Annales français ES / S 2018 – Question de corpus méthode

Pour illustrer la méthode de la question de corpus, voici le corrigé de l’annale donnée le 18 juin 2018 aux S / ES. L’épreuve portait sur l’objet d’étude : La question de l’Homme dans les genres de l’argumentation du XVI ème siècle à nos jours et comprenait quatre textes :

  • Un extrait des Essais de Montaigne
  • Un extrait du Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes de Rousseau
  • Un extrait du Dictionnaire philosophique de Voltaire
  • Un extrait de Le Temps, ce grand sculpteur de Marguerite Yourcenar

 

La question de corpus – méthode

Avant de commencer à traiter l’annale (question de corpus méthode)

Il faut tout d’abord commencer par regarder bien attentivement la question de corpus : Quels comportements humains les auteurs du corpus dénoncent-ils ? Il faudra donc de chercher dans chaque texte les comportements humains dénoncés par chaque auteur.

Retournez ensuite au début de votre corpus. Pour gagner du temps, commencez par lire attentivement chaque texte. Le temps vous est compté, par conséquent n’hésitez pas à prendre des notes pendant votre lecture.

 

L’ensemble des oeuvres (question de corpus méthode)

Commencez également par regarder d’ores et déjà les oeuvres proposées. Vous allez devoir mettre en perspective les différents textes pour les comparer. Par conséquent, vous pouvez déduire du choix de corpus certaines différences à exploiter dans votre réponse.

Posez-vous les questions suivantes :

  1. A quel genre appartiennent ces textes ?
  2. De quelle époque datent ces trois textes ?
  3. Quelle est la thématique commune à ces trois textes ?
  4. Est-ce que vous voyez d’ores et déjà des différences majeures entre les trois textes ?
  5. Est-ce que vous voyez d’ores et déjà des similitudes entre les textes ?
  • Trois des quatre textes semblent appartenir au genre argumentatif (Montaigne, Rousseau et Voltaire), le texte de Yourcenar semble être un extrait de roman.
  • Le texte de Montaigne date du XVI ème siècle, Rousseau et Voltaire ont écrit à l’époque des Lumières et Marguerite Yourcenar est un écrivain du XX ème siècle.
  • Ces quatre textes traitent de la cruauté et de l’inégalité. Les textes de Voltaire et de Marguerite Yourcenar semblent comparer l’être humain aux bêtes.

 

 

Comment analyser chaque texte ? (question de corpus méthode)

Texte A : Montaigne, Essais, livre II, chapitre 11, « De la cruauté », (1580-1588), adapté en français moderne par André Lanly

Voyons ensemble ce qu’il faudrait relever dans ce texte pour préparer votre réponse à la question de corpus.

 

Pour ma part, je n’ai pas pu voir seulement sans déplaisir poursuivre et tuer une bête innocente, (il est question dans le texte de bêtes à garder en tête !) qui est sans défense et de qui nous ne recevons aucun mal. Et, comme il arrive communément par exemple que le cerf, se sentant hors d’haleine et à bout de forces, et n’ayant pas d’autre remède, se jette en arrière et se rend à nous qui le poursuivons en nous demandant grâce par ses larmes quaestuque, cruentus. Atque imploranti similis, (citation de Virgile – Montaigne rappelle l’Antiquité) cela m’a toujours semblé un spectacle très déplaisant.
Je ne prends guère bête en vie à qui je ne redonne la clef des champs. Pythagore les achetait aux pêcheurs et aux oiseleurs pour en faire autant : primoque a caede ferarum. Incaluisse puto maculatum sanguine ferrum. (Référence à Pythagore et une fois de plus citation latine d’Ovide – c’est un texte qui se veut être très savant et érudit, avec de nombreuses références en langue originale)

Les naturels sanguinaires à l’égard des bêtes montrent une propension naturelle à la cruauté.

