Admission à Sciences Po Paris : le guide complet (réforme 2021)

L’Institut d’études politiques de Paris, communément appelé Sciences Po ou Sciences Po Paris, a récemment bouleversé les procédures d’admission permettant d’intégrer cette prestigieuse formation en vue de la rentrée scolaire 2021. Fin du redoutable examen écrit, critères plus individualisés et volonté d’ouverture sociale sont les grandes lignes de cette réforme.

Up2school Bac te propose un « mode d’emploi » efficace pour bien comprendre les modalités d’admission à Sciences Po Paris, saisir le contexte d’instauration et les enjeux sociaux de cette réforme, et appréhender au mieux la préparation à ces nouvelles exigences. Suis le guide !

 

Les modalités d’admission 2021 à Sciences Po Paris

Plutôt que de « suppression » du concours d’entrée à Sciences Po Paris, mieux vaut parler de « réforme ». En effet, même si certaines épreuves disparaissent, l’entrée à Sciences Po Paris reste un processus hautement sélectif lors duquel seuls les meilleurs candidats seront retenus et admis dans la formation. Comme on peut le lire sur le site de l’école :

« Sciences Po est une université de recherche internationale, sélective, ouverte sur le monde, qui se place parmi les meilleures en sciences humaines et sociales. »

Désormais, tous les candidats, Français comme internationaux, passeront les mêmes épreuves d’admission, aux critères d’évaluation identiques.

 

La suppression des épreuves écrites disciplinaires

Le gros bouleversement de cette réforme se situe avant tout dans la suppression des redoutables épreuves écrites disciplinaires. Jusqu’à présent, l’admission à Sciences Po Paris pouvait prendre trois formes :

  • via le concours « classique », constitué des trois épreuves écrites disciplinaires et d’un oral ;
  • à travers une procédure internationale pour les lycéens venant de l’étranger ;
  • via la procédure des Conventions éducation prioritaire, instaurée en 2001.

La première voie d’accès concernait la majorité des candidats, qui devaient se préparer au concours classique pendant leur année de terminale. D’ailleurs, de nombreuses classes préparatoires avaient fleuri pour accompagner les élèves dans leur préparation.
Désormais, finies l’épreuve d’histoire de 4 heures, l’épreuve d’option (littérature, SES ou mathématiques) de 3 heures et l’épreuve de langue de 1 h 30. Ces examens de forme très scolaire sont donc définitivement supprimés dès les admissions de 2021.

 

Quatre épreuves centrées sur le dossier scolaire et la motivation

Les nouvelles épreuves de Sciences Po Paris ne sont pas moins strictes que celles de la précédente version, bien au contraire !

« Cette évaluation plurielle et exigeante se fonde sur quatre épreuves indépendantes : elle demande aux élèves d’avoir accompli un excellent parcours au lycée, de le confirmer lors des épreuves du baccalauréat, de savoir défendre leur parcours et leur motivation personnels à l’écrit puis d’en convaincre le jury à l’oral. »

Les épreuves sont au nombre de quatre et comptent toutes pour 25 % de la note totale de chaque candidat. Chaque épreuve est notée sur 20 points.

 

Les épreuves 1, 2 et 3 : le « dossier »

Les trois premiers examens forment le dossier écrit où chaque candidat sera évalué sur la « diversité des qualités scolaires et extra-scolaires, leur solidité et leur complémentarité ».

Épreuve 1 : les résultats au baccalauréat (ou à son équivalent dans le cas d’une candidature étrangère) donnent lieu à une note sur 20. Pour le bac passé en France, c’est la moyenne des notes officielles indiquées dans Parcoursup qui est retenue. Pour les candidats étrangers, Sciences Po Paris fait appel à des examinateurs experts des systèmes scolaires étrangers pour évaluer les résultats obtenus aux examens qui sont équivalents au bac.

Épreuve 2 : le niveau académique et la progression du candidat donnent lieu à une note sur 20. Le jury va ici examiner le niveau et la progression de l’élève, son sérieux, sa persévérance à l’aide de toutes les notes obtenues pendant les trois années de lycée et des appréciations des professeurs. Lorsque le jury examine le dossier scolaire, il n’a pas accès aux résultats de la première épreuve (notes du baccalauréat).

