Périodes et courants au cinéma – bac d’arts

Voici une fiche qui résume tout ce qu’il faut savoir sur les périodes et courants au cinéma pour le bac d’arts. C’est parti ! 

Le cinéma, au cours des derniers siècles, a su s’imposer en tant que véritable domaine artistique au même titre que la littérature ou la peinture. Cela se remarque particulièrement puisqu’il emprunte des pas très similaires. L’industrie s’adapte aux innovations techniques qu’elle peut connaître mais aussi aux différents aspects de la société. Celle-ci étant en constante mutation, le cinéma sera un moyen efficace d’exposer les courants de pensée ou encore les mœurs culturels de l’époque. C’est à partir de là que vont alors se décliner différentes périodes et courants tout au long du 20ème siècle.

 

Périodes et courants au cinéma : les premières superproductions

 

Comme il en fut le cas pour la plupart des arts au cours de l’histoire, le cinéma passe par une phase de découverte avec des premières œuvres qui auront pour unique but de se familiariser avec la nouvelle discipline. Il faut atteindre une dizaine d’années avant l’arrivée des premières “superproductions”. C’est en quelque sorte la naissance du format cinématographique que l’on connaît aujourd’hui avec le début des films dépassant la durée de deux heures. De plus gros budgets sont mis à disposition, des décors monumentaux sont mis en place dans les studios, de plus en plus d’acteurs sont mis en scène et l’on retrouve même parfois des effets spéciaux. 

Hollywood se penche vers de nouveaux genres à gros budget comme les péplum. La toute première version des Dix Commandements, réalisé par Cecil B.DeMille et retraçant l’épopée biblique de Moïse, paraît en 1923.

Quelques années auparavant, le chef d’oeuvre Naissance d’une nation, de D.W.Griffith bat le record du film le plus long grâce à ses 190 minutes. Toutes ces productions ne seront pas vaines puisqu’elles vont marquer les débuts des fortes recettes du cinéma. C’est le cas de La Grande Parade, fresque sur la première guerre mondiale de King Vidor, qui remportera en 1925 un énorme succès et rapportera plus de 20 millions de dollars au box office. 

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Périodes et courants au cinéma : cape et d’épée et comique du muet

La période du muet marquera également l’avènement des films de cape et d’épée. On relate les prouesses de pirates, de bandits, de mousquetaires ou de chevaliers, et des icônes comme Zorro vont voir le jour. Il fait d’ailleurs sa première apparition grâce au studio indépendant United Artists de Chaplin et Fairbanks et sera interprété par ce dernier dans Le Signe de Zorro (1920). Fairbanks interprètera de même la mascotte française d’Artagnan dans Les Trois Mousquetaires (1921), une version hollywoodienne qui sera reprise en France la même année par Henri Diamant-Berger. Les films de capes et d’épées continueront d’exister jusqu’à aujourd’hui avec une seconde période importante dans les années 50 avec la parution par exemple de Fanfan la Tulipe (1952),  La Tulipe Noir (1964), de Christian-Jacque ou de Cartouche (1962), interprété par Jean Paul Belmondo et réalisé par Philippe de Broca. Ces figures ont également été joué sous forme de parodie mais à l’époque, les comiques du muet sont dominés par Buster Keaton et Charlie Chaplin. Plusieurs de leurs films comme Les Lumières de la ville (1931) ou Le Mécano de la Général (1926), vont reposer sur un comique de contrastes entre expressions et exploits acrobatiques et seront encore regardés et appréciés des plus contemporains.

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Périodes et courants au cinéma : la société à l’écran

 

Les années 30 sont des années de durs labeurs pour les américains avec un certain nombre de restrictions économiques causées par la Grande Dépression. Le cinéma offre alors au citoyen un moyen d’entrevoir des vies différentes. Des films biographiques plutôt optimistes seront alors réalisés mais le studio system aura parfois usé de son influence pour dévoiler certaines zones plus sombres de la société. Orson Welles par exemple avec son premier succès Citizen Kane (1941) expose un rêve américain qui finit par tourner au cauchemar pour le magnat de la presse Foster Kane. Divers faits de la société y sont exposés : la détérioration des couples américains, la malhonnêteté du monde politique, la lassitude, et le tout pour laisser un message simple : Ne convoitez pas l’argent et le pouvoir des riches qui ont perdu foi en les plaisirs simples de la vie et le bonheur. 

