Tu as trouvé rêvé d’être militaire ou de t’engager pour la sécurité et la défense de l’Etat ? Tu aimes la discipline, l’engagement et le dépassement de soi, tout en aspirant à une carrière ambitieuse ? Les grandes écoles militaires sont faites pour toi ! 

Le statut de militaire et les écoles militaires 

Pour comprendre les écoles militaires, il est important de savoir ce qu’est le statut de militaire. Aussi particulier qu’admiré, le statut de militaire, instauré par la loi du 13 juillet 1972, confère des droits et des devoirs spécifiques à ceux qui le possèdent. D’abord, les militaires sont des agents de l’État mais ne sont pas fonctionnaires. Ensuite, les militaires ne peuvent ni se syndiquer ni faire grève ni adhérer à des groupements politiques pour des raisons évidentes de stabilité de la société. Bien que les militaires assurent un service d’environ 8 heures par jour, les militaires doivent être disponibles 24 heures sur 24 pour intervenir à tout moment sur le territoire ou à l’étranger. Ils n’ont pas de congés, mais une permission de 45 jours par an. 

D’autre part, l’importance de la hiérarchie au sein des rangs militaires est bien connue du grand public. Celle-ci est établie en fonction du grade du militaire, duquel découle également son niveau de rémunération et ses avantages. Les militaires ont un devoir d’obéissance aux ordres de leurs supérieurs. On distingue ainsi les militaires de rang qui sont assimilés à des techniciens (équivalent catégorie C pour la fonction publique), les sous-officiers assimilés à des agents de maîtrise (catégorie B), puis les officiers équivalents des cadres et cadres supérieurs (catégories A, A+ et hauts fonctionnaires). 

Dans cet article, nous traiterons de six grandes écoles militaires, à savoir l’École de l’air, l’École navale, l’École Polytechnique, l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr, l’École de Santé des Armées et l’École des Officiers de la Gendarmerie Nationale. 

Tout comme le statut de militaire, les écoles militaires sont particulières. Elles sont pour la plupart placées sous la tutelle du ministère des Armées et sont gratuites (sauf l’École des Officiers de la Gendarmerie Nationale). Les étudiants de ces écoles ont donc le statut d’élève-officier. 

La solidarité, l’esprit d’équipe et le dévouement sont autant de valeurs que tu apprendras en école militaire. Les liens que tu tisseras avec tes camarades seront aussi forts que l’expérience que tu vivras ! 

Les formations en école militaire 

Si les formations en école militaire sont à la fois humaines, militaires et sportives, celles-ci varient considérablement en fonction des établissements. En effet, il est évident que les enseignements sont très différents entre l’École de l’air, l’École navale, l’École Polytechnique, l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr, l’École de Santé des Armées et l’École des Officiers de la Gendarmerie Nationale. On constate néanmoins des similarités dans les formations, comme  le fait que l’École de l’air et l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr disposent toutes les deux d’une formation ingénieur et d’une formation en sciences politiques. 

La durée des formations n’est pas égale puisque, par exemple, l’École des Officiers de la Gendarmerie Nationale dure deux ans, tandis que le cursus de l’École de Santé des Armées s’étale sur six ans. 

Un dénominateur commun est toutefois l’aspect militaire de la formation, même si celui-ci se décline différemment selon les écoles. De plus, l’entraînement physique occupe souvent une place centrale des formations militaires et compte parmi les critères de recrutement des grandes école militaires, étant donné l’importance de la condition physique dans la préparation opérationnelle des militaires. 

Intégrer une école militaire 

Avant d’aborder les moyens d’intégrer une école militaire, précisons d’abord les conditions d’accès, qui peuvent s’avérer assez restrictives. Pour la plupart des écoles militaires, il faut impérativement être de nationalité française, avoir moins de 22 ans le premier janvier de l’année du concours et avoir accompli la journée défense et citoyenneté (JDC). 

Certaines écoles militaires comme l’École de Santé des Armées ou l’École des Officiers de la Gendarmerie Nationale recrutent majoritairement dès l’obtention de baccalauréat, tandis que d’autres comme Polytechnique ou Saint-Cyr n’ouvrent leurs portes quasiment qu’à des élèves de classes préparatoires (ils sont ainsi 125 sur 150 par promotions à Saint-Cyr). Nous préciserons donc pour chaque école les différentes voies d’intégration. 

