L’industrialisation en France (1848-1871) – Bac d’Histoire

Voici une fiche qui résume tout ce qu’il faut savoir sur l’accélération des transformations économiques et sociales et l’industrialisation en France de 1848 à 1871. 

 

Introduction et mise en perspective historique sur l’industrialisation en France

« Avec Louis-Napoléon Bonaparte, la France bascule dans la modernité » indique l’historien JC Yon. Au cours du XIXᵉ siècle a lieu en Europe la Révolution industrielle. Elle s’accélère en France à partir de 1848 et se caractérise par une industrialisation massive, c’est-à dire un développement de l’industrie.

Bien que les premières usines en France apparaissent dans la première moitié du XIXᵉ siècle, elles deviennent le moteur économique du pays à partir de 1848. Ce bouleversement économique a des répercussions dans l’ensemble de la société : on constate en effet une urbanisation massive due à un exode rural, l’affirmation d’une nouvelle élite, industrielle et financière, et l’émergence d’une nouvelle classe sociale : la classe ouvrière. Sur la période de 1848 à 1870, Louis-Napoléon Bonaparte est au pouvoir, d’abord en tant que président de la IIe République de 1848 à 1852, puis Empereur du IIe Empire de 1852 à 1870. Sur le plan économique et social, il est « saint simonien » : inspiré par l’idée que la science et l’industrie peuvent faire le bonheur d’une société à condition de favoriser la circulation des richesses. Quelles transformations économiques et sociales ont été induites par l’industrialisation sous ces deux régimes dominés par LNB ?

 

Les éléments clefs sur l’industrialisation en France

Dates clefs sur l’industrialisation en France

  • 1769 : James Watt invente la machine à vapeur, machine qui va faire fonctionner toutes les usines de la révolution industrielle
  • 1856 : Henry Bessemer invente un procédé permettant de fabriquer de l’acier
  • 1860 : signature du traité Cobden-Chevalier, un traité de libre-échange entre la France et l’Angleterre. Cela permet un accroissement des échanges commerciaux entre ces deux pays.
  • 1864 : Les ouvriers obtiennent le droit de grève.

 

Les personnages clefs de l’industrialisation en France

  • Louis-Napoléon Bonaparte, Président de la IIe république et empereur du second empire. Par une politique libérale, il lance la France dans la Révolution Industrielle.
  • Henry Bessemer, inventeur du procédé Bessemer qui permet de produire de l’acier
  • Baron Haussmann, préfet de Paris, à qui Napoléon III confie la modernisation de Paris, notamment en améliorer la circulation afin de faciliter les échanges et le commerce.
  • Les frères Emile et Isaac Pereire, deux banquiers d’investissements qui financent les industries lourdes telles que le chemin de fer. La Révolution industrielle est portée par des individus comme eux. Une nouvelle classe sociale s’affirme alors : l’élite bourgeoise.

 

Problématiser deux ou trois sujets sur l’industrialisation en France

Comment se déroulent l’industrialisation et l’urbanisation en France (1848-1871) ?

La première révolution industrielle débute en Angleterre au début du XIXe siècle. Elle a pour énergie motrice le charbon et se base sur les innovations de la machine à vapeur créée par Watt en 1789 et le convertisseur Bessemer en 1856. En France, elle débute dans les bassins charbonniers, le Nord notamment.

C’est l’État français qui va encourager ce mouvement de modernisation du tissu productif, en ayant notamment une politique libérale : l’État reste un État-Gendarme et non un État-Providence. L’État développe également de nombreuses infrastructures propices au développement, telles que des tunnels, des ponts, mais organise surtout la construction du réseau ferroviaire français : entre 1852 et 1870, le réseau ferroviaire français passe de 4000 à 17 000 km. Ces infrastructures favorisent le transport de marchandise, ce qui accélère le processus d’industrialisation. À l’international, l’État signe un traité de libre-échange en 1860 : le traité Cobden-Chevalier. Ce traité ouvre de nouveaux débouchés pour les produits de l’industrie, ce qui encourage la Révolution Industrielle en France.

