L’origine du Printemps des peuples

Voici un article qui résume tout ce qu’il faut savoir sur l’origine Printemps des peuples. En 1848, les révolutions se déclenchent rapidement, en même temps partout en Europe. Au contraire de 1830, ce n’est pas un processus qui se met lentement et progressivement en place. C’est un phénomène explosif de soulèvement national simultané. Pour tous savoir sur les raisons économiques, sociales et politiques qui ont poussé les différentes nationalités à se soulever, c’est par ici.

L’origine du Printemps des peuples en Allemagne

Une crise économique et financière

C’est en Allemagne que les forces nationalistes sont les plus organisées. Notamment dans les États rhénans sous domination prussienne. Une grande crise économique bouleverse tout le pays : une crise de subsistance (pommes de terre, céréales) qui se transforme progressivement en crise financière. Cette crise sera en effet en grande partie à l’origine du soulèvement national en 1848. De nombreuses banques font faillite, des chômeurs se retrouvent sans logement. Les antagonismes entre les classes sociales s’accentuent : plus que jamais les classes populaires rejettent la faute sur la bourgeoisie.

 

Les treize revendications d’Offenburg

En septembre 1847, un rassemblent populaire se réunit à Offenburg et proclame une liste de treize revendications. Cette réunion est à l’origine du Printemps des peuple puisque pour la première fois les penseurs nationalistes se retrouvent et s’unissent avec un programme politique commun.

Plusieurs démocrates font partie du mouvement : des avocats, des journalistes … Le congrès se montre très avant-gardiste et très vindicatif. On réclame ainsi l’abolition totale de la censure, la liberté absolue de publication et des mesures sur les conditions de travail. Ce rassemblent a un très grand impact dans la presse. Il en est notamment question dans le Mannheimer Abendzeitung, un journal local, lu bien au-delà de Bade. Cela inspire de nouvelles initiatives. 

 

Des échanges d’idées à grande échelle

Pour la première fois les idées de réforme libérale circulent sur tout le territoire. Cette notion d’échange, très importante, est bien sûr à l’origine du Printemps des peuple. Pour la première fois, une véritable unité entre les aspirations économiques et politiques autour de la réunification apparaît. Les libéraux de Rhénanie rencontrent par exemple en octobre 1847, après le congrès à Offenburg les libéraux du Sud. Cette rencontre débouche ainsi sur la définition d’un programme précis, d’un véritable projet de construction politique.  

L’Allemagne sera donc libérale, avec un leader prussien organisée autour du Zollverein.  Certains commencent à s’interroger sur la pertinence d’une révolution. D’autres sont plus sceptiques et préfèrent rester prudent. 

L’origine du Printemps des peuples en Italie

Pie IX, à l’origine du Printemps des peuples ?

Le climat est révolutionnaire dure depuis longtemps en Italie. La chute de Louis-Philippe donne une impulsion nouvelle en Italie, renforcée par la crise économique et financière. À Rome, Grégoire XVI meurt en juin 1846. Pie IX est alors élu. Ce sera un des plus longs pontificats qui durera de 1846 à 1878. Il est élu car c’est un candidat de compromis, le moins réactionnaire. Il a ainsi un programme de réforme de la curie. Il veut notamment affirmer l’indépendance de la papauté face aux interférences étrangères.

Lors de son élection, il est acclamé et soutenu. Le peuple italien attend beaucoup de lui. Le cri « Vive Pie IX » devient un cri de ralliement pour les patriotes et libéraux. En même temps, un peu partout en Italie des mesures libérales sont appliquées. En Toscane, Léopold assouplit ainsi le contrôle de la presse et crée une garde civique, comme le pape. Charles-Albert renvoie son ministre des affaires étrangères tenant de l’absolutisme, Solaro, en octobre 1847.

 

Des tensions déjà à l’origine de l’échec du Printemps des peuples

Mais le pape libéral est un mirage. Et le peuple s’en rend progressivement compte. Toutes les mesures à priori libérales prises, s’accompagnent de textes condamnant les principes mêmes du libéralisme. En novembre 1846, Pie IX publie l’encyclique Qui Pluribus, qui condamne théories libérales. 

Le grand problème en Italie est la très faible visibilité des nationalistes. Le peuple italien rêvé de Mazzini par exemple, fondateur du célèbre mouvement des Jeunes d’Italie, ce sont des artisans et ouvriers éduqués et non les ouvriers. Sur un territoire, où la lutte des classes est à son apogée, on voit que sa vision nationaliste ne correspond pas au climat social de l’époque.

