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SES : tout savoir sur le programme du bac 2022

La loi de Murphy affirme que : « Les principales manifestations sportives ont lieu pendant les examens ». Aujourd’hui, comme tout bon entraîneur, je te propose un récapitulatif des notions à maîtriser pour le bac de SES !  

 

Le chômage 

En ce qui concerne le chômage il faut principalement retenir les moyens utilisés pour lutter contre celui-ci. Ces moyens diffèrent selon le type de chômage. Deux visions s’opposent dans les explications du chômage. En effet, Keynes développe une analyse du chômage non fondée sur une théorie du marché du travail. Il s’oppose à la thèse néoclassique du chômage, en particulier à celle d’A.C. Pigou, attribuant l’existence d’un sous-emploi permanent à une cause unique : la rigidité des salaires réels à la baisse (monnaie neutre chez classiques). Les syndicats empêchent la baisse des salaires et le chômage est donc considéré comme « volontaire ». Pour Keynes, au contraire, le chômage est avant tout « involontaire », c’est-à-dire qu’en l’absence de toute rigidité des salaires à la baisse, le chômage peut subsister, car l’emploi offert est déterminé par le seul niveau de la demande effective, c’est-à-dire de la demande anticipée par les entreprises. Cette dernière détermine le volume de production qu’elles mettent en œuvre et donc l’emploi qu’il requiert. Or rien ne garantit que cette demande effective corresponde à une situation de plein emploi. Il existe ainsi du chômage involontaire même lorsque le marché des biens et services est en équilibre. Il s’agit d’un équilibre de sous-emploi : la demande effective est insuffisante pour assurer le plein-emploi.

Dans une perspective keynésienne, le chômage étant vu comme « involontaire », c’est l’intervention de l’État qui permet de réduire le taux de chômage. En aidant les entreprises à investir et en augmentant les revenus des ménages, la demande va augmenter ce qui incitera les entreprises à produire davantage et donc employer plus de personnes, ce qui permet alors de réduire le chômage.

Dans une perspective néoclassique, le marché du travail reposent sur plusieurs hypothèses : le travail est une marchandise comme une autre, échangée sur un marché ; les agents raisonnent en salaires réels car ils ne sont pas victimes de l’illusion monétaire et la monnaie est neutre. La demande de travail (D), représentant le nombre de travailleurs demandés par les entreprises est décroissante avec le salaire réel (w/p), c’est-à-dire le salaire nominal divisé par le niveau général des prix. La rémunération du facteur travail dépend de sa productivité marginale. La productivité marginale décroît quand la quantité de travail employée augmente. Les entreprises embauchent ainsi tant que la productivité marginale est supérieure ou égale au salaire réel.  L’offre de travail (O) représentant le nombre de personnes qui souhaitent travailler est croissante avec le salaire réel (W/P). L’analyse microéconomique part du principe que le travailleur doit arbitrer entre les loisirs et le travail. Ce dernier lui procure un revenu qui lui permettra de consommer. Toutes choses égales par ailleurs, une augmentation du salaire horaire va modifier l’arbitrage de l’individu entre travail et loisirs. L’individu augmentera sa quantité de travail pour accroître sa consommation. L’offre de travail est donc une fonction croissante du salaire réel. La confrontation entre l’offre et la demande de travail aboutit à l’apparition d’un salaire d’équilibre (w/p)*, et d’un niveau d’emploi / quantité de travail d’équilibre (Q*) qui est le plein emploi. Si l’offre de travail est supérieure à la demande de travail, la baisse du salaire conduit certains offreurs à sortir du marché du travail et des demandeurs à entrer sur le marché du travail. Un phénomène inverse se produit lorsque la demande est supérieure à l’offre. Si un déséquilibre persiste, c’est en raison de l’existence de rigidités qui empêchent le salaire de se fixer au niveau d’équilibre. Il s’agit d’un chômage volontaire. Il faut donc lutter contre l’encadrement du marché du travail, pour lutter contre le chômage la politique du « laisser-faire » serait à favoriser. 

