Le Printemps des peuples – les révolutions de 1848

Voici un article qui résume tout ce qu’il faut savoir sur le Printemps des peuples, une période de l’Histoire marquée par de nombreuses révolutions en Europe à partir de 1948. Pour en savoir d’avantage sur l’origine du Printemps des peuples, c’est par ici.

Les grandes dates à connaître sur le Printemps des peuples

  • 12 janvier 1848 : soulèvement du peuple en Sicile contre le roi
  • Février 1848  : soulèvement de Turin et de Florence
  • 22 – 24 février 1848 : Louis Philippe et son ministre refusent le suffrage et sont renversés par le peuple au profit d’une république. On appelle cette période la révolution des trois jours.
  • 2 mars 1949 : arrivée au pouvoir de Lamartine, Paris devient un exemple pour les pays qui veulent se soulever. Metternich, le chancelier autrichien dira même : “Quand Paris éternue, l’Europe s’enrhume”. Partout, les peuples se soulèvent contre le pouvoir établi.
  • 13 mars 1848 : Metternich démissionne et fuit l’Autriche. Prague et Budapest se soulèvent à la suite de Vienne. Les Hongrois et les Tchèques réclament leur autonomie et l’élection d’un nouveau Parlement.
  • mars 1848 : des journées de combat se poursuivent en Italie, l’indépendance de la Lombardie est finalement proclamée, la région est rattachée à la Sardaigne
  • En mars ces mouvements de révolution se poursuivent partout : à Berlin, à Venise (les Autrichiens sont chassés et la république est proclamée), à Rome (Pie IX s’enfuit et la république est proclamée), au Royaume-Uni, en Belgique, en Espagne, au Norvège… Seule la Russie reste à l’écart du mouvement. Mêmes les empires coloniaux se soulèvent. Suite aux décrets des des 4 mars et 27 avril, l’esclavage est aboli dans les colonies françaises. Les habitants de Cuba et Porto-Rico se soulèvent alors pour revendiquer leurs droits.
  • Juin 1848 : premier congrès panslave pour l’émancipation de tous les slaves de l’Empire; les principautés danubiennes et la Transylvanie se soulèvent à leur tour, la Pologne veut s’émanciper de la Russie, de l’Autriche et de la Prusse

 

Le Printemps des Peuple : un soulèvement européen avec des spécificités régionales

Les manifestations se multiplient ainsi partout. Chaque nation se bat pour l’indépendant nationale et pour des idées plus libérales.

 

Le Printemps des peuples en Allemagne

On peut noter cependant certaines particularités régionales. En France, les révolutions du Printemps des peuples ont lieu à Paris. En Allemagne, on parle non pas d’une révolution allemande mais des révolutions allemandes parce qu’elles sont très centralisées. On y ressent encore le poids des particularismes locaux.

 

L’élection du Vorpalement

La chute de Metternich le 13 mars a un impact colossal sur toute l’Europe. Le roi de Prusse par exemple multiplie des gestes pour se faire accepter par le peuple – il traverse Berlin à cheval le 21 mars, vêtu des couleurs du drapeau allemand en tentant à tout prix de se réconcilier avec les masses berlinoises. « J’ai revêtu aujourd’hui les antiques couleurs de l’Allemagne et me suis placé, ainsi que mon peuple, sous le vénérable étendard de l’Empire allemand. À compter de ce jour, la Prusse se fond dans l’Allemagne. ».

Il finit même par accepter de mettre en place un parlement, élu au suffrage. Les 600 élus du Vorpalement sont pour la plupart des représentants libéraux, issus de professions libérales et juridiques. Une nouvelle classe politique se forme plus libérale, mais encore divisée. Ce parlement décide d’annexer la Posnanie prussienne, qui font désormais partie de l’Allemagne, ainsi que le Tyrol du Sud, pourtant peuplé d’Italiens.

L’Alsace, la Hollande et la Suisse sont considérés comme des bastions avancés de l’Allemagne. Il faudra attendre le 4 mars 1949, Schwarzenberg pour qu’une constitution unique soit octroyée pour tous les États autrichiens, germaniques et non germaniques.

