Les sujets du bac de philosophie 2016 (S-ES-L)-France métropolitaine

Le bac approche et vous souhaitez vous entraîner à l’épreuve de philosophie ? Voici les sujets des épreuves de philosophie du bac 2016.

Sujets de l’épreuve du bac de philosophie L

L’épreuve de philosophie pour les candidats en voie L est coefficient 7. Voici les sujets sur lesquels les étudiants de 2016 ont travaillé.

Sujet 1 – Nos convictions morales sont-elles fondées sur l’expérience ?
Sujet 2 – Le désir est-il par nature illimité ?
Sujet 3 – explication de texte : Hannah ARENDT, « Vérité et politique », 1964.
Expliquer le texte suivant :
Est-ce qu’il existe aucun fait qui soit indépendant de l’opinion et de l’interprétation ? Des générations d’historiens et de philosophes de l’histoire n’ont-elles pas démontré l’impossibilité de constater des faits sans les interpréter, puisque ceux-ci doivent d’abord être extraits d’un chaos de purs événements (et les principes du choix ne sont assurément pas des données de fait), puis être arrangés en une histoire qui ne peut être racontée que dans une certaine perspective, qui n’a rien à voir avec ce qui a eu lieu à l’origine ? Il ne fait pas de doute que ces difficultés, et bien d’autres encore, inhérentes1 aux sciences historiques, soient réelles, mais elles ne constituent pas une preuve contre l’existence de la matière factuelle, pas plus qu’elles ne peuvent servir de justification à l’effacement des lignes de démarcation entre le fait, l’opinion et l’interprétation, ni d’excuse à l’historien pour manipuler les faits comme il lui plaît. Même si nous admettons que chaque génération ait le droit d’écrire sa propre histoire, nous refusons d’admettre qu’elle ait le droit de remanier les faits en harmonie avec sa perspective propre ; nous n’admettons pas le droit de porter atteinte à la matière factuelle elle-même. Pour illustrer ce point, et nous excuser de ne pas pousser la question plus loin : durant les années vingt2, Clémenceau, peu avant sa mort, se trouvait engagé dans une conversation amicale avec un représentant de la République de Weimar3 au sujet des responsabilités quant au déclenchement de la Première Guerre mondiale. On demanda à Clémenceau : « À votre avis, qu’est-ce que les historiens futurs penseront de ce problème embarrassant et controversé ? » Il répondit : « Ça, je n’en sais rien, mais ce dont je suis sûr, c’est qu’ils ne diront pas que la Belgique a envahi l’Allemagne. »

Sujet de l’épreuve du bac de philosophie ES

L’épreuve de philosophie pour les candidats en voie ES est coefficient 4. Voici les sujets sur lesquels les candidats de 2016 sont tombés.

Sujet 1 – Savons-nous toujours ce que nous désirons ?
Sujet 2 – Pourquoi avons-nous intérêt à étudier l’histoire ?
Sujet 3 – explication de texte : René DESCARTES, Principes de la philosophie (1644)
Expliquer le texte suivant :
[…] Parce que nous savons que l’erreur dépend de notre volonté, et que
personne n’a la volonté de se tromper, on s’étonnera peut-être qu’il y ait de l’erreur
en nos jugements. Mais il faut remarquer qu’il y a bien de la différence entre vouloir
être trompé et vouloir donner son consentement à des opinions qui sont cause que
nous nous trompons quelquefois. Car encore qu’il n’y ait personne qui veuille
expressément se méprendre, il ne s’en trouve presque pas un qui ne veuille donner
son consentement à des choses qu’il ne connaît pas distinctement : et même il arrive
souvent que c’est le désir de connaître la vérité qui fait que ceux qui ne savent pas
l’ordre qu’il faut tenir pour la rechercher manquent de la trouver et se trompent, à
cause qu’il les incite à précipiter leurs jugements, et à prendre des choses pour
vraies, desquelles ils n’ont pas assez de connaissance.

Sujet de l’épreuve du bac de philosophie du bac S

L’épreuve de philosophie est coefficient 3 pour les élèves en voie S. Voici les sujets sur lesquels ont travaillé les candidats en 2016.

Sujet 1 – Travailler moins, est-ce vivre mieux ?
Sujet 2 – Faut-il démontrer pour savoir ?
Sujet 3 – explication de texte : MACHIAVEL, Le Prince (1532).
Expliquer le texte suivant :
Néanmoins, afin que notre libre arbitre2 ne soit pas complètement anéanti, j’estime que la fortune peut déterminer la moitié de nos actions mais que pour l’autre moitié les événements dépendent de nous. Je compare la fortune à l’un de ces fleuves dévastateurs qui, quand ils se mettent en colère, inondent les plaines, détruisent les arbres et les édifices, enlèvent la terre d’un endroit et la poussent vers un autre. Chacun fuit devant eux et tout le monde cède à la fureur des eaux sans pouvoir leur opposer la moindre résistance. Bien que les choses se déroulent ainsi, il n’en reste pas moins que les hommes ont la possibilité, pendant les périodes de calme, de se prémunir en préparant des abris et en bâtissant des digues de façon à ce que, si le niveau des eaux devient menaçant, celles-ci convergent vers des canaux et ne deviennent pas déchaînées et nuisibles.
Il en va de même pour la fortune : elle montre toute sa puissance là où aucune vertu n’a été mobilisée pour lui résister et tourne ses assauts là où il n’y a ni abris ni digues pour la contenir.
1 « fortune » : le cours des choses.
2 « arbitre » : capacité de juger et de choisir.

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