Les genres cinématographiques, de la production à la réception – Bac d’arts

Voici un article qui résume tout ce qu’il faut savoir sur le genre cinématographique. Au cours de l’histoire du cinéma, divers films ont pu être réalisés, et certains se rejoignent sur un certain nombre de caractéristiques. On commence alors à les classer en familles d’oeuvres pour former ce que l’on appelle les “genres cinématographiques”. Ceux là se définissent par les thèmes abordés, le jeu d’interprétation, les techniques narratives ou stylistiques ou encore l’émotion du spectateur recherchée. Les genres sont de même étroitement liés à l’histoire, aux mœurs culturelles, à la géographie, et connaissent alors des succès différents selon les époques.

 

La comédie, un genre cinématographique incontournable

Né de l’incontournable comique de muet de Chaplin et Keaton, le genre cinématographique de la comédie aura lui même finit par se décomposer en divers sous genres. Parmi ceux là, on compte notamment les comédies musicales qui ont su se développer grâce à l’arrivée du son au grand écran. Au départ, des thèmes plus moroses sont abordés, phénomène dû à la Grande Dépression de 1929. Dans Chercheuses d’or (1933), la séquence “We’re in the Money”, est une véritable glorification de l’argent qui en ces temps là manquait terriblement aux ménages américains. Par ailleurs, ce genre représente bien souvent l’humeur du pays. En 1940, ces comédies deviennent plus joyeuses, et même militantes   . Elles retranscrivent le sentimentalisme, le patriotisme et même l’agressivité de cette Amérique qui s’en allait en guerre. Ce cinéma musical trouve néanmoins son apogée sous l’ère Travolta dans les années 70, avec des films comme La Fièvre du samedi soir (1977), Grease (1978) ou encore Dirty Dancing (1987) où l’on retrouve les célèbres bandes son des Bee Gees et de Patrick Swayze. Le genre reste toujours apprécié aujourd’hui avec des films tel que La La Land (2016) ou The Greatest Showman (2017).

D’un autre côté, on retrouve la Screwball Comedy qui doit son nom au baseball et qui connaît son apogée dans les années 1930, 1940. Celle ci repose sur l’idée principale que l’amour ne peut grandir qu’en étant contrarié. Des réalisateurs comme Howard Hawks s’appuient sur ce principe dans des films comme Chérie, je me sens rajeunir (1952), et y ajoutent même parfois une touche politique comme c’est le cas dans L’Impossible Monsieur Bébé (1938). 

Dans les années 1980, l’esprit de la comédie s’orientent plutôt vers des films pour adolescents. On retient surtout de jeunes héros comme Marty McFly incarné par Michael J.Fox dans Retour vers le futur (1985). Des films comme Les Goonies (1985) auront aussi laissé leurs traces, tout comme d’autres plus osés avec la saga American Pie (1999) par exemple.

 

Le film d’horreur, le genre cinématographique le plus intense

La première apparition au cinéma du “terrifiant” passe plutôt par le fantastique et la création de personnages comme Frankenstein. Les vrais débuts de l’horreur se caractérise plutôt par le mouvement d’horreur gothique. Là encore des personnages issus des romans du même genre se voient représentés à l’écran. Ainsi Bela Lugosi et Boris Karloff auront l’honneur de porter les costumes d’icônes de l’épouvante, en 1931 dans Dracula et Frankenstein. Cette arrivée de l’exotisme,de l’hérésie, du surnaturel et de la prémonition imposera également une atmosphère étroitement lié à celle de l’expressionnisme allemand, comme on le retrouve dans Nosferatu le vampire (1922). Ce genre là permettra par ailleurs au cinéma de dévoiler l’étendue de son potentiel, avec un travail remarquable au niveau des jeux d’éclairage et de décors. On observe cette avancée jusque dans les années 60 au cours desquelles des films majeurs de l’histoire comme Psychose (1960) d’Alfred Hitchcock, Rosemary’s Baby (1968) de Roman Polanski, ou encore La maison du diable (1963) de Robert Wise, paraîtront dans les salles de cinéma. 

A ce moment là, on dépeint surtout l’horreur grâce à l’ambiance du film déterminée en partie par les dialogues choisies, plus intéressants et toujours critiques à l’égard de la société contemporaine de l’époque. Dans les années 70, on continue de s’inspirer de cette atmosphère précédente, en travaillant plus particulièrement sur les prises de vue qui deviennent de plus en plus réalistes. On retient par exemple les scènes de lévitation dans L’Exorciste (1973), de William Friedkin ou encore les deux jumelles dans Shining (1980), signé d’une parfaite collaboration entre Stanley Kubrick et Jack Nicholson. 

Le genre connaît ensuite un dernier renouveau à la fin du siècle : du sang frais est donné grâce à l’élaboration de scénario plus complet et moins limité qu’auparavant. On n’hésite donc plus à mêler l’horreur au thriller pour faire augmenter la tension comme c’est la cas dans Le Silence des agneaux (1991) de Jonathan Demme ou encore dans Sixième sens (1999) de M. Night Shyamalan.

