Corrigé d’annales de bac – Français S / ES 2016

Voici le corrigé de l’épreuve du bac de français des filières S et ES de 2016. Vous trouverez le sujet complet ici. La thématique principale de l’annale portait sur la question de l’homme dans les genres de l’argumentation du XVI ème siècle à nos jours. Quatre textes étaient proposés aux candidats. 

 

En guise de préambule

Avant de commencer à rédiger, à lire les textes des annales du bac de français 2016, rapportez-vous à la dernière page du sujet pour lire très attentivement la question de corpus. Une fois la question comprise, regardez de nouveau la première page et observez attentivement la nature de chaque texte. La question de corpus doit vous permettre de mettre en perspective les différents textes proposés dans les annales du bac de français 2016. Il faut confronter ces textes pour bâtir votre réflexion sur le sujet. 

 

La question de corpus au bac de français 2016

Quelles sont les qualités des écrivains célébrés dans les textes du corpus ?

Hors de question ici de relever les différentes qualités dans chaque texte des annales du bac de français 2016 en les juxtaposant dans votre réponse. Ce n’est pas du tout ce qui est attendu. On veut voir avec la question de corpus quelles sont vos qualités de lecture d’une part mais on veut surtout tester votre esprit d’analyse. Par conséquent, il faut absolument mettre en perspective les différents textes et ne surtout pas lister les qualités des écrivains cités. 

Commencez par regarder donc les 4 textes du corpus des annales du bac de français 2016. On a ici quatre discours prononcés à des obsèques d’écrivains français célèbres du XIX ème siècle. Chaque discours est prononcé par un autre écrivain français célèbre contemporain. Par conséquent, la nature des textes reste la même, l’époque aussi. La tentation de lister les qualités des écrivains est donc ici d’autant plus grande que leur mise en perspective semble aux premiers abords compliquée. On aurait pu par exemple voir comment les qualités des écrivains transparaissaient dans un écrit poétique par opposition à un texte argumentatif, ou encore comment est-ce que les qualités des écrivains évoluaient au cours du temps. Rien de tout cela ici. 

 

Lecture analytique des textes du corpus

Lecture analytique du discours de Victor Hugo (bac de français 2016)

TEXTE A : Victor Hugo, Discours prononcé aux funérailles de M. Honoré de Balzac (29 août 1850)

M. de Balzac était un des premiers parmi les plus grands, un des plus hauts parmi les meilleurs (parallélisme de construction et hyperbole qui mettent en avant la grandeur de l’écrivain). Ce n’est pas le lieu de dire ici tout ce qu’était cette splendide et souveraine intelligence (relevons ces deux adjectifs qui pourraient traditionnellement qualifier un roi tout puissant, un représentant de Dieu sur terre). Tous ses livres ne forment qu’un livre, livre vivant, lumineux, profond (encore une accumulation de trois adjectifs qui ont un sens quasi biblique), où l’on voit aller et venir et marcher et se mouvoir, avec je ne sais quoi d’effaré et de terrible mêlé au réel, toute notre civilisation contemporaine (tournure hyperbolique qui met de nouveau en avant la grandeur de Balzac dont l’oeuvre englobe toute l’humanité); livre merveilleux que le poète a intitulé comédie et qu’il aurait pu intituler histoire (une fois de plus opposition entre comédie et histoire – pour montre que l’oeuvre de Balzac n’est pas celle d’un simple écrivain), qui prend toutes les formes et tous les styles, qui dépasse Tacite et qui va jusqu’à Suétone, qui traverse Beaumarchais et qui va jusqu’à Rabelais (rappel des plus grands historiens de l’Antiquité, d’un grand dramaturge français du XIX ème siècle et d’un des pères fondateurs de la littérature française du XVI ème siècle, Rabelais. Relevons ici un fait curieux – la chronologie est ici brisée, on passe de l’Antiquité au XIX ème siècle pour arriver au XVI ème siècle. Cet effet créé une impression de cycle, qui confère une fois de plus un caractère divin à l’écrivain); livre qui est l’observation et qui est l’imagination  (remarquons ici la présence de l’article défini qui donne un caractère absolu aux deux noms communs) ; qui prodigue le vrai, l’intime, le bourgeois, le trivial, le matériel, (une fois de plus accumulation de noms précédés d’un article défini) et qui par moment, à travers toutes les réalités brusquement et largement déchirées, laisse tout à coup entrevoir le plus sombre et le plus tragique idéal (une phrase ici très longue qui met en avant la richesse de la littérature de Balzac).