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Sociologie et science politiques

La structure de la société française

Des chiffres à connaître : 

  • En 1950, deux emplois sur trois étaient des emplois salariés, tandis qu’en 2021 ils représentent environ 90 % de l’emploi total.
  • En trente ans, les emplois occupés par les cadres ont augmenté de 2,4 millions et les effectifs des « professions intermédiaires » ont progressé de 2 millions.
  • La part des femmes parmi les cadres est passée de 31 % en 1995 à 42 % en 2015 en France métropolitaine, mais cette part reste tout de même inférieur que la part des hommes.

 

Les connaissances à avoir : 

  • La tertiarisation du travail désigne le processus historique des sociétés occidentales à orienter leur économie vers les activités de services.
  • La question de la mobilité sociale concerne les modalités de répartition des individus dans les diverses classes ou strates sociales, soit l’ouverture et la fermeture relative de la structure sociale dans une optique dynamique. Dans les sociétés d’ordre, comme la France de l’ancien régime, ou dans les sociétés de castes, le statut social est héréditaire ou assigné. La position sociale y est avant tout affaire de lignage. Les révolutions démocratiques de la fin du XVIIIe siècle se firent au nom de l’abolition des privilèges héréditaires et de l’égalité de droits des hommes entre eux, dans les domaines politique, juridique et économique. Les sociétés démocratiques se caractérisent donc, non par l’assignation, mais par l’acquisition du statut social.

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Des auteurs à maîtriser : 

Pierre Bourdieu distingue ainsi trois types de capitaux : économique (il réunit l’ensemble des revenus et du patrimoine, mais se différencie selon sa forme) ; culturel (il existe sous trois formes : institutionnalisé /objectivé / intériorisé) et social (comprend l’étendue de la surface sociale (réseaux, relations…) mobilisable par un agent). À cela s’ajoute la notion d’habitus, c’est-à-dire : l’ensemble des dispositions acquises depuis l’enfance, intériorisées au point qu’elles apparaissent comme naturelles.

Karl Marx distingue la classe en soi de la classe pour soi. La classe en soi est une classe sociale qui existe de fait, c’est-à-dire objectivement : les individus faisant partie de cette classe ont des interactions entre eux. Cependant ils n’ont pas forcément conscience d’une appartenance commune. Les classes pour soi, elles, correspondent à des groupes ayant des conditions et un style de vie très proches. Les individus la composant ont conscience d’une appartenance commune. C’est la classe pour soi qui va par la suite permettre, selon le marxisme, une défense de ses intérêts propres et une participation consciente dans la lutte des classes.

Henri Mendras constate un « émiettement des classes sociales ». Il faut donc construire un autre modèle où les groupes sociaux se répartissent en constellations qui ne sont pas hiérarchisées sur une échelle unique. Il donne ainsi une image « cosmographique » de la société à la fin des années 1980. La structure sociale prend l’allure d’une toupie, où les groupes sociaux s’organisent en « constellations » plus ou moins cristallisées : la constellation populaire, la constellation centrale, les indépendants, l’élite puis les pauvres. La constellation populaire est formée des ouvriers et des employés, proches par leur niveau de revenus, d’éducation et de conditions de travail. Elle regroupe environ la moitié de la population. La constellation centrale regroupe les cadres supérieurs et les professions intermédiaires, soit le quart de la population. Les indépendants regroupent les chefs d’entreprise, les artisans et les commerçants, les professions libérales et les agriculteurs exploitants. Cette constellation est très dispersée dans l’échelle des revenus et des diplômes. Enfin, l’élite d’un côté et les pauvres de l’autre forment les deux pointes de la toupie. Le «  modèle de la toupie  » évolue. Il peut « prendre du ventre » ou s’allonger avec les  transformations socio-économiques.

