La vérité – Bac de philosophie

La vérité est la conformité entre un jugement ou une pensée affirmant quelque chose à propos de quelque chose et l’état de fait auquel elle renvoie.

Définition de la vérité

On peut noter 3 sens du mot vérité :

  • Exactitude du jugement
  • Honnêteté, morale : dire la vérité, c’est s’engager conformément aux faits
  • Manifestation, ce qui se révèle, sortie hors de l’oubli

La vérité est une propriété du langage, non du réel. Vrai et faux sont des qualificatifs qui s’appliquent à des propositions et pas à des choses.

La vérité est un choix car nous pouvons choisir l’erreur, l’illusion ou le mensonge. La vérité relève avant tout de la liberté de l’homme.

Notions clés liées à la vérité

  • Vérité de fait : un énoncé est vrai parce qu’il correspond au réel qu’il décrit
  • Scepticisme : école philosophique qui considère qu’on ne peut atteindre aucune vérité
  • Dogmatisme : attitude d’une personne qui affirme de façon péremptoire ou admet comme vraies certaines idées sans discussion

Questions clés sur le sujet de la vérité 

Faut-il exclure la vérité du champ de la subjectivité ?

Toute vérité est-elle définitive ?

 

Pascal, Pensées : la vérité objective n’est qu’une face de la vérité

La raison prétend qu’elle est la seule source de vérité, qu’il n’y a que des vérités objectives. Il existe pourtant des vérités subjectives, que l’on peut atteindre via le cœur. La vérité de Dieu est atteinte par le cœur. Il existe des cas où la raison est impuissante…

« Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point » signifie que le cœur est une meilleure voie d’accès à Dieu que la raison, limitée.

 

Karl Popper, L’univers irrésolu : l’homme doit demeurer conscient que la quête du vraie est infinie

Les constructions intellectuelles qui constituent la science science n’atteignent pas forcément la réalité extérieure. Les théories préservent un écart avec l’objet qu’elles sont censées toucher. Les progrès de la science ne se traduisent pas par l’accumulation de connaissances mais par la rectification des connaissances. Nous nous approchons de la vérité par l’élimination des incertitudes et des erreurs. Il faut demeurer conscient que la quête du vrai est infinie.

 

Socrate : le projet de vérité

La vérité se définit par sa permanence et son universalité. Ce qui est vrai aujourd’hui le sera toujours. On peut établir via l’expérience la fausseté d’une hypothèse. Pour autant, il n’est pas possible d’en établir la vérité.

Pour connaître la vérité, il faut la retrouver, se l’approprier (via la maïeutique par exemple). Répéter une opinion censée être vraie n’est pas connaître la vérité. Ainsi, connaître est un projet. Cela représente un effort de l’esprit humain pour parvenir à une authentique vérité.

Maïeutique : façon dont l’interrogation socratique amène l’interlocuteur à retrouver la vérité par ses propres forces, sans qu’elle lui soit enseignée ou transmise. La maïeutique est liée à la théorie de la réminiscence, selon laquelle l’âme a contemplé les vérités éternelles avant de les oublier en séjournant dans le corps. Apprendre n’est que se ressouvenir.

 

Y’a-t-il des vérités indiscutables ?

Les vérités de fait comme l’histoire sont indiscutables. Un fait historique est vrai car il correspond au réel qu’il décrit. (Montrez toujours pourquoi le sujet est légitime, pourquoi la question se pose.)

Certaines vérités pourraient être remises en question par le dialogue (présupposé du sujet). La nature de la vérité, émise par quelqu’un, de l’ordre du discours, le permettrait. Tandis que la réalité est indépendante. Il y a toujours un écart entre une vérité, de l’ordre du discours, et le réel.

Dire qu’il y a des vérités indiscutables serait nier cet écart et assurer que toute vérité est immuable. Affirmer qu’il y a des vérités indiscutables remet en cause l’essence même de la vérité, qui demeure un énoncé, un propos. En affirmant qu’il y a des vérités indiscutables, ne court-on pas le risque de se tromper ? (Problème)

1.Il existe des vérités indiscutables

  • Certaines vérités sont jugées par leur correspondance avec leur réel. Vérités de fait : histoire, sciences dures, mathématiques. Exemple du dogmatisme : disposition d’esprit d’une personne à affirmer de façon péremptoire ou à admettre comme vraies certaines idées sans discussion. Le jugement de connaissance est universel est objectif.
  • D’autres sont jugées vraies par la personne qui l’énonce et la façon d’énoncer (démonstration claire et juste). Michel Foucault, L’ordre du discours : le sophiste énonce des vérités indiscutables.

Transition : les écueils du sophisme montrent bien que le fait de ne pouvoir discuter une vérité est problématique celui qui édicte la vérité tient le pouvoir.

2. Assurer qu’il y a des vérités indiscutables remet en question l’essence même de la vérité

  • Le dialogue est la base de la recherche de vérité chez Socrate
  • Aller contre le principe de vérité : toujours possiblement remise en cause par l’expérience. Exemple : propos de Karl Popper dans L’univers irrésolu.

Des vérités sont indiscutables si elles ont été prouvées par l’expérience. Juste à temps que de nouvelles expériences les infirment.

  • Assurer qu’il y a des vérités indiscutables, c’est prendre le risque d’avoir une idée inexacte du réel, parce qu’il y a toujours un écart entre une vérité et la réalité qu’elle décrit.

3. Peut-on refuser sciemment de discuter une vérité ?

    • On ne peut ni convaincre, ni persuader de certaines vérités. Tenir une opinion comme indiscutablement vraie est un choix.

Exemple : la vérité de la foi. C’est une vérité intime d’un sujet qui ne s’appuie pas sur des preuves rationnelles mais sur des arguments sensibles au cœur (Pascal, Pensées)

    • On peut refuser de discuter une vérité d’opinion, qui par définition est discutable.

Motifs : paresse intellectuelle, peur de paraître à la marge.

Exemple : Schopenhauer, L’art d’avoir toujours raison. Ceux qui doutent de l’opinion commune, sa vérité étant prouvée par la quantité de personnes qui y adhèrent, craignent de s’opposer à la communauté et préfèrent y adhérer. D’autres y adhèrent même sans évaluer sa vérité préalablement.

    • Il est nécessaire d’élire des vérités indiscutables

Des vérités doivent nécessairement être posées comme indiscutables pour faire avancer le savoir. La démonstration permettrait d’atteindre une vérité. Aristote, Seconds Analytiques : La vérité tient sa force de la vérité de ses prémisses : « la démonstration doit partir de principes antérieurs à la conclusion et plus connus qu’elle ». La démonstration s’appuie sur des prémisses indispensables et non négociables, qui se donnent immédiatement comme vraies.

 

 

N’hésitez pas à poursuivre vos révisions avec d’autres fiches de philosophie, notamment notre fiche sur le bonheur ! Bon courage !