Après que l’on se fut familiarisé à Rome avec les spectacles des meurtres des animaux, on en vint aux hommes et aux gladiateurs (Accuser les romains de la naissance de la cruauté humaine). La nature, je le crains, attache elle-même à l’homme quelque instinct qui le porte à l’inhumanité (La nature est le sujet de la phrase, l’homme est le COD – par conséquent il subit l’action de la nature, en quelque sorte, il n’y est pour rien). Nul ne prend son amusement à voir des bêtes jouer entre elles et se caresser, et nul ne manque de le prendre à les voir se déchirer mutuellement et se démembrer (Bon Montaigne n’avait sûrement pas vu les vidéos de chats d’aujourd’hui – ici il utilise du présent de vérité générale pour appuyer ses arguments et la négation totale introduite par “nul” donne à la sentence un caractère catégorique. L’effet est renforcé par la construction syntaxique symétrique.).

Afin qu’on ne se moque pas de cette sympathie que j’ai pour elles, je dirai (relevons quand même l’énonciation dans cette phrase – le texte est très fortement modalisé, le “je” est omniprésent) que la théologie (la théologie s’oppose ici à la nature – la nature nous pousse à mal agir et maltraiter les animaux, tandis que la théologie nous pousse à dépasser nos instincts primaires pour respecter et aimer les animaux) elle-même nous commande quelque faveur pour elles et que, considérant qu’un même maître nous a logés dans ce palais pour son service et qu’elles sont comme nous de sa famille, elle a raison (la nature a tort / la théologie a raison) de nous enjoindre quelque égard et quelque affection envers elles.

 

Conclusion du texte : 

L’homme est naturellement cruel. Même les peuples les plus éduqués (les romains) sombrent dans la cruauté. Seule la théologie peut ramener l’homme sur le droit chemin (par opposition à la Nature).

 

 

Texte B : Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, préface (1754)

Laissant donc tous les livres scientifiques qui ne nous apprennent qu’à voir les hommes tels qu’ils se sont faits, (critique des livres scientifiques) et méditant sur les premières et plus simples opérations de l’âme humaine, j’y crois apercevoir deux principes antérieurs à la raison, dont l’un nous intéresse ardemment à notre bien-être et à la conservation de nous-mêmes, et l’autre nous inspire une répugnance naturelle à voir périr ou souffrir tout être sensible, et principalement nos semblables. C’est du concours et de la combinaison que notre esprit est en état de faire de ces deux principes, sans qu’il soit nécessaire d’y faire entrer celui de la sociabilité, que me paraissent découler toutes les règles du droit naturel ; règles que la raison est ensuite forcée de rétablir sur d’autres fondements, quand, par ses développements successifs, elle est venue à bout d’étouffer la nature.

De cette manière, on n’est point obligé de faire de l’homme un philosophe avant que d’en faire un homme ; ses devoirs envers autrui ne lui sont pas uniquement dictés par les tardives leçons de la sagesse (en gros l’idée première de ce texte – c’est que l’homme ne devient pas humain et gentil parce qu’on le lui a enseigné, ce sont des qualités qui prééxistent à la philosophie et aux livres scientifiques. Notons qu’il n’a pas encore été question explicitement des comportements humains) ; et tant qu’il ne résistera point à l’impulsion intérieure de la commisération, il ne fera jamais du mal à un autre homme, ni même à aucun être sensible, excepté dans le cas légitime où sa conservation se trouvant intéressée, (le cas de la légitime défense – Un homme ne fait donc pas du mal naturellement, il doit résister à l’envie de le faire) il est obligé de se donner la préférence à lui-même. Par ce moyen, on termine aussi les anciennes disputes sur la participation des animaux à la loi naturelle ; car il est clair que, dépourvus de lumières et de liberté, ils ne peuvent reconnaître cette loi ; mais, tenant en quelque chose à notre nature par la sensibilité dont ils sont doués, on jugera qu’ils doivent aussi participer au droit naturel, et que l’homme est assujetti envers eux à quelque espèce de devoirs (l’homme doit respecter les animaux). Il semble, en effet, que si je suis obligé de ne faire aucun mal à mon semblable, c’est moins parce qu’il est un être raisonnable que parce qu’il est un être sensible (la raison, la réflexion doit suffire à l’homme pour lui faire comprendre qu’il ne doit pas faire de mal à son prochain) : qualité qui, étant commune à la bête et à l’homme, doit au moins donner à l’une le droit de n’être point maltraitée inutilement par l’autre.

