Corrigé d’annales de bac – SES 2016 – Épreuve composée

Voici la correction des annales de bac de SES 2016, de l’épreuve composée. Le sujet était le suivant : Quel rôle jour l’Etat dans la mobilité sociale ?

 

Méthodologie de la question de cours (annales de bac SES 2016)

Il faut dans un premier temps se demander quelle est la nature de la question.

  • Si la question est une question de définition, il convient de réutiliser le cours et les exemples donnés dans le cours pour étoffer la définition.

Exemple : qu’est-ce que la croissance économique ? Il s’agit dans ce cas de donner la définition classique de François Perroux (“l’augmentation soutenue pendant une ou plusieurs périodes longues d’un indicateur de dimension, pour une nation, le produit global net en termes réels”), de dire ce qu’elle n’est pas (elle n’est pas une expansion et elle se différencie du développement) sans nécessairement passer trop de temps à définir ces autres notions, car ce serait hors-sujet. Il s’agit ensuite de dire comment on la mesure (le PIB, qui est la somme des valeurs ajoutées produites sur le pays pendant la durée d’un exercice, une année ou un trimestre) et terminer par dire qu’elle est critiquée et qu’il existe des indicateurs alternatifs qui lui sont complémentaires, qui prennent en compte des facteurs davantage sociaux (classiquement, l’IDE).

  • Si la question n’est pas une question de définition, mais une question de mécanisme, il faut faire une première phrase de définition (ici, c’est sur la taxation et les enjeux de développement durable) pour définir la notion qui est en jeu, expliquer le mécanisme théorique et terminer par un rapide exemple

Exemple : comment la taxation permet-elle d’agir sur la préservation de l’environnement ? Il faudra dans un premier temps définir ce qu’est la taxation (il s’agit, tel qu’on l’entend ici, d’un outil fiscal qui dépend et sanctionne des actions des agents économiques) et la préservation de l’environnement (que l’on peut entendre comme la lutte contre la pollution). Ensuite, on explique les différentes étapes du mécanisme. Il faut dans un premier temps quantifier le coût social de l’externalité négative visée par la taxe, puis la mettre en oeuvre afin de réduire la quantité de pollution. La taxation permet donc d’atteindre, selon l’optique de Pigou dans son livre The Economics of Welfare, le niveau de pollution optimale. On peut rapidement conclure en mentionnant, par un exemple, le fait que d’un point de vue politique et social, cette taxe est difficile à mettre en place (bonnets rouges en Bretagne en 2013).

 

Corrigé de la question de cours des annales de SES de 2016

Question de cours 1 : Vous présenterez deux arguments justifiant le protectionnisme.

Dans les annales de SES de 2016, nous avons plutôt affaire à une question de définition : il ne s’agit pas de décrire un mécanisme, d’expliquer les étapes d’un phénomène, mais de présenter (et définir) deux arguments qui justifient le protectionnisme. Plusieurs arguments peuvent venir en tête :

  • éviter le dumping social (et donc la concurrence déloyale)
  • protéger les citoyens contre des produits dangereux pour la santé
  • protéger les producteurs locaux

Nous allons traiter en détail les deux premiers.

Définition du protectionnisme

Dans le cadre de ces annales de SES de 2016, il est primordial de définir ce qu’est le protectionnisme d’une façon d’abord générale, puis ensuite selon différents points de vue.

Le protectionnisme est la mise en place de mesures tarifaires ou non-tarifaires (quotas ou réglementation) ayant pour but de limiter les importations, et donc de favoriser la production nationale sur le marché domestique.

 

Le protectionnisme et le libre-échange

Plusieurs arguments la justifient face au libre-échange.

Une première raison, souvent avancée lors des débats médiatiques, est la lutte contre le dumping social. En effet, le coût du travail diffère selon les pays, en fonction du système de protection sociale mis en place ou de la réglementation en termes de salaire minimum. De ces différences découlent des coûts du travail différents, ce qui se répercutera sur le coût des marchandises. Ainsi, les pays ayant un système social peu développés, comme par exemple ceux d’Asie du Sud Est, seront favorisés quant aux autres, notamment ceux de l’Union Européenne, en dépit de l’égale qualité du produit. Cette concurrence peut être considérée comme « déloyale », il convient donc, pour protéger son modèle social, de mettre en place des mesures protectionnistes.

