L’homme est-il naturellement un être social ?

L’homme est-il naturellement un être social ? Pour répondre à cette question de dissertation de philosophie, vous allez devoir réviser vos références de philosophie politique. La société est en effet une notion complexe qui soulève plusieurs problématiques. Si vous maîtrisez les problématiques et les auteurs cités pour chacune des notions, l’épreuve ne devrait vous poser aucun problème. Gardez bien à l’esprit que chaque auteur peut être utilisé pour n’importe quelle dissertation liée à la société. L’exemple de problématique est là pour donner une ligne directrice, pas pour enfermer un auteur dans une catégorie.

 

Aristote et sa définition de l’être social

Une citation clé, l’homme un animal politique et non un être social 

« La cité fait partie des choses naturelles » / « l’homme est par nature un animal politique »

Les Politiques, Aristote, IVe siècle avant J.-C.

 

Un commentaire de l’œuvre

Au début de ses Politiques, Aristote s’attache à montrer rigoureusement le caractère naturel de la société autrement dit il s’efforce de démontrer que la société est une réalité naturelle et qu’il est naturel à l’homme de vivre en société.

 

Le finalisme

L’argumentation développée par le philosophe prend appui sur un pilier central de son système de pensée : le finalisme c’est-à-dire l’idée selon laquelle les choses ont une raison d’être ou que les choses existent en vue d’une fin.

Aux yeux d’Aristote, la nature est finalisée c’est-à-dire que la nature poursuit des fins ; elle ne fait rien en vain. De sorte que ce qui existe dans la nature existe en vue d’une fin.

 

La nécessité de la vie en société

Ainsi, le but fixé par la nature à l’homme est le bonheur qui passe nécessairement par la vie en société. Pour s’en rendre compte, il suffit de remarquer que l’homme possède le logos qui est aussi bien la parole et la raison. Comme les autres animaux, l’homme possède le phônê c’est-à-dire la voix, cette capacité à émettre des sons, des affects.

Mais il a une faculté que les autres animaux n’ont pas, celle de parler c’est-à-dire qu’outre d’être capable d’exprimer des affects (comme la joie ou la peine). Il a l’aptitude à forger et communiquer des valeurs indépendantes de lui comme le juste et l’injuste. Cette faculté l’amène naturellement à s’ouvrir à ses semblables et à vivre avec eux.  La société qui prend le nom de cité chez Aristote est donc issue de cette faculté naturelle dont dispose l’homme.

 

L’importance de la cité

Dans la cité, l’homme réalise sa nature d’homme, sa nature politique et c’est en cela que réside le bonheur de l’homme. La cité regroupe un ensemble de communautés : le couple, la famille, le village mais elle ne saurait se réduire à ces communautés. Elle est l’espace où l’homme use du logos autrement dit la communauté où l’homme délibère avec ses semblables sur le bien commun.

Un homme qui pourrait vivre en dehors de la cité n’en est pas un : il est soit une bête ou un Dieu dit Aristote. La communauté politique est une communauté naturelle qui vise le bonheur qui est le bien commun ou encore le bien-vivre. L’on peut ainsi noter que le bonheur ne se réduit pas à une affaire individuelle et n’est pas qu’une affaire de morale mais qu’il relève de la politique, de la société.

 

Concepts fondamentaux 

  • Le logos
  • La finalité/ Le finalisme
  • Cité
  • Le bonheur
  • La politique

 

 

Thomas Hobbes, l’homme face à l’état de nature

Une citation clé

« Nous ne cherchons pas de compagnons par quelque instinct de la nature ; mais bien l’honneur et l’utilité qu’ils nous apportent ».

De cive, Thomas Hobbes, 1642

 

Un commentaire de l’œuvre

La sociabilité naturelle et non finaliste de l’homme

Hobbes s’inscrit en opposition au finalisme aristotélicien impliquant une naturalité de la société et sociabilité naturelle de l’homme. Il remet donc en question le statut de l’homme comme être social.

Au fondement de son argumentation se trouve une vision mécaniste de l’homme et de la nature appréhendant la réalité comme un ensemble de mouvements réglés par des lois instaurant un jeu de causes et d’effets semblables aux réactions physiques.

 

L’état de nature ou la crainte de la mort

L’homme n’est pas un être social parce que la nature l’a fait tel. C’est une crainte mutuelle qui obligent les hommes à s’associer : la crainte de la mort violente dans la main de son semblable.

Pour penser la société, Hobbes, dans son Léviathan, 1651, comme beaucoup de philosophes modernes a recours à une fiction méthodologique, une expérience de pensée qui consiste à se demander ce qui se passerait si les hommes ne vivaient pas en société c’est-à-dire ensemble et soumis aux lois d’une autorité souveraine. Cet état appelé “état de nature” serait aux yeux de Hobbes un état de guerre, un état d’hostilité et de méfiance permanent toujours susceptible de dégénérer. La raison prescrit à l’homme de s’associer pour pourvoir à sa propre conservation.

La société est ainsi chez Hobbes le produit d’un contrat entre les hommes qui se soumettent à une autorité souveraine.

 

Concepts fondamentaux :

  • Mécanisme
  • État de nature
  • Autorité souveraine

 

 

N’oubliez pas d’apprendre les concepts fondamentaux pour chaque auteur. Ce sont pour la plupart des mots clés attendus par les correcteurs lors de l’exercice de dissertation.