Comment j’ai eu 20 au bac en espagnol : mes conseils

Il y a quelques années, j’ai eu 20/20 aux épreuves du baccalauréat en espagnol LV2. Dans cet article, je te partage mes quinze conseils et la méthodologie suivie pendant mon année de terminale. Tu pourras ainsi t’en inspirer pour progresser en espagnol et mettre toutes les chances de ton côté pour les épreuves du bac. ¡Vamos!

 

Conseil n° 1 : se motiver !

Sans motivation, difficile de se mettre au boulot, n’est-ce pas ? C’est pour cette raison que mon premier conseil (qui peut paraître banal) est de se motiver à travailler l’espagnol.

Il faut donc que tu trouves un intérêt à étudier l’espagnol, même si tu ne prends pas cette matière très au sérieux car c’est une LV2 t’occupant seulement quelques heures par semaine.

Voici cinq arguments qui vont t’aider à te mettre au boulot :

  1. C’est une langue qui n’est pas si complexe que tu le crois (même si certains points de grammaire ou de conjugaison requièrent tout de même une certaine rigueur). L’espagnol est proche du français, les deux langues ont des racines latines communes ainsi que le même alphabet. Tu auras, en principe, moins de difficultés à travailler l’espagnol que le chinois ou le russe !
  2. Cette matière peut te rapporter des points au baccalauréat, et pourquoi pas une mention ! Même si le coefficient reste peu élevé par rapport à d’autres matières, l’espagnol LV2 présente souvent des épreuves faisables, sans grandes surprises (à condition d’avoir bien bossé toute l’année !).
  3. La progression peut être rapide si tu t’y mets sérieusement. En quelques semaines, tu peux voir tes notes grimper !
  4. C’est l’occasion de découvrir la culture et la langue d’un pays voisin mais aussi d’un continent entier. L’Espagne et l’Amérique latine sont des territoires extrêmement riches et non moins intéressants.
  5. Sur un CV ou en voyage, il est toujours bien utile de maîtriser la deuxième langue la plus parlée au monde (avec plus de 460 millions de locuteurs natifs !).

 

Conseil n° 2 : faire un bilan de ses forces et de ses faiblesses

Comme je le suggérais pour la LV1 (en l’occurrence, souvent l’anglais), avant de se lancer dans de grands chantiers et le plus tôt possible, il convient de faire une autoévaluation de tes aptitudes en espagnol. 

Comme toute langue vivante, elle repose sur différentes compétences et il est utile de savoir lesquelles tu devras particulièrement bosser :

  • l’expression écrite ;
  • l’expression orale ;
  • la compréhension écrite ;
  • la compréhension orale.

Sans oublier les bases de grammaire et de conjugaison, le vocabulaire et des éléments de civilisation qui s’utilisent au sein des quatre compétences mentionnées.

Pour t’évaluer, essaie d’être honnête avec toi-même et détermine les domaines où tu es plus ou moins à l’aise. Cherche à ne pas sous-estimer ni surestimer ton niveau. Tu peux faire ça simplement : indique une note pour évaluer tes compétences (comme des « ++/+ » là où tu es bon et des « – –/– » là où c’est un peu plus compliqué pour toi). L’important est de hiérarchiser les compétences. 

Si tu as du mal à faire cette autoévaluation, aide-toi de tes résultats ou bien demande à ton professeur, il saura t’aider.

Une fois que tu as fait ce bilan, alors il est bien plus facile pour toi de t’organiser et de savoir quoi travailler : tu connais désormais les aspects que tu dois bosser à fond pendant l’année et ceux pour lesquels tu peux être un peu plus tranquille. L’objectif étant que tu sois le plus homogène possible dans ton niveau de langue. Mieux vaut être de niveau « moyen » mais homogène que très fort en expression orale et très faible en compréhension écrite par exemple ! Bien entendu, tu vas viser haut et chercher à être bon, voire très bon !

 

Conseil n° 3 : se constituer une base solide de connaissances

Pour pouvoir progresser en espagnol, il est essentiel de te constituer et/ou de renforcer une base solide de connaissances. Cette base est constituée de l’ensemble des règles de grammaire, de conjugaison, du lexique que tu emmagasines depuis tes débuts en espagnol. Il n’y a pas de miracle, ce sont des choses qui s’apprennent : alors on prend son courage à deux mains et on s’y met !

Si tu as déjà une base correcte de connaissances, plutôt solide (tu connais les principales règles), tu n’es pas épargné par le travail ! Je te conseille de réviser régulièrement pour bien maîtriser et approfondir tes connaissances. Revoir les règles et t’exercer ne pourra pas te faire de mal !

Si tu estimes que ton niveau est moyen, dans ce cas, je te conseille de reprendre les diverses règles et vérifier que tu les comprends bien. Entraîne-toi aussi grâce à des exercices de différents niveaux, du plus facile au plus difficile.