Une deuxième raison justifiant le protectionnisme concerne la protection de la santé des consommateurs. Les normes de production sont en effet différentes selon les pays, ce qui peut entraîner des risques pour le consommateur. C’est pour cela que l’Union Européenne a mis en place des normes restrictives sur les produits rentrant sur le marché commun. L’argument de la réglementation phytosanitaire est aussi au cœur des débats sur le TAFTA, notamment au sujet de l’agriculture, de l’élevage. Ces secteurs sont réglementés différemment dans l’Union Européenne et au Canada, et les producteurs européens pourraient souffrir d’une grande concurrence venant d’outre Atlantique si cet accord était signé.

 

 

Question de cours 2 : Quelles sont les transformations de l’emploi qui fragilisent le lien entre travail et intégration sociale?

La deuxième question de cours des annales de SES de 2016 portait sur les transformations de l’emploi. Il s’agit ici de faire preuve d’un esprit de synthèse, car une telle question pourrait nous occuper pendant des heures ! Je vous propose de parler principalement de deux aspects de la transformation du travail : l’individualisation du contrat de travail (qui affaiblit les rapports de force entre l’employé et le patron) et la flexibilisation du marché du travail (embauche et licenciement plus faciles). Voici une proposition rédigée de corrigé.

 

Longtemps, le syndicat a fait partie des instances qui ont favorisées l’intégration sociale dans le monde du travail ouvrier. Car plus que le simple objectif de négocier avec le patronat, le syndicat était une façon de se regrouper et de tisser des liens. Néanmoins, on observe que le travail ne réussit plus aussi bien qu’avant son rôle intégrateur, notamment en raison des transformations de l’emploi.

Le libéralisme a de plus en plus touché le marché du travail depuis les années 1980. Le contrat de travail est en effet de plus en plus individualisé, en fonction des performances et non plus en fonction d’accords de branche. Cette individualisation des contrats place parfois les membres d’un collectif de travail dans des situations si différentes qu’il leur est difficile d’éprouver une identité et des intérêts communs, et a fortiori de s’engager dans une action collective.

La flexibilité de l’emploi met de plus parfois en concurrence les travailleurs, par exemple lorsque les contrats temporaires sont utilisés par les employeurs comme une phase d’observation et de sélection préalable à l’embauche durable. La flexibilité horaire diffracte quant à elle les emplois du temps des collectifs de travail et des familles, complique l’engagement associatif et affecte les pratiques de sociabilité.

L’exemple des réformes Hartz réalisées sous le chancelier Schröder entre 2003 et 2005 illustre cette précarisation et flexibilisation du marché du travail en Allemagne. Les horaires, les salaires sont de plus en plus flexibles en fonction des salariés, nuisant à la cohésion et à l’intégration sociale par le travail.

 

Deuxième partie des annales de SES de 2016 : l’analyse de document

Vous présenterez le document et mettrez en évidence le nombre de journées non travaillées entre 1982 et 2005.

Méthodologie

La méthodologie de l’étude de document est très balisée, et ce n’est clairement pas cet exercice qui permet de briller par son originalité (à part peut-être dans le corps de la réponse…).

  1. Tout d’abord, il s’agit de présenter le document : sa source, son nom, sa nature, ce qui y est présenté. Le mieux est de le faire de façon synthétique.
  2. Ensuite, il faut, brièvement, expliquer quel est l’enjeu de ce document. Si c’est un tableau ou un graphique qui présente deux indicateurs, l’intérêt du document est sûrement de voir s’il existe une corrélation, et peut-être une causalité.
  3. Ensuite, dans le corps de la réponse, je vous suggère de prendre deux chiffres significatifs (ils montrent de façon extrême une certaine idée) et de les développer. Il convient donc de les citer correctement (attention à la différence entre les pourcentages et les points de pourcentages etc…). Puis, dans un second temps, on peut les interpréter à l’aide de notre cours ET de nos connaissances personnelles. D’abord parler du document puis ensuite de nos connaissances permet de nous prémunir contre la critique classique de l’examinateur qui nous dit que “l’élève se concentre plus sur ses idées à lui que sur le document”.
  4. Conclure sur ce que nous a appris le document.

