Pierre Corneille (1606 – 1684)

Grand représentant du théâtre baroque, Pierre Corneille est un dramaturge français qu’il est impératif de connaître pour l’épreuve du BAC.

La vie de Corneille

Avocat de profession, Corneille se consacre rapidement au théâtre en écrivant des comédies et tragédies centrées sur l’héroïsme, la gloire, l’honneur et le devoir. Ses héros, au cœur souvent noble, sont confrontés à la fatalité et à des dilemmes insolvables (d’où l’expression du « dilemme cornélien »). L’arrivée de Jean Racine sur la scène théâtrale versaillaise ouvre une concurrence entre les deux dramaturges ; cette rivalité culmine en 1670, avec la création de deux pièces sur le même sujet : l’histoire d’amour impossible entre Titus et Bérénice. La cour préfèrera la tragédie de Racine ; Corneille, vaincu, abandonnera alors progressivement le théâtre.  

Les oeuvres principales de Corneille

Parmi ses œuvres principales, on compte Médée (1635), L’illusion comique (1636), Le Cid (1637), Horace (1640), Cinna (1640) et Polyeucte (1642).

L’illusion comique (1636) – Comédie en vers et en 5 actes. 

Clindor, qui ne s’entend plus avec son père, Pridamant, quitte tout pour partir à l’aventure. Des années plus tard, son père, sans nouvelle, consulte le magicien Alcandre. Ce dernier lui montre alors des images de la vie que mène Clindor, en proie à des amours compliquées. S’ensuivent de très nombreuses péripéties qui se soldent par la mort du fils ; Pridamant s’effondre de douleur. Alcandre lui fait alors voir la suite de la scène : Clindor est bien vivant, heureux au milieu de comédiens. Pridamant vient en fait d’assister au dernier acte d’une tragédie ; il a été victime de l’illusion théâtrale – ce principe de théâtre dans le théâtre est appelé mise en abyme.

La pièce, qui vante les mérites du théâtre en insistant sur ses pouvoirs d’artifice et sur sa force de représentation, se terminer par un éloge célèbre qu’on pourra réutiliser en dissertation : le théâtre y est vu comme « Le divertissement le plus doux de nos princes ; / Les délices du peuple, et le plaisir des grands ».

Le Cid (1637) – Tragi-comédie en vers et en 5 actes.

La pièce se fonde sur le personnage de Rodrigue, déchiré entre son amour pour Chimène et l’honneur de sa famille à défendre. Son père a en effet été humilié par le père de Chimène, jaloux de ne pas s’être vu accordé une charge royale ; trop âgé pour se venger, il demande alors à son fils de le faire en son nom. Le dilemme est terrible pour Rodrigue, qui, au terme d’un monologue délibératif très connu (Acte I scène 6), finit par venger l’honneur de son nom en tuant le père de Chimène.

Au même moment, la ville est menacée par l’invasion des Mores ; Rodrigue mène la défense avec courage et parvient à les repousser – il devient alors le Cid, surnom honorifique qui rappelle ses exploits. Mais Chimène réclame, elle aussi, vengeance pour son père :  le roi lui accorde de désigner un homme qui se battra en duel contre Rodrigue ; à l’issue du combat, elle devra épouser le vainqueur. C’est Rodrigue qui l’emporte ; Chimène demande au roi une année de deuil avant d’épouser finalement celui qu’elle a toujours aimé.

Rodrigue, par sa grandeur d’âme et la force de ses sentiments, appartient au rang des héros cornéliens ; la pièce met en scène le douloureux dilemme auquel il est confronté et dans lequel il sera toujours perdant : « J’attire en me vengeant sa haine et sa colère ; / J’attire ses mépris en ne me vengeant pas. » (Acte I scène 6).

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