Métaphore : définition et exemples de la figure de style

La figure de style de la métaphore peut être compliquée à comprendre malgré une définition relativement simple. Pourtant, elle est très utilisée dans la poésie amoureuse ou les descriptions. C’est pourquoi, il est nécessaire de savoir la reconnaître dans des textes et de comprendre ses utilisations. Ici, nous allons vous donner de nombreux exemples. L’objectif pour vous est de mieux comprendre cette figure de style à travers l’article et d’en saisir son essence.

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La métaphore

Une définition étymologique

Pour comprendre cette notion, regardons d’abord son étymologie. La métaphore est une figure de style très ancienne. Elle vient du grec metaphorá qui signifie « transport ». Cette figure de style était déjà évoquée par Aristote dans sa Poétique parue vers 335 av. J.C.  Il la considérait comme un procédé majeur de rhétorique.

« La métaphore consiste à transporter le sens d’un mot différent soit du genre à l’espèce, soit de l’espèce au genre, soit de l’espèce à l’espèce, soit par analogie », Aristote, Poétique, d’après la traduction de Jules Barthélémy-Saint-Hilaire

 

Une définition à retenir

Une métaphore est une figure de style fondée sur le principe d’analogie. Elle met en effet en relation deux éléments similaires, mais de manière implicite. En effet, elle laisse deviner une ressemblance sans pour autant l’affirmer explicitement.

En quoi cela consiste-t-il, concrètement ? La métaphore emploie un terme ou un groupe de termes pour désigner un autre mot, ou une idée. Les deux termes sont liés l’un à l’autre par cet effet d’analogie : ils se ressemblent, ou l’un évoque l’autre. Ainsi, elle peut porter sur un nom, un verbe ou un adjectif. Vous verrez dans la suite de cet article comment distinguer cette figure de style de la comparaison.

 

Comment commenter une métaphore ?

Métaphore du lion dans Hernani, Victor Hugo

Prenons un premier exemple simple pour comprendre cette notion. « Vous êtes mon lion superbe et généreux », dit Doña Sol à Hernani dans la pièce éponyme de Victor Hugo. Ici, le mot « lion » désigne Hernani, il s’agit donc d’une métaphore qui permet de mettre en valeur le courage d’Hernani. 

La métaphore est ici mise en avant par la structure du vers. En effet, le mot “lion” se situe à la césure du vers (5ème et 6ème syllabes), ce qui le met tout particulièrement en avant. Hernani est assimilé ici à un lion, l’animal noble par excellence, célébré pour son courage, sa virilité et son autorité. Doña Sol montre ainsi qu’Hernani est doté de toutes les qualités d’un grand homme grâce à une simple assimilation du personnage au roi des animaux. Les adjectifs superbe et généreux qui forment le deuxième hémistiche du vers renforcent l’effet de la métaphore et glorifient encore plus le personnage. 

 

Métaphore négative

Une métaphore sert toujours à révéler un aspect, un trait de personnalité ou une caractéristique de ce qu’il désigne. Cet aspect peut être positif mais également négatif : « Quel vieil ours mal léché tu fais ! » peut être utilisé pour se moquer d’une personne.

On voit ici une nette opposition entre le lion glorieux et l’ours – qui pour le coup, est un animal gauche, bien moins impressionnant et imposant qu’un lion. Le participe passé et l’adverbe “mal léché” viennent renforcer une fois de plus ici l’effet de la métaphore.

 

La fonction de la métaphore

La métaphore permet donc de donner beaucoup de force à une description en renforçant l’effet produit sur le lecteur. Elle peut s’accompagner d’adjectifs, d’adverbes ou encore de participes pour impressionner encore plus le lecteur. Souvent poétique – elle fait appel à l’imagination du lecteur.

 

La structure de la métaphore

La métaphore et la comparaison ont deux éléments en commun : le comparé et le comparant. Le comparé est le terme que l’on veut désigner métaphoriquement. Le comparant est au contraire le terme qui sert à désigner l’autre.