Les six grandes écoles militaires 

École de l’air. L’École de l’air a été fondée en 1935, deux ans après la création de l’Armée de l’air, pour alimenter ses rangs. Son rôle est de former les futurs officiers de ce corps de l’armée, avec des enseignements à la fois militaires et académiques. 

L’école propose deux cursus principaux pour les futurs officiers. D’une part, le master ingénieur de l’École de l’air d’une durée de trois ans, qui est accessible après une classe préparatoire PM, PC, PSI ou aux élèves disposant d’une licence 3 en sciences de l’ingénieur. D’autre part, l’école propose un cursus en sciences politiques en partenariat avec Sciences Po Aix, accessible aux détenteurs d’une licence 3 en sciences politiques. Il forme les élèves de l’École de l’air à l’analyse des crises politico-militaires et permet l’obtention d’un master en géostratégie, défense et sécurité internationale.  

L’École de l’air se trouve sur la base aérienne 701, à Salon-de-Provence. 

École navaleCrée en 1827, l’École navale était jusqu’à 1914 embarquée sur l’Orion, un vaisseau-école. À l’origine, l’école avait pour mission de former les capitaines des vaisseaux du roi. Aujourd’hui, l’école est implantée à Lanvéoc-Poulmic, non loin de Brest, et a pour objectif de former les membres de la Marine nationale. Ces derniers pourront assumer des responsabilités et des fonctions de management, d’encadrement et de commandement au sein de la Marine nationale. 

La formation la plus réputée est celle d’officier et se décline en trois cursus. Un cursus ingénieur nommé “officier de marine de carrière”, accessible après une classe préparatoire MP, PC, PSI et via les concours CentraleSupélec, un cursus “officier sous contrat” et un cursus “officiers recrutés sur concours interne”. 

Bien que l’école ne soit plus embarquée, ces parcours se terminent toutefois par la mission Jeanne d’Arc, qui consiste en une mise en pratique, en mer, des connaissances acquises.  

École Polytechnique. En 1794, au lendemain de la révolution française, l’école est créée sous le nom d’École centrale des travaux publics, afin de répondre à la pénurie d’ingénieurs et de cadres supérieurs en France. De nos jours, l’École Polytechnique est une école d’ingénieurs militaire réputée.

Au début de la première année, tous les étudiants réalisent une formation initiale de trois semaines dans un camp militaire, les préparant à la formation humaine et militaire d’une durée de six mois dans les armées ou dans un organisme civil, qu’ils doivent effectuer au cours de la première année. Ensuite, les enseignements des deux premières années sont généralistes. Les étudiants choisissent ainsi six disciplines fondamentales parmi les huit proposées par l’école. La troisième année est une année d’approfondissement tandis la quatrième année est une année de spécialisation. Cette dernière année peut être un master en France ou à l’étranger ou être effectuée dans un corps de l’État (Armée de terre, Armée de l’air, Marine nationale, Gendarmerie etc) ou dans une école d’ingénieurs partenaire (Agro ParisTech, HEC Paris, SciencePo, ISAE-SUPAERO etc). La formation que propose l’école est donc in fine aussi spécialisée que dans les autres écoles d’ingénieurs. 

Polytechnique accueille des étudiants issus de classes préparatoires scientifiques MP, PC et PCI, BCPST, PT, TSI (les filières étant citées selon le nombre de places offertes au concours 2020). Trente places des 425 places disponibles au total sont réservées aux candidats issus de l’université. 

L’École Polytechnique dispose de nombreuses infrastructures sportives et éducatives au sein de son campus sur le plateau de Saclay. 

ESA Lyon-Bron. L’École de Santé des Armées est une école médico-militaire ayant pour mission fondamentale de former les médecins et les pharmaciens qui travailleront ensuite au sein d’un des corps de l’armée française. 

La formation, dispensée avec l’Université Claude Bernard (Lyon 1), dure six ans. Les étudiants de l’ESA Lyon-Bron sont soumis aux mêmes examens et stages hospitaliers que leurs camarades civils de l’Université Claude Bernard, mais suivent en parallèle des enseignements militaires spécifiques. Les étudiants, au statut d’élève-officier, obtiennent un Mastère Spécialisé de l’ESA Lyon-Bron ainsi que le master en santé délivré par la faculté de Lyon 1. 

Environ 105 étudiants sont recrutés chaque année sur concours directement après le bac. Ils sont formés et hébergés par l’école sur le campus de Bron. 

ESM Saint-Cyr. L’école spéciale militaire de Saint-Cyr créée en 1802 par le Premier Consul Bonaparte appartient aux écoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan. À sa fondation, elle avait pour ambition de former des cadres compétents pour servir l’État. 

