Les frontières dans le monde d’aujourd’hui – Bac HGGSP

Pour vous aider à réviser votre bac de la spécialité histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques, voici un article qui résume tout ce qu’il faut savoir sur les frontières dans le monde d’aujourd’hui. C’est un chapitre introductif du thème “Étudier les divisions politiques du monde : les frontières” !

Les frontières sont des zones de contact en deux États souverains. On compte aujourd’hui 197 États dans le monde et chacun a au moins un pays frontalier. Les frontières ont des tailles et des rôles variables. Certaines sont à peine plus grandes qu’un terrain de football (ex : la frontière Botswana-Zambie qui fait 150 mètres) ou bien longues de plusieurs milliers de kilomètres (ex : la frontière États-Unis-Canada de 8 891 km). À leurs origines les frontières avaient un rôle militaire et défensif vis-à-vis des invasions (mur de Chine, mur d’Hadrien entre l’Angleterre et l’Écosse). Si cette fonction première est toujours d’actualité, nous verrons ici que leurs rôles ont évolué. Elles ne sont plus seulement physiques. 

 

Ce qu’il faut savoir sur les frontières dans le monde d’aujourd’hui

Des frontières de plus en plus nombreuses

En 1900, on compte une trentaine de pays. À la sortie de la Seconde Guerre mondiale on en comptait une soixantaine. Cependant, ce chiffre n’a fait qu’augmenter jusqu’à la fin du XXème siècle. En l’espace d’un demi-siècle, le nombre d’États est multiplié par trois. On passe alors d’une soixantaine de pays en 1945 à 184 États en 1994. Cette augmentation fulgurante du nombre de pays à plusieurs explications.

D’une part, il y a les conséquences de la Seconde Guerre mondiale. Elles ont engendré une vague de décolonisation de 1945 à 1955, puis une seconde de 1955 à la fin du XXème siècle. Cette grande période a permis l’indépendance d’une cinquantaine de pays africains et une douzaine de pays d’Amérique. À cela s’ajoute la chute de l’URSS. Son démantèlement a donné naissance à 15 républiques entre 1990 et 1991. 

D’autre part, le retour d’un sentiment nationaliste dans les années 90 permet l’indépendance d’un certain nombre de pays. C’est le cas dans les Balkans où rien qu’en 1991 la Slovénie, la Bosnie et la Croatie déclarent leur indépendance. 

Cette seconde moitié du XXème siècle a vu les frontières interétatiques se densifier très fortement avec l’apparition de nouveaux États et de nouvelles tensions entre pays voisins. Mais pendant que de nombreuses frontières apparaissent et se renforcent, d’autres tendent à disparaître. Par exemple l’apparition de l’espace Schengen fait disparaître les frontières entre les États membres afin de favoriser les échanges. 

De nouveaux types de frontières font également leur apparition. Il y a l’apparition des Zones Économiques Exclusives (ZEE). Dans ces zones l’État côtier a des droits souverains quant à l’exploitation des ressources présentes dans sa zone maritime. Par ailleurs, depuis la convention de Chicago en 1944, il est reconnu par 192 États une projection verticale des frontières terrestres. Il existe donc des frontières dans l’espace aérien qui épousent les tracés au sol. 

 

Des frontières plus ou moins marquées

La mondialisation a très fortement intensifié les échanges entre les pays. Aujourd’hui les frontières jouent plus que jamais leur rôle de filtre de ces flux. Ces derniers sont répartis en trois types : matériels, immatériels et humains. Le franchissement de certaines frontières est facilité pour les flux matériels et immatériels. Il devient plus difficile pour les flux de personnes. 

L’exemple de la frontière entre les États-Unis et le Canada est représentatif de la facilité de circulation des biens et du contrôle renforcé des flux de personnes. Ce renforcement des contrôles est mis en place dans le cadre de la lutte anti-terroriste que mène les États-Unis via le programme “smart border”

On remarque également une matérialisation renforcée des frontières afin de mieux réguler les flux entre pays voisins. On peut prendre l’exemple du mur entre les États-Unis et le Mexique ou encore celui entre Israël et Palestine. Ces dispositifs sont construits afin de filtrer tous les flux potentiels entre ces pays. 

Cependant certaines matérialisation de frontières ont pour rôle de symboliser le rapprochement de deux États ou la fin de tensions politiques comme c’est le cas avec le pont de 55 kilomètres, inauguré en 2018, reliant Hong-Kong et Macao. 

 

Frontières et ouvertures : affirmation d’espaces transfrontaliers 

Lorsque deux États voisins ont des relations stables et apaisées, leurs frontières peuvent devenir une zone d’échanges. 

Ces échanges peuvent être dûs à des différences de prix ou d’opportunités entre les deux pays, ainsi celles-ci sont exploitées par les habitants et entreprises se trouvant à proximité. Dans ce cadre, des relations stables et durables s’installent, on parle alors de flux transfrontaliers car ceux-ci s’effectuent sur de courtes distances à la différence des échanges transnationaux. 

Dans cette situation, la frontière dépasse son rôle premier de délimitation, elle devient le centre d’un espace transfrontalier et les liens l’emportent sur la séparation des États. Ces liens peuvent être facilités par des politiques communes comme c’est le cas avec l’espace Schengen. Grâce à celui-ci on peut voir des intégrations fonctionnelles entre des espaces nationaux au sein de l’Europe comme par exemple entre la France et la Suisse ou entre l’Allemagne et la Pologne. 

 

Conclusion

Nous l’avons vu les frontières sont des zones en changement perpétuels. Elles doivent suivre l’évolution technologique, politique et économique des pays concernés. Lorsque certains pays tendent à effacer leurs frontières, d’autres ne font que les renforcer en érigeant, entre autre, des murs. A titre d’exemple on compte une soixantaine de murs frontaliers dans le monde pour une longueur totale égale à la circonférence de la Terre (40 000 km). 

 

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