Épreuve 3 : la rédaction de trois écrits personnels. Le jury va évaluer la motivation, le projet intellectuel mais aussi les qualités de réflexion et de rédaction du candidat.

  • Le candidat doit proposer un premier texte où il décrit ses activités et ses centres d’intérêt (expériences d’encadrement ou d’animation, engagements, expériences professionnelles ou stages, pratiques sportives ou culturelles, etc.).
  • Le deuxième document doit présenter sa motivation à intégrer Sciences Po Paris (raisons de la candidature, motivation et programmes envisagés).
  • Enfin, le troisième texte est un essai personnel de 3 000 signes environ, portant sur l’une des cinq thématiques qui seront proposées aux candidats.

Ces trois épreuves du dossier écrit donnent donc lieu à trois notes sur 20, soit un total sur 60 points. Si le candidat obtient une note supérieure ou égale à celle définie par Sciences Po Paris chaque année, alors il est admissible et est attendu à la quatrième épreuve : l’oral.

 

Quatrième et dernière épreuve : l’oral

La dernière étape de la candidature repose sur l’exercice oral. C’est un moment essentiel que Sciences Po Paris a souhaité conserver, puisqu’il permet à l’institution et au candidat de se rencontrer.

L’exercice oral est un échange avec un jury, qui se réalisera à distance, par visioconférence. Il dure 30 minutes et est organisé en trois moments distincts :

  1. Présentation du candidat.
  2. Commentaire et analyse d’une image choisie par le candidat parmi deux images au choix.
  3. Échange libre avec les examinateurs pour approfondir les motivations du candidat et mieux le connaître.

Le jury va chercher à évaluer la solidité de la candidature, mais aussi la capacité de l’élève à interagir et mener un échange, ainsi que son potentiel de réussite. Notons que le jury de l’oral n’aura pas accès au dossier écrit constitué des trois premières épreuves, il découvre donc totalement le candidat. L’oral donne lieu à une note sur 20 points.

 

« Briller dans les quatre dimensions »

Les quatre épreuves donnent lieu à quatre notes sur 20 points, soit un total de 80 points. Chaque année, Sciences Po Paris fixe une note finale (sur 80 points) d’admission minimale, que les candidats devront égaler ou dépasser pour pouvoir être admis.

En pondérant chaque épreuve d’un coefficient identique, Sciences Po Paris cherche à recruter des profils équilibrés, « disposant de qualités complémentaires et diverses ».

 

Un jury adapté

Le jury est composé d’experts du monde de l’éducation. Ainsi, pour chacune des épreuves, Sciences Po Paris collabore avec les acteurs adéquats. Parmi eux, on trouve des évaluateurs internationaux, des enseignants de lycée, des enseignants du supérieur, des professeurs de Sciences Po Paris ou encore du personnel d’administration de l’institution. L’école met notamment l’accent sur l’absence totale d’algorithme de décision dans le processus d’admission : toutes les candidatures seront évaluées par des jurys plus que qualifiés.

 

Les enjeux de la réforme du concours d’entrée à Sciences Po Paris

La mise en place de ces quatre nouveaux exercices constitue un changement majeur, parfois même qualifié de véritable « révolution » dans la sphère des grandes écoles où les épreuves disciplinaires restent la voie royale pour évaluer les candidats. Sciences Po Paris agit ainsi en acteur disruptif. Toutefois, il convient de se pencher un instant sur les enjeux sociaux qui découlent des nouvelles mesures. Up2school Bac fait le point !

 

La nécessité de plus d’ouverture sociale et de diversité

Au-delà de la contrainte formelle et temporelle d’un alignement avec Parcoursup et son calendrier, ce qui a réellement motivé la réforme du concours est bel et bien la recherche d’une plus grande ouverture sociale et d’une plus grande mixité.

