La question de corpus expliquée à partir des annales de 2018

Bien que moindre en terme de points à l’écrit du baccalauréat de français, la question de corpus est un exercice important et souvent source d’angoisse pour les élèves. Voici donc un exemple afin de vous aider à l’aborder avec apaisement et confiance. Les textes étudiés ici sont tirés des annales de 2018. Donc voici sans plus tarder le corrigé de la question de corpus 2018.

La question de corpus – 2018

Quels comportements humains les auteurs du corpus dénoncent-ils ?

Il est essentiel de :

  • Repérer les points communs et différences des différents textes grâce à un code couleur
  • Grâce à un tableau élaboré à partir de la première étape de repérage, noter les points communs et divergents des textes, ainsi que les citations prouvant les points/arguments en question.
Montaigne, Essais, livre II, chapitre 11 « De la cruauté », (1580-1588)Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, préface (1754) Voltaire, Dictionnaire philosophique, article « BÊTES » (1764)Marguerite Yourcenar, Le Temps, ce grand sculpteur, « Qui sait si l’âme des bêtes va en bas ? » (1983)
Nature cruelle, violente et inhumaine Tendance naturelle à la compassion et à la non-violenceNature cruelle et violente des hommesNature cruelle, violente et subversive
Tue des animaux innnocents sans scrupule ou remords durant la chasseN’ira pas tuer ou faire du mal à un être sensible sauf si cela est nécessaire ppour sauver sa vieTue des animaux innnocents sans scrupule ou conscience de la cruauté du geste, les autopsies animalesTue et maltraite des animaux depuis toujours avec indifférence, de même qu’il tue et torture les hommes
L’animal est considéré comme un objet alimentaire uniquementL’animal est considéré comme doté de sensibilitéL’animal est considéré comme une machine, un objet d’étudeL’animal est considéré comme un objet, un aliment
Aucune considération pour la sensibilité et les capacités des êtres violentés, la nature violente primeObligation de ne pas faire mal à autrui car c’est un être sensible, la sensibilité prime sur la raisonRespect pour les êtres humains uniquement, la raison prime sur la sensibilité animale (d’ailleurs niée)Pas de considération pour la sensibilité et la dignité des êtres violentés, un monde de violence perpétuelle
Goût du spectacle de la violence : les tournois de gladiateursDégoût pour la violenceGoût du spectacle de la violenceGoût ancestral de la violence
  • Structurer son argumentation grâce au tableau réalisé en dédiant à chaque élément une partie de développement (en sélectionner environ 5 essentiels et se concentrer dessus).
  • Ne pas oublier de citer tous les textes. En précisant à chaque fois la ligne de chaque citation. C’est très important.

La question de corpus – 2018 rédigée

Tout d’abord, Montaigne, Voltaire et Marguerite Yourcenar dénoncent la tendance naturelle des hommes à la cruauté et à la violence. Marguerite Yourcenar insiste sur la nature subversive des hommes qui ne respectent pas les lois.

Quant aux comportements envers les animaux, c’est principalement la cruauté et la torture qui sont dénoncés. Montaigne dénonce ainsi la mise à mort cruelle et illégitime pendant la chasse, Voltaire évoque les recherches scientifiques effectuées sur les animaux et Marguerite Yourcenar, les mauvais traitements infligés aux animaux dans l’industrie alimentaire et la chasse (“fourgons où des bêtes agonisent sans nourriture et sans eau en route vers l’abattoir”, “l’habitude de tuer n’étaient l’apanage des chasseurs.”).

Ces trois auteurs insistent aussi sur la considération des animaux : on ne se préoccupe pas de leur souffrance et / ou on nie leur sensibilité.

Marguerite Yourcenar se distingue par sa référence aux maux infligés aux enfants (“enfants martyrs”), aux hommes, à la violence perpétuelle qui entraîne la mort des uns et des autres (“wagons plombés amenant à la mort les victimes de quelconques dictatures, (…) moins de gibier humain descendu d’un coup de feu”). Le terme “gibier” montre qu’on les tue comme des animaux.

Enfin, ces mêmes trois auteurs dénoncent le goût des humains pour le spectacle de la violence, les chasseurs sont évoqués par Montaigne et Marguerite Yourcenar. Montaigne fait aussi référence aux organisateurs et aux spectateurs des gladiateurs qui sont l’occasion où des êtres s’entretuent. Voltaire évoque lui les scientifiques qui autopsient vivants des animaux pour pouvoir observer le fonctionnement de leurs organes et y prennent plaisir.

Le second texte, ne dénonçant pas clairement les comportements humains, ne sera pas utilisé dans la réponse à la question de corpus (cela peut arriver, ne pas s’affoler ce n’est pas grave).

N’hésitez pas à consulter d’autres corrections d’annales et nos articles de méthodologie pour vous préparer au mieux aux épreuves. Bon courage !

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