La France et la construction de nouveaux Etats – Bac d’histoire

Voici un chapitre clé du programme de bac d’histoire – La France et la construction de nouveaux Etats. On vous résume ici tout ce qu’il faut réviser pour réussir l’épreuve haut la main.

 

Introduire la France et la construction de nouveaux États

En 1848 a lieu le printemps des peuples : une vague de révolutions libérales et nationalistes en Europe déclenchée par la révolution de février en France :  c’est l’affirmation du « principe des nationalités » : « le droit des peuples à décider eux-mêmes de leur statut. En 1871, achèvement de l’unité allemande, en « IIe Reich », et italienne en « Royaume d’Italie », après la guerre franco-prussienne de 1870 et la chute du II Empire en France. Durant cette période, plusieurs États-nations se forment en Europe : une autorité souveraine s’exerçant sur un territoire indépendant et une communauté unie par une culture commune et une volonté de vivre ensemble. On parle de « construction », car il y a remodelage, selon le principe des nationalités, de l’Europe dessinée par le Congrès de Vienne en 1815 selon les principes réactionnaires de l’Ancien Régime : l’unification de l’Allemagne et de l’Italie, mais aussi de la Roumanie (1859), la réorganisation de l’empire autrichien en « Empire d’Autriche-Hongrie » (1867), l’indépendance du Luxembourg (1867 La France de 1848 à 1871 est un pays dirigé par Louis-Napoléon Bonaparte, président de la République (1848-1852) et surtout « empereur » Napoléon III, soucieux d’affirmer la grandeur française par le rayonnement international.

« La guerre et la diplomatie » sont les deux moyens principaux de la politique extérieure d’un Etat, selon l’analyse de Clausewitz, politologue allemand du début du XIXe siècle « La guerre n’est qu’un prolongement de la politique par d’autres moyens ». Mais ils peuvent se retourner contre lui, comme ce fut le cas de la France.

La France a-t-elle pu satisfaire ses intérêts en contribuant à l’unité de l’Italie et de l’Allemagne ? Quel rôle a joué la France dans la construction des unités italienne et allemande ?

 

Les éléments clefs à connaître sur la France et la construction de nouveaux États

 

Dates clefs sur la France et la construction de nouveaux États

  • 1848 : Le printemps des peuples : une vague de révolutions libérales et nationalistes en Europe
  • 1856 : congrès de Paris : présenté par Napoléon III comme une correction du traité de Vienne de 1815. Ce congrès a lieu après la guerre de Crimée et a pour objectif de redessiner les frontières de l’Europe Orientale. Par l’organisation de ce congrès, Napoléon III place la France comme chef d’orchestre du « concert des nations ».
  • 1871 : proclamation de l’unité allemande : L’affrontement contre Napoléon III (1870‑1871) permet de réaliser l’unité des autres États allemands autour de la Prusse face à un ennemi commun. En 1871, les États du Sud restés indépendants, comme la Bavière, intègrent le nouvel État‑ Guillaume Ier est ainsi proclamé Kaiser des princes Allemands.

 

Les personnages clefs de la France et la construction de nouveaux États

  • Napoléon III (1808‑1873) : Président de la IIe République puis Empereur du II Empire, il veut faire peser la France sur la scène internationale. En intervenant pour l’unité italienne, il parvient à rattacher Nice et la Savoie à la France. Il organise le congrès de Paris en 1856.
  • Otto von Bismarck (1815‑1898) : déjà actif dans le camp contre‑révolutionnaire à la fin du Printemps des peuples, il devient chancelier de Guillaume, roi de Prusse en 1862. Il entreprend alors d’édifier un État national allemand unifié, en jouant notamment sur le sentiment anti‑français, la guerre et la diplomatie. Après la victoire contre le Second Empire (1870), l’Empire allemand est proclamé : c’est le IIe Reich, qui devient rapidement la principale puissance continentale.
  • Victor-Emmanuel II : Roi de Piémont-Sardaigne à partir de 1849, il entreprend de moderniser son pays, et d’unifier l’ensemble de la péninsule italienne. Il soutient l’action de Garibaldi qui lui apporte le Sud et le royaume de Naples. En 1861, il est proclamé roi d’Italie.

 

Problématiser deux ou trois sujets sur la France et la construction des nouveaux États

  • Quels rôles la France a-t-elle eu dans la construction des unités italienne et allemande ?
  • La France a-t-elle pu satisfaire ses intérêts en contribuant à l’unité de l’Italie et de l’Allemagne ?