Aujourd’hui, 26 % des étudiants de Sciences Po Paris sont boursiers, contre 40 % à l’université. L’école cherche à atteindre au moins 30 % d’élèves bénéficiant d’une bourse du CROUS (soit 450 places) dans les prochaines années, notamment en recrutant des publics plus ruraux ou périurbains, largement sous-représentés dans ses effectifs actuels. Aujourd’hui, près de la moitié des étudiants (48 %) ont un père appartenant à la catégorie des « cadres ou des professions intellectuelles supérieures », contre seulement 5 % pour la catégorie « ouvriers ».

« Nous voulons choisir nos étudiants pour ce qu’ils sont vraiment, et nous voulons que chacun, quel que soit son lieu de naissance, son lycée, son milieu social, son parcours, ait les mêmes chances de raconter sa trajectoire et d’exprimer son potentiel. »

 

Le carcan de l’autocensure

En proposant cette réforme, Sciences Po Paris vise en fait à réduire le phénomène de forte autocensure chez les élèves issus des milieux les plus modestes. Ces derniers étaient souvent découragés par le coût (en temps et en argent) d’une préparation aux épreuves disciplinaires écrites.

Pour limiter l’autocensure matérielle, Sciences Po Paris a annoncé que les frais de candidature seront uniques : 150 euros pour chaque candidat, à l’exception des boursiers qui n’auront rien à payer. Par ailleurs, les épreuves orales pourront se dérouler à distance, permettant d’avoir des coûts de transport nuls.

L’autocensure n’est pas que matérielle, mais elle est surtout intellectuelle. Sciences Po Paris veut diversifier ses publics, c’est honorable, mais voilà un gros challenge en perspective puisque le vivier trop étroit de candidats s’explique avant tout par une sélection sociale et scolaire qui se joue très tôt dans notre système français d’éducation qui est fortement reproductif.

 

Le maintien des Conventions éducation prioritaire

L’institution n’est pas novice sur la question de l’ouverture sociale, puisqu’en 2001, elle avait déjà mis en place des mesures de discrimination positive : les Conventions éducation prioritaire (CEP). Celles-ci, permettaient aux très bons élèves de zones d’éducation prioritaire de ne pas avoir à passer les épreuves écrites mais seulement la phase orale, en cas d’excellent dossier scolaire. Par ailleurs, les lycéens bénéficiaient d’un accompagnement renforcé pour préparer l’oral. On compte à l’heure actuelle une centaine de lycées conventionnés CEP. 10 % des élèves de l’école sont issus de ces Conventions éducation prioritaire (CEP).

Avec la réforme, les candidats issus des lycées ayant conclu une Convention éducation prioritaire avec Sciences Po passent l’ensemble des épreuves, à l’instar de tous les autres candidats. Toutefois, ils bénéficient encore de discrimination positive, car le parcours spécifique d’accompagnement des CEP est maintenu et pris en compte dans leur dossier et dans le processus d’admission.

Sciences Po Paris annonce d’ailleurs vouloir augmenter le nombre de conventions, afin de répondre à la nécessité de plus de mixité sociale et de diversité, comme évoqué ci-dessus. L’école annonce d’ores et déjà que le nombre d’établissements conventionnés doublera d’ici 2023. Ce qui portera le nombre d’admis CEP de 10 à 15 % d’une nouvelle promotion.

 

Faire le pari du dossier scolaire, facteur ou obstacle à l’ouverture sociale ?

Pour les concepteurs de ces nouvelles épreuves, la ligne de conduite est claire : former des promotions plus diverses socialement, en misant notamment sur la valorisation de l’excellence académique sur les trois années de lycée. Toutefois, cette façon de faire semble contre-productive sur plusieurs aspects.

 

Un projet d’orientation de plus en plus tôt

La réforme impose de mûrir son projet d’orientation très tôt et de se mettre au travail dès la classe de seconde car le jury va évaluer les trois années au lycée.

Dit autrement, il va falloir que les lycéens aient une vraie stratégie de dossier scolaire dès la rentrée en seconde : cela passe par les notes, mais aussi par le choix des enseignements de spécialité.

Or, qu’en est-il de ceux qui n’ont pas encore eu le temps de bien mûrir leur projet à seulement 15 ans ? Comment feront ceux qui auront trouvé leur voie « trop tard » ? Et pour ceux qui changent d’avis en cours de route (on peut tout à fait concevoir cela au lycée) ?