Si ta base de connaissances est encore fragile, il va falloir la bâtir. Plus précisément, tu dois apprendre les règles, bien les intérioriser et t’exercer. Dans ton manuel scolaire (ou sur des blogs de professeurs sur Internet), tu trouveras toutes les règles à connaître pour le baccalauréat.

 

Conseil n° 4 : se focaliser sur une ou deux règles de grammaire par semaine

Quel que soit ton niveau, je pense qu’il est pertinent de te fixer un objectif raisonnable et réalisable, à savoir une ou deux règles à travailler chaque semaine. Fixe-toi un créneau pour être sûr d’avoir le temps de travailler.

Si tu as un bon niveau et que tu connais déjà la règle en question, relis-la et exerce-toi. Tu peux te réserver un créneau en milieu de semaine, ou le week-end pour ce faire.

Si ton niveau est moyen ou faible, je te conseille de :

  • (re)découvrir la règle en début de semaine, le lundi par exemple. C’est le moment d’apprendre la règle, de te l’approprier. N’hésite pas à faire une petite fiche si tu penses que c’est utile pour toi. Fais aussi quelques exercices faciles pour mettre en application la règle ;
  • relire la règle en milieu de semaine. Tu peux ainsi réactiver tes connaissances. C’est le moment de choisir des exercices un peu plus difficiles ;
  • réviser la règle le week-end. Idem, tu réactives à nouveau la règle dans ta mémoire. N’oublie pas de faire encore quelques exercices.

Et quel que soit ton niveau, pendant les petites vacances et avant chaque DS, revois l’ensemble des règles que tu as apprises depuis le début.

 

Conseil n° 5 : varier les supports pour réviser les règles

Le manuel de cours est un bon support (avec les règles, le cours, les exercices, etc.), mais tous les élèves n’en disposent pas forcément, et dans la cas contraire, il peut être un peu lassant.

N’hésite pas à varier les supports pour réviser :

 

Conseil n° 6 : maîtriser les verbes irréguliers

Comme pour l’anglais, les verbes irréguliers en espagnol sont incontournables ! Tu dois les savoir sur le bout des doigts : les correcteurs sont intransigeants à ce propos, justement parce qu’il « suffit » de les apprendre. Si tu fais cet effort (et ça vaut le coup), tu pourras déjà éviter des erreurs dans ta copie.

Que ton niveau soit très bon, moyen ou plus faible, mon conseil est le même : procure-toi la liste des verbes irréguliers (donnée par ton prof, présente dans ton livre ou sur Internet). Puis divise cette liste de manière à avoir une dizaine de verbes à travailler par semaine. Chaque semaine, quel que soit ton niveau, tu les apprends et/ou les révises. Et avant chaque interrogation ou DS ainsi qu’à chaque période de vacances, force-toi à réviser la liste totale.

Tu t’en rendras compte très vite, en les connaissant, ton expression sera plus fluide, tu seras plus à l’aise et tu gagneras en confiance par la même occasion !

 

Conseil n° 7 : enrichir son vocabulaire

Apprendre du vocabulaire est souvent perçu comme une tâche ennuyeuse, lassante, toutefois, un lexique plus riche te permettra de t’exprimer avec plus de fluidité et de mieux comprendre les documents écrits et oraux. Tu l’as compris, le vocabulaire est un (grand) pas vers la progression.

Comme pour le vocabulaire en anglais, l’image du couteau suisse est pertinente. Un couteau suisse, c’est quelque chose de solide, on l’a toujours à proximité et c’est multitâche. Pour le vocabulaire de langue, c’est exactement la même chose :

  • solide parce qu’il faut que tu connaisses sérieusement le lexique ;
  • toujours à proximité parce qu’il faut être capable de t’en souvenir et de le mobiliser rapidement ;
  • multitâche parce qu’il existe différents types de vocabulaire en fonction des besoins :
    • technique (connecteurs logiques, adverbes, tournures de phrases, etc.) ;
    • thématique (école, économie, santé, voyage, etc.) ;
    • les faux-amis.

Pour enrichir ton vocabulaire, je te recommande de te constituer des fiches pour chaque type de vocabulaire, à alimenter toute l’année, à apprendre et à réviser très souvent. Pour le contenu de ces fiches, tu peux d’abord piocher dans le cours de ton professeur.

Sois curieux, regarde aussi dans ton manuel scolaire (qui propose des listes, en particulier pour le vocabulaire au programme et les connecteurs) et sur Internet (les blogs, les sites de grammaire).

De mon côté, j’avais un petit « truc » qui marchait très bien : j’entretenais une fiche de vocabulaire « premium » courte et pertinente. Elle contenait quelques expressions ou mots qui sortaient un peu de l’ordinaire, appréciés des professeurs, et que je cherchais à remettre dans ma copie si je pouvais (sans pour autant en abuser).