À son insu, qu’il le veuille ou non, qu’il y consente ou non, l’auteur de cette œuvre immense et étrange est de la forte race des écrivains révolutionnaires (adjectif qui met en avant l’impact de Balzac sur son histoire contemporaine). Balzac va droit au but. Il saisit corps à corps la société moderne. Il arrache à tous quelque chose, aux uns l’illusion, aux autres l’espérance, à ceux-ci un cri, à ceux-là un masque. Il fouille le vice, il dissèque la passion. Il creuse et sonde l’homme, l’âme, le cœur, les entrailles, le cerveau, l’abîme que chacun a en soi. (remarquons cette accumulation hyperbolique de verbes très violents qui montrent l’impact immense de l’oeuvre de Balzac sur ses contemporains).  Et, par un don de sa libre et vigoureuse nature, par un privilège des intelligences de notre temps qui, ayant vu de près les révolutions, aperçoivent mieux la fin de l’humanité et comprennent mieux la providence, Balzac se dégage souriant et serein de ces redoutables études qui produisaient la mélancolie chez Molière et la misanthropie chez Rousseau (Rappelez-vous le célèbre Albatros de Baudelaire qui vole au-dessus des hommes – le rôle de l’écrivain est de prendre de la hauteur pour mieux exprimer les vices de la société. Balzac parvient ici à écrire l’oeuvre la plus juste possible, la plus proche des préoccupations des hommes, la seule capable de les transcender. Bien plus forte et virulente qu’un discours de Rousseau ou une pièce de Molière, la Comédie humaine de Balzac est une oeuvre colossale capable de transcender la société). Voilà ce qu’il a fait parmi nous. Voilà l’œuvre qu’il nous laisse, œuvre haute et solide, robuste entassement d’assises de granit, monument, œuvre du haut de laquelle resplendira désormais sa renommée (Rappelez-vous de Ronsard qui opposait le pouvoir monarchique temporaire au pouvoir absolu de l’écrivain, capable de graver son oeuvre . Les grands hommes font leur propre piédestal ; l’avenir se charge de la statue.

Sa mort a frappé Paris de stupeur. Depuis quelques mois, il était rentré en France. Se sentant mourir, il avait voulu revoir la patrie, comme la veille d’un grand voyage on vient embrasser sa mère. Sa vie a été courte, mais pleine ; plus remplie d’œuvres que de jours.

Hélas ! ce travailleur puissant et jamais fatigué, ce philosophe, ce penseur, ce poète, ce génie (hyperbole avec gradation), a vécu parmi nous de cette vie d’orages, de luttes, de querelles, de combats (rappel du combat et du paragraphe d’avant – l’engagement politique fort de Hugo), commune 30 dans tous les temps à tous les grands hommes. Aujourd’hui, le voici en paix. Il sort des contestations et des haines. Il entre, le même jour, dans la gloire et dans le tombeau (l’écrivain vit au-delà de la mort). Il va briller désormais, au-dessus de toutes ces nuées qui sont sur nos têtes, parmi les étoiles de la patrie (importance ici non seulement de la supériorité de l’écrivain mais aussi de la gloire d’un poète patriotique français) ! […]

 

Ce qu’il faut retenir du texte de Victor Hugo 

Il s’agit ici d’un discours élogieux qui se décompose en trois parties : 

  • Une première partie décrit Balzac comme un dieu sur terre qui délivre une oeuvre quasi biblique qui englobe toute l’humanité 
  • Une deuxième partie décrit Balzac comme un homme de son temps qui révèle les failles de la société contemporaine (Ces deux parties sont aussi éminemment religieuses : Balzac est présenté comme Jésus, à la fois dieu et homme.)
  • La troisième partie, très lyrique montre tout le patriotisme de Victor Hugo – qui s’est engagé dans la politique pour la France. 

