Étudier à l’étranger après le bac : une fausse bonne idée ?

Partir à l’étranger et découvrir de nouvelles cultures est le rêve de nombreux lycéens et l’objectif de beaucoup d’étudiants. C’est à la fois une opportunité pour voyager, pour améliorer sa connaissance d’une langue étrangère et pour faire des rencontres ! Mais la plupart des étudiants partent sans se rendre compte de l’envers du décor. On te donne dans cet article toutes les clés pour décider si étudier à l’étranger après le bac est, oui ou non, une bonne idée.

 

Les différentes options pour étudier à l’étranger

L’échange universitaire

C’est l’option la plus connue et la plus répandue : elle consiste à partir un semestre ou un an dans une université à l’étranger pour y suivre des cours. Cela permet de connaître une autre culture et surtout de mieux parler une langue étrangère. De nombreuses grandes écoles imposent d’ailleurs de partir à l’étranger pour obtenir son diplôme. Ainsi, la L3 à Science Po se fait entièrement dans une université partenaire et les élèves en école d’ingénieur ou de commerce partent souvent en deuxième année, pour une durée d’environ 6 mois. Certaines écoles ont même des campus à l’étranger !

Pour ce qui est de l’université, l’échange le plus connu est Erasmus+, qui permet d’étudier un an dans l’un des 27 pays de l’Union Européenne. Les étudiants français partent généralement en L2, mais il est possible de faire un échange à n’importe quel moment de tes études supérieures. Les diplômes en université sont de toutes façons reconnus, puisqu’en Europe toutes les universités suivent le schéma licence-master-doctorat. Mais il existe aussi d’autres possibilités d’échanges universitaires hors Europe ! La plupart des université ont noué des partenariats bilatéraux avec leurs homologues étrangères.

 

Faire la totalité de ses études à l’étranger

Il est également possible de partir pour longtemps après le bac, en choisissant de suivre un cursus complet à l’étranger. Cela permet de découvrir des modes d’apprentissage différents, qui peuvent peut-être mieux te correspondre. Tu peux aussi éviter des filières trop sélectives en France : chaque année, des centaines d’étudiants vont ainsi étudier la médecine ou les études paramédicales en Belgique, où l’on peut obtenir plus facilement la première année. Attention toutefois à t’y prendre assez tôt pour les inscriptions : les universités étrangères ne passent pas par Parcoursup et c’est parfois difficile d’obtenir toutes les informations.

Bien sûr, faire ses études à l’étranger ne veut pas dire partir directement après le bac : tu peux très bien faire un master dans un autre pays après une licence en France, ou te réorienter.

 

Faire un séjour linguistique

Si tu aimerais découvrir une nouvelle culture sans pour autant t’immerger complètement à l’étranger, le séjour linguistique est un bon compromis : il permet de perfectionner la pratique de la langue et de voyager sur un temps plus court, allant de quelques semaines à quelques mois.

 

Le stage ou le service civique

Partir à l’étranger sans étudier dans une université, c’est possible ! Tu peux par exemple réaliser un stage dans un autre pays. C’est le meilleur moyen de découvrir d’autres façons de travailler et la pratique forcée de la langue t’aidera forcément à t’améliorer. Si tu ne trouves pas de stage dans un domaine qui t’intéresse ou si ton école ou université ne délivre pas de convention, tu peux aussi partir en service civique jusque tes 26 ans. Le service civique est une mission rémunérée de 6 à 12 mois, qui te permet à la fois d’acquérir de l’expérience professionnelle et de découvrir un pays lorsque la mission est à l’étranger. Tu peux trouver toutes les offres ici.

 

Ce que t’apporte l’expérience à l’international

Perfectionner la pratique de la langue

Cela paraît évident, mais c’est la première raison qui pousse de nombreux étudiants chaque année à sauter le pas et à étudier à l’étranger. Dans un autre pays, tu es de facto obligé de parler la langue locale (ou l’anglais dans certains cas), et cela va t’aider à te perfectionner. Tu seras plus à l’aise à l’oral et tu apprendras énormément de vocabulaire sans t’en rendre compte. De plus, parler couramment une langue étrangère est une compétence très prisée lorsqu’il s’agit de trouver un emploi !

 

Découvrir une autre culture

Partir à l’étranger est synonyme d’aventure et de découvertes. En immersion, tu pourras découvrir pleinement une autre culture, et t’accoutumer à différents modes de vie, que ce soit au niveau des traditions ou de la nourriture. Découvrir une autre culture et visiter un pays étranger te permettra à la fois d’acquérir une plus grande ouverture d’esprit et de créer de bons souvenirs. Bien sûr, partir à l’étranger est aussi une opportunité pour voyager ! N’hésite pas à faire du tourisme dans le pays où tu vis et éventuellement dans les pays voisins, c’est l’occasion de découvrir plein de choses.

Au-delà de la vie quotidienne, la culture étrangère se retrouve fortement sur les bancs de l’école. Étudier à l’étranger te permettra de découvrir d’autres méthodes d’apprentissage. Celles-là peuvent varier énormément d’un pays à l’autre : plus de travaux de groupes, moins de cours magistraux, plus de lectures à préparer en amont… C’est aussi un moyen de comprendre la façon dont toi, tu préfères travailler, cela te sera très utile pour ta vie professionnelle.