En s’appuyant massivement sur le dossier scolaire, le concours risque de discriminer les candidats qui ont moins de ressources pour bâtir leur projet d’orientation et aussi ceux qui ont de moins bons résultats. Il existe de vraies inégalités sociales d’accès à l’information et de résultats qui sont souvent subies par les publics les moins aisés. Autrement dit, cela s’oppose au principe d’ouverture sociale et de mixité car les meilleurs élèves et les mieux accompagnés dans l’orientation, qui sont majoritairement issus des classes moyennes et supérieures, seront favorisés.

 

Réforme du lycée et réforme de Sciences Po : la même direction

La réforme de Sciences Po Paris s’inscrit dans la continuité totale de la réforme du lycée, qui pose elle-même des questions en termes d’égalité des chances.

D’un côté, la réforme du lycée donne une part très importante au contrôle continu. Il ne s’agit plus de former d’abord puis ensuite d’évaluer à la fin, mais bel et bien d’évaluer très régulièrement les élèves pour que le dossier scolaire devienne central. Sciences Po Paris accorde une crédibilité à la réforme du lycée en instaurant une évaluation accrue du dossier scolaire.

D’un autre côté, alors que le lycée se charge d’enseigner des spécialités de manière approfondie, Sciences Po Paris abandonne les épreuves disciplinaires, laissant au lycée le soin d’évaluer les élèves là-dessus.

La réforme du concours de Sciences Po Paris renforce la réforme du lycée, dont les inégalités sociales ne sont pas à nier.

 

La subjectivité du dossier scolaire

Le dossier scolaire n’est pas un élément objectif, contrairement à la copie anonyme qui assurait jusque-là une certaine équité. Alors que l’anonymat permet l’équité, que penser du fait que le jury va pouvoir regarder la région, le nom, mais aussi l’établissement d’origine du candidat ?

Face à autant de marqueurs sociaux, l’évaluation du dossier scolaire risque fortement d’être biaisée, anéantissant alors la tentative d’égalité des chances. Deux candidats, l’un venant du lycée Henri IV et l’autre venant d’un lycée de banlieue dite « difficile » ont des dossiers qui n’ont de facto plus la même valeur.

 

Des épreuves écrites discriminantes

Enfin, le contenu même des épreuves va favoriser les candidats des familles les plus aisées, ce qui va contre l’objectif de plus de mixité sociale.

Si l’on prend l’exemple de l’épreuve de rédaction et en particulier la lettre de motivation, il s’agit d’un exercice très discriminant et inégalitaire. En effet, pour écrire une lettre convaincante, cela suppose de maîtriser les codes, et pour cela, les lycéens s’aident de leurs parents et c’est normal ! Toutefois, les élèves issus de milieux populaires seront moins bien outillés, du fait de moindre familiarité de ces publics avec les règles. Ces derniers seront aussi désavantagés lors de la présentation de leurs centres d’intérêt, dont la quantité et la qualité dépendent directement des ressources économiques des parents.

 

L’oral, un exercice discriminant

Même si Sciences Po a pris des mesures visant à réduire au maximum les inégalités concernant l’oral (épreuve non éliminatoire, possibilité de la passer à distance, chez soi ou dans son lycée pour limiter à la fois le coût des transports et réduire le stress), force est de constater que l’oral est un exercice discriminant.

La pratique orale est avant tout un acte social, sur le fond et sur la forme. La façon dont on parle, un éventuel accent, la gestuelle, la voix, la tenue, le débit sont aussi importants que le contenu même du discours.

Autrement dit, tout le monde n’est pas à armes égales pour s’exprimer avec aisance devant un public. Dans tous les cas, l’oral favorise clairement les élèves qui ont une bonne maîtrise de la langue, un lexique riche et approprié, mais aussi des capacités d’interaction avec le jury.

Depuis les travaux du sociologue Pierre Bourdieu, un nombre impressionnant de recherches ont montré que les élèves issus des classes favorisées réussissent mieux à l’oral, grâce à leur maîtrise des codes attendus dans un contexte scolaire.

