Identifier un registre littéraire

Lorsqu’un auteur rédige un texte il cherche à susciter chez son lecteur des émotions particulières. Pour cela, il a recours à des registres. C’est un point très important puisqu’il vous permettra de savoir, en fonction du registre du texte que vous devez commenter, quelles sont les figures de style que vous devez commenter en priorité et pourquoi.

Attention : Dans chaque texte, il est possible d’identifier plusieurs registres. Par exemple, dans le chapitre 3 sur la guerre dans Candide de Voltaire, on retrouve à la fois le registre épique, le registre pathétique, un peu de registre comique et du registre merveilleux.

 

Le registre comique

Pourquoi ? Pour faire rire.

Comment ? Comique de mot, de répétition, de geste, de situation, de caractère ; jeux de mots ; quiproquos ; différents registres de la langue.

 

Le registre tragique

Pourquoi ? Pour effrayer et apitoyer sur le sort du personnage souvent en proie à la fatalité

Comment ? Champ lexical de la souffrance, de la mort et de la fatalité ; phrases exclamatives et interrogatives ; des interjections.

 

Le registre pathétique

Pourquoi ? Pour susciter de la compassion.

Comment ? Champ lexical de la souffrance et de la mort, de nombreux adjectifs souvent au superlatif qui mettent en avant la faiblesse du personnage (un vieillard, un enfant, un malade…), phrases exclamatives et interrogatives, interjections, des hyperboles et des énumérations (pour montrer à quel point la souffrance est démesurée), une situation insoluble (dilemme cornélien).

Un exemple ? Phèdre de Racine – des personnages en larmes, qui souffrent et parlent sans cesse de leur souffrance en alexandrins tragiques. 

 

Le registre épique

Pourquoi ? Pour susciter l’admiration

Comment ? Effet d’amplification (énumération, hyperboles (parfois même des chiffres), superlatifs, anaphore, des phrases longues et complexes, pluriel …), champ lexical de la guerre et des exploits héroïque emprunté à l’Antiquité et aux grandes épopées, style imagé (métaphore, comparaison, allitération, assonance), adverbes et utilisation du passé simple (pour valoriser l’enchaînement des actions).

Un exemple ? Les romans de Chrétien de Troyes. Pensez aux grandes batailles, aux milliers de soldats (faut bien qu’il y en ait des miliers pour que ce soit épique), des héros au courage et à la force incroyables – bref une scène littéraire digne du cinéma hollywoodien d’aujourd’hui. 

 

Le registre lyrique

Pourquoi ? Pour émouvoir

Comment ? Omniprésence de la première personne du singulier (exprimer la sensibilité du personnage), beaucoup de figures de style très imagées (comparaisons, métaphores, oxymores, énumérations…), phrases interrogatives, exclamatives et interjections, des adjectifs au comparatif et superlatif, champ lexical de l’amour, du « tempus fugit », de la nature, de la douleur, de la solitude, associé à la musique et à l’Antiquité (allusions directes à Apollon, à la lyre, aux muses).

Un exemple ? Les poèmes de Ronsard (Mignonne, allons voir si la rose) ou de Du Bellay (Les Regrets). Des héros, amoureux transis qui refléchissent au sens de leur vie et se rappellent ces beaux instants passés avec leur bien aimée. Eh oui, c’est triste. C’est beau. Et on aimerait bien que les hommes d’aujourd’hui gagnent un peu en lyrisme pour nous choyer en belles paroles. 

 

Le registre réaliste /naturaliste

Pourquoi ? Pour décrire la réalité

Comment ? Descriptions très précises (emploi de nombreux adjectifs, d’un vocabulaire parfois technique, temps dominant : l’imparfait), dialogues au discours direct.

Un exemple ? Zola, l’Assommoir. En fait, tous les romans de Zola. Des ouvriers face à la dure réalité de leur vie. Un roman réaliste est un roman engagé qui décrit le monde tel qu’il est, sans l’embellir pour mieux dénoncer. 

 

Le registre fantastique 

Pourquoi ? Pour faire peur (décalage entre la réalité et la perception subjective du personnage)

Comment ?  Présence de la première personne du singulier (pour mieux partager sa perception du monde et créer le décalage entre le réel et son angoisse), champ lexical du doute (attention au temps des verbes : emploi du subjonctif et du conditionnel), champ lexical du surnaturel, phrases interrogatives.

Un exemple ? Les Nouvelles fantastiques de Maupassant ou encore La Vénus d’Illle de Prosper Mérimée. Des romans terrifiants (ou pas) qui nous plongent dans un univers où tout est possible. 

 

Le registre merveilleux

Pourquoi ? Pour faire rêver

Comment ? Cadre spatio-temporel volontairement flou (utilisation de l’imparfait, pas de lieu précis), présence d’une morale, voire d’une réflexion philosophique, des phrases courtes, champ lexical de la magie et de l’imaginaire.

Un exemple ? Les contes de Charles Perrault ! Pensez à tous ces univers improbales qui commencent par “Il était une fois”. Des univers où tout est possible et on ne se retrouvera sûrement jamais. Mais rien n’empêche de rêver en lisant des histoires merveilleuses. 

 

Il est important de connaître ces notions pour pouvoir commenter efficacement un texte littéraire, tant à l’écrit qu’à l’oral ! Bon courage dans vos révisions. N’hésitez pas à jeter un coup d’oeil à d’autres fiches notionnelles.