Les politiques de l’emploi – Bac SES

Dans cet article, nous allons définir les termes essentiels du chapitre sur la politique de l’emploi, avec en bonus, une analyse de deux questions de cours très classiques !

 

Les définitions clé sur les politiques de l’emploi

Flexibilité du marché du travail. On considère que le marché du travail est flexible lorsque l’offre de travail s’adapte rapidement à la demande de travail.

Flexicurité (ou flexisécurité). C’est un néologisme d’origine danoise composé des termes de “flexibilité” et de “sécurité”, et qui émerge dans la seconde moitié des années 1990. Il s’agit d’un modèle social qui vise à concilier la flexibilité du marché du travail, avec une forte adapation de l’offre de travail à la demande et la sécurité de revenu et de protection sociale pour les salariés. Le Danemark est un pays souvent cité comme exemple d’un tel modèle social. Les Danois ont forgé le terme de “triangle d’or de la flexicurité” et mis en place dans leur pays.

 


Les définitions clé sur les politiques de l’emploi

 

Taux de chômage. Effectif des chômeurs (= actifs inoccupés) rapporté à l’effectif de la population active (c’est-à-dire actifs occupés et chômeurs). 8.4% de la population active est au chômage en France en 2019.

Taux d’emploi. Proportion de personnes ayant un emploi (= actifs occupés) parmi l’ensemble des individus en âge de travailler (entre 15-64  ans). Le taux d’emploi en France est de 65%.

Qualification. Ensemble des savoir-faire et connaissances requis pour occuper un emploi donné. On distingue la notion de qualification de celle de compétence : les qualifications sont des connaissances et savoirs-faire requis par le poste de travail tandis que les compétences sont appréciées individuellement par l’entreprise. Les compétences désignent l’aptitude d’un individu à pouvoir occuper ce poste de travail, à mettre en œuvre les qualifications requises.

  • Un travailleur est surqualifié lorsqu’il détient un niveau de savoirs-faire et de connaissance supérieur à celui qui est requis pour le poste qu’il occupe. On peut aussi dire que cet emploi occupé est sous-qualifié ;
  • Un travailleur est déqualifié lorsque des changements techniques rendent obsolètes ses compétences par rapport à celles qui sont requises sur le marché du travail.

Demande effective (principe de la). Selon la théorie keynésienne, la demande effective est la demande globale anticipée par les entrepreneurs. La demande effective dépend essentiellement des anticipations, il s’agit d’une demande ex ante. La demande effective détermine le niveau d’investissement des entreprises, et par conséquent le niveau de la demande de travail et de la production. C’est pourquoi il est très peu probable que l’offre de travail corresponde exactement à la demande de travail : le plein-emploi est donc quasi impossible.

Équilibre de sous-emploi. La notion “d’équilibre de sous-emploi” désigne une situation durable d’équilibre sur le marché des biens et services qui coexiste avec un déséquilibre sur le marché du travail (chômage). Pour Keynes, l’équilibre de sous-emploi s’explique par l’insuffisance de la demande effective, qui doit être stimulée par une politique de relance active. Pour les néo-classiques, cette situation s’explique par des dysfonctionnements du marché du travail (par exemple, l’existence d’un salaire minimum) ou par du chômage volontaire.

Précarité. Situation d’une personne qui est dans l’incertitude du lendemain, soit en raison de la faiblesse ou de la variabilité de ses revenus, soit en raison d’un emploi instable, et qui, de ce fait, éprouve des difficultés pour vivre décemment (accès à un logement convenable par exemple) et pour effectuer des prévisions à long terme. (Lexiques sciences sociales et économiques, Denis Clerc)

Pauvreté. Cumul de manques : d’avoirs, de pouvoir, de savoir, de santé, de considération, etc. L’accent est le plus souvent mis sur la pauvreté monétaire, définie comme étant le fait de disposer d’un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté. Ce dernier peut être fixé de façon relative, comme dans les pays de l’Union européenne (60 % du niveau de vie médian du pays concerné), ou de façon absolue, comme le fait la Banque mondiale (2  dollars par jour et par personne). Les États-Unis ont choisi un seuil « semi-absolu » : le seuil de pauvreté est défini par le triple du prix total d’un panier de biens alimentaires déterminés censé permettre à un ménage d’une certaine taille de se nourrir correctement.

 

Questions de cours sur la politique de l’emploi

Qu’est-ce que le chômage structurel ?

Petit conseil : Il faut analyser toutes les composantes du chômage structurel

Le chômage structurel est le chômage qui est dû aux dysfonctionnements structurels du marché du travail. Le principal indicateur utilisé pour l’appréhender est le “NAIRU”, c’est-à-dire le taux de chômage qui ne génère pas d’inflation. En comparant le taux de NAIRU au taux de chômage effectif et au taux d’inflation, on peut appréhender approximativement le taux de chômage structurel, celui qui ne s’explique pas par la conjoncture économique. En France, le taux de chômage structurel et frictionnel est évalué à environ 8%. Il existe deux principales causes de ce chômage structurel : la première est l’inadéquation entre les offreurs de travail et les demandeurs de travail, qui traduit l’existence d’un problème d’appariement ; la seconde est la rigidité sur le marché du travail, qui empêche les mécanismes régulateurs de prix et de salaire d’agir.

 

Le chômage structurel s’explique par l’inadéquation entre l’offre et la demande de travail

Le chômage d’inadéquation entre l’offre et la demande de travail peut s’expliquer soit par une inadéquation en termes de qualification des salariés vis-à-vis des postes proposés par les entreprises soit par une insuffisance de mobilité géographique de la part des travailleurs.

Du fait des évolutions techniques, les qualifications requises pour occuper un poste de travail sont de plus en plus nombreuses. Cela nécessite donc, de la part des travailleurs, un niveau de qualification de plus en plus accru.

Le chômage structurel s’explique par les rigidités sur le marché du travail

 

Qu’est-ce que la flexibilité du travail ?

Capacité d’une entreprise à adapter sans délai sa production et ses coûts aux fluctuations et aux modifications de la demande. Elle permet de diminuer sensiblement les stocks de produits finis, puisque la production est susceptible d’être augmentée ou réduite très rapidement. Mais cela implique que les horaires de travail puissent être modifiés au gré de la charge de travail et que le nombre de salariés puisse varier sans délai en fonction des commandes. La flexibilité a donc un coût social qui peut être élevé (ajustement des effectifs par licenciement, contrats de travail temporaires plutôt qu’en CDI, etc.).

On distingue sur ce plan la flexibilité interne (la main-d’œuvre provisoirement excédentaire est suffisamment polyvalente pour être affectée à d’autres activités) de la flexibilité externe (grâce à l’intérim et aux CDD, l’entreprise augmente ou réduit ses effectifs en fonction de sa charge de travail).

 

N’hésitez pas à poursuivre vos révisions en consultant d’autres fiches de SES, comme notre fiche sur les défaillances du marché. Bon courage !

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