Cinq ans plus tard, c’est l’oeuvre majeur de Frank Capra, La Vie est belle (1946), moins noire mais tout aussi critique, qui voit le jour. Les faiblesses humaines, l’égoïsme et la dépravation y sont représentés pour dépeindre cette Amérique de rêve comme une bataille entre le vice et la vertu.

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Périodes et courants au cinéma :  réalisme poétique français

La France riche de ses œuvres littéraires va en retranscrire un grand nombre au grand écran. Dans les années 1930, c’est le réalisme qui est le plus représenté. L’une des figures ayant permis cela est Marcel Pagnol qui s’est fait connaître en tant qu’écrivain mais aussi en tant que scénariste. Il retranscrit son style théâtral, étroitement comparé au réalisme avec ses représentation de la classe modeste ou ouvrière, au grand écran avec notamment sa trilogie marseillaise, Marius (1931), Fanny (1932), ainsi que César (1936).

Cependant cette période est principalement associée à la figure emblématique de Jean Gabin qui aura pu interprété des personnages classiques de la littérature française : Jacques Lantier dans La bête humaine (1938) de Jean Renoir, ou plus tard, Jean Valjean dans Les Misérables (1957), de Jean-Paul Le Chanois.

 

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Périodes et courants au cinéma : cinéma nazi et soviétique

En 1917 éclate la révolution russe qui va aussi concerner le monde du cinéma. Beaucoup de réalisateurs fuient le pays en ce début de l’ère bolchevik pour laisser place à de célèbres figures comme Sergueï Eisenstein qui vont s’employer à reconstruire une industrie laissée en piteux état. Suite à l’exil des principales stars de l’écran, le style documentaire sans acteurs vedettes se développe et s’accompagnera de l’art du montage. Celui-ci permettra par ailleurs aux réalisateurs d’insérer un brin de critiques dans leurs œuvres à l’égard de la situation du pays, de la famine, des difficultés politiques sociales et économiques ou de l’instabilité institutionnelle, comme c’est le cas dans Octobre (1928), d’Eisenstein ou dans L’Homme à la caméra (1929), de Dziga Vertov. Cette période s’achève en 1930 par le poing de fer de Staline, pour laisser place au seul cinéma de propagande. Le même phénomène s’instaure en Allemagne suite à l’arrivée du Führer au pouvoir. Cette période reste encore aujourd’hui compliquée à analyser puisque la question de la qualité des films dans une société oppressive demeure toujours délicate. On gardera surtout en mémoire de cette industrie dirigé par le second de l’état, Goebbels, des films comme Les Dieux du stade (1938) de Leni Riefenstahl, qui retranscrit les jeux olympique de Berlin à l’écran. En Russie, Staline ordonne à Mikhaïl Romm le tournage de Lénine en octobre (1937) pour son cinéma de propagande et provoquera par la même occasion, l’effondrement de l’apogée du cinéma russe. 

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Périodes et courants au cinéma : le film noir

Voilà un concept délicat à définir et à situer exactement. Cette appellation serait née grâce à la France qui avait remarqué une nouvelle ambiance plus sombre et pessimiste au sein des productions arrivant d’Hollywood qui traitaient de sujets comme le crime ou la corruption. Il semble que l’on souhaite retranscrire à l’écran les inquiétudes à propos des conflits en Europe mais aussi la claustrophobie de la guerre froide. Le mouvement s’inspire en partie de l’expressionnisme allemand des années 20-30, et use de nouvelles techniques cinématographiques : l’éclairage “clair-obscur”, le flashback, les voix off à la première personne et l’intrigue non linéaire. On doit en quelque sorte le début de ce courant à des films comme M le maudit (1931), véritable chef d’oeuvre allemand de Fritz Lang, dont va s’inspirer Charles Laughton pour La Nuit du chasseur (1955), où Robert Mitchum incarne dans le rôle principal le parfait héros du film noir, à la fois cynique, sans pitié et opportuniste.