Le rôle de la France dans la construction italienne

La France apparaît d’abord comme un acteur d’abord déterminant : l’Italie n’est « qu’une expression géographique » au lendemain du Printemps des peuples, dominée au Nord par l’Autriche, morcelée en 8 Etats. En 1858, Cavour fait alliance avec Napoléon III pour une aide militaire contre l’Autriche. En 1859, les victoires militaires françaises de Solférino et Magenta conduisent l’Autriche à céder toutes ses terres italiennes sauf la Vénétie. En 1860, la Savoie et Nice sont rattachés à la France à la suite de plébiscites, selon le principe d’autodétermination.

 

La construction italienne s’achève sans et même contre la France : en 1861, l’Italie du Sud est rattachée par Garibaldi et son expédition militaire. Cela assure l’unification du Sud et du Nord : en 1861, Victor Emmanuel II est proclamé roi d’Italie. En 1866 la Vénétie est obtenue par l’alliance avec la Prusse contre l’Autriche. En 1871, Rome est finalement récupérée grâce à la défaite de Napoléon III face à la Prusse. L’unité Italienne s’est donc faite grâce à des alliances diplomatiques successives pour remporter des guerres que l’Italie était incapable militairement de remporter seule. La France, après avoir soutenu l’unification italienne l’empêche puis la subit. L’implication française se fait donc selon ses intérêts nationaux plutôt que selon les principes des nationalités qui sert surtout de prétexte.

 

Le rôle de la France dans la construction allemande

 

L’Allemagne est au lendemain du Printemps des peuples une « nation allemande », éclatée en 38 Etats, unifiés de façon informelle par la Confédération germanique. Elle est historiquement dominée par l’Autriche. Bismarck va alors jouer un rôle clé dans l’unification allemande : Chancelier de Guillaue Ier à partir de 1862, il veut restaurer un Reich au profit de la prusse, sur un projet nationaliste qui veut la grandeur de la nation. En 1864 par la guerre contre le Danemark il obtient un « duché du Nord ». En 1866 par la guerre contre l’Autriche et la victoire de Sadowa il évince l’Autriche de la confédération Germanique qui devient alors « confédération de l’Allemagne du Nord ».

Pour Obtenir le ralliement es Etats allemands du Sud notamment la Bavière, il attise les tensions avec la France : par une successions de provocations contre la France, il conduit Napoléon III à déclarer la guerre à la Prusse en 1879. Dès lors, les Etats d’Allemagne du Sud apportent leur soutien à la Prusse attaquée. La France subit alors une succession de défaites, jusqu’à la défaite décisive de Sedan le 1er Septembre 1870.  Le 19 Janvier 1871, le IIe Reich est proclamé à Versailles, Guillaume Ier est couronné Kaiser, l’Allemagne est née.

La France est bouleversée par l’unification allemande : le 4 septembre 1870, la IIIe République est proclamée avec la chute du II Empire. Début février 1871, la France occupée doit élire une Assemblée Nationale Constituante pour négocier la paix. Les Parisiens refusant l’armistice se soulèvent pour former la Commune de Paris. Ecrasée dans le sang la IIIe république. En mai 1871 le Traité de Francfort entre la France et l’Allemagne fixe l’annexion allemande de l’Alsace-Lorraine, le paiement de 5 milliards de Franc-or d’indemnité. Ce traité crée un sentiment germanophobe qui alimente un patriotisme français virulent conduisant à la première guerre mondiale.

 

Pour conclure sur la France et la construction de nouveaux États

Entre 1848 et 1871, la France a contribué à la construction d’Etats nations en Europe, comme l’Italie et l’Allemagne qui achèvent leur unité en 1871. Plusieurs moyens sont conjugués, notamment la guerre, autour de batailles comme Solférino (1859), Sadowa (1866), Sedan (1870), la diplomatie, avec le Congrès de Paris en 1856 voulu comme un nouveau congrès de Vienne, des traités et des échanges, secrets ou publiés comme la dépêche d’Ems. La France est de moins en moins acteur dans ce concert des nations européennes : le principe des nationalités forgé par la Révolution Française lui échappe désormais pour organiser des Etats-nations davantage contre elle qu’avec elle. Pour quelques décennies, ces rivalités européennes vont s’exporter dans les conquêtes coloniales

 

N’hésitez pas à consulter d’autres fiches en histoire, comme toutes nos fiches sur le printemps des peuples. Bonnes révisions !