 

Que faire le jour J

Avant de réfléchir à la question posée à l’annale du bac de français 2016, commencez par numéroter toutes les lignes, cela vous aidera pour le relevé. 

  • A la première lecture, vous sentez qu’il y a beaucoup d’adjectifs dans ce texte – n’hésitez pas à les surligner. 
  • Surlignez également tous les noms communs laudatifs 
  • Remarquez la construction du texte en trois parties
  • Relevez quelques occurrences d’hyperboles et de parallélismes de construction – cela permet d’appuyer la description élégiaque de l’écrivain. Il est important de le remarquer. 

 

Lecture analytique du discours d’Emile Zola (bac de français 2016)

TEXTE B : Émile Zola, Discours prononcé aux obsèques de Guy de Maupassant (7 juillet 1893)

MESSIEURS,

C’est au nom de la Société des Gens de Lettres et de la Société des Auteurs dramatiques que je dois parler. Mais qu’il me soit permis de parler au nom de la littérature française (une fois de plus le discours inscrit en premier lieu l’écrivain dans le Panthéon de la littérature française), et que ce ne soit pas le confrère, mais le frère d’armes, l’aîné, l’ami (une posture intéressante, qu’on ne trouvait pas dans le texte A – le narrateur se positionne ici par rapport à l’écrivain dont il prononce le discours funèbre) qui vienne ici rendre un suprême hommage à Guy de Maupassant.

J’ai connu Maupassant, il y a dix-huit à vingt ans déjà, chez Gustave Flaubert (une introduction beaucoup plus intimiste – face au discours très laudatif, presque religieux du texte A, on est ici dans un cadre beaucoup plus intime. Cette intimité est renforcée par l’utilisation du passé composé et non pas de l’imparfait comme dans le texte A. On a deux formes différentes de récits ici). Je le revois encore, tout jeune, avec ses yeux clairs et rieurs, se taisant, d’un air de modestie filiale, devant le maître (une fois de plus pas du tout la même posture – ici on a le récit d’un ami, qui décrit Maupassant non pas comme un monument de la littérature française mais comme un jeune garçon avant tout). Il nous écoutait pendant l’après-midi entière, risquait à peine un mot de loin en loin ; mais de ce garçon solide, à la physionomie ouverte et franche, sortait un air de gaîté si heureuse, de vie si brave, que nous l’aimions tous, (deux tournures hyperboliques et parallélisme de construction) pour cette bonne odeur de santé qu’il nous apportait. Il adorait les exercices violents ; des légendes de prouesses surprenantes couraient déjà sur lui. L’idée ne nous venait pas qu’il pût avoir un jour du talent.

Et puis éclata Boule-de-Suif, ce chef-d’œuvre, cette œuvre parfaite de tendresse, d’ironie et de vaillance (on parle ici non pas de l’oeuvre en général de l’écrivain, mais de ses différentes oeuvres). Du premier coup, il donnait l’œuvre décisive, il se classait parmi les maîtres (s’inscrire dans la continuité de la littérature française). Ce fut une de nos grandes joies ; car il devint notre frère, à nous tous qui l’avions vu grandir sans soupçonner son génie (une fois de plus on insiste sur le côté inattendu du génie de l’auteur). Et, à partir de ce jour, il ne cessa plus de produire, avec une abondance, une sécurité, une force magistrale, qui nous émerveillaient. Il collaborait à plusieurs journaux. Les contes, les nouvelles se succédaient, d’une variété infinie, tous d’une perfection admirable, apportant chacun une petite comédie, un petit drame complet, ouvrant une brusque fenêtre sur la vie. On riait et l’on pleurait, et l’on pensait, à le lire (caractère absolu par l’utilisation de la troisième personne impersonnelle « on » et de l’imparfait). Je pourrais citer tels de ces courts récits qui contiennent, en quelques pages, la moelle (rappel de la substantifique moelle de Rabelais – la vérité cachée dans les livres qui s’ouvre au lecteur à la lecture) même de ces gros livres que d’autres romanciers auraient écrits certainement. Mais il me faudrait tous les citer, et certains ne sont-ils pas déjà classiques, comme une fable de La Fontaine ou un conte de Voltaire (toujours s’inscrire dans la continuité de la tradition littéraire française) ?