 

Analyse du document rédigée

Ce graphique, réalisé par la DGAFP en 2017, présente les évolutions du nombre de journées non-travaillées entre 1982 et 2005 pour 1000 salariés dans le secteur privé, les transports et la fonction publique. Qu’est-ce qu’une « JINT » ? Il s’agit du temps de travail non effectué par les salariés impliqués dans des grèves et est exprimé en jours, ce qui se différencie donc des congés. Cet indicateur nous permet donc de voir sur la période les évolutions des faits de grèves, et leur importance.

On remarque que près de 325 journées, pour 1000 salariés, ne furent pas travaillées sur l’année 1995, ce qui est un pic sur l’ensemble de la période 1982-2005. L’année 1995 est en effet celle du plan Juppé, proposant de claquer le régime des retraites du secteur public sur celui du secteur privé, notamment pour lutter contre le déficit de la Sécurité Sociale. Les grèves furent très importantes, surtout dans le secteur des transports. Le plan a finalement été rejeté, ce qui montre le pouvoir de la grève et des mouvements sociaux pour influencer les pouvoirs publics.

Un deuxième pic important est atteint en 2003 : environ 250 journées ne sont pas travaillées sur 1000 salariés. Ce pic est aussi une conséquence d’une réforme de la sécurité sociale du secteur public : le plan Fillon. Celui-ci aussi visait à réformer l’âge pivot du départ des retraites, et d’amorcer une transition du système de répartition vers la capitalisation.

Ainsi, on remarque que, sur la période 1982-2005, les deux pics les plus importants qui sont atteints ont été porté par des travailleurs du secteur public, alors que ce graphique regroupe aussi les données concernant le secteur privé. Ce document met donc en évidence la segmentation du marché du travail, notamment entre le privé et le public, et la défense des privilèges du secteur public en matière de régime de sécurité sociale.

 

Troisième partie des annales de SES de 2016 : la raisonnement sur dossier documentaire

A l’aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que différents mécanismes sont à l’origine des crises économiques.

 

A relever dans les annales de SES 2016

Commençons d’abord par regarder les différents documents pour nous faire une idée du cadre de notre analyse.

Document 1 :

Ce document met en évidence les évolutions de la demande réelle (consommation, investissement, variation des stocks) avec le PIB. Que remarque-t-on ? Qu’il y a une corrélation très forte entre ces deux indicateurs, qu’on pourrait interpréter comme une causalité en introduisant la notion de choc de demande.

Document 2 :

Sont présentées les évolutions du prix du pétrole sur la période 1990-2013. Le prix du pétrole est un facteur exogène qui frappe surtout l’offre. Ce document illustre la notion de chocs d’offre.

Document 3 :

Ce texte anticipe, à partir de la situation de 2009, un épisode déflationniste. Ce dernier s’expliquera surtout par « le cycle du crédit » : l’incertitude des banques à prêter aux consommateurs et aux entreprises qui investiront moins, et donc qui produiront moins. Cette baisse de l’offre entraînera une baisse des prix.

 

Comment, à partir de ces éléments, penser l’organisation de notre raisonnement ?

