Métaphore : définition et exemples

Malgré une définition relativement simple, la figure de style de la métaphore peut être compliquée à comprendre. Très utilisée dans la poésie amoureuse ou les descriptions (avec l’usage de la métaphore filée), nous vous donnons ici de nombreux exemples de métaphores qui vous permettront de mieux en saisir l’essence.

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Métaphore : une première définition

Une métaphore est une figure de style qui consiste à employer un terme ou un groupe de termes pour désigner un autre mot, ou une idée. L’étymologie du mot métaphore est à ce titre intéressante : metaphora, en latin, signifie « transport ».

Les deux termes sont liés l’un à l’autre par un effet d’analogie : ils se ressemblent, ou l’un évoque l’autre. Une métaphore peut porter sur un nom, un verbe ou un adjectif.

 

Pourquoi utiliser des métaphores ?

Prenons un premier exemple simple : « Vous êtes mon lion superbe et généreux », dit dona Sol à Hernani dans la pièce éponyme de Victor Hugo. Ici, le mot « lion » désigne Hernani, il s’agit donc d’une métaphore qui permet de mettre en valeur le courage d’Hernani.

Une métaphore sert toujours à révéler un aspect, un trait de personnalité ou une caractéristique de ce qu’il désigne. Cet aspect peut être positif mais également négatif :

« Quel vieil ours mal léché tu fais ! » peut être utilisé pour se moquer d’une personne.

La métaphore doit donc faire passer au lecteur une forte impression.

 

La structure d’une métaphore et sa différence avec la comparaison

La métaphore et la comparaison ont deux éléments en commun : le comparé et le comparant.

Le comparé est le terme que l’on veut désigner métaphoriquement. Le comparant est au contraire le terme qui sert à désigner l’autre.

Dans la métaphore « Les yeux sont le miroir de l’âme », « les yeux » est le comparé, « le miroir de l’âme » est le comparant.

Comparaison et métaphore sont deux figures de style différentes. La comparaison lie le comparé et le comparant par un outil de comparaison, tel que « comme, autant que, tel que… ».
Ainsi, la métaphore est une comparaison sans outil de comparaison explicite.

 

Les différents types de métaphore

On peut différencier plusieurs types de métaphore, selon l’impression qu’elles servent à donner.

Les métaphores animalières : elles utilisent un animal pour décrire un être humain (être un âne, faire une tête de chien battu)

Les métaphores qui utilisent des qualités inanimées ou des éléments naturels  a des êtres animés : une voix de crécelle, un rire cristallin

Les métaphores utilisant des associations d’idées :  être pétrifié par la peur, avoir le cœur brisé.

 

La métaphore filée

Vous entendrez souvent parler de « métaphore filée » dans les textes littéraires. Une métaphore filée est une métaphore qui se poursuit le long d’un texte, en reprenant le même thème.

En voici un exemple, développé par Anouilh dans Antigone. Nous avons sous les yeux la tirade de Créon :

« Mais, bon Dieu ! Essaie de comprendre une minute, toi aussi, petite idiote ! J’ai bien essayé de te comprendre, moi. Il faut pourtant qu’il y en ait qui disent oui. Il faut pourtant qu’il y en ait qui mènent la barque. Cela prend de l’eau de toutes parts, c’est plein de crimes, de bêtise, de misère…et le gouvernail est là qui ballottent. L’équipage ne veut plus rien faire, il ne pense qu’à piller la cale et les officiers sont déjà en train de se construire un petit radeau confortable, rien que pour eux, avec toute la provision d’eau douce pour tirer au moins leurs os de là. Et le mât qui craque, et le vent siffle et les voiles vont se déchirer, et toutes ces brutes vont crever toutes ensemble, parce qu’elles ne pensent qu’à leur peau, à leur précieuse peau et à leurs petites affaires. Crois-tu, alors, qu’on a le temps de faire le raffiné, de savoir s’il faut dire « oui » ou « non », de se demander s’il ne faudra pas payer trop cher un jour et si on pourra encore être un homme après ? On prend le bout de bois, on redresse devant la montagne d’eau, on gueule un ordre et on tire dans le tas, sur le premier qui s’avance. Dans le tas ! Cela n’a pas nom. C’est comme la vague qui vient de s’abattre sur le pont devant vous ; le vent qui vous gifle, et la chose qui tombe dans le groupe n’a pas de nom. C’est peut-être celui qui t’avait donné du feu en souriant la veille. Il n’a pas de nom. Et toi non plus, tu n’as plus de nom, cramponné à la barre. Il n’y a plus que le bateau qui ait un nom et la tempête. Est-ce que tu le comprends, cela ? »

Il s’agit ici d’une métaphore filée qui reprend un champs lexical maritime. L’équipage désigne ainsi le gouvernement, le bateau désigne la nation et la tempête les remous politiques auxquels le peuple d’Athènes est confronté. Une métaphore filée renforce donc l’impression faite sur le lecteur, et fait appel à son imagination.

 

La métaphore dans la littérature

La métaphore est une figure de style très répandue dans la littérature. On la retrouve dans les romans d’amour courtois du Moyen-âge, o elle permet de flatter la dame, dans le surréalisme, qui fait appel aux associations d’idée, mais aussi dans le mouvement de la préciosité. En effet, visant à embellir la langue française, ce courant littéraire du XVIIème siècle défend un raffinement du langage qui passe notamment par la métaphore. Les précieuses parlent ainsi du « conseiller des grâces » pour désigner un miroir, ou des « commodités de la conversation » pour évoquer les fauteuils.

 

Quelques exemples célèbres de métaphore

« Le temps n’a point de rive/ Il vole » Lamartine, Le lac

« C’est un trou de verdure où chante une rivière » Rimbaud, Le dormeur du val

« La vie est un voyage plein d’aventures » Baudelaire

« Ma valise m’accompagne au massif de la Vanoise , et déjà ses nickels brillent et son cuir épais embaume. Je l’empaume , je lui flatte le dos, l’encolure et le plat. » Ponge, La valise

Retrouvez aussi notre article complet : Les figures de style.

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