Dans l’exemple de métaphore suivant : « Les yeux sont le miroir de l’âme », « les yeux » est le comparé, « le miroir de l’âme » est le comparant.

La différence entre la métaphore et la comparaison

Comparaison et métaphore sont deux figures de style différentes. La comparaison lie le comparé et le comparant par un outil de comparaison, tel que « comme, autant que, tel que… ». Ainsi, la métaphore est une comparaison sans outil de comparaison explicite.

« La terre est bleue comme une orange. », Éluard, L’amour la poésie

Il s’agit ici d’un exemple de comparaison comme l’indique la conjonction de coordination “comme”.

« Je me suis baigné dans le poème de la mer. » – Arthur Rimbaud, « Le Bateau ivre »

Il s’agit ici d’un exemple de métaphore.

 

Les types de métaphore

Les différents types selon l’impression

On peut différencier plusieurs types de métaphore, selon l’impression qu’elles servent à donner. Certaines utilisent un animal pour décrire un être humain (être un âne, faire une tête de chien battu) : on pourrait parler de métaphores animalières. D’autres utilisent des qualités inanimées ou des éléments naturels a des êtres animés : une voix de crécelle, un rire cristallin. Enfin, il y a celles qui utilisent des associations d’idées : être pétrifié par la peur, avoir le cœur brisé.

Métaphore in praesentia et métaphore in absentia

On utilise la première expression lorsque le comparant et le comparé sont présents dans la même phrase. C’est le cas de l’exemple vu plus haut : « Les yeux sont le miroir de l’âme ».

On utilise la deuxième expression lorsque le comparé est absent. Un exemple du quotidien serait : « C’est une tortue » pour qualifier quelqu’un de lent. On peut également penser au sonnet L’Olive (1549) de Joachim Du Bellay : « Alors voyant cette nouvelle aurore » où on devine que la femme est le comparé. Ainsi, elle réclame un effort supplémentaire d’interprétation de la part du lecteur dans la mesure où le comparé est absent.

Le cas de la métaphore filée

Vous entendrez souvent parler de « métaphore filée » dans les textes littéraires. Une métaphore filée se poursuit le long d’un texte, en reprenant le même thème.

Prenons l’exemple de métaphore filée, développé par Anouilh dans Antigone : la célèbre tirade de Créon. Il s’agit ici d’une métaphore filée qui reprend un champs lexical maritime. L’équipage désigne ainsi le gouvernement, le bateau désigne la nation et la tempête les remous politiques auxquels le peuple d’Athènes est confronté. Une métaphore filée renforce donc l’impression faite sur le lecteur, et fait appel à son imagination.

 

La métaphore dans la littérature

La métaphore est une figure de style très répandue dans la littérature. On la retrouve dans les romans d’amour courtois du Moyen-âge, o elle permet de flatter la dame, dans le surréalisme, qui fait appel aux associations d’idée, mais aussi dans le mouvement de la préciosité. En effet, visant à embellir la langue française, ce courant littéraire du XVIIème siècle défend un raffinement du langage qui passe notamment par la métaphore. Les précieuses parlent ainsi du « conseiller des grâces » pour désigner un miroir, ou des « commodités de la conversation » pour évoquer les fauteuils.

 

Quelques exemples célèbres de métaphore

« Le temps n’a point de rive/ Il vole » Lamartine, Le lac

« C’est un trou de verdure où chante une rivière » Rimbaud, Le dormeur du val

« La vie est un voyage plein d’aventures » Baudelaire

« Ma valise m’accompagne au massif de la Vanoise , et déjà ses nickels brillent et son cuir épais embaume. Je l’empaume , je lui flatte le dos, l’encolure et le plat. » Ponge, La valise

Retrouvez aussi notre article complet : Les figures de style.

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