Boîte à outils du théâtre

Voici un lexique du théâtre qui regroupe les notions fondamentales et à connaître pour le Bac de Français. Cela vous permettra, le jour J, d’employer les mots justes dans vos analyses afin d’être capables de commenter avec précision et pertinence la structure d’un texte théâtral.


Les genres du théâtre :

Comédie : Pièce de théâtre destinée à faire rire le spectateur et dont le dénouement est toujours heureux.

Exemple : Le Bourgeois Gentilhomme de Molière.

Drame : Genre théâtral qui se situe entre la comédie et la tragédie, dans lequel se mêlent sublime et grotesque, pathétique et comique. On distingue le drame bourgeois et le drame romantique.

Exemple : Hernani de Victor Hugo pour le drame romantique.

Tragédie : Pièce de théâtre qui met en scène une situation grave, dans laquelle le(s) héros doit(vent) faire face à un drame ou un dilemme moral.

Les personnages, animés de passions violentes et destructrices, sont la proie du destin et de la fatalité. La tragédie se termine presque toujours avec la mort d’un ou de plusieurs d’entre eux. La tragédie classique française est construite selon des règles très codifiées : règles des trois unités, de bienséance et de vraisemblance.

Exemple : Phèdre de Racine.

Tragi-comédie : Tragédie qui mêle à la gravité de l’intrigue des éléments romanesques plus légers et un dénouement heureux.

Exemple : Le Cid de Corneille.

La composition d’une pièce de théâtre :

Acte : Division majeure de la pièce, qui correspond à une étape importante de l’action. Dans la comédie et la tragédie classiques, il doit y en avoir cinq.

Scène :

  1. Division d’un acte qui se termine lorsque le nombre de personnages sur le plateau change (entrée ou sortie).
  2. Espace sur lequel jouent les acteurs.

Didascalies : Indications scéniques dans le texte théâtral, écrites en italique et destinées à être seulement lues. Elles peuvent concerner le décor, l’intonation, le déplacement etc.

Mise en scène : Travail qui consiste à transformer un texte écrit en performance théâtrale, c’est-à-dire à donner une existence scénique à l’œuvre.

Le schéma de l’intrigue de théâtre :

Intrigue : Chaîne des événements qui constituent la trame de la pièce.

Scène d’exposition : Première partie de la pièce dans laquelle sont présentés les personnages, le contexte et l’intrigue.

Péripétie : Action secondaire qui contribue à faire avancer l’intrigue.

Dénouement : Partie finale de la pièce, qui marque la fin de l’intrigue et la résolution de la crise.

Exemple : le dénouement de Tartuffe de Molière.

Les types de réplique :

Dialogue : Ensemble des propos tenus par des personnages qui échangent entre eux.

Monologue : Longue réplique prononcée par un personnage seul sur scène. C’est l’occasion pour le personnage d’exprimer ses doutes, hésitations et sentiments, ce qui permet au spectateur de mieux le comprendre.

Exemple : le monologue délibératif de Rodrigue dans Le Cid de Corneille (Acte I scène 6).

Réplique : Paroles brèves qu’un personne prononce sur scène au cours d’un dialogue.

Tirade : Longue réplique au sein d’un dialogue, dans laquelle le personnage s’exprime librement sans être interrompu par ses interlocuteurs.

Exemple : la déclaration d’amour de Phèdre à Hippolyte (Phèdre de Racine, Acte II scène 5).

Aparté : Convention théâtrale selon laquelle un personnage peut s’exprimer tout haut, sans que les autres sur scène ne l’entendent.

Exemple dans Le Barbier de Séville de Beaumarchais : « LE COMTE, embarrassé. Monsieur, j’étais chargé… Personne ne peut-il nous entendre ? / BARTHOLO, à part. C’est quelque fripon. (Haut.) Eh non, monsieur le mystérieux ! parlez sans vous troubler, si vous pouvez. / LE COMTE, à part. Maudit vieillard ! » (Acte III scène 2).

Stichomythies : Suite de répliques très courtes et cinglantes, souvent utilisées lors de disputes.

Exemple dans Le Cid de Corneille : « LE COMTE : Ce que je méritais, vous l’avez emporté. / DON DIÈGUE : Qui l’a gagné sur vous l’avait mieux mérité. / LE COMTE : Qui peut mieux l’exercer en est bien le plus digne. / DON DIÈGUE : En être refusé n’en est pas un bon signe. / LE COMTE : Vous l’avez eu par brigue, étant vieux courtisan. / DON DIÈGUE : L’éclat de mes hauts faits fut mon seul partisan. […] » (Acte I scène 3).

Les formes de comique au théâtre :

Comique de situation : Comique lié à la scène elle-même, qui peut naître de malentendus, de rebondissements inattendus et burlesques voire de situations ridicules. Il est souvent lié au quiproquo : Méprise sur l’identité d’une personne ou sur les circonstances d’un évènement.

Exemple dans L’Avare de Molière : alors que Valère parle de son amour pour Elise, Harpagon croit qu’il courtise son argent : « VALÈRE : Tous mes désirs se sont bornés à jouir de sa vue ; et rien de criminel n’a profané la passion que ses beaux yeux m’ont inspirée. / HARPAGON : Les beaux yeux de ma cassette ! Il parle d’elle, comme un amant d’une maîtresse. » (Acte V scène 3).

Comique de gestes : Comique porté par l’attitude du personnage et le jeu d’acteur. Cela concerne alors les expressions du visage, la démarche, les chutes, les déplacements arbitraires, les gestes inattendus etc.

Exemple : Les coups de bâtons que donne Scapin à son maître enfermé dans un sac (Les Fourberies de Scapin de Molière, Acte III scène 2).

Comique de mots : Travail sur le choix des mots, la façon dont ils sont prononcés (accent, ton) et la situation dans laquelle ils interviennent.

Exemple : L’absurdité du langage dans La Cantatrice chauve de Ionesco – on lira en particulier la fin de la pièce.

Comique de répétition : Répétition de paroles ou de gestes qui entraînent le rire du spectateur.

Exemple : La répétition, sept fois, par Géronte, de la phrase « Que diable allait-il faire dans cette galère ? » (Les Fourberies de Scapin de Molière, Acte II, scène 7).

Comique de caractère : Comique lié au caractère du personnage et aux réactions qui en résultent.

Exemple : Le personnage d’Alceste qui déteste le genre humain dans Le Misanthrope de Molière.

Petites expressions pour briller :

Castigat ridendo mores : “Corrige les moeurs en riant”, maxime appliquée au théâtre classique. Les spectateurs en se moquant de l’attitude des personnages sur scène se rendent compte de leurs propres défauts.

Catharsis : Principe central de la tragédie antique. Les spectateurs purgent leurs passions, bouleversés par ce qu’ils voient sur la scène.

Deus ex machina : Autrefois on faisait apparaître de nulle part des représentations des dieux sur scène grâce à de la machinerie de théâtre. Un dénouement en deus ex machina est aujourd’hui un dénouement inespéré. C’est le cas par exemple de Tartuffe de Molière. Lorsque la situation semble désespérée, un conseiller arrive sur scène et dénoue l’intrigue grâce à un décret signé par la main du roi.

N’hésitez pas à bien apprendre cette fiche pour vous entraîner pour vos commentaires de texte ! Ces éléments vous seront très utiles.