 

Les conséquences à l’échelle des lycées

Puisque l’entrée à Sciences Po Paris devra, en toute logique, se préparer dès l’entrée au lycée, ces derniers vont être affectés par la réforme du concours.

Il existe un effet d’attraction des grandes écoles, dont Sciences Po Paris, auquel les lycées n’échappent pas. En d’autres termes, réussir à envoyer des élèves à Sciences Po peut être un bon argument marketing pour un établissement.

On peut alors craindre un phénomène d’inflation des notes distribuées dans le lycée, car un quart de la note d’admission repose sur le contrôle continu. Cette inflation risquerait d’accroître l’écart entre les « bons » lycées voulant envoyer des élèves à Sciences Po Paris et ceux dont le niveau est plus bas, moins engagés dans cette course frénétique.

 

Le risque d’une hausse des candidatures

L’un des enjeux sous-jacents à cette réforme réside dans le nombre de candidatures. Alors que l’on comptait environ 10 000 candidats au concours d’entrée de Sciences Po, la mise en place des nouvelles modalités risque d’augmenter le nombre de candidatures de plus de 30 %. Toutefois, l’école n’a pas prévu d’augmenter le nombre de places, qui restera à 1 500. La sélection s’annonce rude !

 

Cinq conseils pour se préparer aux épreuves de Sciences Po Paris

Tu l’as compris avec tout ce qui vient d’être évoqué, préparer et éventuellement intégrer Sciences Po ne va pas être une mince affaire, compte tenu des exigences du concours et de la concurrence qui va régner entre les candidats.

Voici nos cinq précieux conseils pour t’aider dans la préparation aux épreuves de Sciences Po Paris.

 

Conseil numéro 1 : un dossier scolaire aux petits oignons, dès la classe de seconde !

On l’a démontré, le dossier scolaire est un élément incontournable pour tout candidat à Sciences Po Paris ! Le jury va chercher à évaluer deux éléments : une attitude globale positive et une régularité dans le travail. Pour ce faire, ce sont tes notes (leur valeur absolue mais également relative, c’est-à-dire ton positionnement par rapport à la classe) mais aussi les appréciations qui seront scrutées au peigne fin. Tu l’auras compris, dès la classe de seconde, il va falloir témoigner d’un comportement exemplaire !

En ce qui concerne tes notes, la clé du succès c’est l’organisation et les révisions régulières. En t’organisant et en revoyant tes cours très souvent (relecture chaque soir, puis révision chaque week-end et avant chaque évaluation), tu arriveras préparé pour chaque examen, en sachant répondre au moins aux connaissances de base. C’est la moyenne assurée et impossible de rendre copie blanche !

Bien entendu, tu as le droit à l’erreur et une mauvaise note de temps à autre n’est pas catastrophique. L’important est d’avoir une progression régulière dans tes résultats.

De même, tu as le droit d’avoir des matières pour lesquelles tu as du mal à décoller. Cela ne fait pas de toi un mauvais élève, au contraire, montre que tu es persévérant et accroche-toi.

Ne néglige pas non plus ta relation avec tes professeurs, leurs appréciations comptent ! Participe et écoute activement en cours, ne bavarde pas trop, évite d’être trop souvent absent ou en retard, pose des questions, montre que tu es intéressé. Sois curieux et respectueux, sans tomber dans l’hypocrisie bien évidemment !

La bonne nouvelle, à propos du dossier scolaire de qualité, c’est que c’est valable pour Sciences Po Paris certes, mais aussi pour la plupart des formations sélectives. Tu mets ainsi toutes les chances de ton côté en ayant un bon dossier scolaire. En outre, tout le travail régulier que tu vas fournir ne pourra que t’être d’une grande aide pour les épreuves du baccalauréat. Plus tu travailleras sérieusement et régulièrement, plus tu maîtriseras le cours et les différentes méthodes, et plus tu seras prêt pour le baccalauréat. Dit autrement, avoir un comportement assidu te permet de faire d’une pierre deux coups, à savoir te préparer au baccalauréat tout en t’assurant un dossier scolaire valorisé.