 

Les Printemps des peuples en Italie

Le rôle de Charles-Albert

Le 18 mars 1848, Milan se couvre de barricades, c’est le début des « 5 journées de Milan ». Venise, soulevée le 17 mars 1848 forme un gouvernement provisoire, proclame la république.  C’est le moment que choisit Charles-Albert pour agir. Le 23 mars, il fait une proclamation aux Lombards et Vénitiens. Il affirme qu’il va courir à l’aide des Italiens. « L’Italie agira par elle-même » (L’Italia fara da se). Il veut être à la tête d’un mouvement national. Si le Piémont agit, c’est l’Italie qui agit. C’est une façon de récupérer le mouvement en cours de route. 

Le pape Pie IX, essaye de son côté d’envoyer des troupes. La Toscane réunit ainsi 7000 volontaires. Mais face à la menace de rupture avec les catholiques d’Autriche, le pape se retire. Il ne peut pas être à la fois pontife de l’Eglise universelle et le souverain italien. Le 29 avril 1848, il se retire au profit de la solution piémontaise. Ce choix marque durement la population italienne. Sa popularité baisse de jour en jour.

Vienne est plus en difficulté que jamais. C’est le moment d’agir. Même le Royaume Uni semble favorable à un royaume piémontais. Cependant, Charles Albert refuse la médiation anglaise et rate une belle opportunité pour les italiens.

 

L’échec du Printemps des peuples en Italie

Fin mai 1848, les Autrichiens reviennent en force sous les ordres de Radetzky qui reprend l’offensive. Les Sardes n’ont pas encore eu le temps d’organiser les terres conquises, des annexions précipitées sont proclamées par Charles Albert. Ces assimilations forcées rendent de moins en moins crédible le projet désintéréssé de Charles Albert. Le 5 août toutes les proclamations d’annexion sont annulées, et dépourvu de toute crédibilité, Charles Albert abdique en faveur de son fils, Victor Emmanuel.

A Rome, un gouvernement provisoire est proclamé. Le pape est déchu et la République romaine proclamée le 9 février 1949. Le 9 mai, un triumvirat composé de Mazzini, Armellini et Saffi tente encore une fois de lutter contre l’Autriche et la France, mais c’est un échec. Le 4 juillet, les français entrent dans la ville et rendent ses Etats au pape. C’est le début du grand questionnement sur la place de Rome dans l’Italie. Peut-on faire l’Italie sans les Etats pontificaux ou sans lui donner pour capitale Rome ? Le pape Pie IX à son retour corse son pouvoir et devient plus conservateur que jamais.

Mazzini repart en exil, Garibaldi tente de regagner Venise. En août 1949, les Autrichiens occupent tous les duchés d’Italie.

 

Le Printemps des peuples à Prague

Prague fait partie des villes peu dynamiques sur le plan politique. C’est une ville qui a suivi le mouvement révolutionnaire de ses voisins européens. C’est l’annonce de la révolution parisienne et des mouvements à Vienne qui entraîne Prague dans le mouvement révolutionnaire.

Le 11 mars 1848, un grand meeting populaire a lieu place St-Wenceslas. On y écrit une pétition adressée à l’empereur Ferdinand. Pour la première fois, un programme politique tchèque est explicitement formulé. Cette pétition demande une autonomie dans le cadre de la monarchie habsbourgeoise, l’égalité de statut des langues allemande et tchèque, la liberté de presse, de réunion, d’expression, de religion, etc. L’entourage de l’empereur promet d’appliquer les mesures, mais uniquement pour gagner du temps. 

Ferdinand promet ainsi une constitution fédéraliste. Or, cette question tchèque entremêle des questions culturelles et politiques, elle ne peut pas se traiter indifféremment de ce qu’il se passe en Allemagne. Les Allemands menacent en effet d’intégrer la Bohème sous sa domination. Les tchèques ne veulent pas. Par souci de symbolisme, on renomme même la place centrale, la place St Wenceslas, en l’honneur des héros tchèques. Vienne finit cependant par envoyer le général zu Windischgrätz, qui vient à bout de la révolte. Il fait assiéger et bombarder Prague. Les meneurs sont poursuivis.

