Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière (1622-1673)

Molière est un grand représentant de la comédie classique du XVII ème siècle. Voici un résumé de sa vie et de son oeuvre à connaître pour le jour du BAC.

La vie de Molière

Molière est un écrivain, comédien et metteur en scène français, qui s’était pour autant lui aussi destiné au métier d’avocat.

Il est le fondateur avec Madeleine Béjart de la troupe de l’Illustre Théâtre, qui devient la Troupe du Roy en 1665 et s’installe au Palais Royal. En 1658, la troupe joue devant Louis XIV, et Molière est pris sous la protection du frère du roi, Monsieur.

A partir de ce moment, Molière multiplie les succès grâce aux comédies qu’il écrit, met en scène et dans lesquelles il joue. Son ambition est d’élever la comédie au rang de la tragédie, grâce à la composition de ses « grandes comédies » qui doivent « corriger les mœurs par le rire » (Castigat ridendo mores, préface du Tartuffe).

Mais certaines de ses œuvres sont censurées et interdites par la Compagnie du Saint-Sacrement. L’influence de la religion allant grandissante auprès du roi, Molière perd en popularité. Il meut après une représentation du Malade Imaginaire et est enterré dans la clandestinité.

 

Les principales oeuvres de Molière

Parmi ses très nombreuses œuvres (33 pièces), on peut citer L’Ecole des Femmes (1662), Le Misanthrope (1666), Le Médecin malgré lui (1666), L’Avare (1668), Le Bourgeois Gentilhomme (1670) et Le Malade imaginaire (1673).

Le Tartuffe ou l’imposteur (1664) – Comédie en vers et en 5 actes.

Orgon, un aristocrate riche mais très naïf, est tombé sous l’influence de Tartuffe, un faux dévot qui s’est proposé pour être son directeur de conscience. En admiration devant celui qui le manipule, il s’aveugle totalement sur le personnage : il lui propose même de lui donner sa fille en mariage, tandis que Tartuffe courtise en secret Elmire, la femme d’Orgon. Afin d’ouvrir les yeux à son mari qui prend toute accusation contre Tartuffe pour de la jalousie, Elmire met en place un stratagème : Orgon, bien caché, assiste à une nouvelle tentative de séduction de Tartuffe, qu’il voit désormais sous son vrai visage. Mais il est déjà trop tard, car Orgon, par amitié et piété, vient de lui léguer l’intégralité de ses biens, maison comprise. Il faudra un retournement inattendu en fin de pièce pour que le roi intervienne, sauve Orgon de la ruine et emprisonne Tartuffe.

Cette pièce est très importante dans l’œuvre de Molière pour la querelle qu’elle entraîne. En effet, les membres du parti dévot (la Compagnie du Saint-Sacrement) qui se sentent visés par la pièce, font pression sur le jeune Louis XIV pour qu’elle soit interdite, au prétexte que Molière y donnerait une image fausse de la dévotion et de la religion. Les critiques sont extrêmement violentes ; pour se défendre, il écrit plusieurs placets au roi qu’il serait intéressant de lire (pages 8, 10 et 12), tant pour la séquence sur le théâtre que celle sur l’argumentation.

Après plusieurs années de réécriture et de réadaptation, la pièce peut enfin être jouée librement en février 1669.

Dom Juan ou le Festin de pierre (1665) – Comédie en prose et en 5 actes.

Le personnage principal, Dom Juan, est un noble libertin qui court de conquête en conquête, séduisant des jeunes femmes en leur promettant le mariage pour les abandonner dès que le plaisir le quitte. Il ne croit en rien, ni amour, ni religion, ni autorité, et mène une vie de débauche et de blasphème, malgré les reproches de son serviteur, Sganarelle et de son père, Dom Louis. Un jour pourtant, les frères de l’une de ses précédentes conquêtes, Done Elvire, cherchent à venger l’affront qu’il a fait à leur sœur en la faisant sortir du couvent pour l’épouser ; le libertin parvient, par ses beaux discours, à se tirer du mauvais pas. Mais Dom Juan rencontre alors la statue d’un Commandeur qu’il a tué quelques temps auparavant ; elle l’invite à souper, ce que le libertin accepte par courage ou fanfaronnade. Le lendemain, même si Dom Juan fait mine de s’être repenti, la Statue n’est pas dupe ; Dom Juan est précipité en Enfer, et la pièce se termine sur la mort du libertin.

On pourra commenter la dernière réplique de Sganarelle, sur laquelle se clôt la pièce ; elle illustre tout à fait l’ambition de Molière – corriger par le rire. Le comique, en effet, n’est jamais loin, malgré le caractère tragique du dénouement : Sganarelle, qui vient d’assister à la disparition de son maître, pleure ses gages qui ne lui seront jamais payés. « Ah ! mes gages ! mes gages ! Voilà par sa mort un chacun satisfait : Ciel offensé, lois violées, filles séduites, familles déshonorées, parents outragés, femmes mises à mal, maris poussés à bout ; tout le monde est content : il n’y a que moi seul de malheureux ! Mes gages ! mes gages ! mes gages ! » (Acte V scène 6).

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter notre commentaire détaillé sur cette oeuvre.

Le Bourgeois Gentilhomme (1673) – Comédie-ballet en prose et en 5 actes.

La comédie est construite sur le personnage de Monsieur Jourdain, bourgeois risible et courtisan, qui désire plus que tout ressembler aux « gens de qualité », à savoir les nobles de la cour.

Pour cela, il prend des cours (danse, musique, philosophie, armes) afin d’essayer d’acquérir, sans succès, les codes de cet autre monde. Ses relations, Dorante en particulier, jouent de sa naïveté et de ses rêves de parvenu ; sa femme et sa fille, elles, ne supportent plus ses fantaisies, d’autant que le bourgeois refuse le mariage d’amour que veut faire sa fille avec Cléonte, au prétexte que ce dernier n’est pas noble.

Tous mettent alors en place un plan pour prendre le bourgeois à son propre jeu : Covielle, le valet de Cléonte, se fait passer pour un traducteur turc qui vient annoncer que le fils du Grand Turc veut épouser sa fille. Le bourgeois, trop heureux de ce mariage, prend pour un honneur la ridicule cérémonie, inventée de toute pièce, qui prétend faire de lui un « Mamamouchi ». Fier de son nouveau statut, il marie alors sa fille à Cléonte, persuadé qu’il s’agit bien là du fils du Grand Turc.

On pourra utiliser cet exemple pour s’interroger sur le rôle de la musique dans le nouveau genre créé par Molière et Lully qu’est la comédie-ballet. Certains airs sont en effet aujourd’hui très connus, comme la Marche pour la cérémonie des Turcs qui fait de Monsieur Jourdain un Mamamouchi. Il y a là matière à s’interroger : ne se situe-t-on pas dans une deuxième forme de dépassement du texte, la première consistant en la mise en scène même ?

 

N’hésitez pas à consulter d’autres fiches sur les auteurs comme Corneille.