 

Conclusion du texte : 

L’homme n’a pas besoin de connaissance et de philosophie pour comprendre qu’il ne faut pas faire preuve de cruauté. Le droit naturel pousse l’homme à respecter les animaux – son devoir est de ne faire aucun mal à son semblable surtout inutilement.

 

Conclusion sur les deux premiers textes : 

On voit d’ores et déjà que l’approche dans les deux textes n’est pas du tout pareille. Montaigne défend la théologie et Rousseau défend au contraire le droit naturel. Les deux auteurs condamnent tous les deux fortement la cruauté gratuite.

 

 

Texte C : Voltaire, Dictionnaire philosophique, article « BÊTES » (1764)

Voltaire s’attaque dans cet article à la théorie élaborée par Descartes selon laquelle les animaux sont des « machines ».

 

BÊTES

Quelle pitié, quelle pauvreté, d’avoir dit que les bêtes sont des machines privées de connaissance et de sentiment, qui font toujours leurs opérations de la même manière, qui n’apprennent rien, ne perfectionnent rien, etc. ! (Texte très fortement modalisé : exclamative et l’adjectif exclamatif quel)

Quoi ! cet oiseau qui fait son nid en demi-cercle quand il l’attache à un mur, qui le bâtit en quart de cercle quand il est dans un angle, et en cercle sur un arbre ; cet oiseau fait tout de la même façon ? Ce chien de chasse que tu as discipliné pendant trois mois n’en sait-il pas plus au bout de ce temps qu’il n’en savait avant les leçons ? Le serin à qui tu apprends un air le répète-t-il dans l’instant ? n’emploies-tu pas un temps considérable à l’enseigner ? n’as-tu pas vu qu’il se méprend et qu’il se corrige ?

Est-ce parce que je te parle que tu juges que j’ai du sentiment, de la mémoire, des idées ? Eh bien ! je ne te parle pas ; tu me vois entrer chez moi l’air affligé, chercher un papier avec inquiétude, ouvrir le bureau où je me souviens de l’avoir enfermé, le trouver, le lire avec joie. Tu (adresse directe au lecteur) juges que j’ai éprouvé le sentiment de l’affliction et celui du plaisir, que j’ai de la mémoire et de la connaissance.

Porte donc le même jugement sur ce chien qui a perdu son maître, qui l’a cherché dans tous les chemins avec des cris douloureux, qui entre dans la maison, agité, inquiet, qui descend, qui monte, qui va de chambre en chambre, qui trouve enfin dans son cabinet le maître qu’il aime, et qui lui témoigne sa joie par la douceur de ses cris, par ses sauts, par ses caresses.

Des barbares (jugement porté par le choix des termes péjoratifs) saisissent ce chien, qui l’emporte si prodigieusement sur l’homme en amitié (supériorité de l’animal à l’homme) ; ils le clouent sur une table, et ils le dissèquent vivant pour te montrer les veines mésaraïques. Tu découvres dans lui tous les mêmes organes de sentiment qui sont dans toi. (montrer la ressemblance entre l’animal et l’homme) Réponds-moi, machiniste, (rappel de la théorie de Descartes sur l’animal machine –  Descartes déclare que les hurlements que pousse un animal pendant une vivisection n’ont pas plus de signification que le “timbre d’une pendule”) la nature a-t-elle arrangé tous les ressorts du sentiment dans cet animal, afin qu’il ne sente pas ? a-t-il des nerfs pour être impassible ? Ne suppose point cette impertinente contradiction dans la nature (un impératif catégorie qui nie toute théorie qui assimile les animaux à des machines insensibles).