 

Conseil numéro 2 : réfléchir à son projet d’orientation dès l’entrée au lycée

La réforme du concours de Sciences Po Paris et celle du lycée laissent peu de temps aux lycéens pour construire leur projet d’orientation. L’année de seconde est capitale puisqu’il faut d’un côté travailler sérieusement pour le dossier scolaire et de l’autre bâtir son projet d’orientation via le choix des enseignements de spécialité.

L’orientation est en réalité un concept large à travailler. Cela repose sur quatre piliers :

  1. La connaissance de soi. Qui es-tu ? Il s’agit de t’interroger sur toi, ta personne et ce qui te caractérise. Quelles sont tes valeurs et croyances ? Les compétences que tu as développées ? Tes centres d’intérêt ? Ce dont tu rêves ? S’orienter commence par bien se connaître soi-même, en tant que personne.
  2. Le champ des possibles. Voie générale ou voie technologique, 12 enseignements de spécialité, des milliers de formations dans le supérieur, bref, s’orienter passe aussi par la prise de conscience des différents chemins possibles.
  3. Le choix du parcours. Choisir une voie signifie répondre à des attentes formelles qui sont différentes pour chaque formation (dossier, entretien, épreuves écrites, etc.).
  4. L’anticipation de son avenir. Logement, financement, organisation des études : s’orienter consiste aussi à se projeter et à anticiper les diverses solutions.

Prends donc ton orientation très au sérieux. Si tu ne sais pas par où démarrer, voici quelques conseils pour y aller crescendo :

  • commence par te demander ce que tu aimes faire et étudier, dans quel milieu tu te verrais évoluer, les éléments qui sont essentiels pour toi ;
  • discute avec des amis, ta famille mais aussi des professionnels au sujet de leur parcours et de leur métier ;
  • essaie de vivre des expériences professionnelles (un stage, un petit boulot) pour mettre un premier pied dans le monde du travail ;
  • renseigne-toi sur les formations qui pourraient t’intéresser en te rendant à des salons, à des journées portes ouvertes, en discutant avec des étudiants ou des professeurs ;
  • consulte diverses fiches métiers pour découvrir des professions, regarde des interviews de professionnels, des présentations de formation, bref sois curieux !

Plus tu bâtiras ton projet d’orientation, plus tu auras envie de travailler tes cours pour le concrétiser. Par ailleurs, un travail solide d’orientation te donnera un panel d’éléments et d’arguments pertinents pour défendre ta motivation à intégrer Sciences Po Paris.

 

Conseil numéro 3 : bien avoir en tête le planning de candidature de Sciences Po Paris

Connaître les différentes échéances du concours te permettra de t’organiser, d’éviter le stress causé par une candidature de dernière minute et surtout d’avoir le temps de préparer ta candidature.

 

Dans le cadre d’un baccalauréat français :

  • De mi-janvier à fin mars : inscription, formulation des vœux et finalisation du dossier. Tu devras formuler un vœu pour le bachelor de Sciences Po Paris et deux sous-vœux parmi les programmes proposés sur les sept campus. Tu pourras aussi ajouter d’autres vœux pour un double diplôme.
  • Avril/mai : évaluation du dossier par les jurys de Sciences Po.
  • Mai : si tu as obtenu une note suffisante aux trois premières épreuves, tu es convoqué pour l’oral.
  • Fin mai : après examen des résultats de l’ensemble des épreuves par le jury d’admission, tu sauras si tu es admis, non admis ou sur liste d’attente.

 

Pour les candidats issus des lycées conventionnés éducation prioritaire :

Il faut réaliser les mêmes étapes, aux mêmes dates. Toutefois, contrairement aux autres candidats, ton dossier de candidature prend en compte le parcours suivi dans le cadre des Conventions éducation prioritaire. Les candidatures des élèves CEP seront suivies et examinées séparément des autres candidats.

 

Pour les candidats internationaux  (équivalent étranger du baccalauréat) :

  • De fin novembre jusqu’à fin avril : inscription, formulation des vœux et finalisation du dossier. Les dossiers complets sont analysés et évalués en continu. Tu devras sélectionner deux choix de programmes au sein du Collège universitaire de Sciences Po, dont un choix maximum pour un double diplôme géré par Sciences Po.
  • Entre janvier et juin : si tu obtiens la note suffisante, tu es convoqué pour un entretien oral à distance. L’admission est réalisée en continu. Les résultats sont donnés dans les deux mois suivant le dépôt du dossier.