Tout d’abord, il nous faudra dès l’introduction définir ce qu’est une crise économique, puis expliquer que, d’un point de vue théorique, il est difficile de remonter à l’origine d’une crise économique, car différents mécanismes peuvent rentrer en jeu. On peut, bien entendu, parler d’une part des chocs (de demande et d’offre, c’est-à-dire des deux premiers documents) et d’autre part des raisons de cycles financiers. Mais dans quel ordre procéder ? Je vous propose la structure suivante :

  • Parler dans un premier temps de raisons cycliques, « endogènes » à l’économie elle-même. On parlera donc ici du cycle du crédit (document 3) et on pourra soulever l’idée de la prévisibilité des crises économiques.
  • Mais signaler que les crises économiques peuvent avoir des raisons exogènes : des chocs d’offre ou de demande qui ne se prédisent pas nécessairement.

 

Corrigé rédigé

Comment définir une crise économique ? Une crise économique est le retournement haut entre une phase d’expansion économique et une autre phase de récession. La crise est un moment clef au cœur des fluctuations économiques. Mais quels mécanismes mènent à la crise ? De nombreux épithètes peuvent être accolés au nom de « crise » : bancaire, financière, économique, de la dette, monétaire, de change … Depuis la révolution industrielle, où les crises partaient surtout du secteur agricole, à cause des mauvaises récoltes, pour se prolonger vers le secteur industriel, les crises sont devenues plus complexes et incluent des mécanismes financiers. C’est notamment ce qui s’est passé avec la crise de 1848, ou bien la Grande Dépression de 1873. Découvrir quels sont les mécanismes à l’origine d’une crise est un enjeu central pour les économistes, notamment pour guider la politique économique et empêcher qu’elles se reproduisent, et pour les prévoir. Quels sont les mécanismes qui mènent à une crise économique, et sont-ils prévisibles ?

  • Des mécanismes cycliques peuvent expliquer les crises économiques. C’est par exemple le cas du cycle du crédit. Expliquer ce qu’est le cycle du crédit : le cycle du crédit est une analyse des fluctuations économiques qui précise que leurs amplitudes sont accentuées par le rôle du crédit.

En phase d’expansion, les banques ont moins de crainte de non remboursement et accordent plus facilement et à des taux d’intérêts plus faibles des crédits : la croissance de la demande globale (consommation et investissement) augmente encore plus amplifiant ainsi l’accélération de la croissance économique.

En phase de dépression, les banques ont plus de crainte de non remboursement (chômage par exemple pour les particuliers, faillites pour les entreprises) et accordent moins de crédit et à des taux d’intérêt plus élevés des crédits : la demande globale ralentit ou baisse encore plus, amplifiant ainsi la dépression. Mentionner le document 3, avec le cas précis des subprimes.

  • Néanmoins des mécanismes moins prévisibles peuvent être observés, ce qui rend la prévision de crise beaucoup plus complexe. L’offre et la demande peuvent en effet être affectées par des chocs économiques. Un choc est un événement subit et d’ampleur qui affecte les conditions de l’offre et/ou de la demande. Les conditions de l’offre sont par exemple une variation du prix des matières premières : c’est le cas dans le document 2, avec les prix du pétrole. Le prix du pétrole est central dans les économies car la production se fonde en grande partie sur cette énergie et les coûts se répercutent jusqu’au client final, ce qui peut provoquer une crise économique (chocs pétroliers de 1973 avec la guerre de Kippour par exemple).
  • Les chocs de demande sont aussi très importants : l’investissement, la consommation et la variation des stocks influence la production. Etudier ici le document 1, citer quelques chiffres pour voir la corrélation, et avancer l’idée d’une causalité en parlant du concept de demande effective chez Keynes : c’est parce que la demande est faible que les entreprises produisent peut (elles anticipent peu de vente et donc emploient peu de salariés). La solution réside donc pour Keynes dans une relance.

 

Conclusion

Les mécanismes des crises économiques sont nombreux : certains sont cycliques, ce qui les rend, dans une certaine mesure, prévisibles, mais d’autres sont complètement imprévisibles, c’est le cas des chocs d’offre ou de demande. Les variations de l’activité économique restent donc bien souvent adossées aux prix des matières premières, et de l’énergie.

 

Voilà qui conclut ce corrigé des annales 2016 de SES ! Pour vous entraîner n’hésitez pas à consulter d’autres corrigés de sujets de sciences économiques et sociales.

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