 

Conclusion du texte : 

Voltaire, dans un discours extrêmement véhément accuse les personnes qui osent maltraiter les animaux en pré-supposant que les animaux ne ressentent rien. Il montre que l’animal est similaire à l’homme et par conséquent l’homme doit le traiter avec respect.

 

 

Texte D : Marguerite Yourcenar, Le Temps, ce grand sculpteur, « Qui sait si l’âme des bêtes va en bas ? » (1983)

Dans l’état présent de la question, à une époque où nos abus s’aggravent sur ce point comme sur tant d’autres, (il est question de toute l’humanité – l’utilisation de la première personne du pluriel prend le lecteur à part) on peut se demander si une Déclaration des droits de l’animal (on sent déjà qu’une critique de la mise en opposition de l’homme et de l’animal permettra à l’auteur de critiquer la Déclaration des droits de l’homme) va être utile. Je l’accueille avec joie, mais déjà de bons esprits murmurent : « Voici près de deux cents ans qu’a été proclamée une Déclaration des droits de l’homme, qu’en est-il résulté ? Aucun temps n’a été plus concentrationnaire, plus porté aux destructions massives de vies humaines, plus prêt à dégrader, jusque chez ses victimes elles-mêmes, la notion d’humanité. (le texte date de 1983, la Seconde Guerre Mondiale vient d’arriver – l’humanité a vécu les pires siècles de cruauté et de barbarie) Sied-il de promulguer en faveur de l’animal un autre document de ce type, qui sera – tant que l’homme lui-même n’aura pas changé (critique indirecte du droit et des textes – tant que l’homme ne se force pas lui-même à dépasser sa nature et à agir selon les lois, toute loi est inutile) –, aussi vain que la Déclaration des droits de l’homme ? » Je crois que oui. Je crois qu’il convient toujours de promulguer ou de réaffirmer les Lois véritables, (faire naître la culpabilité par des textes juridiques) qui n’en seront pas moins enfreintes, mais en laissant çà et là aux transgresseurs le sentiment d’avoir mal fait. « Tu ne tueras pas. » Toute l’histoire, dont nous sommes si fiers, est une perpétuelle infraction à cette loi. (critique de la guerre et des conflits)

« Tu ne feras pas souffrir les animaux, ou du moins tu ne les feras souffrir que le moins possible. Ils ont leurs droits et leur dignité comme toi-même », est assurément une admonition bien modeste ; dans l’état actuel des esprits, elle est, hélas, quasi subversive. Soyons subversifs. Révoltons-nous contre l’ignorance, l’indifférence, la cruauté, qui d’ailleurs ne s’exercent si souvent contre l’homme que parce qu’elles se sont fait la main sur les bêtes. (Si les humains sont cruels c’est parce qu’ils ont d’abord été habitués à la cruauté animale) Rappelons-nous, puisqu’il faut toujours tout ramener à nous-mêmes, qu’il y aurait moins d’enfants martyrs s’il y avait moins d’animaux torturés, moins de wagons plombés amenant à la mort les victimes de quelconques dictatures, si nous n’avions pas pris l’habitude de fourgons où des bêtes agonisent sans nourriture et sans eau en route vers l’abattoir, moins de gibier humain descendu d’un coup de feu si le goût et l’habitude de tuer n’étaient l’apanage des chasseurs. Et dans l’humble mesure du possible, changeons (c’est-à-dire améliorons s’il se peut) la vie. (L’auteur met ici en avant l’importance de son injection – il ne s’agit pas seulement d’améliorer la vie de l’animal, mais également celle de l’homme).

 

Conclusion du texte : 

L’homme est naturellement cruel contre les animaux. Ecrire un texte juridique qui condamnerait l’acte de la cruauté, ne supprimerait pas la cruauté mais la limiterait en poussant les hommes à avoir des remords. Si l’homme cesse d’être cruel envers les animaux, il sera peut-être moins enclin à être cruel envers ses semblables.