Durkheim développe le concept d’anomie, celle-ci apparaît lorsque les mécanismes de la « socialisation » (c’est-à-dire l’apprentissage des normes de comportement nécessaires à la vie sociale) fonctionnent mal. Ils sont au nombre de deux : l’intégration à des groupes sociaux qui encadrent les individus et la régulation des désirs individuels afin qu’ils soient compatibles avec le fonctionnement d’ensemble de la société. Lorsque ces deux mécanismes fonctionnent correctement, il n’y a pas d’antagonisme possible entre individu et société. Mais dans le cas contraire, par exemple lorsque le chômage interdit de s’intégrer à un groupe professionnel ou que l’école ne peut garantir que l’individu obtiendra un poste correspondant à ses aspirations, la socialisation peut échouer et produire une rupture du lien social. Les individus sont alors plongés dans un état de « misère morale » qui peut les conduire au suicide auquel Durkheim a consacré tout un ouvrage ou à la contestation de l’ordre social existant. Pour éviter une telle situation, Durkheim parle d’anomie – absence de règles – il est nécessaire de renforcer la « conscience collective » par le moyen d’institutions dont ce doit être explicitement le rôle.

L’opposition individualisme méthodologique / holisme : on peut dire d’une sociologie qu’elle est holiste si elle part de la société globale pour expliquer l’action des individus et non l’inverse. L’individualisme méthodologique (sociologie compréhensive), soit : on part des individus pour expliquer les phénomènes sociaux. L’idéal-type est une représentation simplifiée de la réalité. Pour ce courant de pensée, qui se développe en France à travers les recherches de sociologues comme Raymond Boudon, ou Michel Crozier, expliquer un phénomène social, c’est reconstruire sous la forme d’un modèle abstrait la motivation des individus concernés par le phénomène et analyser celui-ci comme le produit agrégé de ces microcomportements. L’agrégation de comportements individuels peut se traduire au niveau collectif par l’apparition de phénomènes non désirés par les individus. Boudon parle d’effets émergents. Par exemple, chacun a envie, et c’est rationnel, de partir vite le vendredi soir pour profiter au maximum de son week-end, mais la somme de ces actions individuelles produit des bouchons que personne ne souhaite, mais auquel chaque automobiliste a contribué. L’individualisme méthodologique postule que les actions individuelles obéissent au principe de rationalité.

Max Weber distingue trois types de dominations : traditionnelles, charismatique et rationnelle. La domination traditionnelle fonde sa légitimité sur le caractère sacré de la tradition, ex : le pouvoir patriarcal au sein des groupes domestique. La domination charismatique est issue d’une personnalité dotée d’une aura exceptionnelle, ex : le chef charismatique fonde son pouvoir sur sa force de conviction, la propagande, sa capacité à rassembler et à mobiliser les foules. La domination légale s’appuie sur le pouvoir d’un droit abstrait et impersonnel. Il est lié à la fonction et non à la personne, au mérite, ex : le pouvoir dans les organisations modernes se justifie ainsi par la compétence, la rationalité des choix et non par des vertus magiques ou un droit ancestral. Cette domination légale, qui s’incarne au mieux avec la direction administrative bureaucratique, passe également par la soumission à un code, à une règle universelle et fonctionnelle (code civil, règlement intérieur…).

 

Regards croisés

Inégalités et justice sociale 

La justice sociale, dans la théorie moderne, est un principe qui conduit à privilégier et à promouvoir l’égalité. Toute la question est de savoir de quelle égalité : devant la loi (égalité des droits) ? Égalité des chances ? Égalité des situations ? Il existe donc divers principes de justice au regard desquels telle ou telle situation sera jugée socialement juste ou injuste. L’égalité n’est pas un état, mais un projet, un principe d’organisation de la société. Les membres d’une société doivent y adhérer et y croire. Sinon les inégalités sont vécues comme profondément injustes.

L’utilitarisme cherche ce qui peut produire le plus grand bonheur des membres de la société. L’utilité de chaque individu est jugée de la même importance. L’utilité collective est maximale quand la somme des utilités personnelles est maximale. La meilleure option,  lorsqu’un  choix  se  présente,  c’est  l’option  qui  produit  la plus  forte  somme  d’utilités  individuelles.