 

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Périodes et courants au cinéma : le néo-réalisme italien

Le néo-réalisme italien est inventé dans les années 1940, et incite les cinéastes à arpenter les rues du pays pour revoir l’histoire de leur vie quotidienne. On enregistre une multitude d’actions élémentaires mais qui dévoilent aussi les difficultés rencontrées par les gens ordinaires. A l’époque, on n’hésite pas à dépeindre les malheurs causés par la guerre, comme le fait Roberto Rossellini avec Rome, ville ouverte (1945). Mais d’autres se restreignent à des sujets moins sensibles comme Vittorio de Sica et son oeuvre Le Voleur de bicyclette (1948), où ce simple vol menace directement la vie d’Antonio Ricci interprété par Lamberto Maggiorani.

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Périodes et courants au cinéma : le Hollywood d’après guerre, une jeunesse rebelle

La seconde guerre mondiale aura marqué les esprits des américains qui vont immédiatement chercher à réintroduire une touche de lumière dans leur vie. Malgré cela, le cinéma gardera une part d’ombre que des acteurs comme James Stewart, qui avaient vécu le traumatisme des champs de bataille, s’efforceront d’illustrer à travers des personnages moralement compromis. Il exploitera en particulier ce registre sous la direction d’Alfred Hitchcock dans Sueurs froides (1958) ou Fenêtre sur cour (1954).

L’arrivée de la télévision va aussi marquer une chute de l’industrie du cinéma qui va alors se concentrer sur la seule catégorie de public encore attiré par les salles de projection : la jeunesse.

On cherchera donc à représenter leur caractère rebelle par l’intermédiaire de l’idole Marlon Brando dans des films comme l’Equipée sauvage (1953), ou des premiers road-movie comme Easy Rider (1969).

 

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Périodes et courants au cinéma : la Paranoïa à Hollywood

Dans les années 60 et 70, des événements comme la mort de Kennedy ou le scandale de Watergate vont provoquer une certaine réaction paranoïaque accentuée par le spectre que la guerre du Viêt-nam avait pu laisser. Des œuvres majeurs comme Le Parrain 2eme partie (1974), Soleil vert (1973) ou Chinatown (1974) en profite pour représenter ces forces du pouvoir et de la politique américaine comme corrompues et indignes de confiance. On n’hésite plus à parler des différents complots soupçonnés et des réalisateurs comme Alan J. Pakula s’attaque à l’affaire Watergate avec des films comme Les Hommes du président (1976).

 

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Périodes et courants au cinéma : le cinéma historique européen

Du côté de l’Europe, la fin du XXème siècle sera l’occasion d’établir un bilan suite aux nombreux désastres qui ont pu être causé par delà le monde. On souhaite donc exposer à l’écran l’importance de l’Histoire, peut être pour ne plus reproduire les mêmes erreurs à l’avenir. Des films comme Indochine (1992) de Régis Wargnier ou La Chute (2004) de Oliver Hirschbiegel voient alors le jour. Des faits d’histoire plus anciens seront aussi représentés grâce à des films comme Cyrano de Bergerac (1990) de Jean-Paul Rappeneau ou Shakespeare in Love (1998) de John Madden, qui connaîtront par ailleurs un véritable succès.

 

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Aujourd’hui alors que le pouvoir des grands studios s’est vu largement diminué, on ne parle plus à proprement dit de périodes et de courants.

C’est en partie le cinéma indépendant qui a vu ses ailes se déployer avec la révélation de plusieurs génies de la caméra comme les frères Coen, Spike Lee ou encore Quentin Tarantino. Différents genres allant du western au drame, en passant par l épouvante, seront revisités, mais l’on ne décèle plus dorénavant de styles ou de courants dominants dans l’industrie cinématographique comme cela avait pu être le cas dans le passé.

N’hésitez pas à consulter d’autres fiches pour préparer la spécialité Arts pour le bac – notamment l’analyse de Ready Player One, de Spielberg. 

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