Le travail – Bac de philosophie

Voici une notion phare du bac de philosophie – le travail. On vous explique tout ce qu’il faut savoir pour réussir l’épreuve haut la main !

 

Le travail – la définition

Le concept de travail a plusieurs sens :

  • Activité productive qui revient à transformer ou façonner un matériau brut. Le travail agit sur la nature en la transformant.
  • Résultat de cette activité
  • Métier, profession
  • Tourmente, peine. Le travailleur réfrène certaines de ses penchants spontanés pour réaliser son labeur. Les récits et mythes fondateurs ont justifié la nécessité du travail en la présentant comme une punition.

Contrairement au travail, le jeu et le loisir sont des activités désintéressées dont la motivation principale est le plaisir qu’on y trouve.

Tout travail implique l’utilisation de moyens techniques (pensez à croiser les concepts et textes des sujets du bac philosophie. Cela vaut particulièrement pour les sujets du travail et de la technique.)

La plupart des besoins humains ne peuvent être satisfaits que par le moyen d’un travail. Les travaux de la majorité des hommes sont faits pour leur subsistance. Les résultats du travail sont éphémères car ils sont destinés à être consommés et rendent dérisoire la peine qu’on s’est donnée pour les obtenir. Le travail est la reproduction monotone du cycle production-consommation. On parle d’assujettissement des hommes au travail.

Le labeur, cette peine, est-elle formatrice ? Le travail éduque l’homme en lui apprenant à maîtriser ses penchants (jouissance, oisiveté, passions) et traduit la préparation d’une action ou d’un projet.

La division des métiers permet l’acquisition d’une habileté. Mais l’extrême division des tâches est problématique parce que leur extrême parcellarisation ôte toute signification à leur exécution. (Exemple : Les temps modernes, Chaplin)

 

Le travail – les problématiques

Le sujet du travail en philosophie donne lieu aux questions suivantes :

  • Le travail est-il une source de reconnaissance sociale et d’accomplissement de soi ?
  • Le travail est-il essentiellement humain ? L’homme produit-il son humanité grâce au travail ?
  • Est-il raisonnable d’identifier le travail à l’emploi ? On risque de travailler uniquement pour ne pas être au chômage…
  • En nous donnant une discipline, le travail est formateur pour soi et pour l’espèce. La nécessité de lier travail et formation permet-t-elle de réaliser le rêve humaniste d’un travail « total », à la fois intelligent et actif ?

 

Le travail – les philosophes et leurs thèses

Vous trouverez ci-dessous une synthèse des propos de 3 auteurs majeurs sur le sujet du travail

Hegel, Phénoménologie de l’esprit : la dialectique du maître et de l’esclave

Quand on fait des choses, on s’approprie le monde : le travail donne forme à la réalité extérieure, à laquelle la conscience impose ses déterminations. Le travail fait accéder la conscience à l’intuition de son autonomie. Le travail servile contraint l’esclave à transformer la nature pour satisfaire un autre désir que le sien. En travaillant pour le maître, l’esclave assouvit le désir du maître (autre que le sien). Ce faisant, il réfrène son propre désir. Tandis que le maître est l’esclave de ses désirs, l’esclave façonne le monde par son travail, réalisation du désir d’un autre.

Le travail arrache l’homme à son existence immédiate en lui imposant la médiation du temps (différer la satisfaction des besoins).

Dans la nature façonnée par le travail, l’homme se reconnaît et s’affirme.

 

 

Marx, Manuscrits de 1844 : l’aliénation du travail

Pour Marx, l’exploitation économique du travail vient du fait que le le travail produit plus de valeur que le travailleur n’en reçoit.

L’homme ne se reconnaît pas dans son travail. Alors que l’essence du travail est d’être un projet conscient et volontaire.