Enfin, pour travailler le vocabulaire, comme en anglais, cela se fait sur du long terme et en plusieurs étapes :

  1. Étape 1 : découvrir et prendre note du vocabulaire sur une fiche. Sois concentré pour que ce soit efficace, car c’est à ce moment que ton cerveau retient le mot.
  2. Étape 2 : réviser. Toutes les semaines (ou toutes les deux semaines), pour te souvenir de la liste, tu la révises.
  3. Étape 3 : utiliser les mots. En te forçant à utiliser un mot régulièrement, il va finir par entrer dans le lexique que tu utilises fréquemment. Ce sera fluide et le mot te viendra à l’esprit presque « automatiquement ».

 

Conseil n° 8 : lire en espagnol

Pour habituer ton cerveau et ta mémoire à la langue espagnole, quoi de mieux que de lire régulièrement en espagnol ? L’important n’est pas la quantité, mais la qualité : dit autrement, rien ne sert de lire des dizaines de pages, mieux vaut choisir les bons supports et lire régulièrement.

En ce qui concerne les supports, voici deux sources intéressantes :

  1.  La presse espagnole. La lecture de la presse espagnole est un très bon réflexe. Tu l’as compris, inutile de s’attaquer à des articles énormes ou complexes, quelques lignes suffisent. Consulte les sites des principaux journaux espagnols : El País, El Mundo, La Razón.
    Personnellement, en terminale, je lisais la revue Vocable (qui existe aussi en ligne), qui regroupe des courts extraits de journaux, accompagnés de la traduction des mots les plus importants. Je trouvais ça très utile !
  2. La littérature abordable. Tous les textes qu’on peut lire pendant l’enfance/l’adolescence sont faciles d’accès (en termes de vocabulaire et de style d’écriture). Qu’attends-tu pour les lire en espagnol ?!  Un exemple tout bête : Le Petit Prince !

Fixe-toi un objectif réalisable : deux ou trois petits textes par semaine (deux articles par exemple et un extrait d’une histoire pour enfant). N’oublie pas de réaliser une lecture bien active et concentrée. Prends en note le vocabulaire, les expressions ou tournures de phrases. Enfin, pour travailler la prise de parole à l’oral, la prononciation et ton accent, pourquoi ne pas lire le texte une seconde fois à voix haute ?

 

Conseil n° 9 : écrire en espagnol

L’expression écrite peut être un exercice assez déboussolant, encore plus quand on doit le travailler en solo. Il est donc important que tu profites de chaque exercice en classe pour t’exercer à l’écrit. Interrogation, DS ou exercice classique, c’est à chaque fois une occasion pour toi de t’entraîner. Prends bien en note la correction pour repérer les erreurs mais aussi tes points forts !

N’hésite pas non plus à écrire seul, chez toi. Tout est bon à prendre pour progresser ! En réalité, tu es libre, puisque tu peux écrire sur tout ! Description d’un paysage, portrait physique, synthèse d’un texte, etc. Essaie de varier (les plaisirs) car les attendus sont différents d’un exercice à l’autre. L’idéal ensuite est de faire corriger ce texte par ton professeur ou quelqu’un de proche qui a un très bon niveau.

Petit conseil : ce qui est intéressant quand on écrit seul chez soi, c’est de prendre en note les points où on bloque, pour ensuite les retravailler (par exemple, note si tu bloques quand tu dois choisir entre ser ou estar, ou alors sur la conjugaison de l’imparfait, ou encore le lexique du voyage).

 

Conseil n° 10 : parler en espagnol !

Comme pour l’expression écrite, je te conseille de saisir toutes les occasions possibles pour t’exprimer en espagnol.

Lors de chaque cours, même si ce n’est pas facile (pour un tas de raisons : parce que tu es timide, parce que vous êtes beaucoup dans ta classe, etc.), essaie de prendre la parole au moins une fois. Même si tu ne fais que répondre ou poser une question, c’est toujours l’occasion de travailler ta grammaire, ta prononciation, etc.

Quand tu travailles et relis tes cours, fais-le aussi à voix haute : tu pourras alors travailler la prononciation, l’intonation et l’accent.

Si tu as la chance d’avoir un hispanophone dans les parages, fonce ! 5, 10 ou 15 minutes de conversation font progresser très rapidement !

 

Conseil n° 11 : joindre l’utile à l’agréable pour la compréhension orale

Pour travailler et progresser (presque) sans t’en rendre compte, je te conseille de regarder des films et des séries en version originale !

Non seulement c’est bien plus agréable (les doublages laissent souvent à désirer !) mais surtout, en version originale, ton cerveau va peu à peu s’habituer à la prononciation et aux accents authentiques. De même, c’est également un excellent moyen de te familiariser avec des tournures de phrases et des expressions typiques.

