L’artiste: le créateur, individuel, collectif ou anonyme.

Voici une fiche qui récapitule tout ce qu’il faut savoir sur le sous-thème L’artiste: le créateur, individuel, collectif ou anonyme, de la spécialité Arts au Bac !  

L’art s’intègre facilement dans  nos vies quotidiennes : de la musique, à la peinture, même le cinéma… Or le terme « artiste » est aussi vaste, il élabore une sorte d’ambiguïté au sein des pensées. Il est généralement représenté comme « individu créateur ». Or, que définie vraiment une personne « artiste » ? Et est-ce que l’artiste est toujours en même temps créateur ? Et est-ce qu’un artiste ne peut que s’intégrer dans le cadre individuel ? Alors que dire du collectif d’artistes ou de l’artiste anonyme dans ce cas ? 

 

L’artiste – les origines du nom

Au commencement, on considérait l’artiste comme un simple technicien. C’est entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle, à partir de la Renaissance, que l’artiste se détache peu à peu de la corporation des artisans et gagne la particularité de son statut.  Le terme « artiste » prend alors sa dimension esthétique et s’éloigne de la notion de profession; son activité principale et source de revenu devient la production d’art, qui est classifié en sept classes : l’architecture, la sculpture, les arts visuels (peinture, dessin, etc…), la musique, la littérature (poésie ou dramaturgie), arts de la scène (théâtre, danse, mime, cirque) et le cinéma.

Généralement, les artistes qui pratiquent un art unique, sont désignés par un terme spécifique. Par exemple : un artiste musicien peut être présenté comme guitariste, bassiste, vocaliste, etc… Aussi dans les autres formes d’art on parle d’écrivains, de peintres, de photographes, de sculpteurs, etc… Donc, on utilise souvent le terme « artiste » lorsque le domaine d’exercice de l’art n’est pas évident ou lorsque les contributions en arts de la personne s’étendent à plusieurs domaines. Salvador Dali est ainsi un véritable « artiste » : il est peintre, sculpteur, écrivain…

 

L’artiste – un métier prenant

Normalement, l’artiste est artiste à temps plein et non provisoirement ou à temps partiel. C’est dans la durée que l’artiste se construit, car selon Pierre Péju  « on ne nait pas artiste, on le devient ». Donc pour être artiste c’est grâce à un investissement personnel, or par persévérance. Sachant que chaque artiste a sa propre technique et sa propre inspiration, cela implique que toute œuvre artistique porte une certaine marque d’originalité. On ne peut jamais comparer un Picasso avec un Monet, ou un Bach avec un Mozart.

 

L’artiste face à l’inspiration

Initialement, on a toujours tendance à croire que l’artiste est toujours créateur et qu’il est à l’origine de l’œuvre ou sa création. Pourtant,  la plupart du temps il n’est qu’interprète. Souvent, sans le sentiment et l’inspiration, l’artiste ne peut pas créer et quand il essaie de reproduire l’inspiration il  ne devient que  médiateur. Dans certaines conceptions antiques, on considérait l’inspiration artistique comme provenant des dieux, dans la mesure que l’artiste ne créé pas, mais il ne fait qu’interpréter.

Car en son sens courant, créer, c’est apporter quelque chose de nouveau, ce qui fait que l’artiste est uniquement créateur lorsqu’ il est à l’origine de l’objet et possède une technique propre à lui. L’artiste est créateur parce qu’il renouvelle les manières de faire de l’art. Cependant, il faut distinguer la nouveauté de l’originalité. C’est en ce sens que Kant, dans la Critique de la faculté de juger, soutient que le propre de l’artiste, son génie, c’est son talent. La création se distingue ici, non seulement parce qu’elle apporte de neuf en apparence, mais parce qu’elle consiste d’une rupture de tout ce qui l’a précédé. Par exemple, lorsque Picasso peint Guernica, il associe, grâce au cubisme, le démembrement des soldats à la rationalité de la guerre, ce à quoi une représentation « réaliste » n’aurait pu suffire.

Donc, c’est la grandiose et l’originalité qui met en relief l’artiste créateur à la manière de Michel-Ange, Leonardo Da Vinci, Picasso ou de Mozart.

 

La singularité de l’artiste

Or, dans la représentation sociale contemporaine, l’artiste reconnu, doit être unique et singulier dans son œuvre et son existence même. Sachant que, cette représentation est un héritage du mouvement Romantique de la fin du XIXe siècle. Le Romantisme entraîna alors à l’apparition d’un nouveau personnage qui se base sur les notions de don, passion, vocation et liberté créatrice qui vont fortifier l’unicité et la singularité de l’artiste. Et par son analogie avec le créateur, l’artiste devient profondément singulier.

