Corrigé d’annales de bac – SES 2019

Dans cet article, vous trouverez le corrigé de la dissertation des annales de bac de SES 2019. On vous rappelle le thème de la dissertation : La croissance économique permet-elle de préserver l’environnement ?

 

Analyse préalable des documents des annales de bac de SES 2019

Avant toute chose, commençons par regarder les documents afin de voir quelle thèse chacun sert. Cela orientera par la suite la construction de notre plan !

 

Document 1 : Evolution des émissions de CO2* par habitant dans le monde entre 1990 et 2015

Pris isolément, on peut voir que les pays développés (France, Etats-Unis, l’UE 28) ont sur la période des émissions de CO2 qui diminuent. A l’inverse, les pays émergents (comme l’Inde et la Chine) ont des émissions croissantes sur la période. Leur poids étant très important dans l’ensemble des émissions, les émissions mondiales sont en hausse. Ce document pourrait servir la thèse de la courbe environnementale de Kuznets : plus on se développe, moins on pollue.

 

Document 2 : Part d’électricité provenant des sources renouvelables dans la consommation brute d’électricité, en 2014 (en %)

Des innovations technologiques surviennent, surtout dans les pays développés, pour mener à une transition énergétique. Ce document montre que les pays développés ont diversifié leur bouquet énergétique en s’appuyant sur des énergies renouvelables. Il appuie le document précédent.

 

Document 3 : Pollution plastique en Méditerranée, Sortons du piège !

La pollution est un enjeu global touchant le monde entier. Ce document parle en particulier de la pollution plastique dans la mer méditerranée. La mer méditerranée apparaît donc comme « un bien » rival et non-excluable, c’est-à-dire un bien commun.

 

Document 4 : Evolution de la dépense de protection de l’environnement et du PIB de 2000 à 2014

Ce graphique concerne la France et représente les évolutions de son PIB et des dépenses de protection de l’environnement. On observe qu’il y a une corrélation positive, et même que les dépenses de protection augmentent plus vite que le PIB.

 

Analyse du sujet

A la question du sujet on peut tout d’abord répondre par un constat plutôt pessimiste, illustré par le document 3 : la croissance économique a fortement dégradé l’environnement. Mais quelles peuvent bien en être les raisons, et peut-on espérer un changement ? Le document 4 peut nous mettre sur la piste : le problème est d’ordre réglementaire (document 4). Le marché est une institution qui souffre de défauts : il faut la réglementer et pallier les défaillances de marché par des normes, en particulier quand il s’agit de biens communs.

De plus une vision de long terme sur la situation nous montre que la croissance économique se transforme au fur et à mesure que se développe une économie, laissant espérer une possible conciliation entre la préservation de l’environnement et la croissance économique (document 1 et 2).

 

Construction du plan

Pour le corrigé de ces annales de SES 2019, le plan suivra donc cette logique :

  • Le constat est affligeant et ne laisse pas beaucoup d’espoir
  • La réglementation doit être approfondie
  • Sur le long terme, on observe que les pays développés émettent moins
  • Des innovations permettent une croissance verte

 

Corrigé rédigé des annales de SES 2019

 

Introduction de la dissertation de l’annale de SES 2019

En 1984 survient à Bhopal, en Inde, une explosion provenant de l’usine de la multinationale Union Carbide. Cet incident diffuse dans l’air des produits chimiques toxiques qui provoquent dans la nuit plusieurs milliers de décès. Cet événement a eu un large écho et a provoqué une prise de conscience sur les défis environnementaux et sur la pollution dans les pays en développement. Le modèle actuel est-il durable ? La croissance économique permet-elle de préserver l’environnement ?

La croissance économique est l’accumulation des richesses produites par une économie, l’augmentation durable d’un indicateur de dimension, le produit réel global pour la nation, comme le définissait l’économiste François Perroux. L’activité économique peut rentrer en conflit avec la préservation de l’environnement, c’est-à-dire le maintien des grands équilibres naturels et de la biodiversité. Cette question se pose depuis le début des années 1970, au moment de la publication du rapport Meadows et des conférences sur l’environnement, comme à Stockholm en 1972. D’un point de vue théorique, comment aborder cette question ? Est-ce que la croissance économique se fonde sur des principes nuisibles à l’environnement ? Si oui, un changement de notre modèle est nécessaire, devant se diriger vers la croissance zéro voire vers la décroissance. A l’inverse, est-ce que la conciliation de la croissance et de la préservation de la nature se fondant sur des innovations permettant de diminuer les empruntes carbone et la destruction de l’environnement ?

 

Développement de l’annale de SES 2019

Est-ce qu’une croissance verte est possible, permettant de combiner accumulation des richesses et respect de l’environnement ?

1)Une telle croissance n’est possible qu’en s’appuyant sur une réglementation du marché permettant d’encadrer l’activité des agents et d’aligner les intérêts des agents avec celui de la préservation de la nature.