 

 

Comment rédiger la réponse à la question de corpus ? (question de corpus méthode)

 

Préparer son brouillon (question de corpus méthode)

Pour ne pas perdre de temps lors de la réaction, il faut veiller à bien préparer son brouillon. Pour cela commencez à lister l’ensemble des arguments qui vous viennent à l’esprit. Ne perdez jamais de vue la question posée. Nous la rappelons ici : Quels comportements les auteurs du corpus dénoncent-ils ?

 

Dans un premier temps commencez à lister dans votre brouillon les similitudes entre les différents textes :

  • Les quatre textes comparent l’homme à l’animal.
  • Les quatre textes sont des textes argumentatifs.
  • Les quatre textes sont très modalisés (utilisation de la première personne, utilisation des phrases exclamatives, prise à part du lecteur par l’utilisation de la deuxième personne du singulier – il s’agit d’inclure le lecteur dans le raisonnement).
  • Les quatre textes traitent de la nature humaine et de la cruauté en cherchant à répondre à la problématique suivante : est-ce que l’homme est naturellement cruel ou non ?

 

Dans un deuxième temps, listez les différences entre les quatre textes :

  • Le texte de Montaigne oppose la nature de l’homme à la théologie.
  • Le texte de Rousseau montre qu’au contraire, l’homme a le devoir de ne pas se montrer cruel. Ce devoir prééxiste aux leçons de science et de la philosophie.
  • Le texte de Voltaire dénonce la théorie de Descartes selon laquelle l’animal est une machine qui ne ressent pas de sentiments. Au contraire – l’homme et l’animal sont pareils, par conséquent respecter l’animal est un devoir de l’homme.
  • Le texte de Yourcenar montre l’importance des textes législatif. Instituer un droit des animaux est nécessaire et aurait un impact majeur pour l’homme qui cesserait de recourir à la violence gratuite.

 

Dans un troisième temps construisez votre argumentation au brouillon.

  1. Introduction : Présenter les 4 textes et en donner l’idée générale (les quatre textes abordent la question de la cruauté).
  2. Première partie : Les 4 textes condamnent la cruauté – la violence gratuite de l’homme envers l’animal.
  3. Deuxième partie : Les 4 textes condamnent la passivité de l’homme vis-à-vis de sa nature.
  4. Troisième partie : Les 4 textes proposent 4 méthodes différentes pour permettre à l’homme de dépasser sa nature et ne plus faire preuve de cruauté envers l’animal.
  5. Conclusion : Petite phrase de conclusion pour la forme plus que pour le fond.

 

Les remarques à garder en tête lors de la rédaction de la réponse à la question de corpus (question de corpus méthode)

  • Ne jamais au grand jamais oublier de citer les lignes – d’où l’importance de numéroter chaque texte sur le sujet (cela vous prendra deux minutes et vous évitera de perdre beaucoup de temps à compter les lignes)
  • Ne jamais au grand jamais omettre d’avoir une conclusion et une introduction : faites bien deux lignes d’introduction, allez bien à la ligne entre chaque paragraphe et avant la conclusion
  • N’oubliez pas que ce sont 4 points faciles à avoir, alors mettez bien toutes les chances de votre côté
  • Ne répétez pas le nom de l’auteur à chaque ligne, trouvez des synonymes – l’écrivain / l’auteur / Voltaire / dans l’extrait.
  • Ne répétez pas dans le texte A, dans le texte C ! Dites bien dans l’extrait du Dictionnaire philosophique ou Voltaire écrit que. Variez les formulations !
  • Allez à l’essentiel – d’où la nécessité de bien construire son plan au brouillon – il ne faut pas écrire des pavés en paraphrasant les textes, il faut tirer des textes des idées importantes et les illustrer clairement avec des extraits.
  •  N’oubliez JAMAIS d’utiliser les 4 textes. C’est pour cette raison, qu’il vaut mieux faire le commentaire de texte dans un second temps – sinon vous serez tenté d’utiliser les exemples uniquement du texte que vous avez commenté.