 

Le film de guerre, le genre cinématographique historique

On s’efforce, à la suite de la première guerre mondiale, de retranscrire à l’écran les horreurs des champs de bataille. Le reflet de cette génération refusant de voir de nouveau leurs enfants partir à la guerre se perçoit alors dans les premiers films de guerre, un genre cinématographique majeur qui s’illustre avec des chef-d’oeuvres comme A l’Ouest rien de nouveau (1930). Malheureusement, les hostilités reprennent en Europe, et l’industrie d’Hollywood se verra être la première du continent à se lancer dans cette guerre, avant même l’armée américaine. Charlie Chaplin, par exemple, s’implique dans le conflit, en tournant en dérision la politique d’Hitler, grâce à son premier film parlant Le Dictateur (1940). Plus tard, les castings ainsi que les budgets seront largement multipliés, et l’on réunira les plus grandes stars du cinéma pour rendre hommage à ces héros de guerre comme c’est le cas dans Le Jour le plus long (1962), ou dans Un pont trop loin (1977) de Richard Attenborough. Au même moment c’est la guerre du Viêt Nam qui pèse sur l’Amérique. Bien que triste pour le pays, cette période sera la plus glorieuse du cinéma de guerre avec la parution de chefs d’oeuvre comme Voyage au bout de l’enfer (1978) de Michael Cimino, Platoon (1986) d’Oliver Stone ou encore Apocalypse Now (1979) de Francis Ford Coppola. Les films de guerre continueront de parler des conflits d’actualité, avec des films sur les guerres du moyen Orient dans les années 2000 comme Du sang et des larmes (2013) de Peter Berg, ou American Sniper (2014) de Clint Eastwood, mais d’autres continueront d’honorer les soldats des guerres du passé comme Mel Gibson dans son oeuvre Tu ne tueras point (2016).   

 

Le western, le genre cinématographique majeur d’Hollywood

Voici un des genres majeurs d’Hollywood puisqu’il est sans conteste, le plus américain des genres cinématographiques. Les films de ce genre sont d’ailleurs très appréciés des réalisateurs par leur capacité à être tourné rapidement et à l’aide de petits budgets. En effet les paysages étaient déjà prêt à l’usage et il était plutôt aisé d’engager de vrais cow-boys comme acteurs ou figurants. Les pionniers des westerns, Allan Dwan et Raoul Walsh commencent alors à tourner jusqu’à un film par semaine dans les années 1910, pour donner naissance à ce genre qui représentera presque un quart de l’ensemble des réalisations dans ces années là. Un autre cap est franchi avec l’arrivée de John Ford et de Howard Hawks dans le milieu qui n’hésitent pas à pousser l’analyse sur ces batailles entre les hors la loi et les justiciers, et entre le monde sauvage et la civilisation. Ils feront appel à leur star favorite, John Wayne, pour tourner des films comme La chevauchée fantastique (1939), Rio Bravo (1959), L’Homme qui tua Liberty Valance (1962) ou encore El Dorado (1966).

En Amérique latine, le réalisateur Glauber Rocha s’essaie également à la discipline avec son film Antonio Das Mortes (1969), encore une fois porté par les magnifiques lieu de tournage que l’on retrouve sur le continent. Néanmoins c’est ensuite le Sud de l’Espagne et son célèbre désert de Tabernas, qui accueillera la majorité des tournages de westerns et plus précisément les westerns spaghetti. Sergio Leone va revisiter cet Ouest américain et en exposer ses dangers par l’intermédiaire de son anti-héro Clint Eastwood dans sa trilogie du dollar ou encore dans son autre trilogie des “Il était une fois”. Ces films seront par ailleurs rythmé par la bande son mythique d’Ennio Morricone.

 

 

 

Les films policier et de gangster, deux genre cinématographiques d’après-guerre

Dans les années 1930, Hollywood connaît un âge d’or de la turbulence et se met à décrire sur la pellicule la vie de malfaiteurs comme Al Capone. Les trois oeuvres classiques, l’Ennemi public (1931) de William A. Wellman, Scarface (1932) de Howard Hawk et Le Petit César (1931) de Mervyn Leroy, vont faire naître un nouveau genre cinématographique. Celui ci sera surtout étudié de nouveau dans les années 80 avec le remake Scarface (1983) de Brian de Palma ou encore la trilogie du Parrain de Francis Ford Coppola.

Du côté de la police, souvent confrontés à cette mafia, on se focalise également sur le thème de l’espionnage. Ces films là vont reposer sur un suspense sensationnaliste construit autour de récits de poursuite. Ce sera le cas par exemple dans La Mort aux trousses (1959), d’Alfred Hitchcock ou dans la série des James Bond.

Dans les années 70, alors que Charles Manson venait de commettre un meurtre qui allait marquer tous les esprits à Hollywood, l’industrie s’emploie à créer des héros de la police, pour lutter contre cette délinquance croissante. On retrouve par exemple de belles performances de la part de Clint Eastwood dans L’Inspecteur Harry (1971) ou de Gene Hackman dans French Connection (1971) de William Friedkin.

 

Evidemment le cinéma a connu d’autres genres très appréciés comme les drames, les films d’action et d’aventure, et les films de science fiction qui se sont développés en partie grâce aux avancées des effets spéciaux. Aujourd’hui certains de ces genres sont parfois totalement revisités, et de nombreux réalisateurs se sont essayé avec succès dans l’assemblage de genres différents et dans le mélange des thématiques. N’hésitez pas à consulter notre fiche sur les studios de cinéma pour poursuivre vos révisions. Bon courage !