L’information à l’heure d’Internet – bac HGGSP

Voici une fiche qui résume tout ce qu’il faut savoir sur l’information à l’heure d’internet pour le spécialité Histoire Géographie et Sciences Politiques au bac.

L’arrivée d’Internet a introduit de nombreux changements dans notre façon de consommer et produire de l’information. Cependant, il ne s’agit pas d’une révolution complète. Internet a permis de créer de nouvelles opportunités démocratiques (participer à des débats, publier du contenu, partager, etc.), mais c’est sans compter le grand risque de manipulation et désinformation. Comment l’information a-t-elle évolué à l’heure d’Internet ?

 

Vers une information fragmentée et horizontale

Internet redéfinit un nouveau schéma plus direct pour l’information

L’information horizontale est produite par des pairs et non plus des professionnels. Avant Internet, le chemin de l’information était plutôt vertical, avec les agences de presse vendant l’information au médias qui transmettent l’information en dessous, à l’opinion publique. Pourtant Internet peut également reproduire le schéma traditionnel. En effet, tous les grands journaux d’information et d’opinion disposent maintenant d’une version en ligne. Cependant, ils ne sont pas forcément privilégiés par les internautes à cause du contenu parfois payant, d’où le fait que l’information puissent passer par les pairs à travers les réseaux sociaux. 

Pour rappel, aujourd’hui, Internet est le second média préféré des Français (après la télévision). La raison de cette préférence est qu’Internet offre une grande diversité de sources et la possibilité d’interagir avec l’information en la commentant et la diffusant. Internet propose donc un nouveau schéma de diffusion car le citoyen peut lui-même produire du contenu et devenir informateur, parfois relayé et repris par les médias traditionnels. Cela montre qu’aujourd’hui l’information est plus directe : on publie instantanément. De plus, cette information est disponible en continu.

Une des difficultés que ces caractéristiques posent est qu’Internet a créé une abondance de contenu, composé de photos, de vidéos, de reportages. Tout cela peut induire à un manque de recul et d’attention aux sources vraiment fiables. C’est pourquoi 3 Français sur 4 se méfient des informations diffusées sur les réseaux sociaux. Ces problèmes ont aussi mené au terme de gatekeepers. Il s’agit des intermédiaires qui gèrent l’accès à l’information au public. Ce sont les médias qui choisissent l’information fiable. Ce rôle important est notamment joué par les journalistes et les professionnels des médias. 

 

Une information sélective

L’essor d’Internet a mené à la mise en place d’algorithmes, notamment sur les réseaux sociaux, intensifiant la concurrence avec les médias traditionnels. Ces calculs concernent directement les individus, en fonction des recherches, des likes ou des publications. Les algorithmes permettent alors d’analyser les centres d’intérêts et de diffuser des contenus plus susceptibles de plaire. La sélection est directe, cependant le contenu qui est reproduit à l’identique se trouve peu original. En effet, il n’est centré que sur les centres d’intérêt. L’individu est alors enfermé dans une “bulle informationnelle”. Ce phénomène est également appelé “bulle de filtres”. Il est également renforcé par ses fins marketing car les publicitaires tire profit de ce ciblage. Cet enfermement empêche d’avoir accès à un nouveau contenu. Ces systèmes renforcent alors l’exposition sélective : en tant qu’individu on ne s’impose qu’aux points de vue conforment aux nôtres. Internet participe alors à l’homogénéisation des informations en fonction des modes de pensée, ou d’appartenance sociale et géographique. 

Cependant ce phénomène existait avant l’heure du numérique. La diversité de la presse d’opinion offre un choix et une position généralement politique. Internet ne fait qu’accroître une tendance qui existe déjà. 

 

 

Les lanceurs d’alerte

 

Lanceurs d’alerte, figure d’une information libre sur Internet

Un lanceur d’alerte est une personne révélant des informations qui mettent en lumière des scandales d’État et des comportements dangereux. Son but est de de faire connaître des informations confidentielles qui menacent l’intérêt général. Le moyen le plus rapide pour divulguer ces informations est Internet. Cependant, ce phénomène de lanceurs d’alerte n’est pas nouveau. Le premier lanceur d’alerte est Daniel Ellsberg qui révéla les “Pentagon Papers” en 1971 via le New York Times. Ces révélations ont mis en lumière les actions des États-Unis pendant la guerre du Vietnam qui été cachées au grand public. Il a fallu plusieurs jours au lanceur d’alerte pour imprimer plus de 7 000 documents avant de la transférer aux journalistes. Les fuites d’informations étaient aussi courantes et utilisées comme stratégie de déstabilisation de l’adversaire pendant la Guerre Froide. Cependant, les moyens n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui. Comme Daniel Ellsberg, cela se faisait au moyen de photocopies de documents classés secrets. 

 

Une figure controversée

Aujourd’hui, les moyens numériques moderne permettent de rendre l’action plus rapide. Il est également plus facile de collecter et stocker des données sur des serveurs parfois vulnérables contre le piratage. Cependant, la question des lanceurs d’alerte est complexe et certaines autorités politiques souhaitent avoir le contrôle sur leurs actions et n’hésitent pas à les condamner. Avant que les charges contre lui ne soient abandonnées, Daniel Ellsberg a été condamné à 115 ans de prison. Pour certains, les lanceurs d’alerte sont considérés comme des héros à protéger. En revanche, pour d’autres, ce sont des personnes dangereuses qui fragilisent politiquement et économiquement les États. De plus, grâce à Internet, les lanceurs d’alerte bénéficient maintenant de “l’effet Streisand”, un phénomène médiatique par lequel la tentative d’interdiction de divulgation d’une information ne fait qu’attiser la curiosité et contribue à une large diffusion.

 

D’autres lanceurs d’alerte et leur impact géopolitique 

Les plus célèbres lanceurs d’alerte ont fondé leur image sur la nécessité d’une société plus transparente et la démocratisation des informations. C’est dans cette optique de compenser l’asymétrie d’information que le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, a créé en 2006 un espace de diffusion d’informations et de leurs sources, tout en protégeant l’identité des contributeurs. Cependant, depuis 2012, le fondateur fait l’objet de poursuites aux États-Unis car le contenu du site est relayé par les grands médias traditionnels depuis le début des années 2010. Il s’est alors réfugié à l’ambassade de l’Équateur à Londres, donnant un aspect mondial et géopolitique à l’affaire. En effet, l’Équateur qui est un pays hostile à la domination des États-Unis est membre de l’organisation internationale d’Amérique Latine (ALBA). Le pays a levé sa protection en 2019 et Julian Assange a été arrêté par la police britannique. 

Un autre exemple de lanceur d’alerte à portée mondial est le cas d’Edward Snowden, ancien employé de la National Security Agency (NSA). En 2013, il a dévoilé une série de documents attestant du contrôle de l’agence sur les citoyen du monde entier via les données collectées par les géants du web (Google, Facebook…), et des écoutes téléphoniques. Il est réfugié en Russie et accusé d’espionnage par l’État Américain. 

L’affaire des Panama Papers est également un exemple de lanceur d’alerte à portée mondial. L’individu en question n’est connu que par un pseudonyme, John Doe, et révèle que plusieurs chefs d’États et membres de nombreux gouvernements auraient participé à des sociétés offshore basées au Panama. L’affaire a mené à l’ouverture de nombreuses enquêtes dans différents pays. 

 

N’hésitez pas à consulter d’autres fiches de l’option pour poursuivre vos révisions. Bon courage !