 

L’origine du Printemps des peuples en Autriche

La grande faiblesse de l’Autriche est l’éclatement des différentes nationalités. Tandis que des libertés sont octroyées aux hongrois, d’autres nations comme les slovaques ne sont absolument pas reconnues. 

 

L’austro-slavisme

Concentrons nous un peu sur ce projet politique élaboré en grande partie par Palacký, un politicien et historien tchècque, qui a été à en partie l’origine du Printemps des peuples. Son grand slogan : « Ma nation est spéciale et unique ».

Afin de lutter contre le pangermanisme et panslavisme russe, il préfère se tourner vers Vienne plutôt que vers Francfort. La grande question est : comment faire exister l’idée tchèque entre l’Allemagne et la Russie ? La seule solution, c’est l’austro-slavisme, où le chef de l’État est autrichien. C’est un projet qui relève d’un certain réalisme pour l’équilibre de l’Europe centrale. Le compromis autrichien est ainsi préférable à la domination allemande, russe ou magyare. Il faut juste que l’Autriche se transforme en une fédération de nations égales en droit. Dans Idée de l’État autrichien, 1865, il écrira : « Nous existions avant l’Autriche, nous existerons après elle ».

Le 2 juin 1848, le premier congrès panslave suit ses idées et affirme son allégeance envers la maison de Habsbourg.  Seuls les Slovaques refusent l’austro-slavisme. Štur a peur que faire le choix de l’Autriche nuise aux Slovaques, qui pourraient se retrouver sous la domination magyare. 

Le rôle majeur de Széchenyi et Kossuth en Hongrie

La Hongrie est un royaume indépendant depuis le Moyen-âge appartenant à la couronne de St Etienne. Le territoire hongrois est accaparé à tour de rôle par l’Empire Ottoman puis par l’Autriche. Jamais la Hongrie n’est pleinement rattachée à l’Autriche et la région conserve une certaine indépendance. Peu à peu, une presse hostile à Vienne s’y développe, puis l’économie, l’éducation et l’administration. C’est Kossuth et Széchenyi qui ont été principalement à l’origine du Printemps du peuple en Hongrie.

Széchenyi un homme moderne

Széchenyi est né en 1791. D’éducation aristocratique, il a fait un grand tour de l’Europe. De culture allemande, il découvre la Hongrie en entrant dans une garnison hongroise. C’est un gros choc psychologique. D’une part, il sent son attachement profond à cette terre, et d’autre part, il est terrifié par le manque d’éducation des hongrois, qui ne parlent même pas allemand.

Széchenyi est un paradoxe vivant, un modernisateur qui lutte contre les privilèges de la noblesse.  Il écrit ainsi en 1832 dans Hitel : « Nous, grands propriétaires, sommes un obstacle au progrès ». Il critique le cosmopolitisme des magnats. Il critique aussi le fait que ce système féodal de domination politique et économique n’a pas rendu les Hongrois aptes à devenir une puissance économique en Europe centrale et donc à faire valoir la Hongrie. Il soutient ainsi la construction des premiers bateaux à vapeur et le projet du pont suspendu sur le Danube, 1828

 

Széchenyi à l’origine de la vie politique hongroise

Il veut également créer une vie politique en Hongrie. En dehors de la diète, il n’y a pas de vie politique. Il faut donc créer des lieux de débat. En 1828, à Presbourg, il crée ainsi le premier club politique à l’anglaise, un vrai lieu de discussion, de rencontre, entre les nobles et les entrepreneurs. Il ranime donc des débats en amont de la diète et permet d’attirer à la politique des éléments de la jeune génération. En 1836, le hongrois devient ainsi la langue officielle de la diète, au même rang que le latin.

La jeune génération hongroise baigne de cet héritage de Széchenyi. Il définit la nationalité comme « une propriété naturelle de l’être humain, enracinée dans ses veines et dans les replis secrets de son âme, qui ne peut être détruite sans détruire notre dignité ».

 

Kossuth, un homme à l’origine de la révolution hongroise

Son point de vue s’oppose radicalement à celui de Kossuth, puisqu’il envisage la question nationale de manière libérale, et non révolutionnaire.  Dès 1848, Kossuth décide de lever une armée, la Honvéd qui jouera un grand rôle lors du Printemps des peuples.  

 

Pour en savoir plus sur les événements qui vont suivre, et notamment le déroulé exact du Printemps des peuples et ses conséquences, c’est par ici.