 

Un exemple de rédaction du corrigé de la question de corpus (question de corpus méthode)

 

La phrase d’introduction (question de corpus méthode)

Le corpus est composé de quatre extraits de textes argumentatifs écrits du XVI ème au XX ème siècle au sujet de la cruauté gratuite. Montaigne, Rousseau, Voltaire et Yourcenar opposent ainsi l’homme et l’animal pour dénoncer la cruauté de l’homme envers les animaux.

 

Ce qu’on n’a pas fait : 

  • Répéter texte à chaque ligne
  • Ecrire texte A, B, C, et D
  • Oublier la question de corpus

 

Ce qu’on a fait : 

  • Proposer une première réponse à la question de corpus
  • Présenter la nature des textes et les époques
  • Introduire son raisonnement

 

Développement (question de corpus méthode)

Les quatre textes du corpus traitent ainsi de la violence infligée par l’homme à l’animal (donner ici des citations exactes des mots clés : barbares / maltraitée, etc = choisir un mot dans chaque texte qui illustre la violence animale, le mettre entre guillemets, préciser le nom de l’auteur ou le titre du texte et la ligne). Cette violence est décrite comme totalement gratuite (de même) ou justifiée par des raisonnements absurdes (de même – la théorie des animaux machines de Descartes). La violence est condamnée ici avec véhémence (utilisation de la première personne (un exemple avec la ligne, utilisation de phrases exclamatives et des interjections (deux exemples avec la ligne), utilisation d’un vocabulaire fortement modalisé (un exemple avec la ligne).

Après avoir condamné la violence que l’homme inflige à l’animal, les écrivains et philosophes s’interrogent sur les raisons d’être de cette violence en opposant la nature de l’homme à la science (faire un relevé dans les différents textes, en citant à chaque fois la ligne – on relève ici les citations latines de Montaigne, la philosophie de Rousseau, l’interjection “machiniste” chez Voltaire et les textes législatifs chez Yourcenar). Ces extraits ne condamnent donc pas la cruauté de l’homme envers l’animal en soi, mais la passivité de l’homme face à sa nature, qui préfère céder à ses pulsions plutôt que de chercher à les dépasser.

Regardez bien comment le deuxième paragraphe complète ici le premier paragraphe – on part de l’idée la plus évidente (s’opposer à la cruauté) pour la renverser (c’est l’origine de la cruauté qui pose problème). C’est un point essentiel de la méthode de la question de corpus !

Ces extraits proposent par ailleurs une solution pour dépasser la nature humaine et arrêter la cruauté. Montaigne oppose ainsi à la nature humaine la théologie (on cite bien la ligne), Rousseau, le devoir moral de l’homme (on cite bien la ligne), Voltaire appelle à l’empathie par un discours très persuasif (petit rappel : on persuade, en jouant sur les sentiments, on convainc, en mettant en avant des arguments rationnels) qui fait appel aux sentiments du lecteur (citations avec la ligne) tandis que Yourcenar, désabusée après la cruauté de la seconde guerre mondiale, propose d’adopter des textes législatifs pour, à défaut d’arrêter la violence animale, faire naître un sentiment de culpabilité chez l’homme (citation avec la ligne).

 

La phrase de conclusion (question de corpus méthode)

Ces trois textes très véhéments dénoncent donc la passivité de l’homme face à sa nature pour le pousser à dépasser son état naturel et respecter ses prochains, humains et animaux.

La réponse à la question a évolué. On ne répète pas là l’introduction, au contraire – on montre que notre raisonnement nous a mené ailleurs, en nous permettant d’apporter une réponse plus précise à la question de corpus posée.

 

 

Bon courage pour vos révisions et n’hésitez pas à consulter la correction du commentaire composé sur l’article Bêtes de Voltaire ou d’autres corrigés de la question de corpus pour bien maîtriser la méthode de la question de corpus.