Maupassant voulut élargir son cadre, pour répondre à ceux qui le spécialisaient, en l’enfermant dans la nouvelle ; et, avec cette énergie tranquille, cette aisance de belle santé qui le caractérisait (toujours un champ lexical de la tranquillité – par opposition au champ lexical de la souffrance du texte A – rappelez-vous de cet auteur qui travaille ses contemporains, les dissèque), il écrivit des romans superbes, où toutes les qualités du conteur se retrouvaient comme agrandies, affinées par la passion de la vie. Le souffle lui était venu, ce grand souffle humain qui fait les œuvres passionnantes et vivantes (le souffle qui rappelle l’inspiration – mais il est ici humain, à opposer au caractère monumental et religieux de l’inspiration d’Hugo). Depuis Une vie jusqu’à Notre Cœur, en passant par Bel-Ami, par La Maison Tellier et Fort comme la Mort, c’est toujours la même vision forte et simple de l’existence, une analyse impeccable, une façon tranquille de tout dire (encore une fois des adjectifs qui insistent sur l’aisance de Maupassant et la légèreté de son oeuvre) une sorte de franchise saine et généreuse qui conquiert tous les cœurs. Et je veux même faire une place à part à Pierre et Jean, qui est, selon moi, la merveille, le joyau rare, l’œuvre de vérité et de grandeur qui ne peut être dépassée (une fois de plus il est question ici d’oeuvre de vérité. Comme dans le texte A). […]

 

Ce qu’il faut retenir du texte d’Emile Zola

  • C’est un discours beaucoup plus intimiste. C’est un écrivain qui parle de son ami, qu’il connait depuis longtemps, qui évoque un humain avant tout. On est loin ici du discours religieux, monumental et pompeux de Victor Hugo proposé au début des annales du bac de français 2016. Le roman de vérité est ici simple, tranquille, il ne bouleverse par les moeurs mais marque les esprits par sa clarté et sa simplicité. 
  • L’écrivain est une fois de plus inscrit dans la continuité de la littérature française. 
  • Son oeuvre n’est pas décrite dans sa totalité, comme une oeuvre unique mais chaque oeuvre est évoquée séparément. 

 

Que faire le jour J 

  • Numérotez bien toutes les lignes pour faciliter le relevé 
  • Relevez le champ lexical de la simplicité et de la tranquillité 
  • Relevez toutes les occurrences de l’histoire littéraire française
  • Remarquez la différence des temps utilisé dans les deux discours. 

 

Lecture analytique du texte d’Anatole France (bac de français 2016)

TEXTE C : Anatole France, Éloge funèbre d’Émile Zola (5 octobre 1902)

Messieurs,

Rendant à Émile Zola au nom de ses amis les honneurs qui lui sont dus, je ferai taire ma douleur et la leur (pour la première fois il est question de douleur). Ce n’est pas par des plaintes et des lamentations qu’il convient de célébrer ceux qui laissent une grande mémoire, c’est par de mâles louanges et par la sincère image de leur œuvre et de leur vie (ici on a la caractérisation même des discours présentés dans le corpus – des louanges qui glorifient soit l’oeuvre soit la vie des défunts).

L’œuvre littéraire de Zola est immense. Vous venez d’entendre le président de la Société des gens de lettres (une fois de plus le discours est prononcé devant la Société des gens de lettres – comme le texte B) en définir le caractère avec une admirable précision. Vous avez entendu le ministre de l’Instruction publique en développer éloquemment le sens intellectuel et moral. Permettez qu’à mon tour je la considère un moment devant vous.

