des chocs de grande envergure. Plusieurs économistes, dont Joseph Stiglitz, s’opposent frontalement aux partisans de la thèse du ruissellement. Il énonce que cette thèse est inexacte car cette montée de l’inégalité n’a pas accéléré la croissance, ni stimulé les revenus de la grande majorité de la population.

Plusieurs chercheurs officiant au sein des organisations internationales comme l’OCDE ou le FMI, réputées pour leurs orientations libérales, ont aussi récemment contribué au renouvellement de l’analyse des effets des inégalités sur la croissance économique. Ces travaux donnent à penser qu’une aggravation des inégalités de revenu a une incidence négative sur la croissance à moyen terme. Un des problèmes majeurs est qu’en entravant l’accumulation de capital humain, les inégalités de revenu réduisent fortement les possibilités de s’instruire pour les populations défavorisées, limitant ainsi la mobilité sociale et le développement des compétences. Ces recherches montrent également que la lutte contre la pauvreté n’est pas suffisante. Les pouvoirs publics doivent en effet se préoccuper du sort des classes moyennes inférieures fragilisées.

Amartya Sen, (Commodities and capabilities, 1985), s’il reconnaît l’importance de la contribution de John Rawls, s’en démarque en insistant sur le fait que ce qui importe ce ne sont pas les ressources disponibles, mais les réalisations que peuvent potentiellement atteindre les individus. Il s’agit donc d’égaliser les capabilités : chacun doit avoir une égale liberté de choisir la vie qu’il souhaite mener.

Une fois l’égalité garantie sur l’ensemble des opportunités, sur l’ensemble des choix de vie possibles, les individus seront tenus pour responsables de saisir ou non ces choix possibles. La capabilité d’un individu suppose ainsi que l’individu doit détenir les potentialités de concevoir un choix de manière autonome mais aussi que ce choix s’offre réellement à lui. La notion de capabilité repose ainsi à la fois sur la potentialité qu’a un individu de choisir et sur l’accès à ces choix. Cette approche a permis, entre autres, un renouvellement des travaux sur la pauvreté, en exigeant une base d’informations plus riche et la prise en compte de la liberté de choix.

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