Mobilité sociale et paradoxe d’Anderson

Dans cet article on revient sur les principaux concepts à connaître pour parler de mobilité sociale ! Selon Sorokin, ce concept caractérise le déplacement des individus au sein d’un espace hiérarchisant ainsi la société. Les déplacements peuvent être ascendants ou descendants, horizontaux ou verticaux. Nous évoquerons également son lien d’autres notions telles que le Paradoxe d’Anderson ou le capital culturel.


Mobilité sociale intergénérationnelle

On parle de mobilité sociale intergénérationnelle d’un individu lorsque l’on étudie la position sociale d’un individu par rapport à la position sociale de son père.
On utilisera le terme de mobilité sociale intergénérationnelle ascendante quand la position sociale occupée est supérieure à la position sociale de départ (celle du père).
On parle de mobilité sociale sociale intergénérationelle descendante quand la position sociale occupée est inférieure à la position sociale de départ (celle du père). On parle alors de déclassement.


Mobilité sociale intragénérationnelle

On parle de mobilité sociale intragénérationnelle d’un individu lorsque l’on étudie la position sociale d’un individu à plusieurs périodes temporelles définies. On étudie sa trajectoire professionnelle tout au long de la vie.
On utilisera le terme de mobilité sociale intragrénérationelle ascendante quand la position sociale occupée à une date t+1 est supérieure à la position sociale occupée à une date t.
On parlera de mobilité sociale intragénérationelle descendante quand la position sociale occupée à une date t+1 sera inférieure à la position sociale occupée à une date t.

 

Quels sont les outils statistiques qui permettent de mesurer la mobilité sociale ?

Pour appréhender cette notion, les sociologues construisent des tables des tables de mobilité. Celles-ci permettent de comparer l’appartenance sociale entre deux générations d’individus. Il faut distinguer deux types de tables : la table des destinées (qui étudie la position du père en fonction de la position du fils à une date donnée) et la la table des recrutements (qui étudie la position du père en fonction de la position du fils à une date donnée).

Mobilité observée

On parle de mobilité observée pour qualifier la mobilité résultante de l’étude des tables de mobilité : cette mobilité observée est la somme de la mobilité structurelle, c’est à dire de la mobilité qui est due à l’évolution structurale d’une génération à une autre (par exemple si d’une génération à l’autre les places de cadre intermédiaire augmentent, alors il y aura structurellement plus de cadres intermédiaires dans la société) et de la mobilité nette.
La mobilité observée dépend donc en partie de l’évolution de la structure sociale entre deux générations.

Fluidité sociale

Cependant, cette analyse en termes de mobilité observée possède des limites. Cela a conduit les sociologues à utiliser une autre mesure de la mobilité sociale : c’est la mesure de la fluidité sociale.

La fluidité sociale est une mesure de mobilité relative qui évalue le rapport de chance pour un individu appartenant à une catégorie sociale donnée d’accéder à une autre catégorie sociale. La mesure de la fluidité sociale se présente donc sous la forme d’un ratio de chance.

On comprend donc que les sociologues ont construit deux indicateurs de mobilité sociale, en passant de l’indicateur de mobilité observé à l’indicateur de fluidité sociale, car l’indicateur de fluidité sociale est un meilleur indicateur de l’évolution de l’égalité des chances au sein d’une société que la mobilité observée. L’indicateur de fluidité sociale, puisqu’il est défini comme un ratio de chances, laisse de côté la mobilité structurelle.

 

Position sociale et capital culturel

Mais comment peut-on expliquer le fait qu’appartenir à une certaine catégorie sociale permette statistiquement d’accéder plus facilement à un emploi appartenant à une catégorie sociale supérieure ? Les travaux qui se préoccupent de la question de la reproduction sociale, dans la lignée de Bourdieu, mettent en avant le rôle du capital culturel.

Définition du capital culturel

On qualifie de capital culturel l’ensemble des ressources culturelles qui sont possédées par un individu et que celui-ci peut réutiliser.

 

Le diplôme, garant de la possession d’un certain capital culturel

Un des moyens qu’ont les individus pour accroître leur position sociale au sein de la société est donc d’augmenter leur capital culturel. Dans les sociétés démocratiques, un gage de la possession de capital culturel est garanti par la possession d’un diplôme. Les diplômes sont des indicateurs garantissant l’accumulation de savoirs d’un individu.
Pour autant, posséder un diplôme élevé garantit-il nécessairement d’occuper au sein de la société une position sociale plus importante que celle de son père ? (note : car on rappelle que les tables de mobilité se font en fonction de la profession du père, pas celle de la mère)


Le capital culturel, imparfait vecteur de mobilité sociale : le paradoxe d’Anderson

Posséder un diplôme plus élevé que celui de son père ne garantit pas de posséder une position sociale plus élevé que celui-ci au sein de la société. C’est ce que l’on appelle le paradoxe d’Anderson.
Pour Anderson, le diplôme est victime d’inflation : il existe de plus en plus de diplômes, les individus sont de plus en plus diplômés, donc la valeur intrinsèque à la possession d’un diplôme diminue.
Le lien entre la possession d’un diplôme et la possession d’un statut social tend à se relâcher.


Le paradoxe d’Anderson montre donc que posséder un diplôme est une condition nécessaire mais non plus suffisante pour avoir un statut social élevé au sein de la société.


On parle de paradoxe car le fait de posséder un diplôme plus élevé n’amène pas forcément à une position sociale supérieure. D’une génération à l’autre, la valeur du diplôme a diminué. Raymond Boudon explique ce phénomène par le fait qu’il y ait une augmentation plus forte du nombre d’individus diplômés par rapport au nombre de positions sociales qui correspondent à ce niveau de qualifications.

L’acquisition d’un capital culturel plus élevé par rapport à son père n’entraine donc pas forcément une ascension sociale. Le diplôme est un vecteur d’ascension sociale relatif, non absolu : il a des limites. Le paradoxe d’Anderson vient donc entâcher d’avantage la méritocratie et la notion de mérite individuel.
En résumé, le paradoxe d’Anderson montre que le rôle de l’école dans la mobilité sociale est limité. Il existe d’autres voies de mobilité sociale.

Entrainez-vous

Questions de compréhension.

1. Quelles sont les limites des tables de mobilité dans l’appréhension de la mobilité sociale ?
2. Expliquez le paradoxe d’Anderson.
3. Quel est le rôle du capital culturel dans la mobilité sociale individuelle ?

 

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