Ready Player One, Steven Spielberg – Option Arts

Voici une fiche qui résume tout ce qu’il faut savoir sur le film de Steven Spielberg au programme cette année en option Arts – Ready Player One.

 

Ready Player One – Synopsis

Sorti en 2018, le film de science fiction réalisé par Steven Spielberg est une adaptation du roman éponyme d’Ernest Cline publié aux Etats-Unis en 2011, et dont la traduction française date de 2013. Nous sommes en 2045. Le monde est à l’image des dystopies que nous vend le cinéma. On y retrouve, comme dans Hunger Games par exemple, une population toujours plus nombreuses, des inégalités toujours plus frappantes, et un changement climatique qui a fait des ravages. Pour sauver les habitants de ce monde déserté par l’humanité, un monde virtuel: L’OASIS. Un jeu de rôle créé par James Halliday et épaulé pendant un temps par son ami Ogden Morrow pour tout ce qui touche à la gestion business. A sa mort, Halliday lance une chasse à l’oeuf, une typologie de jeu bien connue des adeptes des MMORPG (Massively Multiplayer Online Role-Playing Games) comme World of Warcraft ou League Of Legend dont le succès actuel n’est qu’un écho à celui du film. Le vainqueur deviendra le nouveau propriétaire de la société et donc du jeu, et accessoirement l’homme le plus riche du monde. Le héros principal, que nous suivons tout au long du film est le jeune orphelin Wade Watts qui vit chez sa tante en haut d’une tour d’un des bidonvilles de Columbus dans l’Ohio. Dans sa quête, il s’entoure de compagnons de confiance, ce qui se fait plutôt rare en 2045, et bien sûr rencontre l’amour.

Au-delà du plaisir de jouer avec les effets spéciaux, Ready Player One est l’occasion pour le réalisateur d’ E.T. (1982) et de Jurassic Park (1993) de renouer avec la culture des années 1980 qui sont pour lui une période prolifique et de réussite. C’est aussi pour lui une manière de s’interroger sur l’évolution de la société et son actualité.

 

Ready Player One – Une plongée dans la pop culture des années 1980

La passion de Spielberg pour la caméra commence peut-être à ses douze ans, lorsqu’il réalise The last gun fight, un petit western de 4 minutes pour son chef scout. Sa carrière dans l’industrie cinématographique entame sa longue marche en 1964 avec un premier contrat chez Universal. Ce n’est que 10 ans plus tard qu’il signe son premier long métrage Sugarland Express qui lui permet de décrocher le Prix du Scénario au Festival de Cannes de la même année. Le film est malheureusement un échec au box-office, rendant la réalisation du prochain film de Spielberg plus douloureuse. Mais le jeune cinéaste est plein de ressources et de confiance, et Les dents de la mer voit le jour en 1975 et marque le début d’une longue carrière fructueuse. Ainsi aux abords des années 1980, Spielberg entame une carrière riche en production qui s’imprègne de l’époque dans laquelle elle naît. Ready Player One en est le parfait exemple avec les nombreuses références à la pop culture de ces années là. 

 

Ready Player One – La musique

On retrouve dans le film différents titres musicaux emblématiques tels que Blue Monday de New Order (1981) ou encore Stayin’ Alive des Bee Gees de 1977 qui devient un tube l’année suivante en étant utilisé pour l’ouverture du film La fièvre du samedi soir. Une référence assumée, puisque Wade sous la forme de son avatar Parzival et Art3mis en profitent pour faire quelques pas de danse avant d’être attaqués par les hommes de l’IOI. Mais une référence déjà utilisée dans Catch me if you can (2002) avec Leonardo DiCaprio. Les références se retrouvent aussi dans les décors avec la Delorean de Retour vers le futur (1985), avec le costume de Parzival lors de la fameuse scène de danse où il porte volontairement celui du héros des Aventures de Bukaroo Banzaï à travers la 8e dimension (1984), ou encore avec King Kong (1976) qui empêche l’accès à la première clé. Enfin, et non des moindre, Spielberg cite le fameux Shining de 1980 dans une scène à la hauteur du film d’horreur de Stanley Kubrick. Une référence qui traduit toute l’ambiguïté du cinéma du réalisateur entre Blockbuster et cinéma plus intimiste et sérieux  avec par exemple La liste de Schindler (1993) et Il faut sauver le soldat Ryan (1998).

 

Ready Player One – Un miroir de notre société

Ready Player One – Inspirations

Ready Player One n’est pas seulement un retour en 1980 mais aussi une manière de parler de la société actuelle et de son évolution. Le personnage de Halliday est particulièrement parlant quant à la vision que Spielberg a des autoentrepreneurs qui finissent par être à la tête d’entreprises multinationales. En effet, la figure de celui qui a créé et développé l’Oasis n’est pas sans rappeler celles de Steve Jobs qui a engendré la performante et florissante Apple, ou de Jeff Bezos a la tête de l’impérial Amazon. Un regard qui met la passion au coeur de la réussite de ces entreprises mais qui a tendance à un peu diaboliser la partie business et gestion d’entreprise. Alors que les réussites de Steve Jobs et Jeff Bezos ne sont pas dues qu’à des coups de génies mais à toute une suite de choix qui prenaient aussi en compte la dimension économique avec un engagement plus ou moins grand dans la prise de risque. 

 

Ready Player One – Les jeux vidéos

D’un autre côté, le réalisateur montre aussi comment ces entreprises contribuent à la virtualisation de notre société. Les jeux de rôle tels que World of Warcraft et League of Legend sont les origines de l’Oasis et témoignent de la force d’immersion de ces dispositifs qui n’est pas sans évoquer le Avatar (2009) de James Cameron. Face à une réalité qui ne satisfait pas, quoi de mieux que d’en choisir une autre où l’on peut être ce que l’on veut. L’exemple du confinement que nous venons de vivre et le succès du jeu Animal Crossing sur Nintendo Switch n’en est qu’une confirmation. Les frontières entre réel et virtuel y sont de plus en plus minces, avec notamment des marques qui y insèrent leurs produits comme l’ont fait Marc Jacobs et Gemo par exemple. Une mixité qui est aussi explorée dans l’animé Summer wars (2009) de Mamoru Hosoda où les gens y ont aussi leur compte en banque, leur assurance, etc. 

 

Ready Player One – Pour conclure

Adepte de science fiction, Spielberg ne nous surprend pas avec le choix de l’adaptation d’un roman appartenant à ce genre. Il en fait un film qui emporte et plonge dans un univers qui fait écho aux années 1980. Il immerge les spectateurs dans des époques qu’ils connaissent, parfois sans le savoir, mêlant passé, présent et futur imaginé, créant une dimension affective parfois très forte. Le réalisateur en profite pour donner son point de vue sur l’évolution de la société à travers un médium qu’il connaît et maîtrise, posant des questions sur la disparition des frontières entre monde réel et virtuel qui sont d’autant plus d’actualité après les deux mois que nous avons passé chez nous à maintenir nos activité via différents logiciels. Peut-être ne pouvons-nous d’ailleurs n’y a-t-il plus de distinction à faire, le virtuel fait partie du réel, le tout est de savoir comment chacun veut l’intégrer à sa vie.

 

N’hésitez pas à consulter d’autres fiches, notamment la fiche sur le cinéma et les studios. Bon courage dans vos révisions !

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