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SES : Les transformations contemporaines de l’action collective en France

Dans ce nouvel article, nous faisons le point avec toi sur un point du programme de SES de terminale : les transformations contemporaines de l’action collective en France. N’hésite pas à prendre quelques notes, elles pourraient s’avérer très utiles pour tes révisions. 

L’action collective correspond à l’action commune ou concertée des membres d’un groupe en vue d’atteindre des objectifs communs. L’action collective peut se dérouler dans de nombreux domaines, dans le monde du travail bien sûr, mais ailleurs aussi. L’action collective peut avoir lieu dans un cadre local, mais aussi international, comme l’ont montré les manifestations altermondialistes. Enfin, les acteurs de ces actions collectives peuvent être très organisés comme les syndicats ou au contraire être des collectifs éphémères comme les coordinations.

Comment s’organisait l’action collective dans le passé ?

Pendant longtemps, les mouvements sociaux ont été conflictuels et centrés sur le travail, surtout depuis que la révolution industrielle a créé une relation conflictuelle entre les ouvriers et les patrons capitalistes.

Selon l’analyse marxiste, la dynamique sociale s’explique par des contradictions nées de l’antagonisme entre deux classes aux intérêts fondamentalement différents. Par conséquent, la contradiction inhérente au capitalisme et à la conscience de classe elle-même motivera les travailleurs à la lutte sociale.

Le syndicalisme et la grève sont les premières actions généralisées prises par le mouvement ouvrier. À partir du XIXe siècle, la classe ouvrière prend conscience de ses intérêts et se dote d’organisations syndicales et politiques qui organisent de nombreuses actions collectives.

Selon Michel Offerle, dans la Sociologie des groupes d’intérêt, un livre datant de 1994, il existe différentes formes d’actions collectives :

  • La mobilisation du nombre (ex. : grève, pétition) : il faut impressionner par le caractère massif de la mobilisation.
  • Le recours au scandale (ex. : manifestations spectaculaires de Act-Up sur le sida ou de Greenpeace sur le nucléaire) : il faut marquer les esprits par des thèmes ou des images fortes.
  • Les discours d’expertise (ex. : colloques d’entrepreneurs sur les problèmes économiques, utilisation de scientifique à l’appui d’une position politique, etc.) : il faut convaincre en revendiquant une légitimité scientifique pour une prise de position.

Charles Tilly montre que les répertoires d’action collective anciens — c’est-à-dire d’avant la révolution industrielle — sont marqués par le caractère communautaire de la vie politique. Le cadre de référence est celui de la communauté villageoise ou urbaine (le quartier) ou professionnelle (ex. : sabotages de machines, lutte contre la clôture des terres communales, expulsion d’agents du fisc). Les contestations s’expriment sur les lieux mêmes de l’injustice ou autour du logis de ses auteurs, et non pas auprès des sièges et symboles du pouvoir public (ex. : charivari, mise à sac de maisons privées et de résidences aristocratiques, etc.). Les formes de contestation sont dérivées de rituels sociaux préexistants ainsi détournés de leur finalité officielle : elles s’expriment de manière privilégiée au moment des fêtes et des rassemblements autorisés (ex. : pendaison de mannequins). Enfin, elles font souvent appel au patronage : les groupes mobilisés cherchent le soutien d’un notable local (prêtre, noble, grand bourgeois…) comme intercesseur auprès d’autorités plus lointaines ou comme protecteur contre d’autres membres de la communauté.

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Les transformations de l’action collective, qu’en est-il d’aujourd’hui ?

La nouvelle tendance de l’action collective, se caractérise par la diversification des thèmes des actions collectives avec la distinction. On distingue alors des motivations matérielles, mais également des motivations immatérielles.

Les actions collectives mises en œuvre dans le monde du travail restent importantes en dépit de la tendance à la baisse des grèves par rapport aux décennies 1960-1970. Depuis les années 2000, le nombre de jours de grèves pour 1 000 salariés oscille entre 164 en 2005 et 75 en 2017, avec de fortes fluctuations conjoncturelles. Si 2,7 % des entreprises de 10 salariés et plus du secteur marchand non agricole déclaraient au moins une grève en 2005, c’était le cas de 1,6 % d’entre elles en 2017 et 3,3 % en 2010.

Les « nouveaux mouvement sociaux » (NMS) est un phénomène qui suscite tout un courant de travaux sociologiques essayant de renouveler l’analyse des mouvements sociaux ; notamment en Italie, Antonio Melluci (Système politique, partis et mouvements sociaux, 1977), en France, Alain Touraine (La voix et le regard, 1978) et les sociologues du Centre de sociologie urbaine (CSU) et dans bien d’autres pays. Comme le féminisme, l’écologisme, le consumérisme, les mouvements régionalistes, les mouvements étudiants, ceux de la contre-culture jeune (hippie, punk), les luttes ouvrières qui associent et mettent en action immigrés et jeunes ouvriers. La liste ressemble fort à la table des matières d’une histoire épique des « années 1968 ».

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Comment s’est effectuée cette transformation ?

L’évolution de la gestion de la main d’œuvre : précarité de l’emploi, sollicitation excessive de la sous-traitance, individualisation des salaires, montée du chômage sont autant de facteurs disproportionnés qui sont bénéfiques à la mobilisation car ils limitent la formation des identités collectives et ils pèsent davantage sur les risques de  mobilisation.

De plus, l’institutionnalisation des syndicats joue en partie en leur défaveur, car cela tend à éloigner les responsables syndicaux de la base, des ouvriers, ce qui leur fait perdre de leur légitimité auprès des salariés.

Par ailleurs, la moyennisation de la société apporte la hausse du niveau de vie, la réduction des inégalités, le développement des classes moyennes au détriment de la classe ouvrière, qui sont autant de facteurs démobilisateurs. En effet, cela tend à affaiblir l’identité de classe qui est un élément central dans l’explication de l’existence d’actions collectives.

Enfin, la montée de l’individualisme impacte la mobilisation collective et augmente le nombre de passagers clandestins. Ainsi, les mutations de la société vont affaiblir l’action collective autour des conditions de travail et de vie pour la place à de nouveaux objets de mobilisation.

Les échéances électorales régulières génèrent un engagement politique citoyen et des actions collectives spécifiques. Le vote apparaît pour plus d’un jeune de 18-30 ans sur deux comme le moyen d’expression le plus efficace en 2018.

En bref, l’objet de l’action collective a évolué dans le temps. Si dès le début il s’agissait de lutter pour de meilleures conditions de travail et de salaires, il s’agit aujourd’hui davantage de protéger des valeurs et des droits, mais aussi de protéger la planète et tous ses habitants.

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