Désormais, elle forme des officiers destinés à encadrer les unités opérationnelles de l’Armée de terre. Elle dispense une formation à la fois humaine, militaire et académique de niveau Master, en sciences sociales et politiques ou en sciences de l’ingénieur. À l’issue de la scolarité, les Saint-Cyriens choisissent une fonction opérationnelle (infanterie, arme blindée et cavalerie, transmission, artillerie, matériel, etc.), pour laquelle ils se formeront pendant un an, avant de rejoindre leur régiment. 

La principale voie d’accès à l’école est la classe préparatoire (filière scientifique, économique ou littéraire). Les admissions parallèles concernent 10% des promotions. Quelques élèves rejoignent aussi l’ESM Saint-Cyr directement après le bac sur dossier. 

Les écoles de Saint-Cyr Coëtquidan sont implantées au camp de Coëtquidan, à Guer. 

EOGNL’École des Officiers de la Gendarmerie Nationale forme depuis 1918 les élèves-officiers qui travailleront au sein de la Gendarmerie nationale. L’école assure aussi la formation complémentaire et continue des officiers de la Gendarmerie pour les accompagner dans l’exercice de leurs fonctions de commandement et les préparer à l’exercice de postes à responsabilité au sein de la Gendarmerie nationale. 

Grâce à la formation d’officier de gendarmerie (OG), les élèves-officiers acquièrent une compréhension globale des enjeux humains, sociaux et professionnels ainsi que les connaissances juridiques, techniques et administratives nécessaires à l’exercice de leur fonction. Ils sont également préparés aux situations de crise ou de conflits armés et sensibilisés sur le respect de la loi et des règles déontologiques. Le premier semestre de cette formation de deux ans est tourné vers l’apprentissage du leardership, le deuxième est dédié à l’immersion en unités opérationnelles, le troisième est consacré à un cursus académique diplômant ou au renforcement de la formation professionnelle, tandis que le dernier semestre est celui de la spécialisation. Les spécialisations possibles sont la sécurité publique, la police judiciaire, la sécurité routière ou le maintien de l’ordre.

Pour intégrer l’EOGN, il faut réussir le concours « officiers de Gendarmerie » (OG), ouvert aux détenteurs d’un master 2 (que ce soit en université ou en école) et âgés de moins de 27 ans. Autrement, les officiers issus des grandes écoles militaires peuvent aussi passer le concours à la fin de leurs études. Les personnes étant déjà engagées dans l’armée sont aussi susceptibles de passer le concours d’officiers de Gendarmerie. 

L’École des Officiers de la Gendarmerie Nationale est implantée depuis 1945 à Melun. 

Les débouchés après une école militaire

Si certaines écoles militaires sont pluridisciplinaires, d’autres sont plus spécialisées. Les éventails d’opportunités de carrières sont donc plus ou moins larges selon les écoles. 

L’École de l’air. Les métiers exercés par les diplômés au sein de l’Armée de l’air sont très variés, allant du pilote de chasse, à l’officier logisticien, en passant par l’officier ressources humaines, l’officier informaticien, le pilote de drone ou encore l’officier du transit aérien. 

L’École navale. Les officiers de la Marine de carrière ont vocation à assurer des fonctions d’encadrement et de commandement au sein des unités opérationnelles (navires de combat, sous-marins, flottilles de l’aéronautique navale, commandos marines). 

L’École Polytechnique. Les débouchés sont d’autant plus nombreux que le nombre de spécialisations proposées est important. Les élèves ingénieurs peuvent opérer dans le secteur public ou privé, que ce soit le génie chimique, civil, industriel, environnemental ou électrique, les mathématiques, l’Informatique, l’économie ou encore l’administration publique et les relations internationales, toutes les carrières semblent possibles après l’X. Un tiers des étudiants du cycle ingénieur polytechnicien poursuit ses études en doctorat. 

ESA Lyon Bron. Les diplômés signent un contrat d’engagement avec le service santé des armées pour une durée de 21 ans minimum. 

ESM Saint-Cyr. Lors de la troisième année, les Saint-Cyriens obtiennent le statut de sous-lieutenant. Ils signent alors un contrat de six ans avec l’armée qui les engage à rembourser leurs études s’ils quittent l’armée avant la fin du contrat. 

EOGN. La formation d’officier de gendarmerie permet aux étudiants d’exercer divers postes à responsabilité au sein de la gendarmerie nationale.

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