 

Conseil numéro 4 : proposer trois écrits qui laissent transparaître sa personnalité

Lors de la première phase de sélection, tu imagines bien que les jurys de Sciences Po Paris vont recevoir des milliers de candidatures. Cela peut sembler difficile de sortir du lot, mais ce n’est pas impossible ! L’objectif pour toi est de répondre aux attentes formelles de Sciences Po Paris tout en te démarquant des autres candidats.

 

Rédaction numéro 1 : activités et centres d’intérêt

Si tu as la chance de faire des activités insolites, tant mieux, tu pourras attirer l’attention du jury, mais si ce n’est pas ton cas, pas de panique !

Il est important que tu choisisses les activités qui ont du sens pour toi et qui illustrent vraiment qui tu es. Il peut s’agir d’une expérience d’encadrement ou d’animation, d’un engagement associatif, d’expériences professionnelles comme un stage ou un petit boulot, ou encore du sport ou des activités créatives.

Cela ne sert à rien de lister tous les sports ou loisirs que tu as essayés ! Concentre-toi sur les quelques activités qui disent quelque chose de toi. Même si c’est une activité classique, pratiquée par beaucoup de personnes, essaie de montrer en quoi elle illustre un trait de ta personnalité. N’hésite pas à donner des exemples concrets.

 

Rédaction numéro 2 : la lettre de motivation

Pour ce deuxième exercice, on attend de toi que tu montres les différentes étapes de construction de ton projet d’études supérieures, t’ayant porté à candidater à Sciences Po Paris. N’hésite pas à évoquer les démarches entreprises (choix des enseignements de spécialité, stage, journées portes ouvertes, salon d’étudiant, discussion avec des professeurs, etc.).

Mais il est aussi pertinent de montrer que tu te projettes dans le vécu concret des études. Si tu dois changer de ville, montre que tu as pensé aux solutions de logement ou de financement. C’est l’occasion de prouver que tu t’es renseigné sur l’école, de nommer quelques cours, un programme. Explique quel parcours tu souhaiterais mener dans l’école.

Enfin, tu peux aussi parler de l’après-études, notamment en évoquant des métiers ou des secteurs envisagés. Tu peux, pourquoi pas, citer des noms d’aluni inspirants.

 

Rédaction numéro 3 : la rédaction libre

Ce troisième écrit est certainement le plus flou et le plus difficile à anticiper. Mets à profit tes acquis de français de première pour proposer une rédaction unique, qui te correspond.

Si tu en as l’occasion, fais référence à des œuvres, éléments ou expériences qui te caractérisent. Ainsi, si cela s’y prête, mentionner un voyage, un film ou un livre qui t’a marqué permettra au lecteur de mieux te connaître. Tu peux demander de l’aide à ton professeur de français pour t’aider à structurer et rédiger ce troisième écrit.

 

Pour les trois rédactions, concernant la forme, il est évident qu’on attend de toi une rédaction sans fautes, claire, limpide, bien structurée  et argumentée : c’est la base. Mais tu n’es pas non plus en train de candidater au prix Goncourt ! Mieux vaut un style sobre mais intelligible plutôt qu’une expérimentation littéraire. Essaie d’être toi-même dans la manière dont tu écris.

N’hésite pas à demander de l’aide pour les attendus formels et la relecture. Sollicite tes parents, tes amis et même tes professeurs.

 

Conseil numéro 5 : s’entraîner le plus possible pour l’oral

On l’a démontré plus tôt, l’exercice oral peut être délicat dans certains cas, pourtant il compte pour un quart de la note. Ces trente minutes sont stratégiques pour être admis à Sciences Po, il est donc primordial d’anticiper au maximum la préparation de l’oral.

 

Le pitch à maîtriser

L’oral va démarrer par la présentation du candidat. La première chose à faire est donc de préparer son pitch introductif.