« L’ouvrier place sa vie dans l’objet. Mais alors celle-ci ne lui appartient plus, elle appartient à l’objet. (…) L’aliénation de l’ouvrier dans son produit signifie non seulement que son travail devient un objet, une réalité extérieure, mais que son travail existe en dehors de lui, indépendamment de lui, étranger de lui, et devient une puissance autonome face à lui, que la vie qu’il a prêtée à l’objet s’oppose à lui, hostile et étrangère. »

 

 

Nietzsche, Aurore : le travail comme répression

Les anciens voyaient dans le travail l’expression de la soumission de l’homme à la nécessité ; tout au contraire, les modernes le glorifient comme ce qui fait honneur à l’homme. La glorification du travail traduit l’approbation tacite du pouvoir de répression du travail. La meilleure manière de manipuler les hommes est l’épuisement, en les faisant travailler. En empêchant l’homme de penser, puisqu’il travaille toute la journée, le labeur permet de régner sur des hommes disciplinés.

 

 

Le travail – un sujet expliqué – La division du travail sépare-t-elle les hommes ?

Il y a deux sens de la division du travail :

  • Division sociale des métiers
  • Division technique des tâches

La division du travail rend nécessaire la présence d’autrui, par exemple lors de la formation, du transfert d’un savoir-faire.

La division du travail peut se traduire par la mécanisation, et donc la séparation des hommes.

La division du travail entraîne un gain de productivité. Être dans une optique de productivité sépare-t-il les hommes ?

Avoir chacun sa tâche ou son métier, c’est travailler en ayant conscience que son travail répond à mon besoin et à celui des autres.

La division du travail est motivée par la reconnaissance du besoin des autres. Si les hommes sont liés par le besoin, sont-ils pour autant ensemble ? (Problème)

Partie 1 : La division du travail revient à considérer qu’il y a des autres. Elle ne séparerait pas les hommes…

    • On divise les tâches et les métiers pour être plus productif. La production de biens en grande quantité répond au besoin de plusieurs. La division du travail est donc la reconnaissance que d’autres que soi ont un besoin.

Platon, La République : La multiplicité des métiers répond à la multiplicité des besoins humains

    • Le travail est un lieu de socialisation

La division des tâches implique une collaboration : il y a toujours un contact à l’autre, même dans les postes les plus solitaires. Voire, avoir chacun son travail est clé dans la reconnaissance sociale.

Partie 2 : La division du travail sépare les hommes dans certaines conditions

    • La division du travail en plusieurs métiers discrimine les hommes. Chacun a son habileté.
    • La division technique des tâches confronte les hommes à une machine et anéantit l’échange avec les autres hommes.

Exemples :

  • Charlie Chaplin, les temps modernes. La surdivision technique des tâches est problématique, le travail n’a plus de sens. Le personnage de l’ouvrier ne comprend pas le but de son activité, et les liens de cause à effet qui la constituent. Le caractère répétitif et mécanique des gestes de l’ouvrier fait du travail une des pratiques humaines les moins intelligentes.
  • l’essor du télétravail avec les confinements et le manque de lien social qu’il suscite

Partie 3 : Pour aller plus loin, la confrontation avec la machine nie les autres

Dans L’imparfait du présent, Alain Finkielkraut affirme que le téléphone portable (une machine) sépare les hommes. Il rend aveugle et sourd à la présence d’autrui. Les gens qui discutent dans leur téléphone portable agissent comme si je n’étais pas là… Plus droit à la curiosité, à l’indifférence, à la considération.

  • Le besoin lie les hommes : peut-on vraiment dire qu’ils sont ensemble ?

La division du travail rend compte seulement d’une interdépendance entre les hommes, la convergence d’intérêts privés.

En ce sens, les hommes sont déjà séparés, la division du travail contribue plutôt à rapprocher les hommes, même si dans certains cas, au contraire, elle les sépare (machinisme, extrême parcellisation des tâches). (Conclusion)

 

N’hésitez pas à poursuivre vos révisions avec d’autres fiches de philosophie comme la fiche sur la vérité