Si pour plus d’égalité, on modifie la répartition des revenus, l’utilité totale peut être inférieure. La redistribution n’est alors pas la meilleure option.

L’utilitarisme suppose que l’on peut mesurer le bien-être des individus par leurs utilités, c’est-à-dire :  on suppose qu’une utilité mesurable, on parle d’utilité cardinale. La deuxième hypothèse : possible de comparer les niveau d’utilité, c’est-à-dire : de bien-être atteint par les individus. L’utilitarisme connaît des limites d’ordre technique et d’ordre éthique. D’abord au plan technique, l’utilitarisme suppose que l’on peut mesurer le bien-être des différents individus par leurs utilités, c’est-à-dire par la satisfaction que leurs biens leur procurent. L’utilité est mesurable, on parle d’utilité cardinale : il est donc possible de résumer le plaisir et la satisfaction accordé par la consommation à partir d’un nombre cardinal. Ce qui peut paraître réducteur.  En outre il suppose également que l’on peut comparer les niveaux de bien-être atteints par les différents individus (comparaisons interpersonnelles d’utilités). Enfin l’utilitarisme pose des difficultés d’ordre éthique. Dès lors que la politique mise en place réalise la maximisation de l’utilité totale, elle est considérée comme juste. Or certaines préférences peuvent violer directement les droits individuels, comme par exemple les préférences racistes. 

Une autre approche de la justice sociale est introduite par les économistes du bien-être, notamment à la suite des travaux de Pareto. Pigou formalise cette approche de Pareto. L’économie du bien-être est fondée sur l’analyse microéconomique et sur une conception ordinale de l’utilité. Pareto préfère mesurer l’utilité ordinale (par ordre d’importance) plutôt qu’une utilité cardinale (chiffrée). Conformément à la thèse l’homo œconomicus (hypothèse de ce modèle à absolument pas oublier), l’individu est rationnel, parfaitement informé, et son action est toujours guidée par la recherche de son intérêt personnel. Il est ainsi possible de définir un optimum social, dit optimum de Pareto. À partir de l’optimum, toute modification des allocations entraîne une perte de bien-être pour au moins un individu. Un optimum de Pareto propose une répartition qui satisfait le plus grand nombre possible d’individus dans une société et tout changement provoquerait une satisfaction moindre. Ce critère entraîne une exigence d’unanimité. Ainsi imposer le moindre sacrifice, ne fut-ce qu’à un individu, n’est pas autorisé dans cette perspective (« ce n’est pas juste »). Optimum de Pareto : situation dans laquelle il est impossible d’augmenter le bien-être d’un agent sans détériorer celui d’un autre. Le premier théorème de l’économie du bien-être garantit que si les conditions de la CPP sont vérifiées sur tous les marchés, alors la libre concurrence aboutit à une situation efficace où chacun est rémunéré selon sa contribution sociétale. Il suggère ainsi que le rôle de l’État doit se limiter à garantir les conditions d’une concurrence aussi libre et transparente que possible. Toute autre intervention, visant à réduire des inégalités par exemple, entraverait le mécanisme d’ajustement des prix et conduirait ainsi à une perte d’efficacité.

Lire aussi : Les politiques économiques dans le cadre européen

 

Environnement 

En 1996, elle avait avancé de trois mois, soit le 30 septembre, et en 2020, de quatre mois, soit le 22 août. Jour du dépassement mondial en 2021, le jour du dépassement mondial (Earth Overshoot Day en anglais) a eu lieu le 29 juillet.

Pour agir contre le réchauffement climatique, l’État dispose de ces trois instruments : la loi (contrainte), la taxe (désincitation) ou la subvention (incitation) et le marché de quotas d’émission par lequel l’État attribue des « droits à polluer » qui pourront ensuite être échangés sur ce même marché.

Pigou théorise le principe du pollueur-payeur, celui qui génère des externalités négatives doit payer pour celles-ci. La taxe est un moyen de pallier le problème. C’est pour cela que l’État français a mis une taxe carbone en 2014.

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