Messieurs, lorsqu’on la voyait s’élever pierre par pierre, cette œuvre, on en mesurait la grandeur avec surprise (métaphore de la statue de l’oeuvre atemporelle). On admirait, on s’étonnait, on louait, on blâmait (éloge et blâme – c’est le registre épidéctique / remarquez le parallélisme de construction et l’accumulation de verbes conjugués à la troisième personne du singulier à l’imparfait et l’utilisation de la troisième personne impersonnelle « on »). Louanges et blâmes étaient poussés avec une égale véhémence (répétition de louange et blâme). On fit parfois au puissant écrivain je le sais par moi-même des reproches sincères, et pourtant injustes. Les invectives et les apologies s’entremêlaient (l’orateur s’arrête ici sur le caractère polémique de l’oeuvre – elle ne fait pas consensus, elle divise, fait débat, d’où l’opposition constante entre loge et blâme / invective et apologie). Et l’œuvre allait grandissant (l’utilisation du participe présent, de la conjonction de coordination « et » en début de phrase, la syntaxe très courte avec trois monosyllabes auxquelles se succède le « grandissant », verbe au participe présent, placé en fin de phrase, rallongé par l’utilisation des consonnes sifflantes matérialise l’agrandissement de l’oeuvre). 

Aujourd’hui qu’on en découvre dans son entier la forme colossale (adjectif hyperbolique), on reconnaît aussi l’esprit dont elle est pleine. C’est un esprit de bonté. Zola était bon (comme dans le texte B, insistance sur le caractère bon et simple). Il avait la candeur et la simplicité des grandes âmes. Il était profondément moral. Il a peint le vice d’une main rude et vertueuse. Son pessimisme apparent, une sombre humeur répandue sur plus d’une de ses pages cachent mal un optimisme réel, une foi obstinée au progrès de l’intelligence et de la justice. Dans ses romans, qui sont des études sociales, il poursuivit d’une haine vigoureuse une société oisive, frivole, une aristocratie basse et nuisible, il combattit le mal du temps : la puissance de l’argent (le mal est ici très spécifiquement évoqué). Démocrate, il ne flatta jamais le peuple et il s’efforça de lui montrer les servitudes de l’ignorance, les dangers de l’alcool qui le livre imbécile et sans défense à toutes les oppressions, à toutes les misères, à toutes les hontes (parallélisme de construction, accumulation, une fois de plus l’écrivain est présenté comme un être qui montre à la société tous ses vices). Il combattit le mal social partout où il le rencontra. Telles furent ses haines. Dans ses derniers livres, il montra tout entier son amour fervent de l’humanité. Il s’efforça de deviner et de prévoir une société meilleure (intéressante utilisation des verbes deviner et prévoir – l’écrivain est à la fois un prophète visionnaire et le bâtisseur d’une humanité meilleure). […]

 

Ce qu’il faut retenir du texte d’Anatole France

  • L’oeuvre d’Emile Zola est immense
  • C’est une oeuvre qui divise les contemporains
  • L’écrivain mène un combat pour un monde meilleur
  • Pas d’inscription ici de l’oeuvre de Zola dans la continuité de la littérature française. 

 

Que faire le jour J 

Avant de lire le dernier texte des annales du bac de français 2016 :

  • Numérotez les lignes pour faciliter le relevé 
  • Relevez les oppositions dialectiques qui montre que son oeuvre divise 
  • Relevez le champ lexical qui montre l’immensité de l’oeuvre de Zola
  • Relevez le champ lexical qui montre le caractère éminemment politique de l’oeuvre de Zola 

 

Lecture analytique du texte de Paul Eluard (bac de français 2016)

TEXTE D : Paul Éluard, Allocution prononcée à la légation de Tchécoslovaquie à l’occasion du retour des cendres de Robert Desnos (15 octobre 1945)

[…] Robert Desnos, lui, n’aura connu votre pays que pour y mourir. Et ceci nous rapproche encore plus de vous. Jusqu’à la mort, Desnos a lutté pour la liberté (contexte différent des textes précédents, dans le cadre de la guerre, les enjeux littéraires ne sont plus les mêmes). Tout au long de ses poèmes, l’idée de liberté court comme un feu terrible, le mot de liberté claque comme un drapeau parmi les images les plus neuves, les plus violentes aussi (répétition de la liberté, champ lexical de la guerre (feu terrible, claque comme un drapeau, violentes), utilisation du superlatif, discours très imagé). La poésie de Desnos, c’est la poésie du courage (une fois de plus, une valeur différente ici – non seulement un poète, un écrivain, mais un combattant courageux prêt à tout pour sa patrie). Il a toutes les audaces possibles de pensée et d’expression. Il va vers l’amour, vers la vie, vers la mort sans jamais douter . Il parle, il chante très haut, sans embarras. Il est le fils prodigue d’un peuple soumis à la prudence, à l’économie, à la patience, mais qui a quand même toujours étonné le monde par ses colères brusques, sa volonté d’affranchissement et ses envolées imprévues (Toutes les phrases commencent par le pronom à la troisième personne du singulier, relevez ici les noms communs : audace, amour, vie, mort, prudence, économie, patience, affranchissement (tant de valeurs atemporelles défendues par l’humanité; on retrouve une fois de plus une référence biblique (fils prodigue)).