A) La croissance économique a, depuis la révolution industrielle, mené à une forte dégradation de l’environnement menant à des critiques

La Révolution Industrielle, commencée par la Grande-Bretagne à la fin du XVIIIème siècle et poursuivie par les autres pays européens au XIXème siècle, a vu l’avènement de l’industrie, secteur qui a porté la croissance économique pendant longtemps. Se fondant sur des matières fossiles, comme le charbon et le pétrole, le décollage économique a aussi bouleversée notre rapport à notre environnement. Ce régime de croissance est, selon les rédacteurs du Club de Rome, qui ont rédigé le rapport Meadows de 1972, n’est plus soutenable. Selon les auteurs, le nombre de gisements de pétrole à horizon 2020 devrait être considérablement réduits, et le productivisme aura eu des effets négatifs en termes de pollution et d’assèchement des ressources. Une croissance zéro est envisagée compte tenu des dégâts irréversibles réalisés par la croissance économique.

Malgré les démentis apportés par l’histoire (de nouveaux gisements ont été découverts depuis 1972), l’état de l’environnement s’est fortement aggravé depuis la Révolution Industrielle. Selon un rapport réalisé en 2018 par le World Wildlife Fund intitulé “Pollution plastique en Méditerranée, Sortons du piège !”, la plupart des matières plastiques retrouvées dans la mer Méditerranée ne sont pas biodégradables et y resteront pendant encore plusieurs centaines d’années. D’ici là, ces matières risqueront de perturber les milieux marins, d’être ingérés par des animaux, et donc, in fine, de l’être par des hommes. La mer étant un “bien commun”, c’est-à-dire qu’il est rival (la consommation de l’un peut nuire à celle d’un autre) et non-excluable (on ne peut empêcher quelqu’un de le consommer), nous aboutissons à ce qu’on appelle la tragédie des biens communs : on ne peut empêcher la disparition de la ressource.

 

B) Il convient d’encadrer de plus en plus le marché par des règles et d’investir dans la protection de l’environnement

Le marché est un construit qui doit être encadré par des institutions. Plusieurs façons de procéder : les normes, l’internalisation des externalités, la mise en place d’un marché de quotas d’émissions. Certains biens étant communs et publics, c’est à l’Etat d’investir dans leur protection.

C’est le cas pour l’assainissement de l’eau, voir le document 4 : on observe que les dépenses pour la protection ont augmenté. L’Etat a donc su utiliser les revenus de la croissance économique contre ses propres méfaits.

 

2) Une croissance verte, dans un tel cadre est possible, car des innovations permettant une croissance plus propre seront encouragées.

A) Sur le long terme, on remarque que les pays qui se développent émettent de moins en moins de pollution

  • Document 1 : commenter les courbes des pays développés (France, UE) et des PED (comme la Chine, qui a un poids si important qu’elle tire les émissions globales vers le haut).
  • Selon la courbe environnementale de Kuznets, au fur et à mesure du degré de développement d’une économie, et donc du temps, les émissions diminuent. Il y a en effet d’abord la phase de take-off, et puis le retournement haut qui annonce une diminution des émissions.

B) Des grappes d’innovations vont permettre une croissance plus verte

  • Destructions créatrices de Schumpeter : les innovations arrivent par grappes et sont complémentaires. Elles marquent une période d’expansion économique, autour du trend de croissance positif. Il s’agit dans ce cas d’observer les innovations qui portent vers la transition énergétique.
  • Document 2 : le bouquet énergétique des PED se modifie et intègre de moins en moins d’énergies fossiles.

 

Conclusion de la dissertation des annales de SES 2019

On peut conclure qu’une croissance verte est possible, à condition que l’Etat encadre, réglemente le marché et investisse dans la protection des biens publics et communs. De plus la croissance économique ne dépend pas nécessairement des énergies fossiles : elle peut s’appuyer sur d’autres sources d’énergies, permettant ainsi une accumulation des richesses plus en accord avec les objectifs du développement durable.

Néanmoins, comme l’a récemment soulevé le journaliste Guillaume Pitron dans son livre La guerre des métaux rares: la face cachée de la transition énergétique et numérique, de nouveaux défis se posent à la croissance économique fondée sur le digital : celui des « terres rares » qui sont des matériaux non-recyclables et aussi en quantité limitée situés principalement en Chine. En plus d’être environnementale, la soutenabilité de la croissance économique peut aussi poser des questions d’ordre géopolitique.

 

Ce qu’il faut retenir

Les sujets sur l’environnement sont très nombreux, mais leur traitement est très différent en fonction des documents qui nous sont donnés. Il ne faut pas avoir peur de prendre les documents dans le désordre.

Je terminerai par un conseil, qui correspond très bien ici à la structure de notre plan, pour vos futures dissertations : Associer le pessimisme de la raison à l’optimisme de la volonté (citation de Romain Rolland, Prix Nobel de littérature). Dans un premier temps, n’hésitez pas à faire des constats pessimistes sur votre sujet (pessimisme de la raison) pour ensuite, dans un second temps, montrer qu’il existe des solutions au marasme actuel et que de telles solutions ont déjà abouti (optimisme de la volonté).

 

Pour d’autres corrigés des annales de SES c’est par ici. Bon courage dans vos révisions !