Se préparer au commentaire en français (écrit et oral)

L’épreuve de l’écrit approche. Le stresse monte (ou pas). Alors, que faut-il impérativement faire pendant cette période de révision pour décrocher la mention de vos rêves ? Suivez le guide pour réussir votre commentaire en français !

Avant de commencer à lire le texte

Savoir situer un extrait

Point très important qui vous aidera beaucoup dans votre commentaire, notamment pour problématiser le texte.

On fait bien attention pour une scène de théâtre, si c’est une scène :

  • d’exposition : de bien commenter comment est posé le cadre spatio-temporel, présentée l’intrigue et comment apparaissent pour la première fois les personnages principaux. (Rien de plus original par exemple que la scène d’exposition du Roi se meurt de Ionesco (où des personnages défilent), d’Antigone d’Anouilh (Le prologue raconte déjà toute l’histoire, destinée à arriver quoi qu’il en soit – l’expression ultime de la fatalité tragique).
  • de dénouement : comparer à la scène d’exposition, voir l’évolution des personnages, commenter comment se résout l’intrigue.

Si c’est un roman, bien faire attention si c’est :

  • l’incipit : si c’est le début du roman, comment est introduit le cadre spatio-temporel, comment sont présentés les personnages, que sait-on déjà de l’intrigue ? (Ne pas oublier par exemple que chez Balzac les longues descriptions de l’Incipit présagent déjà tout le déroulé de l’intrigue du roman. Parfois, notamment dans le Nouveau Roman, ne donner aucun élément attendu dans l’incipit, il faudra alors forcément le commenter et expliquer pourquoi).
  • l’excipit : comment se termine le roman ? Est-ce que l’intrigue est résolue ?

Bref, regardez bien à quel moment du récit se situe votre extrait ! C’est très important.

 

Identifier le genre du texte et le commenter en fonction

Cela peut paraître évident, et pourtant cela ne l’est pas toujours.

Vous devez toujours préciser la nature du texte que vous avez avec vous. Si c’est un sonnet régulier écrit en alexandrins, on le dit dès l’introduction. Cela fait partie des attentes que tout correcteur a. Si c’est une pièce de théâtre écrite en décasyllabes, on le dit forcément aussi. Si c’est un poème en vers libres, aussi. Bref, vous l’avez compris, dès l’introduction, dès la première phrase, dites bien à quel texte vous avez affaire.

Attention : dans un roman ou un texte argumentatif on parlera de lignes, dans un poème ou dans une pièce de théâtre on citera les vers.

On n’oublie pas également les mots de vocabulaire utiles propres à chaque genre littéraire comme :

  • vers
  • strophe
  • ligne
  • paragraphe
  • réplique
  • tirade

On n’oublie jamais d’utiliser les mots techniques attendus comme l’hémistiche, la coupe, la césure; les didascalies; …

Identifier le mouvement littéraire

Le moment le plus difficile. N’enfermez surtout pas le texte dans une case. Ne commencez pas à dire qu’il s’agit d’un poème de Baudelaire, donc c’est forcément symbolique. Lisez le texte d’abord. Certains auteurs appartiennent à différents mouvements littéraire, il est important de bien identifier le bon mouvement qui correspond au texte que vous avez devant vous.

 

 

 

Le commentaire de texte en français est une épreuve technique

Oui … Le commentaire de texte, au contraire de certaines idées reçues n’est pas une épreuve “artistique”. Les points ne sont pas attribués arbitrairement. Pour avoir une bonne note, il faut répondre à des attentes très précises de vos correcteurs.

Comme vous le savez peut-être, ils ont en leur possession des grilles de notation qui leur permettent de noter plus rapidement les copies et surtout, d’avoir des critères communs pour distinguer les bonnes et les moins bonnes copies.

Alors sans plus attendre, voici les différents points que vous devez impérativement maîtriser pour bien réussir l’épreuve :

 

 

Les valeurs des temps

Il ne faut absolument pas faire l’impasse sur ce point. Il est important de commenter les verbes et les temps. On se rappellera le jour du BAC que

  • l’imparfait est le temps de la durée
  • le passé simple marque une succession d’actions rapides et saccadées
  • le présent peut prendre plusieurs valeurs.

On n’oubliera pas

  • le présent à valeur de vérité générale utilisé dans les textes argumentatifs notamment pour mieux convaincre l’auditoire
  • ni le présent d’énonciation très utile dans les discours
  • ni non plus le présent narrativisé : le présent utilisé dans un texte au passé.

On se rappellera bien aussi

  • Des participes présents (se terminant en -ant) : qui montrent qu’un action est entrain de se dérouler
  • Des participes passés (dormi / bu / appris) : qui montrent qu’une action est révolue. Les participes passés sont très faciles à commenter dans les textes, généralement ils permettent d’exprimer l’aspect fatal et révolu d’une action.