Dans l’idéal, il doit durer environ 1 minute 30, 2 minutes. Tu peux indiquer ton identité (nom, prénom, âge, ville et région d’origine, statut de lycéen, nombre de frères et sœurs, etc.), tes centres d’intérêt, tes qualités, éventuellement tes expériences professionnelles ou associatives, et finir en disant le motif de ta présence (intégrer Sciences Po Paris !).

L’idée n’étant pas de détailler chaque point, mais uniquement d’énoncer des éléments pour que le jury comprenne globalement qui tu es et d’où tu viens, et puisse rebondir dessus dans la dernière partie de l’oral.

Même si tu es stressé, l’avantage du pitch c’est que tu parles de toi, donc il n’y a pas d’inconnu ni de mauvaise surprise. Le langage doit être fluide, sans pour autant réciter un texte par cœur, à toi de trouver le juste milieu. Travaille ton pitch régulièrement au long de l’année, devant un miroir, tes amis, ta famille.

 

S’entraîner à décrire des images

Dans un deuxième temps pendant l’oral de Sciences Po, tu vas être amené à choisir une image parmi deux propositions et à en parler. Pour cela, entraîne-toi régulièrement pendant l’année à décrire et analyser des images variées (photographies, dessins, peintures, caricatures, etc.).

Ce faisant, tu seras prêt le jour J, quelles que soient les images sur lesquelles tu tomberas. N’oublie pas de présenter la source et la date si tu disposes de ces informations. Commence toujours par décrire ce que tu y vois, en général, et ensuite tu peux aller plus dans le détail. Rends compte au jury du message principal de l’image, ce qu’elle t’évoque. N’hésite pas à donner ton point de vue esthétique, les sensations que tu éprouves en la regardant, etc.

 

Travailler ses expériences et ne pas oublier les « points culture »

Lors du troisième temps de l’oral, tu devras échanger avec le jury qui va chercher à mieux te connaître. Tu seras très certainement amené à préciser ce que tu as mentionné en introduction lors de ta présentation (un loisir, une expérience professionnelle, une qualité, etc.). Pour cela, essaie d’avoir un stock d’exemples qui illustrent réellement qui tu es.

Prenons un exemple, tu as dit en introduction que tu aimais bien le bricolage. C’est alors le moment de préciser que tu aimes fabriquer les choses par toi-même, que tu adores conceptualiser des objets à partir de matières premières. L’exemple de la table basse en palettes vient illustrer tes propos.

Un second exemple, tu pratiques le tennis et tu l’as mentionné en introduction. À présent, c’est le moment de dire que ce sport t’a permis de développer une forte concentration, un fair-play, une ténacité, encore plus le jour où tu as fini par gagner le match en cinq sets.

Prépare aussi les questions culture ou actualité. Le dernier livre lu, film vu ou fait d’actualité qui t’ont marqué sont des points qui peuvent être abordés par le jury.

 

Multiplie les entraînements à l’oral

Au-delà du fond, la forme se travaille tout autant. Réalise des petits exercices pour travailler ton rythme de voix et le ton. Pour cela, tu peux t’amuser à lire un texte de manière très lente, puis très rapide, ou avec une tonalité dramatique, puis fantastique, l’idée est que tu sois plus flexible dans ta manière de parler. Tu peux aussi réaliser des exercices de diction (les fameux C’est un chasseur sachant chasser sans son chien… ou Les chaussettes de l’archiduchesse sont-elles sèches ?).

Par ailleurs, regarde les journaux télévisés ou des interviews pour repérer ce qui rend agréable un discours, et essaie ensuite de le reproduire. Demande à tes parents ou à tes amis qu’ils t’aident à identifier tes tics de langage pour tenter de les corriger.

Bref, tu parles tous les jours, voilà autant d’occasions pour t’entraîner à prendre la parole en public, à avoir une voix portante et convaincante !

 

Te voilà désormais au point sur les modalités des nouvelles épreuves du concours de Sciences Po, ainsi que sur les enjeux qui en découlent. Tu as également les clés méthodologiques pour gérer ta préparation, maintenant, tu n’as plus qu’à appliquer ces nombreux conseils. Bon courage à toi !

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