Cette forte singularité de l’artiste va être aussi renforcée, à la même époque, par la base d’un nouveau genre littéraire : la biographie. Ce genre fixe encore plus la singularité de l’artiste dans l’inconscient collectif. Par exemple, la culture biographique, d’Anne-Marie Green, représente une large part de la connaissance du public pour certains artistes : tout le monde retient la surdité de Beethoven bien plus que la mélodie de la Septième Symphonie.

 

Les artistes et la communauté

Cette représentation socialement reconnue de l’artiste qui se cadre dans une grande singularité, met les artistes dans un cadre plus ou moins difficile envers la notion de collectivité. C’est pour cela que le passage de l’individuel au collectif, n’est pas une chose si aisée, et qu’il y ait plusieurs facteurs de difficulté dans l’adaptation au sein d’une entreprise ou activité.

Les collectifs et associations d’artistes,  sont des espaces pour inventer de nouveaux modes de création et de médiation. Ils placent l’artiste au centre de leur préoccupation.  Ces collectifs d’artistes développent alors de multiples activités comme : la diffusion d’œuvres, la mutualisation des moyens (équipements  et d’atelier), la production et l’édition,  la transmission des savoirs (cours de pratique, stage), la médiation, et formation professionnelle, etc… Le collectif aide les artistes et les forcent à se concentrer ou à créer ensemble, à gérer leurs droits d’auteurs et se défendre ensemble.

On distingue alors trois formes de collaboration entre artistes : les groupes de co-création artistique, les sociétés d’auteurs et les syndicats d’artistes.

 

La notion d’oeuvre collective

Avec la notion de « mondes de l’art », Becker a montré le caractère collectif de la production artistique et l’interdépendance des compétences. Ainsi, l’exemple du générique d’un film manifeste bien ce caractère collectif. Mais ici, perdure un paradoxe : lorsqu’on démontre le caractère collectif de la production artistique, l’artiste maintient les caractéristiques du créateur. En d’autres termes, la réalisation artistique reste associée à son nom et le privilège de la création lui revient, pendant qu’aux autres est attribué la fonction de coopération, d’exécutants. En revanche, l’exemple de l’orchestre de musique classique renvoie à une organisation hiérarchique. Les instrumentistes d’orchestre sont des acteurs essentiels de l’univers musical et se représentent eux-mêmes comme des artistes. Ils collaborent à la production d’une même finalité : l’œuvre musicale du compositeur. Donc l’instrumentiste est identifié comme interprète au service de l’œuvre du compositeur. C’est le chef d’orchestre dont on retiendra le nom, et grâce auquel on jugera l’orchestre. Plus le chef est compétent et renommé, plus il consacre l’orchestre, et de la même façon, plus l’orchestre est reconnu, plus le prestige du chef qui le dirige est rehaussé. Le service rendu est donc réciproque. Mais, cela ne veut pas dire que les instrumentalistes sont anonymes.

 

Les artistes anonymes

Les artistes anonymes sont les artistes dont le travail est connu, et qui ont été identifiés sur la base du style, mais dont les noms sont inconnus de même pour leur identité. Ils en décident tel, soit par peur d’une surexposition médiatique, soit par simple timidité ou soit par simple volonté de mettre avant son art. Il est aussi possible qu’il existe des artistes qui créent pour créer et non pas pour se faire connaitre et reconnaitre.

Par exemple les maîtres anonymes sont des artistes dont on ignore le nom, mais les historiens d’art ont regroupé les œuvres sous un « nom de convention », appelé aussi nom d’emprunt ou nom provisoire. Avant la Renaissance, l’artiste n’avait pas d’existence en tant qu’individu désigné par son nom : il s’efface devant le sujet qu’il peint, par humilité, car il s’agit souvent d’œuvres destinées à la dévotion religieuse.

Il faudra attendre la Renaissance, pour que l’individu artiste acquière une personnalité reconnue : son vrai nom ou celui de son père, un pseudonyme qu’il choisit, lié à sa ville natale ou le travail de son père, un surnom ou une corporation d’un nom générique pour tous ses membres.

Au XXe siècle, les artistes anonymes nourrissent l’avant-garde musicale. Les Américains de  « The Residents », formation jazz rock, sont à l’origine de ce phénomène. Ils adoptent un look dada, une façon pour eux de critiquer le showbizness  et de moquer l’établissement. Leur démarche se base sur leur “théorie de l’obscurité”.

Or, l’ingrédient secret de tous les artistes cachés, c’est le mystère. C’est créer une identité visuelle tellement forte que l’anonymat n’est plus un obstacle mais un avantage.

 

L’artiste est donc avant tout un producteur d’art et parfois créateur. Il peut être attaché à son individualité en pratiquant son art et aussi faire partie d’un collectif en maintenant son individualité ou en s’effondrant dans le groupe. Enfin, l’artiste tout en restant anonyme crée un mystère artistique, et donne place à son style ou à son art de se démarquer. Pour en savoir plus sur la spécialité Arts, n’hésitez pas à consulter nos articles sur la représentation. 

Poursuis ta lecture sur ces sujets