Il y a eu en Robert Desnos deux hommes, aussi dignes d’admiration l’un que l’autre : un homme honnête, conscient, fort de ses droits et de ses devoirs et un pirate tendre et fou, fidèle comme pas un à ses amours, à ses amis, et à tous les êtres de chair et de sang dont il ressent violemment le bonheur et le malheur, les petites misères et les petits plaisirs (dualité de l’écrivain, qui rappelle celle de Balzac, à la fois homme et dieu).

Desnos a donné sa vie pour ce qu’il avait à dire (de nouveaux enjeux – se sacrifier en tant qu’homme pour ses idéaux). Et il avait tant à dire. Il a montré que rien ne pouvait le faire taire. Il a été sur la place publique, sans se soucier des reproches que lui adressaient, de leur tour d’ivoire, les poètes intéressés à ce que la poésie ne soit pas ce ferment de révolte, de vie entière, de liberté qui exalte les hommes quand ils veulent rompre les barrières de l’esclavage et de la mort (une fois de plus, on retrouve la caractéristique première des génies de la poésie : l’oeuvre divise et ne parvient pas à créer un consensus).

 

Ce qu’il faut retenir du texte de Paul Eluard

  • Un écrivain ancré dans la réalité de ses contemporains : la guerre
  • Un écrivain qui ne cherche pas le consensus, mais se bat au nom de ses idées
  • Un écrivain au service du peuple
  • Un écrivain à la fois homme et martyre de la liberté

 

Que faire le jour J

Avant de commencer à rédiger la réponse à la question de corpus des annales du bac de français 2016 :

  • Numérotez bien les lignes
  • Relevez tout le vocabulaire qui s’apparente à la violence de la guerre
  • Relevez tout le vocabulaire qui concerne les valeurs chères à Desnos
  • Relevez tout le vocabulaire qui concerne le champ poétique.

 

 

Rédaction de la réponse à la question de corpus 

Ce qu’on attend de vous 

Voici, dans les grandes lignes ce qu’on attend de vous non pas seulement à l’épreuve du bac de français 2016, mais à toutes les épreuves de français.

  • Une réponse claire à la question avec une introduction, une conclusion et un corps en deux ou trois parties. 
  • La réponse doit être illustrée avec des citations de chaque texte (vraiment ne jamais oublier un texte). Pour chaque citation, la ligne doit être précisée. 

 

Ce qu’il ne faut surtout pas faire 

  • Choisir des citations trop longues et privilégier les citations à la réflexion 
  • Ne pas exploiter tous les documents 
  • Ne pas avoir de réflexion – juxtaposer les citations sans faire d’analyse
  • Oublier l’introduction ou la conclusion

 

Exemple de plan à suivre 

I – Des qualités sociales 

II – Des qualités intellectuelles et littéraires 

III – Qualités humaines hors de commun

 

On pourrait également rédiger la réponse à la question de corpus de l’annale de français 2016, en suivant le plan suivant :

I – Des écrivains visionnaires qui définissent la société de demain

II – Des écrivains dotés de valeurs morales et humaines uniques

III – Des écrivains hors de commun qui s’inscrivent au panthéon de la littérature française.

 

Du moment que vous citez toutes les oeuvres, que vous rédigez bien, que vous répondez à la question, vous récupérerez facilement tous les points, quel que soit le plan que vous suivrez.

Pour mieux vous entrainer n’hésitez pas à consulter d’autres corrections des questions de corpus sur le site. Pour consulter la correction du commentaire de texte du bac de français 2016, c’est par ici.