 

Gagner en autonomie

Étudier à l’étranger implique de partir loin de ta famille pendant un temps assez long. Si tes proches peuvent te manquer, c’est aussi une occasion de gagner en autonomie. Tu vivras forcément de manière indépendante, que ce soit en internat, en colocation ou en appartement. Cela peut être aussi plus difficile de se faire rapidement des amis, dans le sens où il est nécessaire de parler tout le temps dans une langue étrangère. Si tu appréhendes l’idée de te retrouver seul, tu peux commencer par vivre en France sans tes parents pour t’aider à être plus autonome. Mais faire le grand saut te sera forcément bénéfique : tu apprendras à te débrouiller dans un environnement différent dans lequel tu ne comprends pas forcément tout, tu gagneras grandement en maturité et tu pourras t’épanouir.

 

L’expérience à l’international, une compétence très recherchée

Partir en échange ou étudier complètement à l’étranger sera indéniablement un plus sur ton CV : de nombreux recruteurs favorisent les candidats avec une expérience de mobilité. Les raisons ? Ce sont toutes les compétences que l’on a citées plus haut ! L’avantage professionnel de parler couramment une langue étrangère est évident. Mais la découverte d’une autre culture et de différentes méthodes d’apprentissage est aussi convoitée par les recruteurs : tu sais parfaitement t’adapter à différents modes de travail. Une personne autonome, ouverte sur les autres cultures et parlant couramment une autre langue est un profil très recherché dans le monde professionnel.

 

Les pièges à éviter lorsque l’on étudie à l’étranger

S’il est clair que partir au moins quelques mois à l’étranger sera pour toi une très belle expérience à valoriser sur ton CV, il faut tout de même prendre en compte plusieurs détails non négligeables.

 

L’écueil financier

Partir étudier à l’étranger peut te coûter assez cher. Si tu pars en échange avec ton école ou ton université, les frais de scolarité sont souvent pris en compte. Mais si tu pas de manière indépendante, il faut considérer ce facteur : faire des études supérieures coûte très cher dans de nombreux pays. Au-delà des simples frais de scolarité, le prix des accommodations est aussi élevé. Bien sûr, le coût de la vie est différent en fonction des pays et peut même devenir plus avantageux qu’en France. Cependant, penses bien à prévoir tes dépenses avant de partir : il faudra payer le billet d’avion et prendre un logement, certes, mais tu vas aussi voyager ! Prévois un budget voyage approprié à tes envies et tes besoins.

Partir à l’étranger est un privilège, on le sait, mais ne laisse pas la question financière t’empêcher de voyager ! Il existe différentes solutions pour financer ton voyage : tu peux par exemple travailler à l’étranger, ou travailler en France pour économiser. Être au pair est aussi un très bon compromis. De nombreuses familles cherchent des jeunes étrangers pour apprendre une langue à leurs enfants. Tu seras logé et nourri gratuitement en échange de quelques heures de baby-sitting : passer du temps avec les enfants, aller les chercher à l’école et les aider à faire leurs devoirs. Si tu aimes les enfants, c’est une solution économique qui permet de faire de belles rencontres ! Tu peux aussi avoir droit à différente aides pour la mobilité, quelle que soit ta destination.

 

Les problèmes logistiques et administratifs

Découvrir une nouvelle culture s’accompagne malheureusement de la découverte d’un nouvel appareil administratif. Tu dois être très vigilant sur ce point, car certains problèmes sont vites arrivés.

Tout d’abord, il est nécessaire d’avoir un visa pour voyager dans certains pays. Renseigne-toi sur le type de visa auquel tu as droit (normalement un visa étudiant) et fais ta demande bien en avance ! Les délais peuvent être importants. Si tu pars dans un pays qui ne nécessite pas de visa mais que tu espère voyager, planifie les destinations à l’avance : si tu pars en Europe de l’est et que tu veux visiter Moscou, tu auras besoin d’un visa pour entrer sur le territoire russe.

Regarde aussi la protection sociale de ton pays d’accueil : peu de pays ont des services médicaux aussi bien développés que la France. Prendre une assurance en cas d’accident (même léger) ou de maladie peut s’avérer intéressant. Bien sûr, sois à jour dans tes vaccins et renseignes toi avant de partir sur les possible vaccins supplémentaires à réaliser.

De plus, fais attention à la majorité : elle n’est pas la même dans tous les pays et ne permet pas d’accéder aux même droits. Aux Etats-Unis, la majorité est fixée à 21 ans, certes, mais tu pourras conduire même si tu n’as pas atteint cette âge (sous réserve d’avoir le permis).

 

Le choix difficile de la destination

L’important lorsque tu étudies à l’étranger, c’est de bien choisir ta destination, surtout avec le contexte actuel. La crise sanitaire a entraîné une forte baisse du nombre de demandes d’échange universitaires, peut-être à raison. Pour choisir ta destination, renseigne toi bien sur la situation sanitaire avant : besoin de réaliser une quarantaine en venant de France ou non, forte probabilité d’être confiné dans le pays étranger ou non. C’est d’autant plus difficile de prendre le « paramètre » du coronavirus en compte que l’on ne peut pas prévoir les évolutions à l’avance.

En revanche, tu peux prévoir les différents accords qu’ont les pays avec la France. Si tu pars dans le cadre d’un échange, il n’y aura pas de problème car tu partiras dans une université partenaire de ton école. En revanche, si tu veux étudier à l’étranger, de nombreux paramètres entrent en compte. Il est d’abord nécessaire de regarder la validité de ton diplôme en France : tu pourras un jour décider d’y retourner pour travailler et tu auras besoin d’un diplôme valable. Il faut aussi se renseigner sur les frais de scolarité et les aides possibles. Avec le Brexit, les aides pour les étudiants français partant au Royaume-Uni n’existent plus. Les frais de scolarités sont majorés pour les nouveaux arrivants en Angleterre. Ce n’est pas le cas en revanche si tu veux étudier en Ecosse, au Pays de Galles ou en Irlande du Nord.

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