 

 

Les éléments de commentaire logique

Le commentaire logique est un point de grammaire très important souvent abordé au lycée. Attention ! A partir de l’année prochaine, il sera de nouveau étudié au lycée dès la seconde. Cela montre bien que les professeurs sont tellement désespérés de ne plus voir d’éléments d’analyse logique dans les copies, qu’ils veulent de nouveau revoir ces points de grammaire au lycée.

On distinguera donc bien dans la copie :

  • La phrase complexe : phrase longue (proposition principale suivie de propositions relatives).
    • La proposition relative : introduite par un pronom relatif (qui, que, quoi, dont, où …) qui permet de donner plus d’informations sur le nom. (ex : Je connais un homme qui vit dans une caverne. )
    • La proposition circonstancielle de temps ou de lieu (ex : Je mange quand je suis stressé. )
    • La proposition conjonctive : introduite par un “que” qui n’a pas de fonction au sein de la phrase (ex : Je pense qu’il est bête. )
    • Les propositions juxtaposées (Rabelais en raffole) : propositions séparées par des virgules ou des point-virgules.
  • La phrase simple : composée uniquement d’une proposition.
    • La phrase nominale : il n’y pas de verbe (ex : Une Espagne grandiose, une Espagne superbe. )
    • La phrase verbale : où il n’y a que des verbes.

Forcément :

  • les phrases complexes servent à accentuer une énumération
  • les phrases simples se succèdent rapidement et accélèrent le discours. Elles ont aussi un caractère absolu (ex : Un point, c’est tout.)

 

 

Les éléments de commentaire grammatical

Connaître la nature des mots

Très important ! La différence entre une copie moyenne et une très bonne copie réside là. Vous êtes un correcteur de français, vous n’en pouvez plus de voir des copies se succéder sans citations du texte, sans relevés, avec des idées en vrac pas construites. Soudain, sous vos yeux ébahis, apparaît la copie parfaite, celle que vous attendiez avec ardeur et impatience : l’élève justifie non seulement ses idées par des exemples tirés du texte, mais il précise également la catégorie grammaticale des noms relevés !

Copie moyenne : L’auteur structure son discours en recourant à une anaphore en “mais” en début des vers 23, 25 et 28.

Très bonne copie : L’auteur structure son discours en recourant à une anaphore en conjonction de coordination “mais” en début des vers 23, 25, 28.

Il est d’autant plus facile d’impressionner le correcteur en atteignant ce degré de précision, que les classes grammaticales à connaître sont très réduites. On ne vous demande pas de tout connaître. Mais de savoir identifier dans votre commentaire :

  • un nom
  • un verbe
  • une conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car)
  • les adverbes (se terminent souvent en -ment)
  • les pronoms et déterminants démonstratifs et personnels

Si vous écrivez : les verbes utilisés dans ce texte appartiennent au registre pathétique cela aura bien plus de valeur aux yeux de votre professeur que juste un simple relevé de verbes en vrac sans jamais préciser la nature des mots cités.

 

 

Connaître la fonction des mots

Rien de bien compliqué non plus ! Il vous suffit notamment de faire un commentaire très élégant, qui passe toujours très bien dans une copie.

Ex : La vie m’écrasait de tout son poids.

Le pronom personnel “m” (on précise toujours bien la nature du mot) est placé ici en COD du verbe “écraser”. Le personnage désigné par le pronom personnel subit l’action de la vie, il n’est plus maître de ses actions.

 

 

Commenter les registres

Vous avez une fiche très complète à ce sujet. Mais bien sûr, ne jamais oublier de commenter :

  • le registre pathétique (à justifier en relevant le champ lexical de la souffrance, les exclamatives, les interjections, les figures de style imagées)
  • le registre hyperbolique (à justifier en relevant les superlatifs, les énumérations, les figures de style imagées, les exclamatives, les phrases complexes …)
  • le registre lyrique (à justifier en relevant les occurrences de la première personne du singulier, les interjections, les phrases interrogatives ou exclamatives, les figures de style imagées …)

Il y en a d’autres mais vous retrouverez essentiellement ces trois là dans les textes qui risquent de tomber tant à l’écrit qu’à l’oral.

Attention, certains registres – comme le registre hyperbolique et pathétique – sont souvent utilisés en même temps.

Le correcteur attend vraiment de vous ces mots-là ! Ne les omettez jamais.

 

 

Le point de vue et la narration

Surtout dans le roman, n’oubliez pas de commenter le point de vue. Vous avez également une fiche à ce sujet.