Le Printemps des peuples en Hongrie

La révolution de la Honvéd

Les événements parisiens incitent Kossuth à appeler un gouvernement hongrois. La crise ouverte ne se déclenche qu’à l’été 1848. Kossuth décide de lever une armée, la Honvéd. Début septembre 1848, l’armée autrichienne pénètre en Hongrie pour remettre au pouvoir un gouvernement capable de renverser ce courant révolutionnaire. L’armée autrichienne connaît d’abord de grands succès contre les rebelles. Buda tombe début décembre 1848.

Le gouvernement hongrois doit de replier à Debrecen (200km à l’est de Buda). Mais en fait, ce repli à Debrecen est très bénéfique. Il permet d’organiser la Honvéd, organisée par un général hongrois de l’armée autrichienne, Görgey, avec l’aide du général polonais Bem. Cette armée a la sympathie des populations locales et l’idée national a de plus en plus d’écho dans les masses.

Les Hongrois repassent à l’offensive. Mi-avril 1849, le territoire hongrois est évacué par les troupes autrichiennes. Kossuth passe à l’étape supplémentaire : le 14 avril 1849, il proclame l’indépendance de la Hongrie et la déchéance de la dynastie Habsbourg.

 

De l’aide des russes pour l’échec des hongrois

François-Joseph n’a pas d’autre choix que de revenir au système qui avait garanti l’ordre, le système de la Ste Alliance. Il demande de l’aide à Nicolas Ier de Russie, champion du conservatisme et qui s’est proclamé gendarme de l’Europe. Pour Nicolas Ier, la défense des trônes reste un principe avec lequel il faut compter.

L’alliance Prusse, Autriche, Russie a été réaffirmée à la convention de Münschengrätz, en 1833. En 1849, Nicolas Ier intervient pour défendre les autres trônes, mais aussi pour défendre ses frontières. En juin 49, il envoie les troupes du général Paskievitch. La Russie engage 150 000 hommes, qui portent les effectifs austro-russes à 280 000 hommes et 12 00 canons, alors que les Hongrois ne sont que 100 000, avec 450 canons. Les Hongrois finissent par se rendre le 13 août 1849 face au général russe Rüdiger, à Világos. La honte est d’autant plus forte pour les hongrois puisque c’est le commandement russe qui reçoit la reddition, et non les Autrichiens.

 

L’échec du Printemps des peuples en Hongrie

Nicolas Ier n’est pas mécontent que les choses se passent si vite. Car il se rend compte que certains Russes commencent à se rallier à la cause des Hongrois, car leur cause qui leur paraît légitime. Nicolas Ier ordonne de faire fermer les librairies et imprimeries, de peur que des écrits contaminent ses hommes. Il montre une vraie peur d’une diffusion des idées nationales, qui va jusqu’à la psychose. Plus tard, Nicolas Ier regrettera d’avoir soutenu François Joseph, parce que ce dernier ne lui en sera jamais reconnaissant, notamment durant la guerre de Crimée. l’Autriche garde sa neutralité et ne soutient pas l’armée russe. Nicolas Ier en viendra à dire : « Le plus bête des souverains russes, c’est moi, parce que j’ai aidé les Autrichiens ».

En Hongrie, plus de 100 meneurs sont exécutés dans les semaines suivantes. 2000 autres sont condamnés à des peines diverses. Cela mènera à des conflits durables entre Vienne et la Hongrie. Mais cette solution du conservatisme reste viable, parce que certains Hongrois sont encore prêts à négocier avec Vienne, pour éviter qu’elle n’aille trop loin dans la répression.

 

Nous espérons que ce résumé  facilitera tes révisions ! Pour aller plus loin, tu peux également découvrir la suite de cet article consacré à l’échec du Printemps des peuples et ses conséquences.