Pour réellement progresser, cela suppose que tu sois concentré et attentif ! N’hésite pas à mettre les sous-titres, les dialogues seront plus faciles à comprendre. Mets-les en espagnol et si vraiment le niveau est trop élevé, dans ce cas, tu peux passer aux sous-titres français.

 

Conseil n° 12 : s’immerger une minute par jour en Espagne grâce à la radio

En plus des séries et des films, un autre moyen permet de bien progresser : la radio. Il suffit d’écouter une minute par jour de radio (le journal, par exemple) pour s’habituer au débit, aux accents, aux intonations. La fameuse Radio Nacional fera largement l’affaire !

Ne t’inquiète pas, au début le débit te paraîtra fou ! Les journalistes espagnols parlent en effet très vite. Mais ne te décourage pas, petit à petit, ton oreille va s’y faire.

Garde en tête que le document de l’épreuve de compréhension orale peut-être un extrait radiophonique.

Et si tu veux pousser l’exercice plus loin, après avoir écouté la radio, exerce-toi en réalisant une petite synthèse à l’oral ou à l’écrit.

 

Conseil n° 13 : connaître la civilisation hispanique

Connaître les principaux éléments de la civilisation hispanique est un des critères qui sera évalué dans les différentes épreuves du baccalauréat. Chacune des épreuves portera forcément sur un fait d’actualité ou un fait de société pour lequel des connaissances de civilisation te seront bien utiles. En effet, si tu connais déjà plus ou moins la thématique, le lexique et les enjeux qui y sont liés, alors tu seras beaucoup plus à l’aise avec les documents (aussi bien pour les comprendre, comprendre la consigne et y répondre). La civilisation n’est donc pas à négliger !

Pour travailler la civilisation, commence par t’appuyer sur le cours du professeur : reprends le lexique thématique, mémorise les dates, les enjeux, les débats, les personnages importants.

Afin de compléter ce cours, tu peux varier les supports (Internet, des vidéos, la radio, la presse, etc.). Personnellement, je me servais des documents (articles, vidéos) que j’utilisais pour la compréhension écrite et la compréhension orale. Je faisais des fiches thématiques, avec les dates importantes, les personnages et les enjeux. Et quand il y avait une actualité un peu plus fraîche, je mettais à jour ces fiches.

 

Conseil n° 14 : réviser régulièrement

Mon conseil concernant les révisions pourrait s’appliquer à toutes les matières : réviser régulièrement ! Tu dois retenir des connaissances multiples et de natures très variées, si tu ne révises pas fréquemment, tu risques de tout oublier et de devoir apprendre à nouveau (ce qui serait une grosse perte de temps !). En révisant régulièrement, ta mémoire réactive tes connaissances.

Ma méthode de révisions était la suivante :

  • Révisions très régulières du vocabulaire (même sans interro prévue) : c’est peut-être la chose qu’on risque d’oublier le plus vite. On en a déjà parlé plus tôt, il faut réviser les fiches de vocabulaire très souvent.
  • Révisions ponctuelles lors d’interrogations ou de DS : je me concentrais sur les points de grammaire qui allaient tomber. Je revoyais le cours et faisais des exercices en lien.
  • Révisions complètes avant chaque DS : je révisais tout mon vocabulaire, les points de grammaire principaux et la civilisation. Je revoyais aussi les anciens DS pour avoir en tête mes points faibles (et me fixais un petit objectif d’amélioration).

Tu peux aussi consulter les annales de sujets tombés récemment, cela te permettra de te mettre dans les conditions et de savoir à quel type de questions tu devras répondre.

 

Conseil n° 15 : concentration et efficacité maximales le jour J !

Je termine avec quelques astuces pour cartonner le jour J :

  1. Prendre le temps de bien lire les consignes pour ne pas faire de contresens.
  2. Bien lire ou écouter les documents.
  3. Utiliser tout le temps qu’on nous donne et se relire !
  4. Se relire pour supprimer toutes les fautes bêtes (ser ou estar, les prépositions, les pronoms) !
  5. Être vigilant aux faux-amis.
  6. Ne pas paniquer si on ne comprend pas un mot, le contexte aidera à saisir l’idée principale.

 

 

Je pense que tu l’as compris, ça vaut le coup de s’investir pleinement dans l’espagnol LV2 ! Cela te sera utile au lycée, mais aussi pour la suite. L’espagnol se travaille progressivement et les épreuves ne se préparent pas en une semaine ! Mais la bonne nouvelle étant que tu peux progresser rapidement ! Fais-toi confiance, si tu appliques ces conseils, ton année devrait bien se passer, ainsi que les épreuves du baccalauréat. Bon courage à toi pour cette année et pour les épreuves du bac !