 

 

La situation d’énonciation

N’oubliez jamais également de commenter la situation d’énonciation :

  1. Quelle est la modalisation du texte ? Un texte est fortement modalisé, si le narrateur utilise la première personne du singulier, des phrases exclamatives et interrogatives, des interjections, un registre familier.
  2. Quel est le statut de l’interlocuteur du narrateur ? Le poète peut s’adresser à son lecteur en lançant une apostrophe en début de vers (ex : Mignonne, allons voir la rose (…) ), en utilisant la première personne du pluriel, en posant des questions rhétoriques (questions dont on présuppose la réponse dans la question) …

 

 

Commenter la forme du discours

Vous avez également une fiche à ce sujet. On attend de vous d’identifier le discours direct, le discours indirect, le discours indirect libre et le discours narrativisé. C’est très important ! Cela fait partie des connaissances attendues par le correcteur.

 

 

Commenter les figures de style

On n’oublie bien sûr pas les figures de style. Vous avez aussi une fiche qui récapitule celles que vous devez bien connaître. En poésie, on fait attention (surtout au XIX ème siècle) aux rejets, contre-rejets, enjambements (toutes les figures qui jouent avec la forme du poème).

En règle générale, on relève les métaphores, les comparaisons et les personnifications.

On se fait plaisir avec les parallélismes de construction et les anaphores dans les textes argumentatifs, pièces de théâtre ou poésies.

On se démarque des autres candidats en identifiant bien les allitérations et les assonances.

 

 

Le commentaire en français, une épreuve formelle

On n’oublie jamais la forme très précise du commentaire composé. On privilégie le commentaire thématique. Qu’il s’agisse de l’écrit ou de l’oral, essayez de suivre ce plan pour votre brouillon :

Introduction : à rédiger en avance.

  • Le nom de l’auteur
  • La nature du texte
  • Le mouvement littéraire
  • Introduction de la problématique : pourquoi ce texte est-il si intéressant ? (il y a bien une raison pour qu’on vous le donne).
  • Présentation du plan

I – Grande idée de la partie

Dans la première partie, généralement, on défend des idées évidentes. On parle de la situation d’énonciation, de la nature du texte (incipit ou une scène d’exposition par exemple).

A – Première grande idée

Ex : Quel exemple du texte vous permet de défendre cette idée.

La ligne exacte de l’exemple cité.

B – Deuxième grande idée

Ex : Quel exemple du texte vous permet de défendre cette idée.

La ligne exacte de l’exemple cité.

C – Troisième grande idée

Ex : Quel exemple du texte vous permet de défendre cette idée.

La ligne exacte de l’exemple cité.

 

II – Deuxième grande idée

On va généralement un peu plus loin dans cette deuxième partie. Vous avez plein d’exemples concrets sur le site avec des commentaires déjà rédigés ou analysés.

A – Première grande idée

Ex : Quel exemple du texte vous permet de défendre cette idée.

La ligne exacte de l’exemple cité.

B – Deuxième grande idée

Ex : Quel exemple du texte vous permet de défendre cette idée.

La ligne exacte de l’exemple cité.

C – Troisième grande idée

Ex : Quel exemple du texte vous permet de défendre cette idée.

La ligne exacte de l’exemple cité.

 

III – Troisième grande idée

Ici, on va généralement plus loin. On s’intéresse à la portée littéraire de l’extrait, on parle de la spécificité du mouvement littéraire, on prépare un peu l’ouverture dès la troisième sous-partie.

A – Première grande idée

Ex : Quel exemple du texte vous permet de défendre cette idée.

La ligne exacte de l’exemple cité.

B – Deuxième grande idée

Ex : Quel exemple du texte vous permet de défendre cette idée.

La ligne exacte de l’exemple cité.

C – Troisième grande idée

Ex : Quel exemple du texte vous permet de défendre cette idée.

La ligne exacte de l’exemple cité.

 

Conclusion avec ouverture

Toujours rédigé à l’avance à l’oral et à l’écrit.

 

Attention :

  • Ne jamais juxtaposer les idées : ce n’est pas un catalogue.
  • Veiller à avoir des parties équilibrées quitte à faire deux grandes parties à trois sous-parties ou trois grandes parties à deux sous-parties – tout doit faire la même longueur.
  • Ne pas proposer une ouverture qui sort de nulle part.
  • Bien sauter une ligne entre chaque partie, passer à la ligne entre chaque sous-partie et marquer les alinéas

 

 

Si vous suivez bien ces conseils, si vous révisez bien les points présentés ci-dessus, vous devriez bien réussir votre épreuve de commentaire composé. Ce n’est pas du tout difficile ! Il faut juste bien cerner les attentes du correcteur. Pour en savoir plus sur la méthodologie, n’hésitez pas à regarder nos autres fiches sur le commentaire littéraire ou la dissertation.