Une des conséquences de la Révolution Industrielle a été l’exode rural et l’urbanisation : d’une part certaines innovations telles que les premières moissonneuses batteuses tirée par des bœufs diminue le besoin de travailleurs aux champs, et d’autre part les industries florissantes nécessitent de plus en plus de main d’œuvre. Les migrations des campagnes vers les villes se font alors, d’abord de façon temporaire, en hivers, comme complément de revenus. Puis les migrations deviennent peu à peu définitives autour des usines nouvelles. Ainsi, sous le second Empire, l’exode rural s’élève à près d’un million. La France reste cependant majoritairement rurale avec près de 70% de la population qui vit encore à la campagne. L’exode rural a créé des « villes champignons », Roubaix passe ainsi de 8 000 habitants en 1801 à 100 000 en 1871. L’habitat ouvrier se développe ainsi, insalubre et désorganisé. A Paris, Napoléon III charge le Baron Haussmann de moderniser la ville, en effet, elle passe de 1 à 2,5 millions d’habitants entre 1851 et 1871. Il s’agit ainsi d’assurer d’une part plus de salubrité et d’hygiène, et d’autre part plus de sécurité, en permettant des déplacements plus faciles. Les travaux d’aménagement prévoient ainsi de grandes avenues, des parcs, mais aussi de grandes constructions, comme l’Opéra ou les Halles.

 

Comment l’industrialisation transforme-t-elle la société française ?

Alors que la société de l’ancien régime était séparée entre noblesse, clergé et tiers état, la Révolution Industrielle voit apparaître une nouvelle stratification sociale : en haut de l’échelle sociale, ce n’est plus la noblesse qui détient le pouvoir, mais une nouvelle classe sociale : la bourgeoisie, tandis qu’en bas de l’échelle sociale, une nouvelle classe regroupant les ouvriers apparaît : les prolétaires.

Les Frères Pereire, « banquiers bâtisseurs » sont l’incarnation de la nouvelle élite bourgeoise qui s’affirme avec la Révolution Industrielle : en 1835, ces banquiers d’affaire financent la 1ère ligne de chemin de fer Française entre Paris et St germain en Laye. En 1852, ils créent le Crédit Mobilier, une banque de dépôt qui permet de collecter l’épargne des particuliers, qu’ils réinvestissent dans différents projets : des compagnies de transport (ferroviaires et maritimes), des mines de charbon, des industries et dans les travaux de la ville de Paris dirigés par le baron Haussmann.  Ces différents investissements leur rapportent énormément et leur confèrent un véritable pouvoir économique et politique : ils sont proches du pouvoir par des liens informels et sont représentatifs de la nouvelle élite bourgeoise qui détient le pouvoir politique par une domination économique.

En 1864 est votée la loi Ollivier qui dépénalise le droit de se réunir. Elle est considérée comme l’émergence d’une classe sociale ouvrière, à la fois un groupe social et un mouvement politique. La classe ouvrière correspond à ceux qui travaillent dans les usines. Ce groupe est encore très diversifié puisqu’il correspond aux artisans, aux hommes arrivés de la campagne, aux femmes et aux enfants, qui travaillent autant pour un salaire moindre. Entre 1851 et 1871, la classe ouvrière en France passe de 3 à 5 millions de membres, ce qui correspond environ à 25% des actifs. Ils ont des conditions de travail et de vie difficile : entre 10 et 12 heures de travail par jour, le salaire moyen est d’un franc par jour, si bien que plus de la moitié du budget d’un foyer ouvrier est consacré à l’alimentation. Marx appellera ce traitement le « salaire de subsistance ». Les ouvriers n’ont aucune couverture sociale ou protection contre les accidents du travail. Ce groupe d’individus ayant les mêmes conditions de vie devient un véritable mouvement politique. En 1848 ils obtiennent le suffrage universel, comme tous les citoyens de plus de 21 ans, depuis la Loi Le Chapelier, ils ont le droit de créer des sociétés de secours mutuels, en cotisant pour s’entraider en cas de maladie ou accident du travail. Ils demandent le droit de se réunir plutôt que des salaires plus élevés. En effet, en faisant grèves, ils ont plus de poids dans les négociations avec les patrons. La loi Olivier de 1864 dépénalise le droit de se réunir, ce qui marque l’émergence d’une classe sociale avec un sentiment d’appartenance à un groupe qui défend des intérêts communs.

 

Pour conclure sur l’industrialisation en France

Entre 1848 et 1871, l’industrialisation de la France assure le décollage économique (notion élaborée par Rostow) étape décisive au cours de laquelle une économie entre en croissance durable, selon un processus cumulatif). Les usines et les villes restent encore limitées dans une France en majorité rurale, mais LNB a favorisé l’essor industriel, notamment, en développant les chemins de fer, l’ouverture internationale et la modernisation de Paris, en favorisant une élite d’entrepreneurs comme les Pereire, en gardant le soutien des ouvriers dans un empire de plus en plus libéral. Cet empire libéral va s’effondrer, non par révolution ou coup d’état, mais à cause d’une défaite extérieure liée à une politique internationale ambitieuse.

 

N’hésitez pas à poursuivre vos révisions avec d’autres fiches d’histoire ! Bon courage !